lundi 17 mars 2008 - par docdory

Affaire de l’esthésioneuroblastome : faut-il légiférer sur l’euthanasie ?

Docteur, faites-moi une piqûre que j’en finisse ! Quel médecin n’a jamais entendu cette phrase chez un malade en phase terminale d’une longue et douloureuse maladie ? Chantal Sébire, une patiente atteinte d’une tumeur faciale rarissime, demande judiciairement une dérogation afin de bénéficier d’une euthanasie. Examinons les faits :

Chantal Sébire, patiente de 52 ans, ancienne enseignante et mère de trois enfants est atteinte depuis plusieurs années d’un esthésioneuroblastome, rarissime tumeur développée aux dépens du nerf olfactif, ayant pour conséquence un envahissement des sinus et de la face. Actuellement, elle est atteinte d’une déformation monstrueuse et épouvantable de la face, qui a pu être vue par tous aux actualités télévisées, déformation compliquée de cécité complète, d’anosmie et de douleurs intenses et permanentes. Cette maladie est incurable selon les données actuelles de la médecine, et va entraîner avec certitude une mort douloureuse dans un délai plus ou moins bref.

Mercredi, l’avocat de Chantal Sebire a annoncé avoir déposé une demande d’euthanasie de la part de sa cliente. La justice rendra sa décision lundi sur cette requête. Sur France 3, Chantal Sebire a expliqué qu’elle n’était pas un cas isolé et souhaite un référendum sur la question en déclarant : "Faisons un référendum, et demandons au peuple ce qu’il en pense". "Je n’ai absolument pas l’impression que les politiques se moquent de moi, seulement si eux ne veulent pas avancer, la France ne peut avancer", a-t-elle insisté.

Le chef de l’Etat, "très touché" par la lettre que lui a adressée Mme Sebire, a demandé à son conseiller sur les questions de recherche et de santé, le Pr Arnold Munnich, d’entrer en contact avec elle, selon le porte-parole de l’Elysée, David Martinon. "Il lui a proposé qu’un nouvel avis soit donné sur son cas par un collège de professeurs d’université du plus haut niveau". Cette réunion, destinée à "prouver que toutes les ressources de la médecine sont épuisées", "aura lieu dans quelques jours si Mme Sebire accepte le principe". Le porte-parole de l’Elysée a rappelé "le cadre juridique fixé par la loi Leonetti du 22 avril 2005 sur les droits des malades et la fin de vie", selon laquelle "l’intervention des médecins ne saurait en aucun cas mettre fin à la vie du patient". "Pour le moment nous restons dans le cadre de cette loi Leonetti", a-t-il souligné, parlant d’un "bon équilibre".

La garde des Sceaux (ministre de la Justice), Rachida Dati, a fait part de son opposition à cette demande d’euthanasie. "Cette dame demande à la justice de pouvoir exonérer de la responsabilité pénale le médecin pour lui administrer une substance létale, qui l’aidera à mourir. Ce n’est pas notre droit", a-t-elle expliqué sur France-Inter. "Nous avons fondé notre droit, et aussi bien la Convention européenne des droits de l’homme, sur le droit à la vie."

En l’absence de législation autorisant l’administration de substances létales (penthotal), à l’instar de la législation helvétique, que peut faire le médecin traitant d’une telle malade ? On avait vu il y a quelques mois un reportage télévisé concernant un patient suisse incurable, entouré de sa famille proche, auquel une équipe venait apporter un cocktail létal, et ce reportage montrait la procédure du début à la fin. C’est le patient lui-même qui absorbait le fatal breuvage, l’équipe médicale se contentant de le fournir et d’en donner le mode d’emploi, en restant sur place jusqu’au décès. En tant que médecin, je dois avouer que cette émission m’avait provoqué un certain malaise. Néanmoins, ayant été confronté à ce genre de situations, il faut dire que le problème n’est pas si insoluble que cela.

Tout d’abord, il faut analyser la demande du patient. Un patient qui demande à mourir est, la plupart du temps, en fait, en demande de soins palliatifs efficaces. Ce qu’il demande en réalité, c’est de ne pas avoir mal, de ne pas être angoissé, et qu’on s’occupe bien de lui, dans le respect de sa dignité.

Or, bien rares sont les cas ou des soins palliatifs efficaces sont impossibles. En effet, bien utilisée, à doses suffisantes et parfois très importantes, et en administrant simultanément un traitement préventif de ses effets secondaires, la morphine peut contrôler la plupart des douleurs cancéreuses. Lorsqu’elle est mal tolérée ou impossible à prendre par voie orale, la morphine peut être avantageusement remplacée par des patchs d’un puissant dérivé morphinique, le fentanyl (patchs de "durogésic"). Ces patchs réalisent l’équivalent d’une perfusion continue de morphine. Ces traitements contrôlent quasiment toutes les douleurs cancéreuses à l’exception des douleurs neuropathiques ou de désafférentation qui surviennent lorsque la maladie envahit des nerfs. Dans ces cas, il existe d’autres traitements (certains antidépresseurs tricycliques, certains antiépileptiques ou apparentés, certains appareils de stimulation électriques, certaines procédures neurochirurgicales). Dans le cas de Chantal Sébire, bien que je ne connaisse pas le dossier, il est probable que l’inefficacité de la morphine résulte d’un envahissement tumoral des nerfs crâniens (situés dans cette zone), réalisant un "syndrome de Garcin". Auquel cas, les ressources thérapeutiques non morphiniques précédemment mentionnées peuvent souvent être efficaces.

Néanmoins, certains patients peuvent légitimement dire (et cette légitimité est manifeste dans le cas de Chantal Sébire), que leur vie ne vaut plus d’être vécue. On est en droit de refuser d’accepter de se retrouver aveugle, atrocement défiguré, et promis à une mort certaine dans d’horribles souffrances dues à l’inefficacité de traitements pourtant bien conduits. Néanmoins, est-on pour autant en droit de demander au médecin, dont ce n’est pas le métier, et dont c’est contraire à la déontologie, de vous administrer la potion fatale ? Il faut rappeler qu’en droit français, le suicide n’est ni un crime ni un délit. Par contre, administrer une substance mortelle à un patient est considéré comme un homicide, et regarder un patient prendre une substance mortelle peut être considéré comme "non-assistance à personne en danger". En conséquence de quoi, l’argument "on fait bien une piqûre aux animaux, pourquoi pas à moi", n’est pas recevable. Pourquoi finalement demander au médecin ce qu’on peut parfaitement faire soi-même ? Cette demande de transfert de responsabilité n’est-elle pas un peu abusive de la part du patient ?

Quand certains patients demandent une injection fatale pour une maladie fatale, il faut d’abord faire sortir l’entourage familial de la pièce afin de respecter le colloque singulier entre le médecin et son malade, lui expliquer que c’est impossible, lui expliquer qu’on fera tout pour qu’il ne souffre pas et que, si malgré tout il veut en finir, rien ne l’empêche de mettre d’un coup tous ses patchs de durogésic ou de prendre tous ses comprimés de morphine du mois simultanément, en y ajoutant sa boîte de somnifères d’un seul coup, ce qui procure une mort rapide, certaine et indolore, analogue à celle de la potion suisse. Jusqu’ici, aucun patient auquel j’ai indiqué cette façon de procéder ne l’a jamais utilisée, comme si, en fait, ils avaient plus peur de ne pas savoir comment faire pour se suicider, que de l’évolution de leur maladie.

Prenons maintenant le cas des malades en fin de vie hors d’état d’exprimer leur consentement, mais qui semblent souffrir fortement. C’est le cas par exemple de malades au dernier stade de l’Alzheimer, couverts d’escarres dont les pansements sont douloureux. Là aussi, le colloque avec la famille proche est de première importance. On avertit l’entourage que l’augmentation des doses de durogésic, nécessaire pour combattre la douleur, comporte un certain risque d’arrêt respiratoire ou de mourir quelques semaines plus tôt que l’évolution fatale inéluctable, et on leur demande s’ils acceptent néanmoins ce risque inhérent aux augmentations de posologie (ce risque est pratiquement toujours accepté par les familles). Ceci est parfaitement conforme aux textes législatifs en vigueur, le décès qui peut survenir parfois rapidement dans ces cas ne saurait être assimilé à une injection létale.

Reste le cas épineux, heureusement exceptionnel, des malades ayant perdu toute motricité, et donc toute faculté de mettre eux-mêmes fin à leurs jours. La loi Léonetti prévoit qu’ils sont parfaitement en droit d’exiger de faire débrancher tous appareillages les maintenant en survie, ce qui suffit dans la plupart des cas.

Enfin, je me rappelle une anecdote que m’avait racontée il y a une trentaine d’années un vieux confrère, alors que je commençais mes études médicales. Un jour, il avait été appelé pour signer le constat de décès d’un enfant d’une dizaine d’années, enfant monstrueusement malformé qui avait vécu toute sa vie une vie végétative. Les parents étaient effondrés, en larmes. Mon confrère vit des marques rouges autour du cou, témoignant d’une strangulation, néanmoins, il signa le certificat de mort naturelle en feignant de n’avoir rien vu. "Tu comprends", me déclara-t-il ,"il y a des cas où la justice ne sert à rien". "La vie de ces parents depuis la naissance de cet enfant était déjà une punition, à quoi bon tenter d’en faire rajouter une autre par la justice en faisant un certificat de mort suspecte ?". Pour moi, ce confrère était dans le vrai, l’humanité consiste parfois à savoir opportunément fermer les yeux...

Au vu de cette anecdote, les personnes, en particulier celles privées de motricité, souhaitant une assistance pour leur suicide n’ont en fait aucun intérêt à médiatiser leur demande. En effet, le médecin appelé pour signer le constat de décès d’un patient en fin de vie après un suicide "assisté par la famille ou un ami" aura toutes les chances de conclure à une mort naturelle, et n’ira pas prescrire une autopsie pour recherche de toxiques. En cas de médiatisation, un procureur sourcilleux peut se mêler de l’affaire et provoquer d’absurdes poursuites judiciaires...

En conclusion, l’arsenal législatif existant ne me semble pas devoir être modifié, car cela constituerait un risque de bouleverser un système de valeurs, certes imparfait, mais qui fonde notre société. L’intelligence des médecins, du malade et de son entourage suffit pratiquement toujours...



101 réactions


  • Forest Ent Forest Ent 17 mars 2008 09:56

    200% d’accord avec cet article. Il faut des pratiques humaines, pas des lois en plus.


  • gecko gecko 17 mars 2008 10:09

    Cet article m’a quelque peu troublé il est vrai. Parce que l’euthanasie finalement c’est demander au docteur de faire ce qu on n’est pas capable de faire soi même.

    Mais il reflète totalement la réalité des choses et je le trouve très pertinent. La réalité est souvent bien différente du prisme déformé des déclaration diverses des médias et des acteurs en jeu.


    • LE CHAT LE CHAT 17 mars 2008 12:46

      @gecko

       

       c’est sûr que les médecins possèdent les connaissances médicales pour pouvoir en finir rapidement et en douceur car même si on a la volonté d’en finir , tout le monde ne veut pas se tirer une balle dans la tête ou se pendre faute de possèder la pharmacopée qui va bien !

      la France est un pays arriéré , il serait tant de se mettre à la page sur l’euthanasie , une personne ne supportant plus sa misérable existence ne devrait pas être contrainte à souffrir davantage !


  • Paul Villach Paul Villach 17 mars 2008 10:48

    Cher Docdory,

    Merci de cette intéressante réflexion tirée de votre expérience. Paul Villach


  • Internaute Internaute 17 mars 2008 10:50

    Je suis bien d’accord avec vous. « Pourquoi finalement demander au médecin ce qu’on peut parfaitement faire soi-même ? Cette demande de transfert de responsabilité n’est-elle pas un peu abusive de la part du patient ? » Dans le cas cité en exemple, pourquoi la patiente ne se jette-elle pas par la fenêtre du 10eme étage ? Elle voudrait que le médecin prenne sur lui la responsabilité qu’elle-même fuit.

