mercredi 30 mars - par Bernard Dugué

Pronostic vital engagé pour une gauche mal menée depuis 40 ans

 

1) Le conflit de 1914-1918 fut la dernière grande confrontation des nations dans un contexte westphalien. Ce conflit a aussi signé la fin des grands empires et considérablement affaibli les prétentions colonialistes, préfigurant les indépendantismes et la fin des colonies au milieu du siècle. Enfin, pas tout à fait, puisqu’à l’est, sur les décombres de la Russie tsariste naissait un nouveau monde promis à devenir un empire se réclamant du communisme.

 

 2) L’ordre westphalien reconnaît à chaque nation la souveraineté sur son territoire en respectant deux règles, la non-ingérence et la reconnaissance mutuelles des fondamentaux culturels et religieux. Henry Kissinger a explicité clairement cette époque :

 « La paix westphalienne reflétait un accommodement pratique à la réalité, et non une vision morale unique. Elle s’appuyait sur un système d’États indépendants s'abstenant de s’ingérer dans les affaires intérieures de l'autre et contrôlant les ambitions de l'autre par un équilibre général des pouvoirs. Aucune prétention à la vérité ou à la règle universelle n’avait prévalu dans les confrontations en Europe. Au lieu de cela, chaque État s’est vu attribuer un pouvoir souverain sur son territoire. Chacun reconnaissait les structures sociales et les vocations religieuses de ses confrères et s’abstenait de contester leur existence. »

 

 3) Le conflit de 1939-1945 signe la fin de l’ordre westphalien. Après avoir vaincu l’Allemagne nazie et le Japon impérial, deux blocs se font face et ne reconnaissent pas leurs structures sociales ni leurs fondamentaux culturels et religieux. Chaque bloc revendique le juste et le bien et veut l’imposer sur la planète au nom de prétentions universalistes.

 

 4) En Occident, les intellectuels de gauche occupent le devant de la scène, les agitateurs rêvent de grand soir et galvanisent la jeunesse. Cette période recouvre les Trente Glorieuses et fut marquée par une parenthèse enchantée, formule inventée par Françoise Giroud pour définir une époque joyeuse, festive, inventive, volubile.

 

 5) La nomination en 1983 de Laurent Fabius à Matignon signe la fin du socialisme populaire riche de ses fiefs lillois et marseillais. La parenthèse enchantée se vautre dans le consumérisme, les affaires, l’entreprise. Et le magazine Actuel se demande où sont passés les jours heureux.

 En 1985, un livre signé Luc Ferry et Alain Renaut crée la polémique en dénonçant une certaine pensée 68, annonçant une tectonique dans un monde intellectuel alors dominé par les penseurs jouant le rôle d’intellectuels organiques de la gauche, Lacan, Bourdieu, Foucault, Derrida… Dénoncés pour leur connivence avec la révolte étudiante de mai.

 Pendant les années 1980, la gouvernance française se préoccupe de rester dans la course économique face à la domination américaines et aux puissances montantes, Allemagne, Japon puis tigres et autres dragons de l’Asie. Le réalisme économique prépare la fin du socialisme à l’ancienne. On ne parle plus de socialisme mais d’économie sociale de marché, de modèle social, de social-démocratie.

 

 6) En 1991, l’effondrement de l’empire soviétique plonge le monde politique et intellectuel dans une perplexité accompagnée de morosité, voire une sorte d’apathie non sans quelques tentatives de trouver un sens, avec également la popularisation des cafés philo. Les « cadres » du socialisme semblent ne plus regarder les gens, porter attention aux personnes ; ils regardent la société et son fonctionnement, ils gèrent les parcours et les flux, ils surveillent les comptes. La gauche politique est sur la voie d’un long déclin. Le parti socialiste se coupe des populations alors que dans les cercles intellectuels, une nouvelle bataille se dessine. Cette confrontation d’idée accompagne une autre césure ; le parti socialiste se coupe aussi des intellectuels qui ont nourri le débat de société. Cette coupure se dessine pendant les années 1990. Fracture certes, mais en conservant quelques attaches. Le mitterrandisme résiste tant bien que mal, conservant le pouvoir en 1997 avec l’arrivée de Lionel Jospin à Matignon. La victoire de la gauche dans les urnes fut un trompe-l’œil causé par le jeu triangulaire avec le front national.

