mercredi 15 mai - par LATOUILLE

Élections européennes : Macron dans l’illégalité

 La forte implication d'Emmanuel Macron dans la campagne électorale pour les Européennes 2019, depuis sa tribune dans de très nombreux journaux étrangers et français à sa prise de position virulente contre la liste conduite par le Rassemblement National, interroge sur sa conception du rôle de Président de la République Française et sur l'étouffement des valeurs de la République par un président devenu chef de parti… allons-nous vers un régime à parti unique ? Comment interroger la posture d'Emmanuel Macron dans cette campagne ?

 En mars 2019 Emmanuel Macron, président de la République française, publiait, financée par l’argent des contribuables, dans des journaux de l’ensemble des pays de la Communauté européenne (en 28 langues) une tribune intitulée « Pour une renaissance européenne », dans laquelle il exposait sa conception de l’Europe. Cette tribune serait sans doute passée inaperçue pour la plupart d’entre nous si elle n’avait pas été publiée à quelques mois de la campagne pour le renouvellement du parlement européen. Ce faisant, dans l’année électorale, ce texte n’est-il pas un acte politique partisan qui fait sortir E. Macron de son statut de président de la République dans la mesure où il apparaît comme s’impliquant dans la campagne électorale ?

 

 Cette façon d’agir n’est pas inhabituelle, et elle n’entre pas dans le champ strict d’une illégalité avérée : le président de la République peut exprimer des opinions, d'autres l’ont fait avant E. Macron mais plus modérément et avec une certaine retenue ; E. Macron, lui, fait ouvertement campagne en faveur de la liste de son parti : sa photo figure en bonne place sur le tract de LREM, tribune dans les journaux y compris étrangers et surtout (c’est nouveau) il appelle ouvertement et sans ambiguïté à voter contre un des partis candidats. Toutefois si l’expression d’opinions par le président est permise, le faire de façon virulente et particulièrement ciblée contre un parti candidat à l'élection, ne le fait-il pas sortir du rôle qui lui est conféré par l’article 5 de la constitution : « Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l'État. Il est le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire et du respect des traités. » ?

 

 C’est autour des deux termes « arbitrage » et « fonctionnement régulier des pouvoirs publics » que se pose la problématique : le président de la République sort-il de son rôle en intervenant dans une campagne électorale ?

 

 Concernant les « pouvoirs publics » soit on en reste à une définition restreinte : pouvoir législatif, pouvoir exécutif et pouvoir judiciaire, soit on va au-delà en prenant en compte la valeur juridique de l’Etat comme l’écrit Georges Burdeau dans son « Traité de science politique » : « l'État peut être considéré comme l'ensemble des pouvoirs d'autorité et de contrainte collective que la nation possède sur les citoyens et les individus en vue de faire prévaloir ce qu'on appelle l'intérêt général, et avec une nuance éthique le bien public ou le bien commun ». Les « pouvoirs publics » sont donc les pouvoirs donnés à un Etat, représenté par un président élu au suffrage universel, pour assurer « l’intérêt général ». Dès lors n’est-ce pas aller contre l’intérêt général que d’avoir une action incitative à boycotter un parti politique lors d’élections ? Lorsqu’E. Macron déclare vouloir mettre "toute son énergie" pour empêcher une victoire du Rassemblement national il refuse de reconnaître les 10,6 millions de citoyens qui avaient voté en faveur de Marine Le Pen en 2017. Si on refuse de prendre en compte un quart de la population électorale est-ce qu’on assure la communauté nécessaire à l’organisation de l’intérêt général ?

 

 Peut-être faut-il considérer que le Rassemblement National (ex. Front National) serait un paria, nauséabond et dangereux, qui doit être éliminé de l’espace public, interdit, effacé ? Alors il faut le faire par la voie légale. Sinon la déclaration d’E. Macron : « Je crois qu'il n'y a pas mystère (...) La liste du Rassemblement national est une liste de déconstruction de l'Europe. Moi je suis patriote français et européen, ils sont nationalistes. C'est différent. » relève d’un parti pris personnel mais en aucun cas d’un acte de gestion de l’Etat puisque ce faisant E. Macron rompt avec le rôle d’arbitrage conféré au président de la république qui a pour finalité d’assurer la cohésion nationale qui est le substrat de toute réflexion à propos de l’intérêt général.