     

    Cependant, en toute logique, qu’y a-t-il de différent entre expliquer au malade qu’il n’a qu’à prendre en une fois sa dose de morphine pour le mois ou bien lui déposer un verre de poison prés de son lit ? Aprés tout c’est bien le médecin qui a fait l’ordonnance pour qu’on achète la morphine ; c’est vrai qu’à l’origine l’objectif n’était pas le même.

     

    En conclusion, laissons la loi comme elle est et les médecins se débrouiller du mieux qu’ils peuvent avec les familles.


  • Vilain petit canard Vilain petit canard 17 mars 2008 10:58

    Tout à fait d’acord avec toi, doc, et merci pour cet article rigoureux et plein d’humanité. J’ai été personnellement assez choqué par cet appel public de Mme Sebire, qui est pour moi une sorte de mise en demeure de prendre parti. L’aide (raisonnée) au suicide comme en Suisse me paraît une solution à creuser. Il n’en reste pas moins qu’ne France, le suicide n’est pas répréhensible, et que trop souvent on cherche à charger les médecins de cette tâche, comme si on pouvait se suicider sans avoir à le faire soi-même, si j’ose dire.

    Notons quand même qu’il y a quelques mois (février 2007), le candidat Sarkozy, interrogé sur l’euthanasie dans des cas extrêmes, avait déclaré avec sa classe habituelle et son sens grammatical que "c’est sûr, d’vant des cas pareils, on peut pas rester les bras ballants". Néanmoins, il était contre une loi sur l’euthanasie, faisant confiance au dialogue. Sa réaction sera instructive, car d’une certaine façon, Mme Sebire s’adresse à lui au nom de cette déclaration d’alors.


    • docdory docdory 17 mars 2008 12:08

       @ Léon

      Non , la rédaction d’agoravox ne m’a pas contacté à ce sujet , néanmoins , je crois que ce qui est réprimé , c’est l’incitation au suicide . Or là il ne s’agit pas d’incitation . Je crois que presque tout le monde sait qu’un surdosage d’opiacés provoque une overdose fatale . La verbalisation de ce fait connu de tous n’a rien à voir avec une incitation ( cette verbalisation est nécessaire en tout état de cause car le médecin doit informer légalement le malade des dangers potentiels des traitements ). Je m’engage toujours auprès de mes patients à leur donner des soins palliatifs consciencieux . Les quelques patients qui m’ont réclamé " une piqûre " ne se sont jamais suicidés en fait . Toute demande de mort est très ambivalente ( celle de Chantal Sébire n’échappe peut-être pas à la règle ).

      Comme je l’expliquais hier dans un commentaire à l’article de Bernard Dugué sur le même sujet , le dernier patient proche de la mort et incurable à m’avoir demandé une piqûre , je lui ai expliqué que c’était légalement impossible , j’ai fait toutes les adaptations nécessaires à son traitement antalgique , il était prévenu que des dépassements importants de doses étaient mortels . Malgré son état plus que précaire , il a pris l’avion une semaine plus tard pour rentrer dans son pays d’origine où il est mort quinze jours plus tard parmi les siens . 

      Aurait il eu une " meilleure mort " si l’euthanasie avait été légale et si j’avais dans cette hypothèse souscris à sa demande au moment où il l’avait formulée ? La question mérite d’être posée ...


  • slaf 17 mars 2008 11:13

    Bravo et merci pour ce réel retour d’expèrience !

    Tout est dit et cela soulève la question du misérabilisme médiatique et du tout judiciaire.


  • ZEN ZEN 17 mars 2008 11:53

    Merci, Doc, pour cette réflexion et cette expérience

    Mais je suis sceptique sur ta conclusion , et notamment la dernière phrase :

    "En conclusion, l’arsenal législatif existant ne me semble pas devoir être modifié, car cela constituerait un risque de bouleverser un système de valeurs, certes imparfait, mais qui fonde notre société. L’intelligence des médecins, du malade et de son entourage suffit pratiquement toujours..."

    Je manque d’expérience, et j’aimerais que quelqu’un apporte des témoignages montrant que quelques règles minimales et claires seraient tout de même nécessaires, à l’instar de ce qui se passe en Belgique ou en Hollande, par exemple...

     


  • ZEN ZEN 17 mars 2008 12:04

    Voici un lien canadien qui peut stimuler la réflexion

    http://agora.qc.ca/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Suicide_assiste


    • ZEN ZEN 17 mars 2008 12:09

      @Doc

      J’aimerais avoir ton avis sur la position de Martin Winckler et l’appel à la dépénalisation...

      http://martinwinckler.com/article.php3?id_article=55


    • Claustaire 17 mars 2008 16:25

      Merci pour votre lien sur le texte et les réflexions de Winckler, et donc les liens proposés par celui-ci vers d’autres sites. Cela alimente utiliement la réflexion sur un sujet essentiel que nous ne pouvons plus esquiver.


    • Claustaire 17 mars 2008 16:57

       

      Merci pour votre témoignage et vos réflexions.
       
      Je pense néanmoins que la situation mériterait une réflexion plus aboutie, notamment pour prendre en compte la sensibilité de l’opinion publique à cette question. Opinion largement favorable, depuis des années, à l’extension du droit de mourir dans la dignité.
       
      A mon avis, la question de la fin de vie, de la "bonne mort" (euthanasie) relève d’un débat et de décisions qui doivent pour large part échapper au corps médical mais relever du corps démocratique (si l’on peut dire !) de notre société. Une consultation référendaire permettrait sans doute, à la fois le débat collectif nécessaire puis la prise de décision assurée par tous.
       
      Pourriez-vous aussi nous préciser si un médecin généraliste pourrait être susceptible de prescrire des patchs de Durogésic à un patient non hospitalisé (mais souffrant chez lui de telle ou telle pathologie qui ne nécessiterait pas une hospitalisation) souhaitant pouvoir disposer de suffisamment de patchs pour prendre une décision éventuellement létale quand il l’estimerait opportune ?
       
      Bien à vous !
       

    • docdory docdory 17 mars 2008 21:28

       @ Zen 

      Le suicide assisté décrit dans ce texte canadien est différent de l’euthanasie , dans laquelle une tierce personne administre à un malade une injection mortelle . Dans le suicide assisté tel qu’il est décrit ,le malade se voit prescrire une ordonnance , mais en dernier ressort , c’est lui qui se l’auto-administre . Ce n’est pas non plus la même chose que de prévenir un malade en demande d’injection mortelle du caractère fatal du surdosage en morphiniques , médicaments qu’il a de toutes façon en sa possession , et dont-il a été de toutes façons averti depuis parfois plusieurs mois des effets secondaires ou de surdosage , comme il est d’usage constant lorsque l’on prescrit des médicaments potentiellement dangereux . ( Cette pratique bien entrée dans les moeurs du consentement éclairé est d’ailleurs une obligation légale et jurisprudentielle . )


    • docdory docdory 17 mars 2008 21:46

       @ Zen 

      Il semble que la position de Martin Winkler ait quelque peu varié entre ses deux textes . ll critique , comme à son habitude , le corps médical dans son ensemble , bien qu’il en fasse lui aussi partie . Je ne pense pas que la majorité du corps médical actuel soit aussi désagréable qu’il l’affirme . Une chose est sûre , c’est qu’il sera assez difficile de trouver des confrères pour accepter d’injecter eux-mêmes une substance létale . Moi-même , je ne pense pas que je pourrais le faire .

      Quant à l’idée d’une dépénalisation , elle me gêne un peu . Lorsque des affaires d’euthanasie familiale ( type affaire Vincent Humbert ) arrivent devant la justice , il est fort rare que des jurés d’assise prononcent plus qu’une peine de principe , et , lorsqu’ils ont la main lourde , c’est que l’affaire n’était pas nette du tout , en général . 

      Les auteurs d’euthanasie sont jugés , lorsqu’ils le sont , par des jurés du peuple français , dont chacun d’entre eux sait bien qu’il pourrait se retrouver confronté à la même situation , et donc sont jugés avec la plus grande bienveillance .


  • Geve74 17 mars 2008 12:11

    Oui, bien sûr, on peut se suicider ... ce n’est pas interdit ! Oui mais comment ? La pendaison, le destop, la noyade ??? En cachette ? Tout seul, dans son coin, pour ne géner personne ?

    Quelle hypocrisie ! Pourquoi Chantal Sebire a-t-elle besoin de la médecine ? Tout simplement pour lui procurer les 10 g de penthobarbital nécessaires pour s’endormir en douceur, dignement, au milieu de ses proches. Et oui, elle n’a pas de connaissances ou de relations dans le milieu médical pour le lui procurer. Dommage pour elle ... Et oui, il y a encore en France des privilèges et des inégalités face à la mort.

    La mission d’un médecin n’est plus de prolonger la vie à tout prix, mais bien plutôt d’accompagner et de sauvegarder la dignité de son patient. Il est trop facile de simplement fermer les yeux, il est peut-être temps d’agir.


  • Vieux Bob 17 mars 2008 12:18

     

    J’ai lu cet article avec le plus grand intérêt et je puis dire que la justesse et la sensibilité de l’argumentation m’ont touché.

    Et pourtant !…

    L’article est rédigé par un médecin généraliste dont l’humanisme paraît évident, et je peux admettre qu’il n’est pas exceptionnel.

    Mais une immense majorité des français meurent à l’hôpital.

    Excusez-moi de citer mon histoire personnelle, mais j’ai subi, il y a quelques mois, deux interventions chirurgicales lourdes, à deux jours d’intervalle, dans un hôpital réputé de cardiologie. Je crois pouvoir dire que j’ai été pendant quelques jours à la limite de la souffrance supportable.

    Membre de puis quelques années de l’ADMD (Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité), âgé de 85 ans, je n’ai pas pu ne pas penser à l’euthanasie ; j’étais certainement très éloigné du passage à l’acte, la seule pensée de ma nombreuse descendance, de mes nombreux petits enfants et arrière petits enfants, me retenant à la vie.

    Je souhaitais parler, j’étais sans force et j’imagine que ceux, aussi rares soient-ils, qui souhaitent réellement partir, sont parfois dans le même état. Personne ne leur donne cette possibilité de parole, car les soignants, aussi dévoués soient-ils, n’ont pas le temps d’écouter, et ce n’est pas leur rôle, d’autant plus que l’euthanasie est illégale, donc il n’y a rien à dire, eux-mêmes n’ont-ils pas rien à dire !…

    J’ajoute que dans un hôpital, depuis le chirurgien et son assistant, les infirmières jusqu’aux aides-soignantes, il y a du monde et tout traitement un peu douteux ne risque-t-il d’être dénoncé par un assistant mal intentionné (ou naïf)… Mieux vaut être prudent…Nul n’est censé ignorer la loi.

    RIEN N’EST RÊGLé !


    • docdory docdory 17 mars 2008 21:55

       @ Vieux Bob

      Malheureusement , les douleurs post opératoires après chirurgie cardiaque sont parmi les plus difficiles à contrôler . En effet , la sternotomie ,en général pratiquée comme voie d’abord chirurgicale , réalise une sorte de foyer de fracture artificielle du sternum , lequel , bien que fixé en fin d’opération , bouge néanmoins à chaque mouvement respiratoire . 

      La médecine devra progresser dans ce domaine , néanmoins , je pense que ces opérations vous ont amélioré , et que vous ne les regrettez pas . 


  • astus astus 17 mars 2008 12:25

    Merci pour votre témoignage que je trouve intéressant parce qu’il est fondé sur une expérience personnelle, vécue et réfléchie de l’intérieur, à distance aussi bien de la médiatisation et de la judiciarisation outrancières qui caractérisent notre société, que des bondieuseries moralisantes de toute sorte que l’on entend habituellement sur ce sujet (allusion aux remarques déplacées de Mme Boutin).

