samedi 12 octobre - par Christelle Néant

Ukraine – En quoi consiste le « plan B » de Zelensky ?

Après avoir perdu la course présidentielle, Porochenko est devenu le principal adversaire et critique de Zelensky. Toutes les initiatives du nouveau garant ont été sévèrement critiquées et souvent sabotées par les hommes de Poroshenko qui sont toujours en place. Ce n’est un secret pour personne que Zelensky est un projet Kolomoïski qui récolte activement les fruits de son succès. Akhmetov, le principal adversaire de Kolomoïski, a dû travailler plus étroitement avec Porochenko et créer un tandem plus brillant mais utopique. Sous le contrôle de Porochenko-Akhmetov se trouvent les principaux médias du pays et certaines forces politiques. Zelensky et Kolomoïski ont de l’argent, du pouvoir et un statut sur la scène internationale.

Comme mentionné précédemment, Zelensky a accepté les conditions d’Avakov en échange de sa loyauté et de son soutien dans toutes ses initiatives. Après tout, Avakov n’est pas seulement le chef de la police. Il pourrait alors être simplement remplacé par un homme de Zelensky. Avakov est l’architecte de tout un système créé après la réforme de la police. En outre, Avakov a des informations compromettantes sur certains politiciens et la plupart des dirigeants nationalistes. Et ces informations sales ont clairement du poids, sinon les nazis auraient été achetés par Kolomoïski et Avakov se serait retiré sous une forme ou une autre.

Il a été dit précédemment que le Protocole de Minsk n’est pas bénéfique pour Zelensky-Kolomoïsky en raison des perspectives à long terme de sa mise en œuvre. Pour attirer d’importants investissements étrangers, ils ont besoin de paix maintenant, quelle qu’en soit la forme. Bien sûr, le moyen le plus acceptable serait de désengager les troupes et de geler le conflit pendant de nombreuses années.

Il est peu probable que l’équipe Kolomoïski soit constituée d’idiots, donc chaque plan comprend plusieurs tâches à la fois. D’accord. Sur la voie qui leur permettra de gagner des milliards, ils doivent résoudre plusieurs problèmes. La tâche principale est de geler complètement le conflit. Sur le chemin qui mène à la résolution de ce problème, il faut gérer les concurrents et avoir un contrôle total sur le territoire, les gens et l’espace d’information. Mais s’il n’y a pas de contrôle, alors au moins l’absence de réactions négatives à l’égard des actions de Zelensky-Kolomoïsky. Je vois l’algorithme suivant.

Zelensky s’impose sur la scène internationale en tant que pacificateur et accélère le « processus de Minsk » en vue de son élimination ou de son gel. Ainsi, partout dans le monde seront montrés des communiqués de paix du président. Le principal adversaire, Porochenko, ne manquera pas l’occasion de retourner ce rétablissement de la paix contre Zelensky et criera de toutes les manières possibles à la « trahison », avalant ainsi l’appât, qui reviendra plus tard.

« Au signal », toutes les organisations nationalistes contrôlées, qui doivent autant que possible critiquer et menacer Zelensky de révolution, seront rassemblées. La communauté internationale doit voir que la mise en œuvre du protocole de Minsk menace Zelensky d’un nouveau coup d’État et de nouveaux foyers de guerre civile, mais en Ukraine occidentale cette fois, à la frontière de l’UE. Porochenko y verra une chance de reprendre le pouvoir et tentera de diriger la force de protestation du « peuple ».

À ce moment-là, apparaîtra un nouveau meneur, un « chef de la nation » – Andreï Biletski, qui sera le tir de contrôle dans la tête du désavantage « politique » de Porochenko. En même temps, Biletski est considéré par Kolomoïski comme le leader d’une nouvelle force politique qui unira tous les nationalistes ukrainiens et autres esprits malfaisants. Ce sera une sorte de copie du Parti Svoboda, mais dans un format plus moderne et créatif.

Biletski intercepte l’initiative, dans la lutte contre la « reddition », du paresseux, relâché et stupide Porochenko, qui dans le même temps donne des coups de pied informationnels pour un oui ou pour un non.

Zelensky décide en urgence de retirer ses troupes sans préparer le terrain. Aucune mesure explicative spéciale n’a été prise au sein des forces armées ukrainiennes et l’opinion publique n’a pas été préparée dans la société ukrainienne. Simultanément, Biletski et d’autres nationalistes sont allés sur les points de désengagement et créent l’apparence d’une opposition à la décision de Zelensky. Pour la première fois, le 7 octobre, tout était sec et calme, alors hier, le 9 octobre, un spectacle a été organisé autour d’une rude confrontation avec la police, avec même des coups de feu, mais les Nazis ont gagné et fini à Zolotoye « avec une bataille ». Beaucoup de vidéos sur différents thèmes ont été tournées à ce sujet, mais elles ont permis d’attirer l’attention sur cette action. Cette petite victoire dans la bataille contre les « flics honteux » au point de contrôle a été si grande que Biletski et сo sont retournés à Kiev aujourd’hui.

