jeudi 12 mai - par CHALOT

Faut-il faire son deuil de la démocratie participative ?

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Le dessin de Sapiens que je joins à cet article vise à

« Inonder de joie et de plaisir( pour tout le monde) »

 

Nous sommes nombreux à rêver d'un monde où les femmes et les hommes seraient acteurs-citoyens de leur avenir ;

Nous souhaitons qu'enfin les plus humbles soient associés aux choix de société.

Au moment des dernières municipales de nombreuses équipes ont mené la bataille pour le développement de la démocratie participative. 

Certains ont avancé, d'autres n'ont pas pu mener à bien leur projet.

Pour moi, comme pour d'autres, la démocratie participative ne consiste pas à gérer un budget participatif de quartier, budget octroyé par la Municipalité mais de faire que les citoyens et citoyennes puissent faire des propositions et les faire aboutir.

Il existe des situations où des avancées significatives ont été constatées : des projets initiés par des citoyens dans des comités de quartiers et soumis au conseil municipal

 

« La maison de la citoyenneté de Kingersheim (Haut-Rhin) fait aujourd'hui partie du décor. Dans cette commune de 13 000 habitants, de la périphérie de Mulhouse, on expérimente depuis 10 ans, la démocratie participative. Le maire de la commune, Jo Spiegel a concrétisé le concept par l'installation de conseils participatifs. Une charte a été votée en 2015 et 40 projets sont nés de ce processus de discussion-construction. »

 

Pourquoi cantonner la démocratie participative à l'échelon local ?

Pourquoi tous ceux qui veulent changer la vie et la société, abolir la pauvreté, créer une société sociale solidaire et mener une politique de transformation sociale, écologique et démocratique pratiquent comme les vieux partis ?

 

J'attendais la réunion d'assemblées locales ouvertes pour désigner les candidats et candidates de cette nouvelle « union populaire »....

Personne n'a proposé une telle démarche.

Il y a eu une négociation plus ou moins programmatique entre des appareils et une répartition au sommet des candidatures aux législatives.

Ils ont fait vu vieux avec du vieux.

Aucune innovation n'est venue et c'est dommage.

Des personnes inconnues ou presque sont apparues.

Je vise là clairement la gauche car de toutes façons la droite, c'est pire et ultra centralisée.

Je vais prendre un seul exemple : la deuxième circonscription de Seine et Marne qui regroupe, entre autres, Fontainebleau, Avon et Nemours.

La députée sortante Sylvie Bouchet Bellecourt a perdu l'investiture de LR car elle est trop « sociale » !?

Il est vrai qu'en plus de faire son travail de députée, elle accompagne et aide les familles en difficulté....et elle est appréciée par les « petites gens ».

Cela ne plaît pas à la droite qui va présenter une inconnue mais dans la ligne.

En face, il y a le maire de Fontainebleau, un macroniste de fraîche date qui ? lui, n'aime pas les pauvres et d'ailleurs il n'a pas bougé pour éviter l'expulsion d'une famille populaire pourtant à jour de ses loyers !

 

Je ne veux pas faire le deuil de la démocratie participative, à tous les niveaux et je souhaite qu'un jour on fasse bouger les lignes au moins à gauche : faire que le peuple de gauche désigne ses candidats dans le cadre d'assemblées populaires, ce serait une avancée démocratique phénoménale !

 

Jean-François Chalot

 



19 réactions


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 12 mai 08:13

    Il faut même faire son deuil de la « démocratie représentative ».

    La dernière embrouille électorale ; la liquéfaction des appareils politiques et le spectacle affligeant des marchandages, chausse-trappes et retournements de vestes enterrent définitivement tout espoir en la matière.

    Le mot « démocratie » est devenu une caution vidée de son sens pour justifier des guerres contre ce qui serait des dictatures.


  • Clocel Clocel 12 mai 08:34

    Laissez tomber les élections de manière générale...

    Avec l’Union Europe et Haine les élus sont de droit divin dont les noms ne sauraient donnés en pâture à la populace...


