mardi 12 juin - par Laurent Herblay

Le macronisme est avant tout un sarkozysme

Bien sûr, Macron est largement un héritier de Hollande, par son parcours, mais aussi sa ligne, euro-oligo-libérale, certes accentuée. Mais plus le temps passe, et plus les similitudes avec Sarkozy se renforcent, dans tous les domaines, sur le fond comme sur la forme. Et si celui qui avait œuvré au rapport Attali n’était pas, avant tout, un enfant politique du président élu en 2007  ?

 

Entre rupture, ego, dérapages et oligarchie
 
Une telle assertion n’est vraiment pas un compliment, moi qui suis revenu à la politique par opposition au futur président, et qui avait contre lui au second tour, sans état d’âme, ni regret. En outre, sous Hollande, comme ministre de l’économie, il avait trouvé le moyen de tenir des promesses que Sarkozy n’avait pas osé tenir, sur le travail du dimanche, osant même le dépasser par la droite sur de nombreux sujets, entre baisse des taxes pour les entreprises et démontage du droit du travail, qu’il a depuis parachevé après avoir accédé à l’Elysée. Pour couronner le tout, on trouve chez Macron la même tentation communautariste, par l’éloge de la religion et les accommodements avec la loi de 1905.
 
Mais il y a aussi une proximité de positionnement : Macron joue à fond la carte « people », comme Sarkozy avant lui : ce que Paris-Match a fait avec Macron ressemble terriblement à ce qu’il avait fait dix avant avec Sarkozy… D’ailleurs, les deux se sont construits par opposition avec leur prédécesseur et précédent mentor, qu’ils ont largement contribué à faire oublier. La rupture, c’était en 2007 comme en 2017, du moins dans le positionnement politique, même si, sur le fond, le changement est très limité et s’ils se placent dans les faits dans la continuité. Bref, deux produits marketing soutenus par les élites médiatiques et présentés comme nouveau alors qu’ils ne font que proposer plus du même.
 
 
En fait, on peut voir dans Macron un Sarkozy qui aurait fait l’ENA et serait monté beaucoup plus vite, avec tous les travers associés à ces deux conditions. Il est probablement encore plus sûr de lui-même, bien moins ouvert aux autres idées, d’autant plus figé dans la doxa dominante que sa réussite lui semble lui donner raison, d’où ses propos extravagants sur les « premiers de cordée  » et le mépris qui suinte au sujet de tous les autres. Il est probablement bien plus figé dans le prêt-à-penser oligarchique que ne l’était Sarkozy, ayant osé reprendre le « il n’y a pas d’alternative  » de Margaret Thatcher, pour en faire un « il n’y a pas d’autres choix  » bien peu démocratique dans le magazine Fortune.
 
 


35 réactions


  • Fergus Fergus 12 juin 09:47

    Bonjour, Laurent

    Bien sûr que le « macronisme » est du « sarkozysme », autrement dit un système délibérément d’essence libérale au service des puissants.

    A cette énorme différence près que Macron est totalement déterminé là où Sarkozy était un velléitaire, plus prompt à se pousser du col avec forces rodomontades qu’à véritablement agir.

    Macron n’a pas ce genre d’attitude : il est au commandes d’un rouleau compresseur, et peu d’obstacles sont - hélas ! - de nature à enrayer sa progression dans la voie des régressions sociales. En cela, Macron est infiniment plus dangereux que Sarkozy !


    • Le421 Le421 12 juin 20:50

      @Fergus

      Sarkozy puissance dix.
      Cela a été décrit AVANT l’élection présidentielle.
      Problème de la démocratie, c’est la majorité qui commande.
      Et il reste bien peu de gens qui réfléchissent.

    • Armelle Armelle 13 juin 09:19


      Bonjour LE421,

      « Problème de la démocratie, c’est la majorité qui commande »

      Quelle trouvaille dites-moi ! ça ressemble à une vérité de Lapalice !!!

      Maintenant, c’est assez cocasse car ce phénomène ne semblait pas être un problème pour vous pendant le dernier quinquennat ?!?!???

      Et pour ce qui est de la réflexion, ne doutez pas de ceux (nombreux sans doute) qui pourtant réfléchissent mais sans les poilitiques... Attendre encore et tjrs de ces gens là montre en tous cas que la vôtre trouve bien vite ses limites...

      Votre propos est un peu « suffisant » mais surtout complètement idiot


    • ASTERIX 13 juin 11:37
      @Le421

      que le PRESIDENT JUPITER se renseigne chez les collaborateurs LREM ou marche arrière

      QUI COUTE LE PLUS CHER  ?????