    Malheureusement je ne suis pas certain que toutes les équipes et médecins directement confrontés à ces problèmes aient habituellement le même souci explicatif que vous, ou qu’ils possèdent  tous la formation relationnelle ou l’intuition nécessaires à leur résolution, sans parler des effectifs souvent insuffisants dans les hôpitaux où se produisent pourtant la majorité des décès, (ce qui ne facilite pas la disponibilité du personnel concerné), ni des cas désespérés que les services se refilent entre eux comme une patate chaude pour ne pas plomber leurs statistiques, tout en continuant des investigations aussi coûteuses qu’inutiles, pour faire semblant de faire quelque chose.

    Tout n’est donc pas rose au moment où la grande faucheuse approche, ce qui n’est pas surprenant dans une société qui a tout fait  pour donner une image d’éternelle jeunesse (cela fait vendre) où la possibilité même de la mort semble exclue. Et l’on comprend mieux alors que certains souhaiteraient sortir de ces dilemmes par des textes de loi généraux figés dans le marbre venant réglementer les cas les plus criants en dépit du contexte forcément unique et particulier de chaque situation de fin de vie.

    Il faut cependant reconnaître que là où ces textes existent, par exemple en Suisse, cela n’a pas donné lieu aux abus que certaines personnes font semblant de craindre même si je comprends le malaise que vous avez éprouvé en regardant l’émission que vous citez pour la principale raison, à mon avis, qu’il y avait là une transgression de l’espace du secret nécessaire à tout être humain par la médiatisation de faits qui devaient demeurer non pas cachés, mais simplement intimes ou privés. De tels reportages sont tout simplement indécents.

    De même que notre société refoule ou dénie tout de cette mort qui nous concerne pourtant tous, il faut constater qu’il n’y a pratiquement plus de limite entre l’espace privé et public ce que tout un chacun a  ressenti avec malaise un jour en étant forcé en raison de l’exiguïté des lieux à écouter des communications téléphoniques qui ne le concernaient pas. A un autre niveau notre président est en train d’en faire aussi l’amère expérience.

    La question de l’euthanasie est donc une question paradoxale difficile à résoudre parce qu’elle est située,  par définition, dans un lien entre  vie et mort, entre espace  privé et public, entre individu et société, entre pratique humaine tolérée et intransigeance de la loi. Mais il me  semble personnellement que celle de Léonetti pourrait être assouplie suffisamment pour que les gens qui désirent mourir en paix puissent le faire de façon assistée et contrôlée sans ameuter les populations et que les personnels qui prennent part à ces démarches ne soient pas inquiétés, à condition bien sûr de fixer des garde-fous clairs.

    Dans ces cas là d’aucuns objectent toujours que les médecins sont là pour soigner et non pas pour donner la mort, mais chacun sent bien l’hypocrisie sous-jacente d’une  telle pétition de principe contredite par les faits qui ne semble pas pouvoir ou  vouloir regarder en face que certaines positions médicales, même passives, sont de véritables arrêts de mort conscients pour les personnes concernées, qui ne demandaient que cela pour mettre fin humainement et dignement à leur souffrance. Et d’autres de dire aussi qu’après tout ces patients n’avaient qu’à mettre fin eux-mêmes à leurs jours : mais vous en connaissez beaucoup de personnes hospitalisées en fin de vie suffisamment conscientes et valides qui ont à leur libre disposition au bon moment sur leur table de nuit tous les produits nécessaires, et le mode d’emploi ?

     


    • Vieux Bob 17 mars 2008 14:04

      Le commentaire d’ "astus" semble m’être adressé, mais je n’ai jamais fait de commentaire sur l’émission concernant l’exemple suiss, ni sur le témoignage de Marie Humbert !

      Au risque de me voir reproché mon exhibitionnisme, je citerai ce texte écrit quelques semaines avant mon opération en cardio :

      "Réflexions sur la mort…

      Je suis mal placé pour en parler… Et pourtant, depuis que je sais que ce peut-être imminent, j’y pense tous les jours.

      Je serais prêt à accepter un départ brutal, à moins qu’au dernier moment … ?

      Serais-je prêt à prendre la décision de partir, si la fin était difficile ; je l’ai longtemps cru, me fiant aux expériences racontée, par des témoins, je pense à Mireille Jospin, à certains reportages télévisés, comme " la mort de Jean " : tout cela paraît presque simple … à vivre et mourir !

      J’aurais presque eu envie d’écrire " l’euthanasie, mais c’est très simple ", pourquoi pas " l’euthanasie pour les nuls " !

      Et puis, une de mes filles m’a écrit : " papa, j’ai encore besoin de toi ! " et le plus jeune de mes petits enfants a dit à sa mère : " mais si papy s’en va, je ne pourrais plus me promener avec lui… "

      J’ai lu " De chair et d’âme ", de Boris Cyrulnik, si controversé. Son sujet est tout autre, mais il insiste beaucoup sur l’importance vitale, même chez certains animaux dont le cerveau est si proche du nôtre, des liens affectifs, qu’il appelle " les attachements ", tel ce petit singe, qui brutalement séparé de ses proches, ne tarde pas à mourir, à moins que l’on ne lui substitue d’autres attachements !

      Une amie a récemment perdu son mari et peine à " faire son deuil ", et un groupe l’aide à recréer des liens de substitution.

      Eliane Feldmann-Desrousseaux, médecin et psychanalyste, dans un livre récent, " Prendre soin de l’autre souffrant ", raconte quel arrachement a été pour elle, alors jeune médecin d’un " mouroir ", le départ de patients auxquels elle s’était attachée…

      Enfants, jeunes ou vieux, sommes nous tous " attachés par des liens " que nous aurions créés, parce que nous en avions besoin pour vivre et dont nous serions plus les seuls maîtres ?

      Coq à l’âne ou rêve nocturne, je passe le plus clair de mon temps sur Internet, le Web,… la Toile ! Encore des fils tissés et mon père était " fabricant de toiles " !

      Que m’importe l’historicité des évangiles, mais la tunique de Jésus…" C’était une tunique sans couture, d’un seul tissu depuis le haut jusqu’en bas. Ils se dirent donc entre eux : "Ne la déchirons pas,… "

      L’humanité constituerait-elle une immense toile, en bien piètre état, certes, déchirée par les églises, les nationalismes ,

      les luttes économiques, mais aussi toujours à réparer par suite des ruptures de "fils", de fil, de fils et de pères en partance, de conjoint, de soignants, ou de patients, d’amis.

      Quand j’étais enfant, j’avais l’habitude de voir les contrôleurs vérifier les pièces de toile, mètre par mètre, afin de déceler toute " rupture " de fil.

      Au risque de heurter certains, je ne pense pas que " la vie soit sacrée ", mais lorsque je pense à cette immense toile humaine,…

      Si un jour, je me sens las de vivre, me sentirai-je libre de couper tous ces fils, aurai-je le courage de délier ces attachements, trouverai-je un bénévole qui m’aide dans cette lourde tâche ?"

      Puissent, un jour, les patients avoir un lieu pour parler et être écoutés...

      Puisse la liberté de chacun etre respectée

       

       


    • astus astus 17 mars 2008 14:53

      Désolé Vieux Bob : mon commentaire ne s’adressait pas à vous mais plutôt au rédacteur principal de l’article, comme une façon d’essayer de prolonger sa réflexion et d’en susciter éventuellement d’autres pour voir où tout cela nous mène...


    • docdory docdory 17 mars 2008 21:58

       @ vieux Bob 

      Merci pour ce très beau texte


  • SciFi SciFi 17 mars 2008 13:07

    @docdory

    J’attendais avec impatience cet article dont vous aviez annoncé la parution dans un billet de Dugué. Sachez que je respecte votre point de vue de praticien et ne voyez aucune attaque personnelle à ce que je vais dire.

    Après avoir énoncé clairement les faits concernant Chantal Sébire et la position des politiques, vous parlez de la rareté des cas où les soins palliatifs sont impossibles, puis de votre position sur le sujet. C’est bien de ces rares cas dont il est question, ceux pour lesquels la médecine est impuissante à éliminer la douleur.

    Je vous rejoins sur certains points : votre déontologie (toute à votre honneur) qui vous empêche d’envisager une telle pratique. Vous auriez même pu légitimement vous appuyer sur le serment d’Hippocrate, à partir du moment où vous attachez de l’importance à la parole donnée. Et également le malaise que vous avez pu ressentir face à une émission que j’ai moi-même vue. Ce sont des arguments que je respecte totalement. Mais une quelconque disposition légale sur le sujet, si elle devait voir le jour, ne pourrait jamais imposer à un médecin de pratiquer une mort volontaire si cela est contraire à ses principes.

    Maintenant, à vous lire je ressens moi aussi un malaise. D’abord parce que vous fournissez un mode d’emploi, qui je suppose pourrait appeler à des questions complémentaires de la part du malade au moins pour être sûr qu’il ne souffrira pas en employant cette solutions. Ce qui me gêne, c’est que quelque part, vous devenez complice de cette mort, car si vous n’avez pas effectué le geste, vous avez fourni les clés qui permettent de mourir. De plus, on pourra toujours trouver des cas - rares, je vous l’accorde - où une personne est incapable d’agir sans une complicité

    L’autre malaise que je ressens, c’est le traitement a posteriori qui est fait des cas d’euthanasie en France. Si les choses étaient si claires sur le plan moral et légal, pourquoi ne punit-on pas durement ceux qui ont eu une participation active ?

    Léon Schwartzenberg, cancérologue en faveur de l’euthanasie malgré son état de médecin, avait révélé avoir pratiqué une euthanasie. Il a été suspendu par le conseil de l’Ordre au début des années 90, décision annulée ensuite par le Conseil d’Etat. Il n’a pourtant pas été poursuivi au pénal à ma connaissance, bien qu’ayant donné la mort. Il y a donc bien une forme d’hypocrisie sur le traitement ce problème.

    Alors peut-être avez vous raison sur un point : établir une loi complexe et problématique pour résoudre quelques rares cas, n’est peut-être pas la bonne solution. Pourtant il me semble malgré tout qu’il faut pouvoir apporter une réponse à ces rares cas. Et dans ce cas, pourquoi ne pas établir un dispositif exceptionnel, une commission nationale (du fait de la rareté des cas) composée de médecins, psychologues et juristes, tous volontaires pour assumer cette mission, et qui pourraient agir en dérogation par rapport à la lettre de la loi ?

     


  • Georges Yang 17 mars 2008 14:46

     

    Je suis pour la pratique de l’euthanasie quand elle se justifie et contre sa légalisation. Ce n’est pas un paradoxe mais une question de bon sens.
    Beaucoup de malades sont hypocondriaques et sont souvent psychologiquement diminuées par la maladie. La légalisation entraînera la peur de se faire abattre contre son gré une fois hospitalisé par de potentiels Petiot (peur infondée certes, mais qui risque de s’installer, rumeurs aidant). D’autre part, même en se référant a un collège de médecins (2 ou3, du même établissement ou non ?) on peut envisager aussi des manœuvres de familles désirant hériter au plus vite et disant : Docteur, il souffre beaucoup. Que se passera t-il dans une clinique privée ou une famille ayant payé très cher demandera l’euthanasie d’un proche avec plus ou moins l’accord d’un patient un peu dans le coaltar ?
     
    Laisser le choix de la mort assistée au médecin et à son patient après en avoir posé le pour et le contre et éventuellement en parler à la famille, mais maintenir l’interdit.
    D’ailleurs, le cas ne se présente pas tous les jours à un praticien, sauf dans des services spécialisés avec malade en fin de vie. Les soins palliatifs aident beaucoup de gens a mourir sans faire de bruit. Quelques rares cas posent problèmes, douleurs extrêmes, délabrement et forte résistance physique.
    Et une fois une affaire découverte, déboucher sur un non lieu ou une peine de principe.
    La mort ne devrait pas être un forum médiatique, même pour ceux qui souffrent énormément.
    Respecter le colloque singulier, si besoin avec la famille et respecter le silence, on peut augmenter les doses sans en parler. Il ne faut pas s’américaniser et faire des lois sur tout, souvent le bon sens suffit.