 Le désarroi intellectuel des années 90 a été brillamment analysé par Peter Sloterdijk qui jugea recevable la proposition d’un confrère visant à biffer cette décennie dont on peut dire qu’elle se signale par un décrochage face à l’avenir parce que le passé s’est dérobé. Une césure. La prise de conscience du mensonge socialiste signe cette césure. Les cercles intellectuels allemands ont été secoués par la polémique opposant deux camps, la pensée critique, universitaire, conduite par le système de Frankfort (Marcuse, Habermas, Honneth…) et une dissidence vite jugée comme conservatrice. Cette polémique préfigure ce qui arrivera à la France dans les années 2000. Elle permet de comprendre les difficultés de la gauche en déphasage sur le cours des idées et des transformations du monde. La vie politique allemande étant plus réaliste qu’en France, il n’y aura pas d’effondrement des grandes formations en 2020, avec aussi un facteur spécifique à ce pays, l’aptitude à former des coalitions. Le SPD et la CDU ont traversé les secousses des deux premières décennies du troisième millénaire, au prix d’un compris avec le réel que les puristes interprèteront comme trahison. En France, cette même période verra l’effacement du PS et de LR dont les dissolutions seront catalysées par le mouvement en marche.

 

 7a) En 2002 les urnes ont clarifié les choses. Une frange électorale non négligeable se tourne vers l’extrême-gauche qui totalise quelques 10% des suffrages (cet électorat sera siphonné par Jean-Luc Mélenchon pendant les deux décennies suivantes).

 

 7b) En 2000, Vladimir Poutine accéda à la présidence de la Russie et s’appuya sur les restes assez puissants de la bureaucratie soviétique pour remettre sur pieds le pays alors ravagé par la transition secouée vers le marché avec la présidence d’un Eltsine que beaucoup voulaient oublier. Les Etats-Unis étaient devenus une hyperpuissance, n’ayant plus de rival ni d’ennemi à combattre. Mais la donne changea avec l’effondrement des tours jumelles du WTC le 11 septembre 2001. De nouveau, les Etats-Unis pouvaient se revendiquer d’être dans le camp du bien face à l’axe du mal. Des Etats-Unis toujours en quête de propager le bien, la liberté, la démocratie, face aux forces obscures aux apparences changeantes. Le communisme, en Corée, au Viêt-Nam, le socialisme au Chili et le coup d’état du 11 septembre 1973. Après la parenthèse des années 1990, les Etats-Unis ont renoué avec le nouvel ordre mondial hérité de 1945 en imposant leurs valeurs, en décrétant que des régimes doivent être renversés, l’Irak de Saddam Hussein, la Libye de Kadhafi, la Syrie de la dynastie Assad. La Chine aussi n’est pas considérée comme un pays au régime politiquement correct mais nul ne songe à remplacer ce régime gouvernant un pays de plus d’un milliards d’âme et sa colossale puissance économique. Il était plus facile d’instrumentaliser l’Ukraine en soutenant la révolution orange de 2004 avec la destitution de Viktor Ianoukovytch du clan de Donetsk, puis la révolution du Maidan en 2014. Les deux clans s’opposant en Ukraine sont l’émanation d’un nouvel affrontement entre la Russie et les Etats-Unis et une fois de plus, une non-reconnaissance de la culture de l’adversaire. Les Etats-Unis et leur prolongement européen défendent la démocratie alors que la Russie de Poutine défend les valeurs nobles et fortes du monde slave et de toutes les Russies. Lors de son déplacement en Europe en mars 2022, Joe Biden qualifia Vladimir Poutine de boucher et crut même utile de suggérer que son homologue russe ne devait plus rester au pouvoir. Une telle proposition est un précédent. Même au moment de la guerre froide, personne ne se serait hasardé à décréter que le chef de l’URSS devait être éjecté.