Ensuite, il y aura plusieurs tentatives « dignes d’un conte de fées » de désengager les troupes, ce qui aboutira également à une « victoire patriotique », qui empêchera cela. Cela fera aussi du bruit et peut-être même des victimes pour donner l’impression que c’est sérieux, comme ce fut le cas sur le Maïdan en 2014.

Le 14 octobre, le jour des sadiques de l’UPA, aura lieu au centre de Kiev une procession aux flambeaux et un « Maïdan » va se réunir. Biletski sera en tête. Très probablement, Poroshenko ne montera pas « sur scène » et fera sa pub quelque part sur la touche, peu importe ce qui arrive au « gros visage ».

Après de telles « défaites » de contes de fées, Zelensky demandera l’aide de l’Occident sous la forme d’un contingent de maintien de la paix, car la situation dans le pays n’est pas sous contrôle et l’Ouest a tout vu par lui-même à la télévision. L’Occident le refusera à Vova [Zelensky] sous la pression russe. Zelensky va essayer de manipuler la possibilité d’introduire le contingent biélorusse, en disant que nous sommes tous frères et que le Donbass l’acceptera normalement, mais cela n’aidera pas Zelensky.

La communauté internationale sera convaincue que Zelensky a fait tout son possible pour rétablir la paix. Il a également endigué la situation instable dans le pays et empêché un nouveau coup d’État. L’Occident souffrira de remords de ne pas avoir pu envoyer des soldats de la paix pour aider Vova. La situation est idéale pour la phase finale du plan Zelensky-Kolomoïsky.

Après cela, Zelensky parlera à la population et dira qu’il a entendu le peuple (les nationalistes sur le Maïdan) et qu’il refusera d’appliquer les termes des accords de Minsk. Pour la paix et la prospérité, il proposera de laisser temporairement la Crimée et la RPD-RPL en paix et d’envoyer toutes leurs forces et tous leurs moyens sur le reste du territoire pour rendre l’Ukraine grande à nouveau. Alors la Crimée et le Donbass seront réclamés. L’opinion publique ukrainienne est activement préparée à cette option depuis la mi-septembre.

Zelensky sera soutenu par le finalement établi « chef blanc de la nation » Biletski, et d’autres nationalistes. Le peuple ukrainien approuvera également une telle initiative de son président, bien qu’on ne lui demandera pas son avis. La communauté internationale sera satisfaite. Des postes frontière seront installés entre l’Ukraine et les républiques et le nombre de postes de contrôle sera augmenté. Les troupes seront retirées. La paix sera totale.

Dans le même temps, des lois seront adoptées pour lever le moratoire sur la vente des terres, légaliser les jeux de hasard et un certain nombre d’autres lois qui attireront les investissements étrangers. Kolomoïski deviendra quatre fois plus riche, Zelensky sera le président ukrainien qui n’a du sang que jusqu’aux doigts, et Biletski sera le leader du nouveau parti politique « Pays des Merveilles ».

Daniil Bezsonov

Note de la traductrice : Cette analyse du « plan B » de Zelensky semble être confirmée par le fait que le président ukrainien n’a pris aucune mesure sérieuse contre les néo-nazis qui ont bloqué le désengagement des troupes. Désengagement qui s’est soldé par un échec officiel aujourd’hui, l’Ukraine n’ayant toujours pas signalé être prête à retirer ses troupes. Or comme mentionné précédemment, avec le soutien populaire dont il bénéficie, et la loyauté d’Avakov qu’il a acquise, Zelensky pourrait aisément stopper les néo-nazis. S’il ne le fait pas, c’est donc qu’il ne le veut pas. Et s’il ne le veut pas, il faut se demander ce que ça cache…

Source : ASD.News
Traduction par Christelle Néant pour Donbass Insider



17 réactions


  • Guy19550 Guy19550 12 octobre 16:36

    C’est rocambolesque et ensuite les noms cités dans l’article sont souvent des truands et des gens à traduire devant la justice et/ou à enfermer comme dégénérés mentaux, partout est bon pour moi, sauf en Ukraine. Je peux proposer la justice de Londres, puisque la Russie sera probablement écorchée. Aucun des noms n’est capable de satisfaire les besoins du peuple, ni restaurer une paix durable en ayant soin de privilégier un climat des affaires de manière honnête. 


    • skirlet 12 octobre 17:39

      @Guy19550
      Londres n’a rien à voir ici. Le pays qui fonctionne dans la logique « highly likely » devrait s’occuper de ses oignons et ne pas se mêler dans les histoires des autres.