    • docdory docdory 17 mars 2008 22:15

       @ Georges Yang 

      Je partage votre analyse . La confiance est à la base de l’acte médical . Chaque malade sait que son médecin est là pour le soigner , et non pour le tuer . Il ne faut pas transformer le médecin , dont la fonction est claire dans l’esprit du public , en un personnage ambigu , ayant un pouvoir de vie ou de mort sur ses patients .

       


  • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 17 mars 2008 15:19

     Je m’étonne que vous ne fassiez pas mention de l’agument principal de la malade en question :

    Le fait, pour un médecin, de donner un puissant moyen palliatif anti-douleur dont on sait qu’il va entraîner la mort à coup sûr dans un état de complète inconscience est bien un moyen de suicide assisté et il y a quelque hypocrisie à le nier.

    D’où la question : Au nom de quelle morale ou de quelle idée de la dignité humaine peut-on préférer que le malade meure suicidé inconscient à terme (8jours) que lucide immédiatement ?

    C’est, selon moi, une grave faute éthique de maintenir une distinction fallacieuse entre un suicide inconscient différé et un suicide immédiat. De quel point de vue ? De celui de la volonté consciente du malade...Donc précisément de sa dignité.

    Le médecin est éthiquement doublement en faute en refusant un moyen immédiat : il s’exonère à tort de la responsabilité de mettre fin à la vie du malade. Il se ment à lui-même et refuse de considérer la volonté explicite du malade pour sauver sa fausse mauvaise conscience.

    Le droit au suicide assisté n’est pas contraire au droit européen, puisqu’il existe ailleurs en Europe qu’en France (ex : en Hollande) , sans susciter de recours devant la CEDH de Strasbourg dès lors qu’on l’interprète comme un droit de mourir dans le dignité.


    • SciFi SciFi 17 mars 2008 16:32

      @Sylvain Reboul

      "Le médecin est éthiquement doublement en tort..." :

      J’ai réagi moi-même sur le sujet évoqué par docdory (montrer la possibilité du suicide, sans y participer), mais il est impossible de faire un procès d’intention à ce médecin.

      D’abord parce qu’il agit visiblement selon des convictions humanistes profondes et réfléchies, ensuite parce qu’on ne peut lui faire reproche de participer à une chose interdite par la loi. On ne peut pas dire "qu’il s’exonère à tort", car cela revient à porter un jugement de moralité qui n’a pas lieu d’être (il n’a pas tort selon son éthique).

      Dans tous les cas, si responsabilité il y a, elle n’est pas le fait du corps médical. En effet, un livre, "Suicide mode d’emploi" était paru il y a quelques années et a été retiré de la vente. Ce livre a fait l’unanimité contre lui, pas seulement du fait des autorités religieuses, mais aussi civiles et judiciaires.

      Il est vrai que le champ d’application un tel livre dépasse les cas exceptionnels dont il est question dans l’article, mais son retrait est symptomatique d’une société qui refuse toute prise de position "officielle" sur le sujet, y compris sur la seule solution proposée par docdory.

       


    • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 17 mars 2008 16:52

      La seule solution ? Justement non sauf à prétendre refuser a priori tout débat sur le bien fondé de la loi précisément "éthique" qui est en débat !

      L’auteur défend la lettre et l’esprit de la loi et c’est cela qui est en question et qui pose une question fondamentale de bio-éthique ! Je ne commente pas l’attitude personnelle de l’auteur médecin, en tant que personnelle, (de fait il la publie pour en faire un exemple probant pour les autres) mais sa défense éthique de la loi , pour en montrer, sur un plan éthique, les limites et les paradoxes.

      De fait la loi actuelle autorise l’aide au suicide (différé et inconscient), sans vouloir le dire, c’est un fait et ma position est que la loi est hypocrite ainsi que ceux qui en défendent l’esprit...confus et donc que cette loi rend précaire et ambiguë l’application d’une telle loi.


    • Bulgroz 17 mars 2008 17:14

      "confus et donc que cette loi rend précaire et ambiguë l’application d’une telle loi."

      Bien dit, Reboul, c’est vrai, vous êtes confus.

      et pourquoi vous n’iriez pas abréger la vie de cette dame vous même ? Vous semblez avoir tant d’assurances.

      Puisque vous êtes non chrétien, cela doit être facile.

       


    • Bulgroz 17 mars 2008 19:06

      Bravo pour votre commentaire, Bulgroz, je suis tout à fait d’accord avec vous.

      Léon

       


    • claude claude 17 mars 2008 21:30

      @ doc,

       

      merci pour votre article,

      mais je ne suis pas totalement d’accord avec vous.

      comme sylvain, je pense qu’il y a une grande hypocrisie de la part du législateur, qui se défausse sur le corps médical, sur la famille, pour aider les patients à mourir.

      dans un autre fil, j’ai fait part de ma position concernant l’euthanasie. si celle-ci est demandée par le patient et discutée en collège, médecin, famille, psychologue, comme cela se pratique en belgique ou en hollande, pourquoi ne pas permettre au malade de mourir en conservant toute sa conscience, et non comme un légume ?

      d’autre part, parce que je le vis tous les jours dans mon corps, la douleur n’est pas si facile que ça à contrôler...que ce soit par tritement morphinique ou antidépresseur, anti-épileptiques ou autres molécules utilisées sur les douleurs d’origine neuropathique. il est impossible de se mettre dans la peau de quelqu’un qui souffre, car la douleur ne se voit pas sur une échelle, comme la température.

      je comprends que pour un médecin, voir un patient mourir volontairement, provoque un malaise, car c’est un échec de ce qui fait l’essence même du médecin : soulager et guérir. mais, malheureusemnt, malgré tous les progrès faits ces dernières années, vous ne pouvez faire des miracles et préserver tous vos patients.

      c’est pourquoi, lorsqu’une personne qui possède toutes ses capacités mentale demandes qu’on l’aide à quitter son corps défaillant, sa requête devrait être acceptée... et non pas exécutée à la sauvette, clandestinement, en risquant d’être dénoncé comme ce fut le cas à périgueux l’an dernier ( Chantal Chanel, et un médecin, Laurence Tramois, comparaissent pour avoir, la première, injectée le 25 août 2003 un produit létal à une femme, Paulette Druais, atteinte d’un cancer terminal du pancréas, et la seconde pour avoir prescrit cette piqûre www.liberation.fr/actualite/societe/240400.FR.php )

      ce n’est pas facile pour vous médecins, mais c’est encore pire pour les patient qui souffrent et qui ont dépassé leur seuil de résistance, et qui désirent malgré tout guarder le contrôle sur leur vie.


    • docdory docdory 17 mars 2008 22:18

       Objection , Sylvain Reboul !

      Un traitement anti-douleur bien conduit , dans le cadre de soins palliatifs , est celui qui supprime la douleur sans placer le patient dans l’inconscience .


    • claude claude 17 mars 2008 23:16

      pardon docteur,

      excusez-moi de vous contrarier : c’est pas toujours vrai !!! il y a des cas, où la douleur persiste et signe...

      mais vous n’y pouvez rien, c’est comme cela, et il faut s’y faire... et vivre avec


    • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 18 mars 2008 12:32

      Vous ne pouvez ni le prévoir, ni l’affirmer dans le cas de cette maladie ! De plus, est-ce à dire que si cela ne marche pas comme vous le dites, vous seriez pour une intervention immédiate ? et cela ne supprime pas la volonté de la malade et des ses proches et leur revendication légitime à la dignité.


  • haddock 17 mars 2008 15:30

    Très bon article ,

     

    Il est très compliqué de pencher pour l’ euthanasie , en même temps laisser des personnes dans l’ état de cette dame relève de peu d’ humanité ,

     

     


    • Soleil2B Soleil2B 17 mars 2008 19:13

      Bonjour Hadd


    • haddock 17 mars 2008 19:18

      Salut Soleillou ,

       

      T’ as vu , sujet du jour pas facile ,

       


    • Soleil2B Soleil2B 17 mars 2008 19:54

      Surtout pour moi mon cher Hadd

      - Tu sais, je survole un peu le débat et quelque part le trouve un peu superfétatoire.Quelles lois ?

      - Le jour où les pâtes aux tellines, les tripettes maisons, enfin toutes ces bonnes choses ne passeront plus, je crois effectivement qu’il conviendra d’y mettre un terme.

      - Il ne faut que le courage. Pour le reste, c’est d’une simplicité extrême.


    • haddock 17 mars 2008 22:39

      faut aussi dire que des fois c ’est la vie qui est con ,


  • Sandro Ferretti SANDRO 17 mars 2008 16:00

    @ l’auteur

    La double question de l’euthanasie et / ou des soins palliatifs conduisant à une mort "digne et apaisée" est un sujet sans doute trop important et intime pour étre traité sur un forum. C’est le sujet-type où, selon le mot d’Edmond Jabes ," seul un noyé saurait parler du fleuve"

    En revanche, il y a quelque chose qui me choque dans cet article et dans vos post à celui de Dugué : l’idée que le patient pourrait de lui-méme en finir en prenant d’un coup une "boite entière" de morphiniques et/ valium laissés à sa disposition.....

    Toute personne ayant une culture hospitalière (ou hélas fréquentant des proches hospitalisés) sait bien que le monde médical, dans son "infinie sagesse", y a pensé depuis longtemps...

    Les traitements sont distribués avec parcimonie (pour la journée, et méme pour la demi-journée, vacation du matin ou du soir) dans un pilulier, avec juste le necessaire. Et souvent, quand c’est peros, surveille la prise. Pour deux raisons : étre sur que ceux qui ont un syndrome de glissement , ou les personnes agées n’ayant pas tous leurs esprits ) prennent bien leur dose et ne recrachent pas, et à l’inverse, que ceux qui seraient tentés d’en finir en faisaint un coktail ou en ingérant une dose massive NE PUISSENT PAS LE FAIRE. ( pas fous, veulent pas un procès pour négligence).

    Méme les "pompes à morphines" avec une poignée manuelle d’auto dosage par le patient sont prévus pour que l’ingestion totale en une fois de la dose journalière ne soit pas létale.

    Donc vous étes apparement médecin de ville et pas praticien hospitalier. Si vous croyez que les infirmières laissent trainer des tablettes entières de Temgésic en lyoc, vous étes dans l’erreur....

     

    Pour avoir connu ca une fois il y a dix ans, et pour avoir vu comment faire ouvrir l’armoire à tableau B ressemble à demander de l’or en barre à votre banquier ( l’homme qui a vu l’homme qui va peut étre appeller l’interne , qui va se couvrir en appellant le chef de service qui est pas là....), je peux vous dire que votre "solution" toute jésuitique ( faites, mais je ne veux ni voir ni savoir) est tout simplement irréalisable.

    Je n’irais pas jusqu’à dire que le milieu hospitalier a une "culture de la douleur", mais il a en tous cas, à quelques rares exceptions près, une culture du je m’en foutisme et du triple parapluie.

    Mieux vaut dix agonisants convulsés qu’un procès, c’est cela la devise.

     

     


    • gecko gecko 17 mars 2008 16:16

      Il est vrai qu on a pas accès aux soins palliatifs comme ça... reste la boite d’antidépresseurs de la famille et un bonne dose de whisky dans la perf...


    • astus astus 17 mars 2008 16:31

      Voilà une contribution qui fait avancer le débat vers plus de vraisemblance : AUCUN patient n’a spontanément à sa disposition les produits nécessaires s’il veut se "débrouiller" tout seul. Alors il fait quoi le malade hospitalisé en stade terminal ? Un casse de l’armoire à pharmacie, assisté par les paraplégiques qui trainent dans le coin ? Puis quand il est mort on le met en prison pour pas qu’il recommence ? Mais pendant ce temps là le médecin se lave les mains, par hygiène, bien sûr. Pas vu pas pris. Tout va bien : cultivons notre jardin.


    • Claustaire 17 mars 2008 17:05

      C’est bien la question que je me posais aussi : l’accès à des patchs de durogésic, par exemple, ne doit pas être possible à un patient lambda sur simple prescription d’un généraliste.