 

 8) De 2002 à 2022, la lente descente aux enfers du parti socialiste s’explique par des facteurs divers combinant les évolutions économiques, sociales, technologiques, la manière de gouverner, les productions intellectuelles et leur diffusion dans les médias. L’éloignement entre le parti et les intellectuels ne cesse de s’accroître. Les dirigeants ne regardent plus les gens. Le parti socialiste vit avec le traumatisme de l’élimination de Lionel Jospin en 2022 et la plaie ne s’est pas refermée, au point de devenir une obsession cachée au sein du parti.

 La vie intellectuelle se dégrade. Les passions tristes et les colères ne sont pas très loin. La gauche intellectuelle ne parvient pas à susciter l’espérance et à se projeter dans l’avenir. Des clans se forment et quelques-uns se réclament d’une pensée correcte et conforme à l’époque, la civilisation de la croissance et des loisirs. Ceux qui n’adhèrent pas à l’ordre libéral et social sont disqualifiés, dénigrés. S’il est un livre emblématique de ces dérives, c’est le rappel à l’ordre signé Daniel Lindenberg publié en 2002 et qui à l’époque crée une polémique de grande intensité dans les milieux intellectuels. L’auteur désigne un camp du mal pensant en dénonçant un groupe assez hétéroclites d’écrivains et chercheurs accusés d’être les nouveaux réactionnaires face au camp du bien, celui du progressisme. Muray, Houellebecq, Bruckner, Badiou, Ferry, Finkielkraut, Nora, Gauchet et bien d’autres figurent dans ce pamphlet accusatoire. Publié dans la collection la république des idées, émanation du cercle éponyme de réflexion présidé par Pierre Rosanvallon et dont on soupçonne qu’il aurait encouragé Lindenberg à se lancer dans un réquisitoire contre les « mal pensants » de gauche et de droite.

 Depuis, la dénonciation et la disqualification des mauvaises pensées non conformes à une moralité idéologique n’a fait que s’étendre, nourrissant les intentions polémistes sur les plateaux médiatiques. Ces faits du monde intellectuel expliquent pour une part comment le parti socialiste s’est effondré en se clivant autour des deux courants historiques, le progressisme réaliste de Rocard et le socialisme idéaliste de Maurois. Ce clivage est devenu visible sous la présidence de François Hollande dont la politique fut propulsée par le clan progressiste et libéral, suscitant une division inédite à l’Assemblée avec les frondeurs. En fait, le décret apocryphe liquidant le PS remonte à 2002, lorsque le courant rocardien porté par Rosanvallon, représenté dans la commission Attali (où un jeune et brillant énarque prénommé Emmanuel fut remarqué), puis le cercle informel des Gracques pour se disséminé à travers des cercles hétéroclites, milieux d’affaires, étudiants et jeunes avec Macron, les prémices du mouvement en marche déjà bien ancré en 2015. Le socialisme populaire et historique s’est trouvé déclassé et décapité de ses têtes pensantes. Un socialisme nouveau, exigeant, aurait pu naître mais il a été étouffé. Avec des éclairages portés par quelques figures comme Marcel Gauchet ou Edgar Morin.

 Au final, comme l’a dit il y a peu Jean-Christophe Cambadélis, le pronostic vital de la gauche est engagé. Et du reste, annoncé par ce cadre du parti qui avait diagnostiqué les pathologies d’un socialisme en délicatesse avec la question sociale et préoccupé de survivre dans un contexte brouillé par l’arrivée de mouvances façonnant des passions tristes, comme le wokisme.