    • Guy19550 Guy19550 12 octobre 18:54

      @skirlet

      Je me suis sans doute mal exprimé. La séparation des pouvoirs existe. Je doute très fort de l’efficacité de la séparation des pouvoirs en Ukraine, surtout après l’épisode de la guerre des juges. Ensuite le highly likely est lié au pouvoir gouvernemental et pas à celui de la justice. Je maintiens donc Londres, je pourrais encore dire La Haye pour les crimes de guerre, mais j’ai de plus en plus la conviction que La Haye est politisée. Y a encore la Suède et même la Pologne (je crois que la section justice n’y est pas trop mauvaise)... Surtout plus l’Ukraine, c’est l’essentiel.


    • skirlet 12 octobre 19:42

      @Guy19550
      Mouais, Лондон приде, порядок наведе...
      Je propose la Mongolie. Pas d’eurocentrisme.


    • roman_garev 13 octobre 11:46

      @Guy19550

      1. Qu’est-ce que vous entendez par « la Russie sera probablement écorchée » ? Écorchée par qui, à la suite de quoi ? Est-ce votre crainte, souhait ou rêve ? 
      2. La soit-disant « justice » occidentale, soit-elle à Londres ou quelque part ailleurs au sein du monde soi-disant « civilisé », n’a rien à voir ici. Et en général l’Occident n’a rien à voir ici. Ce sera l’affaire de l’Ukraine post-nazie, avec des sièges du tribunal militaire à Donetsk et à Kiev.

    • skirlet 13 octobre 15:43

      @roman_garev
      Vous avez raison.


    • Guy19550 Guy19550 13 octobre 19:12

      @roman_garev

      Il faudrait idéalement trouvé un pays neutre pour juger les nom cités dans l’article. Ce n’est pas tellement le pays qui est important, mais la justice qui doit rester indépendante de tout le reste. 

      Ecorchée a été écrit du fait que pas grand monde va accepter la Russie pour faire la besogne. L’Ukraine faut rien espérer de sérieux pour le faire depuis l’épisode de la guerre des juges (mais c’est le pays qui doit être utilisé pour la chose en premier pour le faire). Si l’Ukraine le fait, le résultat sera foireux en raison de cela. Si Donetsk le fait, ce sera expéditif mais sans valeur pour les autres. C’est la raison pour laquelle je cherche une zone neutre pour le faire. 


  • Guy19550 Guy19550 12 octobre 18:56

    C’est du rêve évidemment puisque la seule autorité à en juger est l’Ukraine, lol. Y a seulement que dans le pays des cent milles magouilles, faut pas espérer grand chose...


  • Guy19550 Guy19550 12 octobre 23:56

    Samedi 12/10/2019
    Mère nature des terroristes de Kiev reprend la suite naturelle des choses :
    https://tass.com/world/1082820
    C’est de l’armement lourd qui est entré en action. C’est clair pour moi qu’ils veulent poursuivre ainsi et les républiques feraient bien de rempiler avec l’armement lourd pour répondre.

    Il semblerait que les terroristes de Kiev ont fait quelques changements en plus à la suite de l’échec de vendredi pour le retrait des forces : https://tass.com/world/1082856
    La LPR a mis en garde contre les changements. C’est ce passage qui pose problème, je cite : « On Friday, Mikhail Filiponenko, who heads the LPR mission to the Joint Ceasefire Control and Coordination Center (JCCC), said that the Ukrainian side had broken down the disengagement process near Zolotoye. » Je pense qu’ils ont fait le remplacement de l’armée régulière par les nationalistes et que eux se moquent des accords pour prendre plus de terrain. On sera fixé sur la chose probablement plus tard.

    Les allemands seront content de lire cela : https://tass.com/world/1082855
    Les sous viennent en effet de chez eux en grande partie.


  • roman_garev 13 octobre 12:15

    Le colonel Trump semble avor reçu, après sa rencontre avec Ze, un avancement de grade de plus...


    • Christelle Néant Christelle Néant 13 octobre 20:31

      @Guy19550
      Bullshit, bullshit et bullshit.


    • Guy19550 Guy19550 13 octobre 21:07

      @Christelle Néant
      Lol, mais c’est sur quoi ils se basent pour ne pas répondre aux fusées blanches.
      Moi je m’en tape, mais c’est à soulever à Minsk et est aussi prioritaire, quoique pour moi, c’est on ne peu plus clair qu’il y a de la mauvaise volonté.


    • Christelle Néant Christelle Néant 16 octobre 01:17

      @Guy19550
      Ah mais clairement ils ne veulent pas appliquer Minsk. C’est une évidence.


  • Guy19550 Guy19550 14 octobre 00:47

    https://tass.com/world/1082892

    https://tass.com/world/1082894

    Vulgairement dit, mon Q, pour ce qui est de se retirer... S’il y avait la moindre volonté de le faire, les liens Tass n’existeraient tout simplement pas !


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