      LES ALLOC OU INDEMNITES EXHORBITANTES DES ELUS DES PATRONS DU CAC 40 DE LA FORCE STATEGIQUES DES PORTE AVIONS


      Y A PAS PHOTOS LE SOCIAL COUTE BEAUCOUP MOINS CHER EN MACRONIE OU MACRONNERIE !!!!!!!!!!!!(AU MOINS UNE PAR JOUR !! ) !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  • Fergus Fergus 12 juin 09:58

    Un mot encore : d’accord sur les critiques adressées à Macron pour ses inadmissibles prises de parole condescendantes à l’égard des gens modestes.

    Pas d’accord en revanche sur Gad et des propos sortis du contexte : combien de fois faudra-t-il répéter que le problème évoqué était bien réel* et qu’en l’occurrence Macron se souciait du reclassement de la minorité de salariées illettrées obligées, pour trouver un autre emploi ailleurs dans la région, de passer un permis de conduire évidemment contradictoire avec leur état d’illettrisme ? C’est du sort de ces femmes et de la nécessité de trouver une solution que parlait Macron !

    * Ayant habité à quelques kilomètres de là et connu des gens de Lampaul-Guimiliau, je connaissais cette réalité.


    • Âne-Solo Âne-Solo 12 juin 10:02
      @Fergus

      Hum, le Merluchon qui suit toujours la rivière vers GUERNICA, œuf corse !

      Blaireau ! ^^ smiley

    • libert_pensée 12 juin 16:42

      @Fergus

      Je reconnais là votre honnêteté intellectuelle que vous avez d’ailleurs déjà montrée en soutenant que E.Macron n’était pas le plus mal élu, preuves à l’appui [alors que l’(in)soumis de service s’obstine dans le déni, en proclamant l’illégitimité de la seule dernière élection présidentielle]. Et cela alors même que vous n’appréciez visiblement pas le personnage.


    • Fergus Fergus 12 juin 16:47

      Bonjour, libert_pensée

      Merci à vous. En réalité, j’ai toujours considéré qu’on ne combat bien un adversaire politique qu’en faisant preuve d’un minimum d’objectivité à son égard.


  • Un jour, il roule pour Emmanuel et l’autre pour MACRON. 


  • La Voix De Ton Maître La Voix De Ton Maître 12 juin 11:33
    Hollande aussi... on est gouvernés par des comptables, tant que le coeur de la mécanique économique restera la dette nous aurons droit à des décorations politiques autour de choix sans surprises.

    Si aucun candidat, aussi éloquent et révolutionnaire soit-il, ne propose un système convainquant, simple, compréhensible et acceptable à l’intérieur comme à l’extérieur, il sera contraint de compter comme ses prédécesseurs.

    Et c’est pareil partout. Grâce à la peur il y a suffisamment d’électeurs qui ont un tout petit quelque chose à perdre pour qu’un Macron ou assimilé soit choisit la prochaine fois. Alexis Tsipras ou Sebastian Kurz, c’est du pareil au même, c’est mathématique.

  • JL JL 12 juin 11:38
    ’’on peut voir dans Macron un Sarkozy qui aurait fait l’ENA et serait monté beaucoup plus vite, avec tous les travers associés à ces deux conditions.’’
     
    Avec tous les travers, certes, mais aussi tous les avantages. Je note au passage que le jeune Sarkozy n’était pas le jeune Macron. Et aussi, que Brigitte Trogneux n’est pas Cécilia Attias (j’ai beaucoup de respect pour Cécilia Attias).
     
     Si le macronisme est un sarkozysme, qu’est-ce que le sarkozysme ?
     
     En l’occurrence, il convient de séparer la forme et le fond : la forme est illustrée ces anecdotes du genre « casse toi pauvre con », mais le fond est très bien décrit par Alain Badiou dans son dernier ouvrage : « DE QUOI SARKOZY EST-IL LE NOM ? » 
     
    La France, comme les autres pays de l’UE vit sous occupation, les officines du NWO (UE, OMC, FMI, Banques centrales …) étant les bras armés de l’occupant. Les dirigeants des vieilles nations européennes ne sont plus, de gré ou de force, que les gouverneurs adoubés par l’occupant.
     