 

 9) L’Etat reste le socle de l’organisation de la société et s’est considérablement renforcé depuis des décennies. Les élections permettent de mettre au pouvoir une équipe dirigeante dont la marge de manœuvre est réduite. Les formations politiques apportent quelques nuances, entérinent les évolutions sociétales et culturelles, gèrent les différents secteurs de la vie publique. Pour se démarquer, il ne reste que le bruit et la fureur, que n’hésitent pas à pratiquer quelques formations dont l’objectif est de capter les frustrations et les passions tristes. Cette ruse qui flatte les ressentiments se fait au détriment des partis politiques historiques.

 La gauche s’est perdue dans cette histoire récente. Elle ne parle plus aux gens, elle n’imprime plus dans les consciences. Les intellectuels peinent à lire les évolutions du quotidien et penser le vivre ensemble. Enfin, l’effacement progressif de la gauche n’est pas dissocié d’une distance prise par les nouvelles générations avec la chose politique. Les citoyens deviennent plus pragmatiques. Pour nombre d’entre eux, les promesses du politique ne sont pas des espérances mais des illusions. Les idées ne meurent jamais et les sensibilités de gauche resteront dans les sociétés, en sourdine, à l’image de gènes non exprimés. Une renaissance sous forme de transfiguration de la gauche n’est pas à exclure mais n’est pas à l’ordre du jour. Une mise au point des consciences et des intellectuels est indispensable. Surtout analyser les dérives des régimes dont la gouvernance associe de plus en plus des scientifiques et des calculs. La science est peut-être le ressort de nouvelles aliénations, numérique, climat, antispécisme, régime sanitaire. Si la gauche renaît, elle se fera en brisant les chaines de l’aliénation. La liberté raisonnante. 

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26 réactions


  • Séraphin Lampion Kaa 30 mars 08:24

    Vous écrivez :

    « Ce conflit a aussi signé la fin des grands empires et considérablement affaibli les prétentions colonialistes, préfigurant les indépendantismes et la fin des colonies au milieu du siècle. Enfin, pas tout à fait, puisqu’à l’est, sur les décombres de la Russie tsariste naissait un nouveau monde promis à devenir un empire se réclamant du communisme. »

    1. Les puissances coloniales (France, Royaume-Uni) ont compris qu’il était plus profitable à leurs dominant d’établir des relations de dépendance industrielle et commerciale avec leurs anciennes colonies, ça s’appelle « néocolonialisme », Commonwealth et Françafrique.
    2. On constate aujourd’hui que l’intervention US dans les deux guerres mondiales n’était pas désintéressé : à travers Bretton Wood s et le plan Marshall que le pétrodollar et l’endettement constituent le ciment de ce qu’il serait difficile d’appeler autrement qu’un empire, le plus puissant actuellement, mais vacillant. Et depuis, le paysage politique français n’a cessé de singer sont maitre : la droite a pris le même nom (les Républicains) et la gauche qui s’intitule Démocrate outre Atlantique ne cesse de se dépouiller de ses projets sociaux pour s’en tenir, comme son modèle, aux questions sociétales de touche-pipi et de minorités.

  • baliste 30 mars 08:55

    Gauche , droite = Dupond et Dupont ... On le voit bien aujourd’hui , ils faisaient semblant histoire de pouvoir parasité le system le plus longtemps possible .


  • ZenZoe ZenZoe 30 mars 09:07

    La division droite gauche n’exprime rien d’autre que la lutte des classes. Le peuple contre les élites, les riches contre les pauvres, les somewhere et les anywhere disent les anglophones.

    Malheureusement, quand la gauche, ou le camp du peuple, arrive au pouvoir, il bascule automatiquement dans le camp des élites. C’est ce qui est arrivé à la gauche française. Et le camp du peuple se retrouve gros-jean comme devant.

    Tant que le camp des pauvres n’aura comme objectif que de prendre la place des riches (au lieu de chercher à améliorer le sort des pauvres), il n’arrivera à rien.


