samedi 5 janvier 2019 - par Fergus

Élysée : « Les rats quittent le navire »

« Les rats quittent le navire », telle est l’affirmation que l’on peut entendre ici et là depuis l’annonce du départ de la « plume » d’Emmanuel Macron...

L’annonce, il y a quarante-huit heures, du prochain départ de Sylvain Fort, directeur de la Communication et des Relations avec la presse de l’Élysée a fait d’autant plus de bruit dans les rédactions que cet « ami de la première heure » était la « plume » du président de la République. Sylvain Fort – 300 discours durant la campagne puis dans le cadre de la mandature ! – a notamment rédigé le contenu de plusieurs interventions très remarquées d’Emmanuel Macron ; parmi elles, le discours qu’avait prononcé le chef de l’État en hommage au commandant Arnaud Beltrame, décédé lors de l’attaque terroriste du 23 mars 2018 à Trèbes, et celui que le président a adressé aux catholiques de France le 10 avril de la même année.

Officiellement, Sylvain Fort quitte un poste qu’il juge « chronophage » pour s’orienter vers d’autres activités professionnelles et se consacrer à sa famille, ce qui est parfaitement compréhensible quand on sait à quel point tenir un rôle de premier plan dans le staff élyséen est peu compatible avec une vie familiale épanouie eu égard à la disponibilité de tous les instants qu’induit la fonction. Ce départ n’en est pas moins étonnant au moment où la Macronie, déstabilisée par les développements de l’affaire Benalla et plus encore par l’émergence du très populaire mouvement des Gilets jaunes, vacille sur ses bases et place le président en situation de gouvernance précaire.

Si l’on en croit l’éditorialiste Michaël Darmon (Europe 1), Emmanuel Macron a très mal pris l’annonce de ce départ et tout fait pour inciter des amis communs à faire pression sur Sylvain Fort pour qu’il revienne sur sa décision. En vain ! La décision semble « irrévocable ». Un départ d’autant plus ennuyeux qu’il n’est pas le premier : d’autres conseillers moins connus ont déjà quitté l’Élysée, à l’image de Stéphane Séjourné qui reste certes en responsabilité à LREM, mais hors de la ruche présidentielle, ou de Barbara Frugier, conseillère communication à l’international.

Il y a encore plus préoccupant pour le monarque. Au départ imminent de Sylvain Fort devrait en effet très vite s’ajouter celui d’Ismaël Emelien, « conseiller spécial » d’Emmanuel Macron et membre du « premier cercle ». Cerise amère sur le gâteau, on parle même avec de plus en plus d’insistance dans les rédactions du prochain départ de l’une des pièces maîtresses du Château : le secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler, que certains éditorialistes n’hésitent pas à qualifier de « clé de voûte » du système élyséen. Deux départs qui seraient liés à des ennuis judiciaires, pour le premier dans le cadre de l’affaire Benalla, pour le second en raison de possibles conflits d’intérêts avec la société MSC Cruises.

Où s’arrêtera l’hémorragie ? Nul ne le sait. Mais le départ annoncé de Sylvain Fort et celui, probable, d’Alexis Kohler sont à l’évidence de très mauvais signaux donnés au pays alors qu’Emmanuel Macron tente de reprendre la main. On ne perd pas impunément de telles « pointures » du dispositif présidentiel sans que cela n’affecte le fonctionnement de la présidence ! Nul doute pourtant que Sylvain Fort, passionné d’opéra et auteur d’une remarquable biographie d’Herbert von Karajan devrait, dans quelques jours, pousser un soupir de soulagement en passant le portail de l’Élysée : mieux vaut fréquenter Mozart et Verdi que les crabes qui s’agitent dans le bocal de la rue du Faubourg Saint-Honoré !



120 réactions


    • foufouille foufouille 7 janvier 2019 19:29

      @leypanou
      je trouve très bien de s’attaquer à un ministère. je peux toujours te fabriquer des trucs et tu les lances .........


    • Fergus Fergus 7 janvier 2019 19:58

      Bonsoir, foufouille

      Il y a quelques Gilets jaunes qui sont ainsi passés maîtres dans l’art d’envoyer les plus naïfs au casse-pipe !

      Il y en a même un chez moi, un expert en bobards de toutes sortes savamment distillés sur les réseaux sociaux : Maxime Nicolle alias Fly Rider.


    • foufouille foufouille 8 janvier 2019 21:30

      @Fergus
      la gauche est spécialisée dans les bébés et invalides martyrs, j’en ai croisé trois partis pour se faire gazer en fauteuil.
      jaja m’avait aussi proposé de pousser mon fauteuil .........