    • Clocel Clocel 12 mai 08:36

      @Clocel

      ne sauraient être... Sorry...


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 12 mai 08:41

      @Clocel

      il n’y a même plus besoin d’être élu pour « diriger » (c-à-d exécuter la feuille de route), le diplôme de l’ENA est devenu le sésame de la carrière politico-administrative.


    • Clocel Clocel 12 mai 08:46

      @Séraphin Lampion

      Bhé ouais... Mais pour entrer à l’ENA, faut un sésame...

      Façon, c’est une relique du passé, nous sommes revenus à une forme d’aristocratie, pathologique...


  • PascalDemoriane 12 mai 08:42

    « Pourquoi cantonner la démocratie participative à l’échelon local ? »

    Question très intéressante... porteuse d’une contradiction.
    Car le propre de l’échelon local, communal c’est qu’il maintient encore une perception de lien communautaire, intellectuel autant qu’affectif. De commune « communiste car communisante » dans un « corps commun ». C’est la condition de la participation effective et solidaire.

    Mais si vous changez d’échelle, il n’y a plus de communauté organique car plus de sensorialité, plus d’affects, vous tuez l’inter-personnel riche et vivant pour faire de l’inter-individuel abstrait et froid. Le citoyen y devient un numéro.

    Au niveau national, aucune participation concrète n’est possible, le citoyen y est une abstraction et votre idée de « peuple de gauche » n’est qu’une fiction administrative et statistique comptable, traduite par le système électoral.

    Ceci n’est pas une opiniion, c’est de la physique !

    Penser qu’être de gauche implique la légitimité des collectifs locaux pour désigner leurs candidats est une illusion : la gauche est l’initiatrice et la gardienne de la démocratie de marché, du système des partis jaloux de leur monopole lucratif de négociants-grossistes en mandats électoraux.

    Autant demander aux clients d’un hypermarché de codécider des politiques d’approvisionnements, des prix et des marges de la marque !


    • Clocel Clocel 12 mai 08:59

      @PascalDemoriane

      Je suis au regret de vous dire que le niveau communal est devenu largement aussi pourri que les niveaux supérieurs, ils sont tenus par les couilles par, les communautés de communes, les conseils généraux, régions, la préfecture...

      Je vis dans une toute petite commune qui a accueilli deux familles ukrainiennes sans que quiconque soit consulté.

      L’Europe est un cancer...

       


  • Aristide Aristide 12 mai 10:01

    Il suffit d’avoir participé à quelques réunions de copropriétaires pour juger de ce que donnerait cette démocratie participative.

    On peut aussi voir le modèle avec des experts qui arrivent et briefent les participants !!! Experts qui sont là pour faire passer un discours dominant et en accord avec celui qui les a nommés !!!

    Un autre modèle, est celui des AG en faculté ou ailleurs, quelques militants avec gros bras monopolisant la tribune et distribuant la parole à quelques affiliés qui la monopolisent et interdisent toute opinion un tant soit peu divergente !!! ... Ajoutez à cela la manipulation des votes à main levée ...

    Ou encore plus ancien le centralisme démocratique ou on encourage les cellules de base à donner un avis qui sera ... j’hésite sur le mot, qui sera ... c’est difficile ... j’y vais, un avis qui sera interprété pour correspondre à ce qu’attend le comité central !!! 

    C’est un foutoir cette histoire, 


  • CHALOT CHALOT 12 mai 10:08

    Aristide !

    Ce n’est parce qu’il y a des manipulations possibles qu’il faut renoncer à mettre en pratique des idées affichées de démocratie participative. J’ai connu aussi des AG où des orateurs qui envahissaient les tribunes étaient obligés de partir !


    • Aristide Aristide 12 mai 10:22

      @CHALOT

      Allons, vous savez très bien que lors de telles réunions ce sont TOUJOURS des militants qui sont présents en grande majorité. Ceux qui ont choisi ce mode d’action et ils y consacrent énormément de temps. Vous même êtes surement plus compétent sur le sujet du logement car vous êtes un militant de ce domaine très actif !!! Et surement plus présent aux réunions avec les décideurs locaux, vous donnez VOTRE avis. C’est pas un reproche, c’est un constat ...