    • ZenZoe ZenZoe 30 mars 09:09

      quand la gauche  : je voulais dire les représentants de la gauche, sinon on comprend rien.


    • Séraphin Lampion Kaa 30 mars 09:28

      @ZenZoe

      si les pauvres ne votaient pas à droite, les choses auraient changé depuis lontemps
      le fond de commerce de la « gauche », c’est les bobos, « …les nouveaux maîtres de Paris, stars des gazettes et chouchous des pubards, leaders d’opinion et des dîners en ville, nouvelle volaille qui, comme dans la chanson de Souchon, fait l’opinion. […] Ce sont quelques poignées de vrais bourgeois mais faux bohèmes, connus ou inconnus, fricotant dans la pub, la presse, la musique ou le cinéma, bref, dans des métiers bien, qui prônent leurs idées et prêchent leurs discours avec d’autant plus de légèreté mondaine qu’ils n’en subiront jamais les conséquences, planqués qu’ils sont dans leurs donjons bardés de digicodes. […] Ce sont les nouveaux gardiens de la Pensée unique qui déversent sur le moindre assaillant l’huile tiède d’une soupe idéologique ressassée, entre deux flèches trempées dans le fiel mortel de leurs propres erreurs. » - François d’Épenoux


    • Albert123 30 mars 10:00

      @Kaa

      « si les pauvres ne votaient pas à droite »

      « les pauvres » ne sont pas wokes / lgbt, l’écologie punitive des bobos les fuir, l’assistanat démesuré leur est insuportable car le pauvre est plus travailleur qu’assisté, plus conservateur que progressiste, plus diesel qu’électrique...

      et on peut en écrire des pages et des pages sur tout ce qui oppose « les pauvres » et les gauchistes depuis que la gauche existe.

      car la gauche est bourgeoise avant tout, et les lubies des gauchistes ne sont pas des problématique de « pauvres »


    • Seth 30 mars 13:56

      @Albert123

      Il y a aussi la prépondérance absolue du sociétal sur le social, l’intellectualisation systématique de tout (et surtout du marginal) avec les avalanches « d’ismes » et de néologismes creux incompréhensibles, donc le vocabulaire complètement déjanté dont toute une gauche se gargarise et que personne« ne saisit, les citations à tout bout de champ de bouquins ineptes et sans intérêt, les philosophes, sociologues et autres comme s’il en pleuvait, etc, etc...

      En bref la vanité médiocre d’une fausse gauche cuistre et vide, mais toujours bourgeoise.

      Ajoutez à cela la montée en flèche d’un Lumpenproletariat et de ce que Lénine, mais avant lui Engels me semble-t-il avait appelé »l’aristocratie du salariat", fruit du déclassement de certains et du développement du tertiaire au détriment du primaire et secondaire résultats de la délocalisation des productions.


    • Albert123 30 mars 20:42

      @Seth

      « ...En bref la vanité médiocre d’une fausse gauche cuistre et vide, mais toujours bourgeoise. »

      la « vraie » gauche est un fantasme abstrait d’une population sous emprise, ce fantasme constitue le socle de la servitude volontaire, l’attente sans fin d’un sauveur qui n’arrivera jamais, l’illusion du bon papa qui va tout arranger, la justification et l’excuse à la servilité, à la paresse et à la passivité, face à une caste qui l’a trahi.


  • chantecler chantecler 30 mars 09:57

    L’article est très intéressant ...

    Cependant le néolibéralisme , la construction UE, la mondialisation avec son corollaire : la destruction de nos usines, le chômage de masse ,les balances commerciales dans le rouge vif , l’endettement croissant et dévastateur de l’état , la paralysie de la redistribution ne sont pas ou peu évoqués, ce qui est compréhensible car il ne s’agit que d’un article ...

    Nous vivons je pense le second « choc » au sens M. Kleinien du terme en deux ans : le covid , la guerre en Ukraine , qui servent de prétexte à une implosion inflationniste et sociale de notre société et de l’occident...