  • ETTORE ETTORE 5 janvier 2019 20:36

    GrivEaux..... Comme dit Croa, quel intérêt ? C’est le porte pêts de la Macronnie !

    A moins qu’ils ne commencent à se saborder eux mêmes, jugeant les GJ trop lents pour le faire dans le scénario prévu ?

    Rendez vous compte s’attaquer « à la porte, parole de l’état » ? lol


  • ETTORE ETTORE 5 janvier 2019 20:38

    Fergus @

    j’ai pas copié, promis ! mais même sentiment.


  • SPQR Sono Pazzi Questi Romani SPQR Sono Pazzi Questi Romani 6 janvier 2019 10:28

    Il reste d’actualité plus que jamais, si GG Collomb a quitté le navire avec un empressement quasi surprenant.
    Il avait flairé la grosse embrouille.

    Les blaireaux de la justice et de la police devraient se servir de leur cerveau si c’est possible et s’adapter ... ! (le droit de retrait des fonctionnaires pour un danger grave et imminent...)

    Je pense que la France est le champ d’un coup d’état protéiforme venant autant de l’état profond que de l’extérieur.

    Laisser les s’entre tuer me semble plus intelligent que de pondre des lois liberticides( vers une dictature) ...... N’est ce pas les LR,LREM et autres fada arrogants....

       smiley



     


    • Fergus Fergus 6 janvier 2019 11:15

      Bonjour, SPQR Sono Pazzi Questi Romani

      En effet, et comme il voulait retourner à Lyon, il a devancé son départ pour ne pas couvrir les magouilles.


  • pallas 6 janvier 2019 14:04
    Fergus

    Bonjour,

    J’étudie la vie de Kafka en ce moment, c’est riche d’enseignement, il est mort à 40 ans de la tuberculose, ayant un avis francs et clair sur le monde.

    Il est du meme niveau que Orweil, des hommes d’honneurs.

    Ce monde est mort apres la seconde guerre mondial, des reliquats d’etre humains ne reste, ne vivant qu’a travers la télévision et smartphone, une société de schizophrène.

    H.G Wells « L’ile du Docteur Moreau ».

    Est ce qu’il y a encore des humains ici ?, je suis à leurs recherche.

    Salut


    • Fergus Fergus 6 janvier 2019 15:11

      Bonjour, pallas

      Je ne pense pas qu’il y ait lieu d’avoir une vision aussi négative. L’Humanité est faite de cynisme, de voracité et de corruption, mais également d’engagements sincères, de solidarité et d’altruisme. Le problème est que les gouvernants sont toujours issus du premier cercle.


    • pallas 6 janvier 2019 15:58

      @Fergus

      Seul la loi du plus fort prévaut.

      Pendant ces 40 ou 60 dernieres années n’ a été que la loi du plus faible et lache.

      Quel résultat !!!!.

      L’Occident devenu une proie, La France est un parfait exemple.

      Les françaises devenu de simples prostituées et les hommes des queutards faiblards.

      C’est d’un ridicule, j’ai honte, des betes, inférieurs à une mouche ou cafard.

      Une blatte est plus intelligente et consciente qu’un français moyen.

      Salut


  • Trelawney Trelawney 7 janvier 2019 08:48

    Lorsqu’il était conseillé de Hollande puis ministre, Macron criait à qui voulait l’entendre que le système des partis politiques était mort et que la cinquième république permettait l’émergence d’un seul homme. Qu’il suffisait de s’associer avec quelques personnes et avoir ’un programme politique qui rassure les financiers pour que ces derniers le soutiennent médiatiquement et les élections étaient assurés d’être gagné. Il a suffit d’un accident de parcours de Fillon (à qui profite le crime) pour que ça marche. car il faut se rendre à l’évidence Mélenchon et Lepen ne font pas le poids et les Hamon (PS) n’avait qu’une utilité, siphonner les voies de gauche pour faire gagner Macron.

    Maintenant qu’il est au pouvoir, il n’a toujours pas de parti et ne peut se reposer que sur son quarteron de grognards technocrates pour mettre en application ses réformes.

    Ses ministres trop longtemps ostracisés commencent à prendre leur indépendance et se soutiennent mutuellement au détriment de macron (qui a bougé pour Benalla ?). Il ne sera donc pas facile pour l’Elysée de se débarrasser de Philippe et s’ils y arrivent, pour le remplacer par qui ? Certainement pas par Blanquer qui fait maintenant front avec Philippe.

    Ne parlons pas de l’assemblée qui est un ramassis de godillots. Et encore moins de LERM qui n’est qu’une coquille vide.