 

Si E. Macron se met ainsi à distance de la fonction présidentielle pour mettre ses arguments, notamment ceux orientés pour contrer un des partis en présence, nous sommes dans une configuration voisine du référendum d’avril 1969 où le général de Gaulle avait voulu, disent certains, se relégitimer en mettant en balance sa démission en cas de refus par l’électorat. Seulement 47,59% des électeurs ont approuvé les propositions du général de Gaulle qui, fidèle à sa parole, a quitté le pouvoir. Ne peut-on pas voir une identique tentative par E. Macron de se relégitimer au bout de 6 mois de mouvement des Gilets Jaunes et de nombreuses manifestations ?

 

E. Macron délaisse (bafoue) le rôle d’arbitrage conféré au président de la République pour s’engager dans l’action politique politicienne comme s’il était en campagne pour la prochaine élection présidentielle. De fait il se présente à nouveau devant le peuple (plébiscite ou pas ?) qui est la source de son pouvoir et devant lequel il est responsable. Cette responsabilité politique (au sens premier) s’exprime à deux moments : au moment de sa réélection ou non, et à l’occasion de l’organisation d’un référendum.

 

En prenant de fait la tête de la campagne conduite par LREM, E. Macron se situe en chef de parti et dans un plébiscite, donc s’il n’arrive pas en tête le 26 mai prochain, ce sera un désaveu dont il devrait tirer les conséquences. Mais, n’est pas homme d’honneur comme Charles de Gaulle, et l’histoire récente a montré que, même désavoués par les résultats d’un référendum, les présidents « modernes » ne démissionnent pas, alors un président du « nouveau monde » aura-t-il assez, sinon d’honneur du moins de respect de sa fonction et du Peuple citoyen, pour démissionner ?



24 réactions


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 15 mai 08:40

    Dans les pays membres de l’UE, l’oligarchie multinationale manipule et trompe les peuples, notamment avec une pratique de fausse alternance politique à l’américaine : le méchant Trump contre le gentil Obama ou le contraire, mais toujours pour les mêmes intérêts de financiers, de compagnies pétrolières et de complexes militaro-industriels.

    Pour conditionner les ex-citoyens, cette oligarchie brandit la peur de la guerre, de l’effondrement économique, des affrontements ethniques pour maintenir au pouvoir ses grands commis, et refuser la voix du peuple, y compris au Royaume-Uni où l’aristocratie a voulu jouer perso.

    L’oligarchie financière sous domination américano-germanique influence et manipule directement les élections, en particulier les élections présidentielles, en France comme ailleurs. Les « candidats » sont présélectionnés par des structures comme le groupe Bilderberg ou la French-American Foundation (« Young leaders »).

    Macron n’est que le comédien professionnel retenu pour le rôle de président en France lors du dernier casting.

    Le reste n’est que spectacle, jeux du cirque et grand-messes. Le salut ne sera pas dans les urnes, mais sur les rond-points.


  • L'Astronome L’Astronome 15 mai 11:57

     

    Si Macronibus était un dictateur sanguinaire, tous ceux qui votent RN (ex-FN) seraient passés par les armes ou seraient internés ou incarcérés. La « peste », c’est lui.

     


  • ETTORE ETTORE 15 mai 12:23

    Comme d’habitude.....

    ce ne sont que « mots » ronflants

    • La République en Marche
    • Renaissance Européenne ......

    Bref de nouveau noms pour tout ce qu’il....détruit.

    Comme d’habitude...

    Il s’assoit sur les règles républicaines comme un César sur la cuvette de ses WC dorés à l’or fin.

    Reste plus qu’à tirer la chasse d’eau, et.....hop !


  • troletbuse troletbuse 15 mai 12:25

    Après NDP, après avoir envoyé 2 soldats au casse-pipe, il vient de rembourser pour ceux qui y ont droit, la CSG de 1.7% de janvier 2019 à avril 2019. Juste avant le 26 mai. Comme c’est bizarre.


    • Eric F Eric F 15 mai 21:21

      @troletbuse
      eh bien, les bénéficiaires voteront pour lui, et les non-bénéficiaires voteront contre lui. A force de faire des pochettes surprises au petit bonheur la chance, on mécontente davantage de gens qu’on en satisfait.


    • troletbuse troletbuse 16 mai 08:19

      @Eric F
      Quand il s’agit de problèmes secondaires qui ne mangent pas de pain, vous manquez de circonspection, hein ?