    Faut croire que le temps des endettements sans limite s’achève .

    Et que ça a été folie de s’y engager .

    Sauf pour nos heureux bénéficiaires du Cac 40 , des services privés, .... et nos milliardaires ....

    Ca craint .


    • Seth 30 mars 14:04

      @chantecler

      Ca craint grave !

      A cela s’ajoute cette perte de pouvoir vertigineuse de l’Etat. Si quelqu’un connaît un exemple de remboursement de sa dette par l’Etat, qu’il nous le donne. Perso, je n’en connais pas. Tout simplement parce que l’Etat détient par nature les moyens de régler ce problème autrement en cas de menace et d’urgence.
      Une dette d’Etat n’a pas grand chose à voir avec la dette de M. X chez Cetelem.

      Mais encore faut il pour cela que ce ne soit pas les créditeurs qui tiennent les rênes du débiteur.

      Mais avec un président ex-Rothschild, on peut avoir des doutes...


  • Captain Marlo Captain Marlo 30 mars 10:00

    La Gauche française a une spécificité particulière, elle est née de la Révolution bourgeoise de 1789. Quand on parle de la Gauche française récente, il faut la remettre dans son contexte, parler des USA et de la construction européenne...

      L’Europe est une colonie de l’Empire américain. L’armée américaine a débarqué en Normandie. Depuis elle a des bases militaires un peu partout en Europe. Un continent occupé par une armée étrangère, c’est une colonie.

    Avec l’Otan et Biden en ce moment, ceux qui n’ont pas compris, c’est qu’ils ont une peau de saucisson devant les yeux. De pays colonisateur, la France est devenue un pays colonisé. Ce que la Gauche ne remet jamais en question.

    « L’Européisme est une religion » Aquilino Morelle. La Gauche française, bien plus que la Droite, a construit l’Union européenne, dans le cadre de la soumission aux intérêts des USA et de l’oligarchie mondialisée.

    L’Europe libérale s’attaque aux classes populaires. Et la Gauche française les a abandonnées au profit des minorités. Nos 2 éborgneurs : Castaner et le Préfet Lallement, viennent de la Gauche, ainsi que Macron.

     La Gauche française partage avec les USA une vocation bien peu méritée : ils se prétendent « le Camp du Bien », « élection divine », « destinée manifeste », « Paix liberté démocratie », toussa, toussa etc. Pipeau & pipeautron... Cf « le Livre noir de la Gauche française » par Xavier Moreau


  • rogal 30 mars 10:02

    « L’ordre westphalien reconnaît à chaque nation la souveraineté sur son territoire (...)  ».

    Est-ce bien vrai ?


    • chantecler chantecler 30 mars 10:09

      @rogal
      Faut lire la phrase en entier.


    • rogal 30 mars 17:34

      @chantecler
      Les points de suspension indiquent que la phrase a été lue.
      Le texte des traités que j’ai consulté évoque les États, bien sûr, mais pas les peuples, ni même les nations. Il n’y est question que des princes et de leurs maisons.


  • Captain Marlo Captain Marlo 30 mars 10:05

    En 10 chapitres, Xavier Moreau remet les pendules à l’heure sur « la Gauche française Camp du Bien »...

    — Les origines
    — La grâce et l’élection divine
    — Le mépris voltairien
    — La Gauche française et la répression
    — Les femmes et les droits civiques
    — La collaboration, Laval, Déat, Doriot, Mitterrand et les autres.
    — Éducation destruction de l’instruction publique, de Robespierre à Najat Vallaud Belkacem.
    — La Gauche française et la guerre
    — La colonisation
    — La corruption, de Danton à Macron.
    — La pédophilie, du Marquis de Sade à Duhamel.