      Et donc, sur le fond, l’article initial, malgré ses qualités, pourrait bien être désinformatif et donc, quelque part, manipulatoire. Merci de nous permettre de nous en rendre compte.

       


    • Soleil2B Soleil2B 17 mars 2008 18:46

      @ASTUS

      - Vrai pour les malades hospitalisés en phase terminale. Il est également inadmissible, lorsque toutes les portes sont fermées, de vouloir persister dans l’impuissance. C’est une simple question de bon sens.

      - Pour le reste, ce n’est pas tout à fait vrai.

      - J’ai à mon domicile et à ma disposition, de quoi me débarrasser de beaucoup de monde. Y compris de moi.................car il existe les HAD.

      - Là où pourrait-être le problème, ce serait sur la dose. Il semblerait que nombre de médicaments pris en surdose seraient rejetés. Ce n’est peut-être donc pas aussi simple.

      - je n’ai pas encore abordé cette question.................


    • docdory docdory 17 mars 2008 22:29

       @ Claustaire 

       

      Les patchs de durogesic sont d’utilisation fréquente dans les douleurs cancéreuses en médecine générale .

      Les quatre derniers patients cancéreux que j’ai soigné sont morts à domicile ( essayez donc de trouver une place à l’hôpital ou en clinique pour un patient cancéreux en fin de vie , on vous enverra promener dans la plupart des cas , d’autant qu’il existe actuellement des systèmes bien faits d’hospitalisation à domicile ) .


    • docdory docdory 17 mars 2008 22:34

       @ Léon ,

       

      Tout patient soigné à domicile pour un cancer en stade terminal a ,dans son armoire à pharmacie , pour quinze jours ou un mois de morphiniques ( on ne va pas s’amuser à refaire une ordonnance tous les trois jours , sauf si une une augmentation rapide de dose est nécessaire ) . 


    • Soleil2B Soleil2B 17 mars 2008 23:56

      Bizarre Docdory

      - A la lecture de vos deux derniers posts et de leurs destinataires, il semblerait que vous ne suiviez pas le fil !


  • Traroth Traroth 17 mars 2008 17:51

    Personnellement, je suis très attaché à l’état de droit, et compter simplement sur la complaisance du médecin venu constater le décès pour qu’il ferme les les yeux et fasse semblant de ne pas voir que le malade a été "aidé" n’est pas une solution, à cause de tous les risques de dérives que ça peut causer, dans un sens comme dans l’autre : un médecin peut parfaitement se dire qu’il n’a pas envie de se rendre complice (puisque, étant médecin, il ne peut *justement* pas affirmer qu’il n’avait pas vu que la cause de la mort n’était pas naturelle), et dans l’autre sens, ça ouvre des possibilités de meurtres maquillés en euthanasie. Seule la justice peut faire le travail de la justice, et si les lois sont mal faites, il faut les changer ! Le fait que vous puissiez citer un contre-exemple où tout semble s’être passé sans heurt ne change rien à l’affaire.

    Certains procès récents, comme l’affaire Vincent Humbert, se sont terminés à l’avantage de ceux qui ont aidé ce dernier à mourir. C’est problématique, parce qu’ils ont fait ce que la loi, dans son esprit comme dans sa lettre, interdit explicitement : donner la mort à quelqu’un. Si on accepte que que dans certains cas, il peut être nécessaire d’aider quelqu’un à mourir, ce que je peux parfaitement concevoir (c’est mon avis, d’ailleurs) cela signifie qu’il faut modiifer la loi, sous peine de voir la distance entre la loi et la réalité s’accroitre de plus en plus, et de sombrer dans les dérives et l’arbitraire.

    La loi doit être juste, et appliquée avec précision. Sinon, la civilisation disparaitra, tout simplement.


    • SciFi SciFi 17 mars 2008 18:48

      Le début de votre commentaire rejoint le mien plus haut.

      Cependant, au sujet de "la loi doit être juste et s’appliquer avec précision sous peine de faire disparaître la civilisation" : j’aimerai connaître une civilisation capable de créer de telle lois et même de donner une signification précise, exhaustive et non ambigüe au concept de "loi juste".

      Il ne me semble pas que la notre, malgré toutes les bonnes volontés, ait réussi à y parvenir, ailleurs que dans les discours politiques.

       


    • Traroth Traroth 17 mars 2008 19:24

      Vous avez raison, et mes mots ont trahi ma pensée. En fait, la loi est une perpétuelle recherche de perfection et les problèmes commencent quand on se résigne à ce qu’elle soit en décalage avec la réalité.


    • 5A3N5D 17 mars 2008 20:16

      @ Traroth,

      "ça ouvre des possibilités de meurtres maquillés en euthanasie."

      Je ne crois pas qu’on puisse aller jusque là. Connaissez-vous des gens qui n’ont jamais manifesté le désir d’être euthanasié, car en bonne santé, se faire "euthanasier" de force ? Pas moi. Admettez que cela serait pour le moins "suspect".

      Par ailleurs, je trouve la loi bien hypocrite, car, les euthanasies, il y en a dans tous les hôpitaux, et plus qu’on ne le croit : il y a une douzaine d’année, j’ai perdu mon beau-père, admis dans un hôpital pour un oedème généralisé (y compris cérébral.) Ce n’était plus qu’un corps vaguement agité de spasmes des extrémités et d’une respiration entrecoupée de sons sans signification. Il n’a jamais repris connaissance. Je me suis permis de regarder sa feuille de soins : le cocktail lytique, vous connaissez ? Il a survécu 8-10 jours, et, une nuit, nous avons reçu un coup de téléphone de l’hôpital...

      Attachés à l’état de droit, nous aurions pu, soit dénoncer le traitement en cours, soit porter plainte après le décès. A part de l’argent, qu’est-ce que cela nous aurait apporté ? Autre question : combien de gens, qui n’ont aucune connaissance des médicaments administrés à un proche, sont-ils passés à côté de cas d’euthanasie induits par des combinaisons fatales de médicaments ?

      La loi est une bonne chose, mais elle doit nécessairement être interprétée au cas par cas par les juges. La multiplication des "cas désespérés" sera donc génératrice d’une jurisprudence, qui n’abolira nullement la loi et qui ne mettra certainement pas la civilisation en danger : elle ne fera que recadrer certains actes répréhensibles au regard du texte brut de la loi, mais qui admettront une excuse absolutoire. Ce sera ce que vous appelez une application "juste et précise" de la loi, qu’il n’est, à mon avis, pas nécessaire de modifier.

       


    • Traroth Traroth 18 mars 2008 10:36

      Quand on renonce à un contrôle légal, c’est la porte ouverte à toute les dérives, je le maintiens.


  • Radix Radix 17 mars 2008 18:33

    Bonjour

    Il est amusant de constater les "vapeurs de vierge" qui semblent incommoder l’Etat quand le simple citoyen veut décider de la poursuite ou non de son existence et la grande désinvolture qu’il affiche quand il s’agit d’envoyer les même, dans la force de l’âge, se faire tuer au nom de la patrie !

    Radix


  • mariner valley mariner valley 17 mars 2008 18:42

    Tres jolie vision de la chose et tres beau temoignage d’un toubib, qui correspond a ma propre vision que je me fais de la profession. A la fois respectueux de la profession et de son ethique, mais aussi gardant toujours a l’esprit les voeux du patient et le cote humain.

    Ce que je ne comprends toujours pas ou du moins pas tres bien c’est le cas de Chantal Sebire. Pourquoi demander "officielement" un droit a mourir. Alors que vous l’expliquez bien, les medecins de familles sont amenes a acceder aux demandes de patients. Elle est pleine possession de ses moyens physiques et intellectuels.

    Pourquoi cette mediatisation ????. Elle doit bien avoir un medecin de famille capable de comprendre son probleme.

    Il sera maintenant plus dur pour elle d’obtenir quoique se soit d’un medecin vue la mediatisation....il y aurait suspicion et enquete et cela pourrait se retourner contre le medecin.

     


    • mariner valley mariner valley 17 mars 2008 18:45

      La remarque de Traroth est aussi pertinante. Il faudrait peut-etre une adaptation de la loie afin de clarifier ce probleme


    • docdory docdory 17 mars 2008 22:36

       @ Mariner Valley

       

      Effectivement , en médiatisant son affaire , elle ne fait que réduire ses chances de mourir en paix .


  • Plus robert que Redford 17 mars 2008 19:01

    J’en ai "piqué" des wagons dans ma carrière : Chiens, chats, vaches, chevaux, moutons, lapins etc....

    Jamais gaiement, croyez le, et toujours avec la volonté de faire ça "proprement", c’est à dire, avec le minimum de contrainte et sans douleur manifestée... En professionnel, quoi !

    Pourtant, j’ai eu deux chiens, "à moi".

    La première a fini d’ une hépato-néphrite carabinée, en coma urémique, avec une perf branchée dans la patte avant...

    Le second, bien maintenu médicalement pendant 11 mois après diagnostic d’un lymphosarcome, s’est effondré en 15 jours...

    Ni l’une, ni l’autre n’ont eu droit à la piqûre létale.

    J’ai pas pu...

    Alors, quand ce sera moi qui serai à l’agonie, qu’est-ce qui se passera dans ma tête ??

    J’en sais rien !...


    • 5A3N5D 17 mars 2008 20:46

      @ Robert ....

      Il y a deux mois, j’ai dû faire euthanasier une chienne atteinte de tumeurs mammaires. La solution m’a été proposée un lundi matin, par téléphone, après que j’eus expliqué la situation. Puis, je suis allé à la clinique vétérinaire...

      Après un bon quart d’heure de discussion avec le véto, après avoir pesé le pour et le contre, j’ai pris ma décision. La petite chienne a été d’abord endormie. Je suis resté une dizaine de minutes seul avec elle. Puis, l’injection létale a été pratiquée. Ca a duré moins de 2 secondes... C’était il y a deux mois maintenant, et j’y pense souvent. L’euthanasie n’est pas pratiquée de gaieté de coeur, et elle ne dispense personne de faire son travail de deuil. Pour moi, je m’accroche à l’idée qu’elle aurait pu souffrir pendant longtemps (il y avait des métastases pulmonaires) alors qu’elle est partie dans mes bras, sans souffrir du tout. Il suffit de mettre le tout en balance et de se dire qu’on a, avec l’avis du professionnel, sans doute choisi la solution la moins mauvaise pour tout le monde. C’est le témoignage de quelqu’un qui n’a pas le "détachement" que peut avoir un vétérinaire vis-à vis des animaux ... des autres. Votre témoignage est à mon avis très intéressant, car il marque bien la différence de point de vue, selon qu’on est impliqué affectivement ou non lors de la prise d’une telle décision. 


  • trou noir trou noir 17 mars 2008 19:18

    @l’auteur

    Merci de cet exposé trés éclairant et donnant des pistes de reflexions mais sans conclure pour autant.

    Ma question auprès des spécialistes du droit serait la suivante :

     en l’ absence de législation ( qui je le pense maintenant devient nécessaire) un médecin laissant dans la chambre du patient l’équivalent d’une dose létale de médicaments ne peut-être accusé de complicité ? ( sauf peut-être dans le cas d’un malade complètement paralysé).


    • Soleil2B Soleil2B 17 mars 2008 20:30

      - Ce que pourront vous dire les autres juristes, je l’ignore.

      - Ce que moi je peux vous dire, c’est que pour qu’une loi soit bonne, il faut qu’elle soit dictée par l’intérêt général.

      - Or, comme dans beaucoup d’autres domaines mais dans celui ci en particulier, l’intérêt général fait place aux considérations politiciennes.

      - Nous ne sommes pas en Espagne (qui je crois est un pays catholique) pour que Sarkö et son gouvernement aient le courage d’un Zapatero pour légaliser les mariages gay (qu’on soit d’accord ou pas).

      - Il en est ainsi pour l’euthanasie. Il convient d’abord de mesurer l’incidence dans l’électorat.

      - D’où la qualité des lois élaborées en France depuis un certain temps.

