jeudi 24 janvier 2019 - par Octave Lebel

France Inter. L’éditorialiste Thomas Legrand dénonce « le cercle de la raison et du mensonge » (23/01/19)

Les Français persistent à déclarer leur défiance vis-à-vis du travail des journalistes qui se plaignent eux de la toxicité des fake-news dont ils seraient le remède. Un vrai ou un faux débat ?

Thomas Legrand s’interroge sur les difficultés du métier de journaliste. Il se sent victime et piégé par les multiplications de fakes-news mais pas concerné. Les vérités seraient devenues relatives et les diffuseurs difficiles à disqualifier parce qu’ils renvoient leurs contradicteurs à leurs propres pratiques et leur partialité. Thomas semble un peu découragé et pessimiste. Pourtant, il connaît le conte "Pierrot et le loup". A force de mêler avec une élégante maîtrise rhétorique la réalité des faits et la subjectivité de leur interprétation, à force d’attirer l’attention sur certains points en évitant d’autres qui y sont associés. Même avec de l’habileté, la crédibilité s’effrite et le doute s’installe. Ce n’est pas une contorsion déontologique de plus qui va rendre le contorsionniste plus crédible.

 Il y a pourtant des gestes simples que vous connaissez parfaitement. Dire son opinion comme une opinion assumée, l’expliquer, proposer une analyse fondée sur des faits établis, vérifiables et des arguments charpentés. Pas juste une sélection de faits mis en scène dans le choix d’un contexte approprié au service d’une opinion ou d’un jugement. Avec comme label de qualité, une forme d’évidence associée à la supériorité d’un savoir ou d’une position. La simple et claire distinction des faits et du point de vue comme une ouverture à la réflexion et au débat. Un des outils de base du journalisme.

Ne pas se contenter de dénoncer les mensonges du Rassemblement National à propos du traité franco-allemand mais dire aussi que c’est une propagande mensongère qui répond à une autre propagande qui tente de cacher son jeu par exemple. Cela évite de se faire instrumentaliser par tel ou tel camp et enrichit le débat démocratique. Et bien sûr, ne pas le faire une seule fois pour être dédouané mais à chaque fois que le sujet se présente. En ne le faisant pas, vous confortez en réalité les deux parties et la perpétuation de leurs jeux. Le citoyen qui n’est pas qu’un gentil auditeur que l’on remercie s’y retrouvera mieux et se sentira plus respecté.

 Citoyen Legrand, avec tes confrères, exerce simplement ton métier tel que d’authentiques chartes de journalisme le prescrivent et déroule tes arguments et analyses. Tu n’échapperas pas à la controverse mais tu seras respecté et écouté.

En principe, dans le service public, tu es au bon endroit. Prends garde avec tes collègues. A force de ne plus savoir si tu es un journaliste ou autre chose, d’autres vont se charger à leur façon de faire le boulot que tu fais. Comme Schiappa et Hanouna avec leurs offres de service.



9 réactions


  • Samy Levrai samy Levrai 24 janvier 2019 16:49

    France Inter et la charte de Munich de 1971... ça ne colle pas du tout, du tout, c’est une radio de pure propagande , mais c’est le cas pour la totalité des médias de masse chez nous, les danseuses du CAC40 quand ils ne sont pas « publics », subventionnées par les gueux en partie ou en totalité.


  • Clark Kent François Pignon 24 janvier 2019 16:52

    Excellent.

    Le premier mensonge du système dont 90% des journalistes actuels sont les scribes, les goûteurs et les oracles, consiste à présenter les intérêts privés des familles les plus puissantes comme les intérêts du pays, et donc de la population !

    Toutes les analyses économiques présentées au JT ou dans les colonnes des quotidiens et des magazines à de rares heureuses exceptions, consistent à examiner la « croissance », le « PIB » et les fluctuations des marchés commerciaux et boursiers qui sont des indicateurs sur la profitabilité du capital et non pas une mesure de la bonne santé d’une économie dont le but serait de satisfaire les besoins de la population évoquée plus haut.

    Le discernement de cette même population s’améliorent, il est de plus en plus difficile de la convaincre qu’elle doit tout faire pour le bien de ceux qui lui tondent la laine sur le dos.

    La presse se comporte comme les commerciaux des banques qui argumentent auprès de leurs bons clients pour les convaincre d’acheter les produits financiers qui sont tellement bons pour la banque que ce sont justement ceux qui souscrivent qui sont grugés en croyant faire des affaires. CF livret A et subprimes.


  • Albert123 24 janvier 2019 17:10

    « Citoyen Legrand, avec tes confrères, exerce simplement ton métier tel que d’authentiques chartes de journalisme le prescrivent et déroule tes arguments et analyses. Tu n’échapperas pas à la controverse mais tu seras respecté et écouté. »


    Quand cette génération de journaliste aura passé l’arme à gauche nous jetterons une oreille discrète à leurs successeurs, juste pour voir si le ton change ou pas.


    en attendant écouter des perroquets rabâcher les « fake news » de l’AFP n’a aucun intérêt. Je peux les lire tout seul.


    Pas besoin d’écouter des gens subventionnés par un état totalitaire et criminel, que ce soit dans le secteur de la presse, de la culture, de la TV ou du cinéma.


    ce monde là peut et doit crever, pour permettre à la civilisation française de renaître enfin.





    • Nowhere Man 24 janvier 2019 19:08

      @Albert123
      « Quand cette génération de journaliste aura passé l’arme à gauche.. »

      Mon pauvre ami, ils sont increvables : Elkabbach 81 ans ! etc.

      Et quand ils se barrent ils sont remplacés par plus minables : Cohen/Demorand...Guetta/Haski là c’est du très lourd :

      https://www.agoravox.tv/tribune-libre/article/asselineau-se-fache-contre-france-80257


    • Albert123 25 janvier 2019 13:50

      @Nowhere Man

      increvable ou pas, rien n’oblige à les écouter.

      la mort médiatique est peut être pire que la mort pour ces types là, 

      un exemple concret, pour l’avoir lu en décembre, Christophe Barbier qui réclamait la fin de la redevance TV pour que les gens continue gratuitement d’écouter ses fadaises.

      d’après vous avec une réaction pareille qui à le plus besoin de l’autre, m’est avis que le public est moins dépendant de Barbier que Barbier du public.


  • Attila Attila 24 janvier 2019 17:58

    « En principe, dans le service public, tu es au bon endroit »

    Le service public est aux mains du gouvernement qui est lui-même aux mains des mêmes qui possèdent les médias privés :

    Pas de différence en pratique.

    .


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