    NB, rien à voir avec les Partis de Gauche en Amérique latine !
    « Chavez : Allez au diable, Yankees de mierda ! »
    En France, vous n’entendrez jamais aucun responsable de Gauche tenir un tel discours ! La Gauche aime beaucoup, beaucoup notre colonisateur, les USA !


  • PascalDemoriane 30 mars 10:19

    Bon panorama, bon bilan d’étape. Sorte de vue de la gauche bourgeoise par elle-même, gauche honteuse de boomers, rose flétrie et stérile qui a tout gâché, tout renié. Mal menée ? Oui mais par elle-même !
    Quitte à embrasser le dernier demi siècle on note dans ce panorama l’omission criante et significative de 4 évolutions majeures, 4 chantiers qui ont façonnés les réalités sur cette période mais à laquelle la gauche politocarde et pseudo-intellectuelle n’a répondu que par de l’idéologie, de l’opportunisme parasitaire et démissionnaire, j’allais dire « réactionnaire », « contre-révolutionnaire » :

      1- immigration de masse, émergence du fait communautaire, islamique notamment, echec d’intégration
      2- émergence de l’écologie, échec d’une écologie sociale impliquante au profit d’une politisation malsaine
      3- révolution numérique subie, le réagencement passif des organisations et métiers en réseau
      4- construction européenne comme déconstruction de la nation, de l’état-nation, contre le peuple.


      Quand même, difficile de faire l’impasse retrospective là dessus ! Non ?

      Donc gauche des idéologies : imigrationnisme, écologismes verts(de-gris), européisme anti-national, et grand ratage du grand tournant technologique informationnels et culturels, finalement industriel.
      Et pour masquer cet échec, gauche des faux-combats sociétalistes de spectacle : trio anti-racisme, anti-fascisme, anti-sexisme qui ne débouchent que sur un hyper-racisme (woke), un hyper-sexisme (LGTBxyz), un hyper-fascisme (Macronisme).

      La rose faux-cialiste n’est pas que flétrie, elle est sanglante et nauséabonde !

      Cela dit je ne veux pas englober l’actuel électorat populaire de gauche dans ce funeste tableau. J’en suis un peu, pas que, mais qu’en même.


  • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 30 mars 10:26

    Gauche, droite, ça n’a plus aucune signification.

     

    la pensée politique occidentale ne pense plus la réalité, elle pense un réel fantasmé, elle crée sa propre réalité et ne pense qu’à une chose : l’imposer

     

    Pensée fantasmée, discours performatif, rêve éveillé du prédateur : « Le thème du grand remplacement est au cœur de nos sociétés et des idiots comme Mélenchon (les autres font pas mieux, hormis ceux qui n’ont pas eu leurs signatures ) refusent de le voir, ce Grand Remplacement il n’est pas centré/limité sur la question migratoire il est centré sur la réalité ; le Grand Remplacement consiste à remplacer les sujets de la démocratie par des simplets, par des idiots désirant et consommant. La folie des élites est de nous remplacer par des artefacts, par des NPC, par des Non Playing Character, c’est dire des Mêmes. » source : Bruno Bertez

     
     Et pas seulement la pensée politique : il en est de même de la pensée sanitaire, climatique ou scientifique.

     

    Jean-Dominique Michel spécialisé dans la corruption systémique : tout le monde le sait, il y a un problème de corruption dans les politiques de santé. : « L’ancienne rédactrice en chef du new general medecine a déclaré : ’’au bout de vingt ans, je ne peux plus croire les études qui paraissent dans la littérature, elles sont publiées pour pouvoir faire du business mais pas de la science. Je ne peux plus croire aucune directive sanitaire édictée par un État parce que tout le système est configuré pour permettre à des industries de faire des profits mais pas de protéger la santé des gens.’’ Le British medical Journal, la plus intègre des grandes revues, vient de dire : ’’ La science est actuellement réprimée pour des raisons politiques et financières. ’’ »

     


    • sirocco sirocco 30 mars 19:20

      @Francis, agnotologue
      « ...il y a un problème de corruption dans les politiques de santé. »

      Il y a de la corruption dans absolument tout. Dès que quelqu’un a un pouvoir de décision, aussi minime soit-il, dans un domaine quelconque générant du fric, on peut légitimement penser, en société capitaliste, qu’il est soudoyé.