    Comment un rassemblement d’environ 50000 individus hétéroclites affublés d’un gilet jaune puisse mettre en danger un président si ce dernier n’était déjà pas si isolé ? Ce ne sont pas les gilets jaunes qui mettent en danger la République, mais la façon dont gouverne ce président


    • Fergus Fergus 7 janvier 2019 09:16

      Bonjour, Trelawney

      Je ne partage pas totalement votre analyse, mais elle a le mérite d’exister et d’être exposée de manière claire.

      Vous semblez enterrer Macron et je ne vous suivrai pas dans cette voie : la messe n’est pas dite, quoi qu’on en dise...


    • Shaw-Shaw Shawford 7 janvier 2019 09:23

      @Fergus

      Perfect, Bro !

      You too, you’ll have the possibility to smell the perfect flavour of the avatar I’m just wearing now. Made for you !

      GG

      --------------------------------

      GL HF ^^


    • Odin Odin 7 janvier 2019 11:46

      @Trelawney

      Bojour,

      « Certainement pas par Blanquer qui fait maintenant front avec Philippe. »

      Votre commentaire est intéressant mais Micron (Bilderberg 2014) restera à sa place tant que les marionnettistes l’auront décidé, de même pour le 1er ministre actuel (Bilderberg 2016).

      Dans le cas d’un remaniement, ce n’est pas le petit qui décidera de qui devra aller à Matignon et cela est une certitude.

      Par contre, dans le cas d’une dissolution, les marionnettistes pourraient perdre ce pouvoir de nomination en fonction de la nouvelle composition de l’assemblée nationale.  


    • Trelawney Trelawney 8 janvier 2019 13:16

      @Fergus
      Vous semblez enterrer Macron et je ne vous suivrai pas dans cette voie : la messe n’est pas dite, quoi qu’on en dise...
      Imaginez qu’un Edouard Philippe engage la responsabilité de son gouvernement sur un renoncement à certaines réformes voulues par Macron (retraite, chômage, services de santés). Imaginez maintenant que la majorité des LERM, plus les LR votent cette confiance à Edouard Philippe contre Macron.
      Macron se retrouve avec un gouvernement de cohabitation et doit se contenter comme à l’époque un Mitterrand ou Chirac de faire bonne figure sans pouvoir réagir.
      En politique tout est possible et la nature n’aime pas le vide. Macron n’a politiquement aucun soutien. Il pensait que prendre seul le pouvoir avec le soutien des médias suffisait. Il a tort !


    • Fergus Fergus 8 janvier 2019 13:39

      Bonjour, Trelawney

      Scénario impossible ! En admettant que Philippe demande à l’Assemblée un vote de confiance, cela ne pourrait se faire que sur la reconduction ou non du gouvernement en place, en aucun cas sur un programme contractuel !

      Macron resterait donc maître du jeu sur les réformes à venir.

      Le seul moyen pour Philippe serait de présenter la démission de son gouvernement, mais il y aurait, dans ce cas, très peu de chances que Macron le reconduise à Matignon pour mener des réformes à sa guise ; Philippe perdrait donc sa place au profit d’un autre larron en phase avec Macron !


  • L'enfoiré L’enfoiré 7 janvier 2019 15:25

    Bonjour Fergus,

     D’abord mes bons vœux.

     Le rôle de porte-parole est ingrat.

     En fait Macron subit ce que Trump génère de son propre-chef.

     En 2009, j’écrivais un billet qui se voulait plus ou moins parodique sur le sujet « Cherche porte-parole d’urgence » avec ce préambule :

    "Est-ce le parapluie de l’homme de paille ou la paille, imposée est-elle le suppositoire de celui qui n’a pas vraiment quelque chose de nouveau à dire qui impose cette interface ?

    Quand on n’a rien à dire pour sa défense ou pour étayer sa politique, il faut bien se réfugier derrière des paravents. N’est-ce pas plutôt "pare à vents" ? En ces temps de tempête, rien de plus normal, non ?

    Le crédit, on aime en prendre les bénéfices en droite ligne. Le débit, lui, il s’agit de le filtrer, de l’embellir à tout prix quand il n’est pas à la pointe de ce qu’on nomme le « progrès »."

    Amusant comme cela semble être écrit aujourd’hui ?


    • Fergus Fergus 7 janvier 2019 17:44

      Bonjour, L’enfoiré

      Meilleurs voeux également !

      Au point où en est Macron, ce n’est même plus la communication qui est en cause,mais le fondement même de son projet politique. Les semaines à venir vont être déterminantes pour la suite de son quinquennat.


  • grangeoisi grangeoisi 7 janvier 2019 17:55

    Salut et bonne année, gaffe aux pavés !

    Alors si le fondement ne risque plus d’en prendre un coup et que le tailleur de plume s’en va, Brigitte va devoir faire entrer Benalla par la porte de derrière.


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