      - Je l’ai déjà dit sur le sujet de Dugué, pensez vous sérieusement que Dati aurait été élue dans le très catholique VII° arrrondissement, si elle et Sarkö s’étaient montrés simplement ouverts à la demande de cette pauvre Mme Sebire ?

      - Allons donc !


    • Tetsuko Yorimasa Tetsuko Yorimasa 17 mars 2008 23:05

      Je vous prie de m’excuser mais l’Espagne n’est pas un pays Catholique, jusqu’a maintenant il s’agit d’une monarchie constitutionelle et la religion catholique n’y est pas religion d’état.


    • Soleil2B Soleil2B 17 mars 2008 23:43

      En France non plus elle n’est pas religion d’Etat !

      - Mais si vous pensez que pour être une monarchie constitutionnelle l’Espagne n’est pas catholique, demandez à la droite espagnole pourquoi elle pensait gagner les dernières élections législatives avec l’aide de l’église et du Vatican.


  • Kookaburra Kookaburra 17 mars 2008 19:32

    Trop de commentaires tue les commentaires ! On ne les lit plus, donc je n’y ajouterai sauf à recommander ceux de Leon, de Reboul, et de Sandro qui expriment ma propre pensée. Ce sont des commentaires exprimant des réserves sur l’excellent article du docteur.


  • Atlantis Atlantis 17 mars 2008 19:38

    L’euthanasie ne sera pas permise. C’est une des pierres angulaires de cette médecine vampire, qui ne cherche plus à guérir mais à $oign€r.

    Il y a d’autres pierres dans le jardin de la médecine ceci dit : vaccinations, collégialité, conflits d’intérets, (pour pas dire mensonges parfois) ...


    • claude claude 17 mars 2008 23:25

      @ atlantis,

      le vivant n’est pas une machine ou un moteur : on ne guérit pas quelqu’un en changeant une pièce ou en remettant un peu de ceci, ou un peu de cela...

      si c’était si simple, nous ne mourrions plus de maladie : le cancer, les maladies neuro-dégénératives, le sida, les maladies infectieuses... auraient été totalement décryptés et l’on aurait trouvé comment les neutraliser complètement.

      à défaut de guérir, soigner, soulager est un art...

      les médecins ne sont pas des magiciens... simplement des hommes !


  • brieli67 17 mars 2008 21:04

    et pourtant ..... ce sont dit-on les 15 derniers jours d’une vie des comptes Secu qui bouffent plus le plus de fric.

     

    La pression est immense sur les médecins à l’instar du secret médical baffoué tous les jours par les compagnies bancaires. Votre expert-comptable vous conseille déjà de prendre cnjoint tel mois de l’année pour profiter davantage d’avantages fiscaux....HUMMM !

    En mort plus douce, le notaire vous conseille pour la date de cessions de vos biens à votre conjointe ou à votre progéniture...

    Il manque plus qu’une vraie voie officielle troni-tuante basse de préférence comme celle d’un Inspecteur des Poids et Mesures Tremblez Carcasse ! Ca suffit. Ca a assez duré ! Tournez l’âme à gauche ! Game over !

    Il y a quoi flipper ! Si ce n’est soigner ou prodiguer palliativement l’Etat et les Assurances rengorgent de statistiques..... très fiables vu le nombre de "Gueules cassées" . Et les appliquent...... Un exemple criard les infarctus du myocarde chez le mâle jeune de 45 ans. Il faut dans la nature une remodulation des fonctions du coeur sur 6 ans avec sédentarisation de l’individu. La Secsoc et les assurances privées poussent à la reprise du boulot en moyenne après 6 mois ! Au casse-pipe ..... en sachant sta-tis-ti-que-ment que 40% vont canner. Gains de l’Etat et des Assurances complices : mort jeune et tout bénef les cottises.

    A ceux du Pavillon K et autres ALD je n’ai jamaiss attendu le moment Eu..... Si le patient ne parle pas de la mort ou de sa mort, il est clair que dès le diagnostic posé et non tu son médecin plus au courant du fait en débattre. Analyser avec lui les degrés de liberté temps espace argent qui restent...... Une cirrhose ou un hallux valgus ou un séminome se traitent de la même façon en France/Navarre. Il y a partout de mauvais médecins qui se cachent derrière des protocoles et la solidarité "villageoise" étant ce qu’elle est de nos jours..

    Nombre des contrées "nordiques" ont fuit dans le Sud ciel bleu moins de lainages moins de mazout des voisins moins tristes.... Et certain de ces Bontemps (sic) ont eu la joie de la Rémission.

    Pour la dame question douleurs voire esthétique des solutions médicales ou chirurgicales existent. Le médecin est homme quelque part il a comme tout le monde l’immense joie de se cogner le genou au bureau de son cabinet.

    Par contre c’est la dance du scalp autour d’un nouveau Veau d’OR ! Ouvrez grands les yeux. Il y a des charognards. Après deux siècles de discussions nombreuses et variées d’aucuns pour fluidifier le "bas de laine" révisent les lois sur l’héritage. Successions et Euthanasie sont liées.

     

     

     


  • Rosemarie Fanfan1204 17 mars 2008 21:25

    Vous avez écrit un bel article mais moi je pense que les gens devraient avoir le choix, quand ils ont une maladie incurable, de mourir dignement et non pas avec l’hypocrisie médiciale qui va peut-être les aider en cachette ou la famille qui les aidera à partir. Je trouve que la Suisse et la Hollande sont en avance par rapport à la France.


  • Isabelle Machat Isabelle Machat 17 mars 2008 21:26

    Je viens de lire l’article et je suis d’accord avec fanfan1204.


  • Christoff_M Christoff_M 17 mars 2008 22:03

     etrange ce pays n’est pas à une contradiction près, vous pouvez aller faire piquer votre vieux chien, malade et souffrant en plein de vie, c’est un soulagement pour tous...

    Mais s’il s’agit d’un de vos proches, c’est un crime meme si celui-ci récclame la fin de ses souffrances...

    moralité dans notre drole de démocratie à la française, les animaux sont mieux traités que vos proches !!

    A moins que les labos et les hopitaux ne veuillent pas lacher un cobaye qui justifie des actes et des médicaments !! n’y voyez pas d’humour noir, mais au pays des bananiers, je ne suis peut-etre pas loin de la réalité.


  • Pelletier Jean Pelletier Jean 17 mars 2008 22:42

    Docdory,

    Je suis moi même intervenu sur une émission d’une radio périphèrique tard dans la nuit en develepppant les mêmes arguments que vous.

    Pitiè que l’on laisse la loi en dehors de tout cela, il ya une certaine indécence à assigner l’état à légiférer alors qu’aujourd’hui en toute tranquilitté et toute discrétion des solutions humaines et personnalisées peuvent être trouvées tous les jours et c’est ce qui se passe loin des médias !!!

    Quand aux soins paliatifs ils ont été largement developpés pour mettre des fins de vie digne loin des juges et des avocats dans l’intimitè profonde de l’être.

     

    Malheureusement beaucoup de personnes qui ne connaissent rien à ce dossier interviennent à tort et travers.

     

    Merci, mille fois merci pour ce magnifique témoignage plein d’humanité et de tendresse.

     

    bien à vous.

     

     


    • Bulgroz 17 mars 2008 22:58

      Merci, Docdory, pour ce bel article extrêmement sensé, argumenté et dépassionné.

      Je ne suis pas un spécialiste de la chose, je m’en remets donc bêtement à la loi et je ne demanderai pas un Docteur de faire ce que la loi lui interdit de faire ou ce que sa morale lui interdit de faire.

      De la même façon, je ne discuterai pas de changement de la loi actuelle ou de nouvelle loi.

      Certaines personnes expriment avec un fort pathos leur ferme conviction à partir d’un cas isolé.ya ka, fo kon...en se donnant des airs avisés comme d’habitude. Demain, ils passeront à un autre sujet.

      Il n’ y a rien de pire que de laisser penser que cette importante affaire puisse être débattue par les seuls citoyens ordinaires et forcément ignorants que nous sommes. L’émotion et la compassion ne font pas de bonnes décisions.

      Il y a des cas où un citoyen doit savoir rester humble

       

       


    • Marc Bruxman 18 mars 2008 00:38

      Pitiè que l’on laisse la loi en dehors de tout cela, il ya une certaine indécence à assigner l’état à légiférer alors qu’aujourd’hui en toute tranquilitté et toute discrétion des solutions humaines et personnalisées peuvent être trouvées tous les jours et c’est ce qui se passe loin des médias !!!

      Je suis d’accord avec vous sur le fait que tous les jours des médecins font ce qu’ils jugent de mieux à faire loin des caméras et du jugement public. Mais le problème c’est l’insécurité juridique. Le médecin qui pratique une euthanasie même dans un cas qui lui semble indiscutable (malade en phase terminale de cancer qui souffre et qui a exprimé clairement son désir de s’en aller) risque non seulement la prison mais l’interdiction d’exercer. Il faut donc un certain courage pour oser faire ce geste d’autant que l’on ne peut jamais être sur que personne dans la famille ne portera plainte.

      De plus la justice permet de poser des gardes fous et de vérifier que les cas d’euthanasie sont bien des cas d’euthanasie et non de meurtre. Si vous regardez les loi aux Pays Bas vous verrez que de nombreuses précautions ont été prises pour qu’il n’y ait pas d’abus. Car le plus important la dedans reste de vérifier le consentement de la personne. Si on ne le fait pas il y aura des abus graves.

      Quand aux soins paliatifs ils ont été largement developpés pour mettre des fins de vie digne loin des juges et des avocats dans l’intimitè profonde de l’être.

       

      Il est vrai que l’on a fait beaucoup de progrès dans la lutte contre la douleur. Malheureusement pour certaines maladies cela ne suffit pas.

      Enfin il est vrai que certains malades se sachant condamnés à très court terme seront surement "intéressés" par le fait de pouvoir choisir l’heure de la mort afin de mourrir entourés de leurs proches ce qui est très compréhensible. Ou plus exactement je ne vois pas de raison valable de les en empécher...

       


    • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 18 mars 2008 16:43

      Ce n’est justement pas possible, puisque la loi actuelle existe et introduit une hypocrisie en distinauant fallacieusement euthanasie active et euthanasie passive, alors qu’il ne s’agit que de la distinction entre une aide au suicide différé et une aide au suicide immédiat. Or prolonger de quelques jours sans aucun bénéfice l’agonie de quelqu’un, sous le prétexte d’une loi qui n’est pas claire, c’est le moins que l’on puisse dire, une absurdité éthique pour la mourant et une incertitude juridique, source d’arbitraire, pour le (les) médecin(s).


    • pierce 20 mars 2008 23:35

      entièrement d’accord avec vous. on sent derrière cette histoire d’euthanasie la même hypocrisie qu’il y avait autrefois derrière l’avortement...

      comment disaient les médecins de l’époque ? me demander à moi de faire un avortement, une chose contraire à mon ethique, à mon serment d’hipomachin, quelque chose d’interdit par la loi (ou serait-ce par la Loi) ???

      comme j’ai une bonne chance de crever bientôt d’un cancer, je me sens évidemment assez concerné et, si je comprends bien, il serait prudent que je commence à stocker les substances nécessaires. Diable, l’idée que je pourrai emmerder avec mes soufrances un brave médecin soucieux de préserver son éthique, même si quelque part il faut quand même bien constater que mon état résulte d’une certaine déficiance de la médecine, me déchire d’avance le coeur !

       

       


  • Marc Bruxman 18 mars 2008 00:12

    C’est d’autant plus regrettable que les Pays Bas ont déja mis au point une loi qui parait raisonnable. Elle impose notamment l’avis de plusieurs médecins (afin d’éviter qu’ils soient achetés) et bien sur que le consentement de la personne soit constaté par ces différents médecins. La loi impose aussi que l’état soit jugé irréversible c’est à dire qu’il n’y ait aucun espoir de guérir le patient. Si ces conditions sont réunies, il est possible de pratiquer soit une euthanasie, soit un suicide médicalement assisté (dans le premier cas le médecin vous injecte par voie intraveineuse le produit, dans le second cas vous prenez volontairement le produit puis le médecin est la pour vérifier que tout se passe bien).