    • Eric F Eric F 16 mai 14:24

      @troletbuse
      C’est au contraire faire preuve de circonspection que l’affirmation de bon sens que des mesures sélectives pour quelques uns feront davantage de mécontents (exclus de ces mesures) que de satisfaits.
      Ceci dit, sur le fond, on peut évidemment considérer que des retraités gagnant 2000 euros sont abusivement riches alors que des détenteurs de capitaux boursiers de plusieurs millions sont des philanthropes.


  • Ruut Ruut 15 mai 12:30

    Nous vivons déjà dans un pays a parti unique.

    LREM RN même programme. (mêmes votes).

    Sans parler que médiatiquement la visibilités des autres listes et une insulte a la démocratie.

    Cas concret : Aller demandez a votre voisin de vous citer les noms de toutes les listes qui se présentes et leur programmes....

    Le RN sert juste de jauge non dangereuse pour identifier si le citoyen est assez endormis et soumis pour continuer la politique qui le maltraite.

    Il a juste remplacé le PS et le RPR. Le programme d’application stricte des GOPE est le même que tu vote LREM, RN, Républicain, PS etc...

    Quand a la présence de Philipo a son siège de député Européen c’est spécial et montre qu’il pourrait très bien appartenir a En marche au niveau des valeurs Morales.


    • Parlez moi d'amour Parlez moi d’amour 15 mai 15:48

      @Ruut

      Le RN sert juste de jauge non dangereuse pour identifier si le citoyen est assez endormis et soumis pour continuer la politique qui le maltraite.

      Vous avez parfaitement raison. Je viens de lire les réactions des internautes sur un média populaire, pas un ne souligne que ce n’est pas le rôle du président que de s’imposer dans une campagne électorale pour soutenir son propre parti, donc la foule est bien endormie, ce qui ne l’empêche pas de vitupérer contre lui pour d’autres raisons bien sûr.


  • zygzornifle zygzornifle 15 mai 14:05
    Macron dans l’illégalité

    Et alors il n’est pas a ça prêt , 25 œils de crevés, 5 mains d’arrachées et une mémé tuée par la bac a Marseille sans compter des milliers de coups de matraques sur la tête des manifestants le tout sans qu’un de ses sourcils ne bouge , il en a rien a foutre le Macron de la légalité , du citoyen , de l’humain , de la justice , depuis sa place de 1er de cordée il vous urine sur la tête et si sa bande de butors parasite gagne les Européennes il vous défèquera en pleine poire les mougeons , n’oubliez pas d’ouvrir la bouche en grand et de crier amen.

    Haaaa je n’aimerai pas être a la place de ceux qui râlent et qui ont votés pour lui  ....


  • Le421 Le421 15 mai 20:26

    Ça fait quelque lustres que les présidents français se comportent comme des chefs de partis et non pas comme des chefs d’état.

    Tant pis pour les âmes de choux-fleur, Macron, c’est certainement pas mon président, dans mon ressenti.

    Même si il me demande l’heure, je ne lui donnerais pas...

    Du moins, gratuitement.


    • Eric F Eric F 15 mai 21:25

      @Le421
      si si, on peut lui donner l’heure, et même lui indiquer la porte de sortie, il suffit de en votant de telle sorte que sa liste n’arrive pas en tête. Il ne sortira peut être pas, mais il fera profil plus bas.


  • ribouldingue ribouldingue 15 mai 23:14

    Macron ne se prend pas pour un roi, ni pour un président de la république, ni pour un chef de parti. Macron se prend tout simplement pour le fils de dieu, chargé d’une mission pour le seigneur que ce dernier lui a confié tel moïse le fit à une autre époque, lorsqu’il descendit de la montagne (à cheval) avec son gros caillou dans les mains où était inscrit les dix commandements que dieu lui aurait susurré dans les oreilles (bonjour les hallucinations) pour remettre sa tribu sur les rails alors, que cette dernière vénérait, pendant que moïse délirait avec son trip au LSD là haut dans la montagne , un autre dieu bien réel celui là, qui était le dieu pognon : le veau d’or. En regardant le meeting du guide macron du 10 décembre 2016 lors de sa campagne pour les élections présidentielles de 2017 on peut se rendre compte que le petit dhomme était déjà sévèrement habité (ange ou démon ?)https://youtu.be/-tEczDs_Jao on peut même l’imaginer sur le tableau de Michel-Ange et sa célèbre peinture représentant le créationnisme lorsque dieu touche du bout du doigt, le doigt du messie qui guidera son peuple vers le chemin de la sagesse religieuse et la soumission.