     «  Le démantèlement des acquis sociaux, le fait que les riches paient moins d’impôts, qu’on privatise de façon rampante l’université, qu’on donne les coudées franches aux affairistes. Cette façon de déguiser une soumission au capitalisme mondialisé en révolution nationale relève en soi du « pétainisme », au sens formel. » ( Alain Badiou )

  • Taverne Taverne 12 juin 11:52

    Le Petit Chambardeur

    Ce qui était présenté par Macron comme étant une révolution n’est en fait qu’un petit chambardement. Le petit chambardeur est ses ministres techniciens gestionnaires, dont le comptable en chef de Bercy, s’appliquent à mettre en oeuvre les mesures de Bruxelles et celles que les prédécesseurs de l’Elysée et de Matignon n’ont pas pu mener à leur terme. Il n’y a rien de grandiose à raboter l’APL de 5 euros par mois. Tout est du même tonneau.

    Trois conseillers n’ont rien trouvé d’autre à proposer, eux-mêmes, que des mesures sans grandeur ni âme : taxer les successions, associer quelques salariés à la gestion de l’entreprise et je ne sais quoi d’autre. Croyant ainsi redresser la barque qui a tendance à pencher dangereusement du côté droit où elle pourrait couler et croyant séduire le peuple dont ils ne savent rien.

    Les insipides petits chambardements !


    • Taverne Taverne 12 juin 12:15

      Cela manque de noblesse,
      Cela manque de classe et d’élégance,
      Cela manque de grandeur !

      Il y a surcharge de petits comptables et de techniciens à courte vue dans la barque à Macron qui n’a plus qu’à espérer un parcours magique des Bleus au Mondial pour prolonger l’illusion...


  • Vous ôtez le « R » et cela donne maçonisme et sarcophage.


  • bob14 bob14 12 juin 14:08
    Jeu de « nains » à la Française..Les Gaulois choisissent toujours les plus incompétents pour gouverner leur pays ?
    Pauvre France.. smiley

  • McGurk McGurk 12 juin 15:25
    ...oui et ? D’où tirez-vous ces conclusions impressionnantes ?

    Non parce que c’est d’une évidence telle que je ne vois pas bien l’intérêt de l’article.

  • tartemolle 12 juin 16:04
    « on trouve chez Macron la même tentation communautariste, par l’éloge de la religion et les accommodements avec la loi de 1905 ». Très bien formulé, c’est d’autant plus flagrant que c’est complètement occulté par les médias mainstream.
    « Macron est largement un héritier de Hollande, par son parcours, mais aussi sa ligne, euro-oligo-libérale, certes accentuée » : ni l’un, ni l’autre ne sont des libéraux ! Révisez la définition du libéralisme svp. Ce sont des étatistes, jacobins, adeptes de la dépense publique galopante comme de la pression fiscale confiscatoire.

     

  • christophecroshouplon christophecroshouplon 12 juin 17:57
    Assez bien vu. Sur les 3 derniers on a eu droit
    - d abord a un avocat d affaires specialise dans l expulsion au profit de grands promoteurs immobiliers du 92. En bon avocat, l avis du public comptait, d ou les gesticulations et les reculades
    - le suivant un specialiste de la fiscalite et de la compta publique nourri chez Jospin, obsede par des ratios mondialistes mais sensible aux petites notes sociales saupoudrees histoire de faire genre
    - l actuel est un specialiste du Haut de Bilan forme a l ecole Rothschild de la promesse de vente pour grands actionnaires. Autant dire que tant la sensibilite que l avis de la plebe ca lui passe par-dessus la tete.
    Les 3 biberonnent au meme pis, mais pas avec la meme tetine. Le 3e, vu le logiciel, est de loin le plus hard

  • samy Levrai samy Levrai 12 juin 21:26

    Ach la pipolitique ! Voici point de vue image du monde chez Agoravox...

     Au fait qui nous présente les hommes à élire qui les choisit ? Que reste t il comme pouvoirs aux hommes politiques sélectionnés pour nous être vendus dans notre pays ? 
    Je trouve que Macron fait du Tsipras, la politique du gouvernement autrichien et du gouvernement italien, du Merkel... au fait combien à t on de royautés de droit divin dans cette belle Europe ? 


  • CoolDude 12 juin 22:24

    C’est surtout du filsdeputrisme !


  • Âne-Solo Âne-Solo 13 juin 11:15

    Momo, un scrabble ?


  • BA 13 juin 11:49

    Le scandale du jour :


    Mercredi 13 juin, le Canard Enchaîné révèle que Brigitte Macron et Emmanuel Macron ont commandé un nouveau service de table pour le Palais de l’Elysée. Les contribuables français vont devoir payer 500 000 euros !