    A savoir aussi qu’il s’agit d’une dépénalisation qui a été codifiée par la loi et non d’une légalisation. (gedoogbeleid). Ce qui permet d’attaquer très facilement en cas d’abus. Dans ce pays, la même situation existe pour le cannabis.

    Si la loi Néerlandaise peut paraitre raisonnable je suis toutefois circonspect sur le fait que d’après wikipeida (http://en.wikipedia.org/wiki/Euthanasia_in_the_Netherlands) l’euthanasie représenterait 1.2% des décès du pays. Cela dit je vois mal ce pays tolérer de gros abus en la matière.


    • docdory docdory 18 mars 2008 01:01

       @ Marc Bruxman

      1,2% des décès ??? Ce chiffre fait vaguement froid dans le dos , et j’ai bien peur qu’il témoigne d’une dérive par rapport aux intentions initiales du législateur néerlandais ...

      Cette information ne fait que renforcer mon malaise vis à vis d’une éventuelle législation sur la question ...


    • Marc Bruxman 18 mars 2008 01:35

      J’avoue que cela m’a également bcp surpris... Ce que j’aimerai savoir c’est quel est le pourcentage de décés du au cancer dans les pays civilisés. Cela permettrait de mieux remettre le 1.2% dans le contexte sachant qu’il existe un pourcentage non négligeable de cas ou la phase terminale d’un cancer est douloureuse.


  • Battement d’elle 18 mars 2008 01:18

    @ l’auteur
    C’est triste de vous lire !
     
    "Pourquoi finalement demander au médecin ce qu’on peut parfaitement faire soi-même ? Cette demande de transfert de responsabilité n’est-elle pas un peu abusive de la part du patient ?"

    Là, vous vous exprimez avec le regard étriqué du médecin .... parce que vous...vous connaissez exactement les substances et le bon dosage pour mourir sans souffrance !

    Il me semble que si cette femme a médiatisé et fait appel à la justice pour son désir d’en terminer avec sa vie de souffrance c’est bien par altruisme.... et vous, vous ne réagissez que d’une façon égoïste.... heureusement que tous les médecins ne fonctionnent pas comme vous !

    Elle est vraiment immonde notre société !!

    Puisse t-elle trouver un vrai médecin qui saura l’aider !
     


  • Mr Mimose Mr Mimose 18 mars 2008 08:10

    Il serait bien que l’état nous donne la possibilité à nous, les victimes de belles-mères acariatres qui souffront tant, de pouvoir faire appel à l’euthanasie.

    Qui n’a jamais rêvé de pouvoir se débarrasser légalement d’une belle-mère odieuse et despote ?

    Croyez-vous que je sois fier d’avoir versé de la mort aux rats dans sa verveine, ou de lui avoir fait un croche-pieds en haut des escaliers ? Une fois je l’ai même abandonnée sur un parking d’autoroute à 600 km de la maison et je ne sais comment mais trois jours après elle était de retour !

    Je suis au bout du rouleau, j’ai lancé une pétition qui à déja recuelli 3000 signatures dont celle de la famille Sardou. J’ai aussi envoyé un courrier au Président Sarkozy qui se dit très "touché", ayant lui meme une belle-mère plus qu’envahissante (selon les dires de ses proches).

    J’espère que mon appel sera entendu et compris.

    Merci à vous.


  • Lucrezia 18 mars 2008 08:35

    C’est réellement une situation dramatique et tragique et je suis sûr que Chantal n’est pas la seule en France. En revanche pourquoi vouloir légiférer surtout dans ce cas ou la personne a toute ses facultés et ses capacités physiques ? Pourquoi exiger que cela soit le corps Médical : Médecins et Infirmières qui portent seuls la lourde responsabilité morale du "Meurtre" assisté et consentant ?

    Pourquoi pour de tels patients ne pas autoriser à mettre à leur disposition certaines substances létales pour un suicide qui lui n’est pas encore interdit ? Ne serait-ce pas déjà un grand pas au lieu de vouloir à tout prix légiférer pour une euthanasie provoquée, administrée et assistée par le corps médical dont la déontologie le leur Interdit ....


  • Gasty Gasty 18 mars 2008 09:27

    Très bel article, beau témoignage .

    Je pense que si Mme Chantal Sébire avait des moyens légaux mis à sa disposition sur sa table de chevet, elle serait certainement plus sereine devant son désespoire. Celui de pouvoir se dire , dès que je suis prête, je franchis le pas. J’ouvre la boite ...

    C’est mieux qu’ un Regminton. Avoir en face de soi, la boite magique, le choix, le temps de sa propre réflection et le passage ou non à l’acte. Pour le moment, on ne lui propose pas de choix.


  • mariner valley mariner valley 18 mars 2008 11:26

    @Gasty,

    Je ne sais vraiment pas si elle a ou pas la boite magique. Je n’en sais rien. C’est difficile de savoir son traitement anti douleur et la posologie.

    C’est vrai, une autre hypothese serait qu’elle est deja demande a un docteur (ou plusieurs) en prive de lui mettre a disposition ce qu’elle demande (boite magique) et que celui (ceux)-ci est (ont) refuse. A ce momment la je comprend mieux son probleme.

     

     

     


    • Gasty Gasty 18 mars 2008 12:45

      La question que je me pose :

      Qu’est-ce qui est le plus fort ? La vie, la mort, la douleur....

      Face à la mort, la vie réclame encore une dernière minute, mais face à la douleur et la mort la vie ne réclame-t-elle pas d’en finir au plus vite.

      Ne sommes nous pas tous terrifiés à l’idée de la torture plus qu’à la mort. Et le sentiment de se sentir abandonné à ce tortionnaire et s’entendre dire" Voila nous n’avons rien pu faire, on vous laisse " n’est pas ce que l’on peut attendre. Car l’envie de dire " Revenez, ne partez pas, laissez moi de quoi en finir" nous l’aurions tous.


  • chmoll chmoll 18 mars 2008 12:09

    pour cette dame qui demande à partir dans la dignité,ce qu’il lui a été refusé

    malheursement votre demande a été faite à des personnes qui n’ont aucune dignité,encore moins du respect

     


  • Selmi Selmi 18 mars 2008 12:12

    La science comme la recherche se perdent,

    pourtant le but est bien préçis : trouver le remède pour éradiquer à jamais la maladie et non

    OTER la vie .Nul humain ne la donnée pour décider de la retirer.Il n’ y a pas meilleur "patch" 

    que celui de Dieu. 


  • SciFi SciFi 18 mars 2008 12:50

    @docdory et @Georges Yang

    Une raison souvent évoquée (relayée ici par Georges) pour ne pas légiférer sur l’euthanasie consiste à dire que cela pourrait générer des dérives en arguant que des proches pourraient payer un médecin.

    Mais, selon ce que vous décrivez dans l’article, docdory, cela n’est absolument pas nécessaire. Comme vous nous l’expliquez, il y a sur la table de chevet du patient tous les outils qu’il faut à des rapaces pour accomplir leur oeuvre de mort !

    Il me semble que personne n’a soulevé cette faille dans le raisonnement jusqu’à présent.

     


  • Lisa SION 2 Lisa SION 18 mars 2008 14:12

    Au vu de cette anecdote, les personnes, en particulier celles privées de motricité, souhaitant une assistance pour leur suicide n’ont en fait aucun intérêt à médiatiser leur demande...avez vous écrit.

    Le fait que cette affaire soit médiatisée montre que la patiente s’est adressé à son médecin traitant, et à son entourage. Donc, l’un ou l’autre s’est chargé de la jeter en pature sur la voie publique, jusqu’aux médias eux même, friands de ce genre de curiosité perverse. J’espère que cette histoire finira de façon exemplaire afin de ne pas souiller la mémoire de cette troublante femme.

    Autant je comprend que de telles décisions puissent se prendre en comité restreint, sans que ne soit besoin de nouvelles lois ( il y en a déjà trop ) mais autant je ne comprend pas l’acharnement à maintenir en vie , parfois un an durant, des patients en souffrance, vu le coût exorbitant des soins hospitaliers.

    Mais, également, les structures familiales éclatées laissent sous la responsabilité de l’institution médicale des patients que l’on ne débranche qu’après leur avoir suçé leur patrimoine immobilier. Une réelle transparence de ces comptes mettraient à jour des histoire tout aussi palpitantes pour la presse à scandale...Si celle çi ne se contentait pas de simple voyeurisme ! 

    Avant que la structure famliale ne se dégrade ainsi, les anciens préféraient nettement mourir chez eux, entourés de leur famille, avec ou sans traitement létal, dans la dignité et la cérémonie qui devrait s’imposer dans ces douloureux moments de la vie de tout un chacun.

     


  • Soleil2B Soleil2B 18 mars 2008 14:55

    @ l’auteur et à l’ensemble des intervenants à l’exception de Haddock.

    - De toute évidence, votre niveau justifie votre présence sur AV,ce qui lui permet d’être ce qu’il est, à savoir un cloaque où se retrouvent en grande partie de pseudos auteurs, des trolls et de pseudos intellos touche à tout y compris aux matières qui leur échappent.

    - Ce sujet en est l’exemple parfait. Chacun des intervenants -et en particulier l’auteur dont Dieu me garde d’être un jour l’un des patients- poste, tête baissée dans sa conviction, sans se donner la peine -ou avoir les facultés suffisantes- de s’arrêter aux avis autorisés. Si vous en voulez la preuve, reprenez le fil avec attention.

    - Ou regardez le soin pris par l’auteur à répondre aux conneries de Léon et de Claustaire.................alors que j’y avais déjà répondu 1 post plus haut.

    - Dans ces conditions, avez vous la moindre idée de l’importance de vos gesticulations et de vos avis sur le bien fondé de telle ou telle loi ou sur l’actualité du serment d’Hippocrate pour quelqu’un concerné au premier chef par cette question ? Je vous laisse le soin de le deviner.....................

    - A tous les cons qui ont le sentiment d’émettre des avis autorisés ou qui jouent sur un sujet difficile avec les boutons de notations comme des primates de labo (et encore), je dirais la chose suivante :

    - Eu égard aux statistiques, bon nombre d’entre eux seront à terme dans ma situation. Ils pourront alors -peut-être- mesurer le ridicule et l’inutilité de ce genre de dissertation et du danger de ce genre de site, de par le nombre d’abrutis incultes qui le fréquentent.

    - D’où la nécessité de s’en évader d’urgence.

    - Je suggère à l’auteur d’éviter à l’avenir ce genre de sujet. Du moins sous cette forme. Comme praticien, sa seule conscience doit lui dicter sa conduite, et il me paraît indécent de sa part de consulter sur la question.

    - Chaque cas est particulier, et dépend de l’entourage de chacun. Personnellement, lorsque petite cellule méningite carcino et para auront fait leur travail, les lois,l’éthique et vos débats, je me serai couché dessus.

    - Je salue Haddock, Snoopy, Fanfan et Lavaddi. S’ils le souhaitent, certains d’entre eux savent où me retrouver. C’est l’essentiel.

    - Quant aux autres, bonne élévation intellectuelle sur Agora Vox dans l’intérêt de "la Fondation" !


    • Christoff_M Christoff_M 18 mars 2008 17:16

       les autres sont des cons, a part votre petit cercle d’amis restreint....

      Et vous une lumière !! visiblement vous faites plus de mal à Agoravox que vous ne l’imaginez en prouvant par votre post du mépris vis à vis d’un auteur, qui s’exprime et qui en a le droit ici....

      Et en traitant les intervenants de cons vous montrez vos faibles possibilités de dialogue... un petit complexe d’inferiorité ou un sentiment d’etre noyé dans la nouvelle formule, loin des petits amis d’antan...


    • Soleil2B Soleil2B 20 mars 2008 14:42

      Je reviens à titre tout à fait exceptionnel sur ce site, pour m’occuper tout particulièrement de ton cas.