  • Vredes Vredes 15 mai 23:22

    Bien entendu, il y aura des transferts de souveraineté. Mais serais-je intelligent d’attirer l’attention du public sur ce fait ?

    Jean-Claude Juncker, 3 juillet 2007The Daily Telegraph,

    Il ne peut pas y avoir de choix démocratique contre les traités européens.

    Jean-Claude Juncker, 28 janvier 2015Bruxelles,

    https://fr.wikiquote.org/wiki/Jean-Claude_Juncker

    Ne vous étonnez pas qu’il n’y a plus de démocratie.


  • Ruut Ruut 16 mai 06:27

    L’UE méprise la Démocratie, ses faits en sont la plus belle des preuves.


  • troletbuse troletbuse 16 mai 08:10

    La grosse nouille Holalndouille a mis en place un système qui va favoriser la fraude électorale des gouvernants.

    https://fr.news.yahoo.com/r%C3%A9pertoire-%C3%A9lectoral-unique-avons-d%C3%BB-rectifier-centaines-d-041549956.html

    Comme il existe plus de 1 million de fausses inscriptions

    http://www.larevuedudigital.com/fraude-il-existerait-18-million-de-numeros-de-securite-sociale-attribues-a-partir-de-faux-documents/

    Le ministère de l’intérieur va-t-il les faire voter LREM ?


  • Extra Omnes Extra Omnes 17 mai 06:56

    Sa majesté MaCrotte n’en a rien à foutre de la légalité. Il est le Patron, et nous sommes ses moutons. Il fait les lois, nous les subissons. Il nous vole et nous votons pour lui ou ses alliés. On manifeste et il nous envoie ses milices (sa Gestapo ?) MaCrotte se sent tout puissant, et (pas de bol) il est tout puissant... Il lui faut un peu plus de temps pour finir de tondre ceux auxquels il reste quelques poils sur le dos. Ensuite seulement, quand son ego l’aura poussé à de tels excès, la faim poussera le peuple à le raccourcir. Patience.... encore quelques petites années.


  • ETTORE ETTORE 17 mai 11:43
    Eric F 15 mai 21:25

    @Le421
    si si, on peut lui donner l’heure, et même lui indiquer la porte de sortie, il suffit de en votant de telle sorte que sa liste n’arrive pas en tête. Il ne sortira peut être pas, mais il fera profil plus bas.

    ______________________________________________________

    ETTORE@

    Ahhh....mais il a déjà prévenu !

    Quelle élégance, pardi ! pour un Représentant des institutions Françaises ....

    Allez en gros : Peu importe ce que vous voterez, je ne changerai RIEN !

    C’est pas beau, ce voyage dans le temps de l’insoumission et du « je m’assoie dessus » ?

    C’est à nous de lui montrer maintenant que ce « RIEN » seras dorénavant sa signature .


  • lloreen 17 mai 13:22

    Le Président de la République veille au respect de la Constitution.

    "

    Et lorsqu’elle est inexistante depuis le coup d’état du 5 décembre 2016 (Décret Valls) ?

    Il faut donc comprendre que la France est devenue une dictature, les faits le prouvant tous les jours davantage.


  • Jean-Luc Hodemon Jean-Luc Hodemon 18 mai 13:43

    Le président est sorti de son rôle constitutionnel d’arbitre institutionnel... Il n’est plus dès lors président « de tous les français », mais se met au rang d’un chef de parti, celui de LREM, dont la liste est au demeurant présidée par une ex proche du GUD... Belle leçon de démocratie révélatrice d’un risque de « beresina »  !!!


  • lloreen 20 mai 16:04

    Monsieur Macron suit la voie (et la voix) de ses maîtres dont les aïeux avaient résumé le programme en quelques lignes...

    • « Donnez moi le contrôle sur la monnaie d’une nation,et je n’aurai pas à me soucier de ceux qui font ses lois.  » – Mayer Amshel Rothschild (1743-1812)
    • « Traire la vache, mais pas jusqu’à la faire crier.  » – James de Rothschild (1792 – 1868), Dossier de l’Argent, Émile Zola, édition d’Henri Mitterrand.

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