      Cela concerne la politique, les votes, la justice, la santé, la gestion des communes et autres collectivités, l’attribution des chantiers publics.... TOUT !


  • Louis Louis 30 mars 10:43

    La ROSE est flétrie et même desséchée

    Une fille dont le père militait depuis des lustres m’avait dit : « Tu sais que les socialistes sont là pour que JAMAIS le peuple ne puisse s’exprimer ? »

    A l’époque j’avais trouvé ça CON (c’était les seventies)

    50 ans plus tard, ma foi elle avait raison

     smiley


  • Octave Lebel Octave Lebel 30 mars 10:57

    Désolé, je crois que nous allons vous laisser avec votre spleen. Il y a tant de choses urgentes à régler.


    Bis répétita donc.

    Pour moi sans surprise, c’est la gauche authentique, celle des citoyens réunis dans les urnes dès le 1er tour en dehors des états majors politiques et des jeux médiatiques, animés par l’intelligence collective de la situation et les défis redoutables qui leur sont opposés qui m’intéresse.

    On ne peut pas espérer une réforme démocratique solide et durable à partir des seules forces et idées d’un mouvement ou d’un parti politique sans un large rassemblement de citoyens prêts à travailler sérieusement ensemble. Par ailleurs l’ampleur de ce rassemblement conditionne aussi la possibilité d’une véritable réforme de notre société.

    LFI propose un programme élaboré dans le cadre d’une large consultation et participation de compétences et d’avis et organisé autour d’axes structurants. Cela vaut le coup à mon sens de s’en servir pour avancer, construire et tracer ensemble le chemin de notre avenir sans perdre la main sitôt les élections pliées. De l’eau a coulé sous les ponts et nous a donné le temps d’y réfléchir. A nos adversaires aussi qui savent ce qu’ils veulent et sont décidés à l’imposer, le sceptre à nouveau saisi.

     Cette fois il ne s’agit pas pour nous d’une partielle ou de la comédie des états majors jouant au meilleur représentant de la gauche divisée. Alors à chacun de prendre ses responsabilités en toute conscience. Sans union populaire dès le 1er tour dans les urnes, rien ne sera possible. Il restera ensuite à chacun de ressasser son amertume et son impuissance dans son coin pendant que nos adversaires déploieront leurs projets dont nous ne connaissons pas la moitié grâce à l’espace et le temps que nous leur aurons procurés.

    Tant qu’à voter, surtout quand on a à se plaindre de l’impasse démocratique dans laquelle nous mettent depuis plusieurs mandatures la conjonction d’institutions détournées et dépassées, d’un scrutin uninominal à deux tours qui fait d’une minorité habile les décideurs sans contre-pouvoirs opposables des politiques publiques. Qui nous font ensuite la surprise de ce que signifiaient vraiment les promesses et discours de ceux qui étaient là juste pour se faire un petit capital de voix au 1er tour en laissant le champ libre au candidat du système et à son sparring partner sacrificiel habituel ou relooké de la même famille. Alors autant connaître la musique aussi bien que ceux qui guignent nos suffrages, ceux qui commentent les sondages et nous délivrent leurs conseils gratuits et désintéressés.

    En tant que citoyens, voulons-nous nous retrouver au travail ensemble afin d’avoir enfin notre mot à dire après cette énième comédie présidentielle ou alors nous ranger derrière des chefs d’équipe pour protester et nous plaindre ensuite en attendant la prochaine ?

     

     


  • Esprit Critique 2 avril 00:42

    Que la Goche créve ! Et Vite !

    Mais ce ne sera pas suffisant si il reste Macron, le Pantin des USA.


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