      - Ton avatar est bien à l’image de tes posts. Tu as tout à fait -après agrandissement- une tête de dégénré parfait et une belle tête de con. Ta moustache et tes quatre poils de barbe ne cachent rien.

      - Mon "cercle d’amis restreint" ou "mes petits amis d’antant" ils t’emmerdent !

      - Ils connaissent ma situation, et contrairement à toi qui ne sait même pas lire, me soutiennent.

      - Alors tu leur fout la paix.

      - Contente toi comme bon nombre d’enculés sur ce fil, de moinsser lorsque Haddock me salue sachant très bien que je suis paraplégique et que j’ai deux cancers.

      - Toi et les autres, allez venir me parler à moi d’euthanasie ? Il n’a pas relevé ce pseudo auteur-médecin les termes de petites cellules et de maningite carcino ? Il s’est rapproché d’un de mes posts ?

      - Tu vas venir tête de noeud, parler de mes "possibilités de dialogue" ou de mes "complexes d’infériorité" lorsque je traite de cons des intervenants qui sont là pour manipuler les boutons de notation sans prendre la peine de lire les posts ? C’est quoi ces gens là d’après toi ?

      - Qu’ils fassent ce genre de choses sur les articles de Momo, mais pas sur des sujets comme celui-ci !

      - Tu fais partie du nombre et tes posts le prouvent. Va apprendre à lire, y compris entre les lignes.

      - Et puis va soigner d’urgence ta tête d’abruti et le pois chiche qu’il y a dedans. Il semblerait que tes atteintes soient encore plus irréversibles que les miennes !


    • eatmyshort 28 avril 2011 16:52

      Pourquoi fréquenter un site si vous n’appréciez pas les « abrutis incultes » qui le fréquentent ?

      Loin de vouloir vous agresser, j’aimerais vous signaler que vos handicaps ne vous autorisent pas à être vulgaire avec les autres, qu’ils soient réellement cons ou pas.

  • Mirabelle 19 mars 2008 19:09

    J’ai vu recemment une emission sur la 5eme ou Mme Sebire expliquait qu’elle ne voulait pas se suicider car c’etait une valeur qu’elle n’avait pas inculquee a ses enfants, entre autre. Elle decrivait sa souffrance quotidienne, son medecin etait en plateau pour decrire qu’il se sentait enchaine par la loi et le serment d’Hippocrate. Donc si Mme Sebire refuse de se suicider, c’est comme decrit par d’autres precedemment, pour laisser quelqu’un d’autre faire ce qu’elle ne veut pas faire elle-meme. Effectivement en Suisse, nous avons des associations aidant a finir une vie lorsque la souffrance est intolerable, le pronostic defavorable, la maladie incurable... neanmoins, l’inscription dans ces associations, dont Exit, doit se faire suffisament tot avant le geste, pour qu’il y ait une reflexion raisonnee et raisonnable de l’acte. Les medecins assistent a une mort sans souffrance, neanmoins le patient prend lui-meme le cocktail letal.

    La Loi est une chose, la pratique en est une autre. Tres souvent, les equipes hospitalieres se reunissent pour arreter des procedures de reanimation ou d’assistance lorsque cela ne sert plus a grand chose ou si le patient va se retrouver dans un etat de legume tres assiste. Dans un certain sens, c’est aussi tuer son patient, et personne ne rale. Cela revele une certaine hypocrisie, la difference etant le cote "actif" de la chose. Alors continuons a adapter la situation en fonction du cas...


  • voilamamie 19 mars 2008 22:54

    Je suis heureuse pour elle et pour sa famille (ce n’est pas de la compassion, mais de l’empathie).

    Que l’on ne vienne pas me dire dans quelques semaines qu’une personne est mise en examen pour "avoir facilité les choses". Je remercie celui ou celle qui l’a aidé, si c’est le cas. Si elle est partie "normalement", tant mieux.

    La médiatisation de son cas me fait vomir.

    Nous sommes, une fois de plus, dans le système "faire peur, faire pleurer, etc, donc ne pas penser à autre chose..."

    Utiliser l’image de cette femme pour abrutir la masse populaire est immonde : La presse people ne marche plus, les princes et les princesses fatiguent, donc, allons-y dans l’horreur.

    Il y a décidemment beaucoup de maladies "orphelines". Le grand orphelinat de Monsanto pourrait peut-être faire quelque chose, puisque nos caisses sont vides.


  • T.REX T.REX 21 mars 2008 08:16

    Quoi de Neuf Docdory,

    Apparemment que de l’occase....Tu te contentes du Statu Quo de la LOI LEONETTI que tu désapprouvais certainement quand elle a vu le jour.

    A te lire, on comprend que ce qui déplaît aux médecins dans l’Euthanasie, c’est que l’on reporte sur eux tout le poids de la décision, d’une part, et surtout qu’ils doivent exécuter l’acte lui même. Là je dois admettre qu’il est légitime de leur part de refuser d’avoir ça sur la conscience.

    Même est-ce une raison pour ne pas légiférer sur le sujet. Cela donnerait une possibilité supplémentaire de choix sans créer pour autant une obligation aux médecins. Que chaque médecin fasse, ou ne fasse pas, en son âme et conscience. Comme aujourd’hui d’ailleurs ; la différence serait d’éviter le risque de procès ignobles pour avoir aider un mourant à franchir le seuil, grace à un cadre juridique stricte.

    Je ne vois donc pas oùu est votre problème !

    De plus, rien n’empêche d’imaginer que l’acte (l’exécution de la décision ou sentence) soit réalisé par un officier d’état civil d’un nouveau type : Une réhabilitation du métier de bourreau en quelque sorte, mais tout de blanc vêtu, comme un ange de la mort ......Salvateur.

     

    Votre vision manque de recul....vous pensez trop à vous en tant que médecin ! Pensez plutôt en tant que malade, votre vision des choses s’en trouvera plus éclairée.

     

    Que tous ceux qui soutiennent "ma thèse" viennent signer la pétition en ligne de l’"Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité" :

    http://www.admd.net

     

     

     

     

     

     


  • lavalle lavalle 21 mars 2008 11:57

     

    je pense que l ’ individu est maître de sa peau , de sa vie , nous n ’ appartenons à personne d ’ autre que nous même , et nous appartenons surtout à la "mort " , personne ne devrait avoir le droit d ’ interdire à qui que ce soit , la façon dont celui ci veut vivre ou de ne plus vivre , de plus nous sommes tous nés sans notre consentement , à plus forte raison , que l’ on puisse choisir si nous avons envie de vivre la vie dont on nous a obligé , ou de terminer celle ci comme bon nous semble , en pleine santé ou malade sans espoir de guérison .qui sont ces donneurs d ’ ordres , ressemblant à une leçon de moral de " curé " de croyance en DIEU inexcistant , si un jour à leur tour , ils sont atteints gravement par la maladie et que ceux ci souffrent ... L ’ ENFER..., que penseront ’ ils ?
    Ce qu ’ il faut aussi dire , car personne n ’ aborde le sujet , la souffrance , l ’ acharnement de faire vivre fait partie d ’ un grand commerce trés juteux , voyez les mourroirs , les hospices dont les caves regorgent de milliers de boîtes de toutes sortes de traitements , non donnés , les retours en pharmacie se chiffre mensuellement par milliers d ’ Euros , prescritions inutiles d’ une ordonnance pour un mois et le patient décéde le lendemain , des ordonnances represcrites sans se préocuper de ce qu ’ il reste du mois passé !!!!....on pourrait en faire des listes et des lites d ’ éxemple...
    bonjour la sécu , on défend de mourrir , mais on autorise les dépenses inutiles , quel GACHI...dans tous les sens , c ’ est n ’ importe quoi !
    A vous de réfléchir ; messieurs et mesdames , aux grands états d ’ âmes , et qui pour beaucoup de ces décideurs , faiseurs de moral , n ’ ont pas une vie trés nette , regardez autour de vous....
    vous comprendrez.
    pl
     
       

     


  • libertylover libertylover 21 mars 2008 19:16

    A l’auteur,

    Vous aviez vu parfaitement juste quant aux inconvénients de la médiatisation. Chantal Sébire morte, la Justice s’est trouvée contrainte d’ordonner une autopsie. Et ce qui était à craindre est arrivé : elle ne retrouve en première analyse aucune cause naturelle au décès !
    Pourquoi donc faut-il en arriver là ? Les unités de lutte anti-douleur et de Soins Palliatifs se sont multipliées ces dernières années à travers le pays pour procurer le maximum d’accompagnement et d’adoucissement aux peines des malades en fin de vie. En vain, car le noyau dur des partisans de l’euthanasie ne sera jamais satisfait. Ils veulent leur loi mortifère et maintiendront leur pression tant que les Pouvoirs Publics n’auront pas fléchi. Le zèle prosélyte de Marie Humbert dans ce contexte, est édifiant ;
    Pourtant rien n’est pire que de vouloir légiférer à partir d’un cas particulier, incarnant précisément une situation exceptionnelle. C’est la porte ouverte à tous les débordements...


    • docdory docdory 22 mars 2008 00:31

       @ lybertylover

      D’un point de vue scientifique , si l’autopsie ne retrouve aucune cause naturelle au décès , cela ne veut pas forcément dire que la cause en soit artificielle : en effet , chez une personne aussi malade et affaiblie , le moindre événement peut -être la goutte d’eau déclenchant un arrêt cardiaque .

      Il est tout à fait possible de concevoir , par exemple ,que l’émotion déclenchée par l’attente du résultat du procès et par la surexposition médiatique puisse avoir été à l’origine d’une forme mineure de myocardiopathie de stress , invisible à l’autopsie . On peut imaginer des dizaines d’autres causes naturelles de décès , comme la cachexie néoplasique terminale . Nombre de ces causes naturelles de décès peuvent être très difficilement décelables à l’autopsie . Enfin il peut y avoir à ce stade plusieurs causes intriquées , chacune d’entre elles , visible ou non à l’autopsie , n’expliquant pas à elle seule l’évolution fatale .


  • docdory docdory 21 mars 2008 22:22

     Pour continuer le débat , je suis assez étonné du contenu des paragraphes 4 et 5 de l’article du Monde ci-joint

     
     
    Si ce que dit cet article est vrai , n’y a t-il pas eu un certain illogisme pour elle d’avoir refusé , au début de sa maladie , de laisser au corps médical l’opportunité de tenter de la sauver tant qu’il en était encore temps , au prix d’un certain risque , pour ensuite demander a ce même corps médical de la faire passer de vie à trépas alors qu’il n’y avait plus de traitement curatif possible ? ... Je dois dire que je suis perplexe .
     
    La rançon de la médiatisation de cette affaire n’était , hélas , que trop prévisible ( je l’avais pressentie à la fin de mon article ) . Ca n’a pas raté , un procureur est venu avec ses gros sabots , a fait boucler le quartier avec une cohorte de forces de l’ordre , et a fait faire une autopsie aussi inhumaine qu’inutile , et de fort coûteuses expertises toxicologiques , pour arracher une " vérité " dont la connaissance est en l’espèce totalement superfétatoire . Alors que la justice manque cruellement de moyens financiers , elle ne trouve rien de mieux à faire que de gaspiller ses maigres ressources à cette pitoyable " chasse au dahut " . Accablant !
     

  • phiconvers phiconvers 24 mars 2008 11:51

    Merci beaucoup pour ce témoignage revigorant, dépassionné et profondément humain. Puisse le bon sens, la raison et la civilsation l’emporter dans ce débat manipulé par des associations peu râgoutantes, aux intentions troubles.


  • artnaif 30 mars 2008 13:23

    en somme l’ auteur de cet article propose d’ indiquer au patient souhaitant en finir les produits et les doses qu’ il devra absorber lui meme dans ce but . à l’ hopital c’ est surement possible . si le patient est à son domicile , je ne suis pas sur que les médecins traitants connaissent les bons protocoles ; ça ne leur a jamais été appris . auprés de qui vont ils se renseigner pour etre sur de proposer la bonne méthode ?

     


Réagir