    Article du Canard Enchaîné, page 2 :


    « La douloureuse devrait atteindre, voire dépasser, le demi-million d’euros, au vu des tarifs courants affichés par la manufacture de Sèvres (dont les comptes sont juste à l’équilibre). Soit 400 euros pièce pour les assiettes les plus simples, et à partir de 500 euros pièce pour les modèles contemporains. A ces prix-là, ce sont les comptables publics qui ne se sentent pas bien dans leurs assiettes. »


  • Djam Djam 13 juin 13:02
    @ l’auteur

    Bien vu Laurent... j’espère que vous avez lu le livre de P. Buisson, sorti en poche ? L’un des meilleurs livres politiques de ces dernières années, d’une part déjà par le style remarquable et rare chez les politiques, de l’auteur ; et d’autre part, par le contenu bien entendu. L’auteur nous permet de saisir encore mieux qui est Sarkozy et nous confirme l’arnaque de ce que beaucoup continuent encore à appeler démocratie.

    D’évidents points communs entre Sarko et Macron par cette façon de faire de la politique spectacle, d’user jusqu’à la corde de l’exposition médiatique et des petites phrases pour occuper l’espace mental des gogos. En commun aussi, le programme de « réformes », toujours et encore les réformes comme programme de « gouvernance ». Des réformes rédigées par les technocrates de Bruxelles sous la tutelle des lobbies anglo-américains bien entendu. Pour l’élection d’un Chef d’Etat, on repassera. C’est du passé, on est dans la « gouvernance » par le sociétal et la soumission totale aux diktats d’une oligarchie qui embarque le monde entier vers l’abime où ces malades croient trouver la corne d’abondance perpétuelle du profit sur le dos des peuples.

    Macron est un acteur de série Z ; emploi principal : petit comptable ou manager de rayon de grandes surfaces. Culture version école privée de province, ça fait un peu brillant mais ça ne remplit pas une tête en manque de pensées d’envergure. Macron est un produit, celui du gang Attali + Jouyet + Minc qui l’ont repéré lorsqu’il était commercial chez Rotschild. Car il ne faut pas se tromper, ce n’est pas pour ses compétences en économie (qu’il n’a pas) que le clan Rotschild l’a embauché mais parce que le trio sus nommé avait constaté que ce garçonnet ambitieux pour sa pomme était, comme pratiquement tous les acteurs, un excellent vendeur. Baratineur habile, il met n’importe qui dans sa poche en faisant en sorte que l’interlocuteur est très important. Ça marche à tous les coups. « Tout flatteur vit au dépend de celui qui l’écoute » rappelle La Fontaine !

    Quant aux train des réformes, unique mantra de tous les gouvernements depuis l’après De Gaulle, Sarkozy en faisait le plat principal de ces apostrophes agitées publiques mais la dégonfle était toujours derrière. Idem pour le rondouillard cynique Hollande. C’est le destin des tous petits hommes...Ne jamais perdre de vue non plus que « réformes » signifie depuis 30 ans : faire rentrer la France dans le monde totalement privatisé orchestré par l’oligarchie en marche...

  • zygzornifle zygzornifle 13 juin 13:33

    Sarkozy avait quand meme une oreille attentive aux cris de colère du peuple alors que Macron est le bulldozer de l’UE , il écrase tout avec la musique a fond pour ne pas entendre les cris des citoyens ....


  • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 13 juin 18:51
    Ils ne décident de rien du tout. Leurs points communs, c’est d’appliquer les GOPé, les Grandes orientations de Politique économique envoyées tous les 2 ans au Gouvernement par la Commission européenne.

    Exemples :



    La Commission se fiche pas mal de qui applique la politique libérale de l’ UE, ce qui importe, c’est qu’elle soit appliquée.

  • Serge Charbonneau Serge Charbonneau 14 juin 02:16
    Cela m’apparaît évident depuis le début.
    « Le macronisme est avant tout un sarkozysme ».


    Il n’y a qu’à voir la gestuelle et les pauses et les regards en plus des tournures de phrases lors de ses discours.

    C’est du copié-collé du style de Sarkozy, c’est même du Sarko tout craché.


    Serge Charbonneau
    Québec

    • #Shawford #Shawford 14 juin 03:22

      666@Serge Charbonneau

      Où qu’il est mon JC de l’Atlantide ?

      Encore en train de creuser chez CriCri cette OR DUr ?


  • Individu236 Individu236 15 juin 09:59

    ET un troisième sur macron


    Vous entretenez le focus sur le théâtre du pouvoir, sur les vestiges de l’ancien régime.

    Tout les utilisateurs happé par vous, moi y compris, perdent leur temps. Tirons nous !

    Fuyons vers les articles qui ne sont pas fait pour nous occuper inefficacement.

    ++



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