      Les autres ont une vie ailleurs, des loisirs , des préoccupations, des engagements... je ne parle même pas de ceux qui s’en moquent à juste ou à mauvaise raison ... 

      La démocratie participative est un leurre agité par tous les « populistes », ils laissent croire que c’est la panacée, c’est le foutoir organisé pour ceux qui détiennent les pouvoirs, du militant local au politique national !!!

      Le seul mode qui fonctionne est la démocratie représentative(*) avec bien sur des conditions telles que la limitation à un seul mandat dans le temps, l’obligation d’une autre activité, travail, ... 

      Allez, jetez un œil sur l’organisation mis en place à Cuba pour cette démocratie participative : les CDR !!!


  • ZenZoe ZenZoe 12 mai 10:26

    La démocratie participative est une belle idée qui marche ailleurs, dans les pays comme la Suisse par exemple.

    En France, elle n’est pas possible pour plusieurs raisons.

    En premier lieu, un fatras d’échelons administratifs avec des doublons ou des définitions imprécises des attributions, gérés par des élus de bords politiques opposés, créant au final une impression d’inadéquation entre ce que veut le citoyen concerné et les actions menées.

    En second lieu, un niveau de corruption passive ou active relativement élevé pour une démocratie (la France n’est pas bien notée par les instances internationales), et un mépris des élites pour l’intérêt général, menant là encore à des actions en opposition au souhait du peuple.

    En troisième lieu, la difficulté qu’ont les Français à accepter des compromis sur des projets donnés, ce qui fait que toute décision prise est immédiatement combattue avec acharnement par les opposants, donnant une impression d’anarchie permanente et pas du tout de démocratie.

    Enfin, le manque de sens citoyen des Français aujourd’hui (la faute à une éducation défaillante peut-être ?), qui préfèrent râler au lieu d’agir.

    Par ailleurs, il faudrait rappeler à l’auteur que le propre de la démocratie n’est pas d’être de gauche uniquement. Quand l’intérêt général est en jeu, le parti passe après. Comme en Suisse.


  • jymb 12 mai 13:06

    La vraie démocratie c’est le référendum 

    local, régional, national 

    Tout le reste est du pipeau

    Et comme beaucoup j’ai participé à x grandes messes où après avoir fait semblant d’écouter, la structure étatique ou administrative organisatrice sortait du tiroir le rapport pré imprimé avec décisions déjà actées 


  • Zolko Zolko 12 mai 21:05

    Dans une « démocratie participative » qui participerait ? Ceux qui en ont le temps, donc les chômeurs et les retraités.

     

    Non merci, je ne veux pas d’une société décidée par des assistés.


    • Jean Keim Jean Keim 13 mai 08:25

      @Zolko

      Pourquoi des assistés ?


    • Zolko Zolko 13 mai 12:17

      @Jean Keim : ben ... des gens qui reçoivent de l’argent sans travailler sont des assistés, non, un peu par définition. Dans le cas des retraités, on peut y ajouter tout l’aspect médical en plus


  • Spartacus Lequidam Spartacus Lequidam 13 mai 09:19

    L’auteur ne sait pas que la démocratie c’est de droite libérale.

    La gauche c’est la censure et l’a toujours été.

    Les pays les plus démocrates sont les pays libéraux, pas les pays bolchéviques

    La Suisse, a depuis 1881 une démocratie participative. C’est libéral.


    • Iris Iris 13 mai 09:31

      @Spartacus Lequidam
      Le libéralisme donne le pouvoir aux plus forts et conduit à la ploutocratie.
      Il est vrai qu’il reste au peuple le ruissèlement et le vote... il faut quand même pas trop les pousser à bout hein ?  smiley


  • véronique 13 mai 09:34

    La démocratie participative ce n’est pas la démocratie. C’est un des moyens pour obtenir l’acceptabilité sociale (autre expression officielle) du défaut de démocratie.


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