samedi 28 septembre - par Marzhin Tavernier

Brèves : Terrorisme légal, Homosensualité légale et Sport légal


Source internautique

 

1. Fraudes fiscales en France et terrorisme, rapport du conseil d’orientation de la lutte contre la fraude, le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (COLB) du 20 septembre 2019

Sur son site Vie-Publique.fr, l'Etat publie un propos sur le financement du terrorisme à travers le blanchiment de capitaux. Sur le fond, on en apprend plus, en général, sur la fraude fiscale. Pour ainsi dire, on assiste clairement à l'association d'idées entre la fraude fiscale et le terrorisme, ce qui peut être possible évidemment, mais n'est pas du tout évident à la lecture de l'article. Retenons-en pourtant l'essentiel :

Il n’existe pas de mesure exacte de la fraude fiscale. Selon les chiffres publiés dans le rapport,

  • le montant des redressements fiscaux recouverts ou rapatriés par les services de l’État s’élève à 57 milliards d’euros en 2015 ;
  • les fraudes aux cotisations sociales, particulièrement présentent dans les secteurs du bâtiment, de l’agriculture et du transport routier, varient de 7 à 22 milliards d’euros ;
  • la fraude aux prestations sociales représente environ 350 millions d’euros en 2013 ;
  • la fraude douanière avoisine les 315 millions d’euros en 2018.

Une grande part des fraudes, fondée sur des omissions de déclarations, porte sur des avoirs présents dans l’économie légale. L’action répressive pénale vise celles qui sont liées aux mécanismes de blanchiment (interposition de sociétés éphémères par exemple).

Ce qui peut frapper dans cette présentation, c'est le détachement paragraphique de l'économie légale, comme si seuls les points devaient frapper l'imagination. Or, entre ces quatre points, le premier est flou et concerne justement l'économie légale aussi, le second est d'économie légale typiquement hélas (on en entend surtout parler quant à la mafia italienne, on voit pourtant qu'il est important en France), et les deux derniers points sont - à cette échelle - importants mais bien moindres... A supposer qu'on soustraie les trois derniers points a maxima sur le deuxième, on obtient 34 milliards et 335 millions d'euros relevant de l'économie légale si négligemment traitée dans le premier point. Mais on a ensuite :

Le recettes du trafic de stupéfiant sont estimées à 3,5 milliards d’euros et celles des escroqueries aux faux ordres de virements internationaux à 700 millions d’euros en 2010 pour près de 3 000 sociétés victimes. Le vol en bande organisée dans les entrepôts et habitations et le trafic d’êtres humains (20 à 40 000 victimes) sont également surveillés.

Voilà 4,2 milliards d'euros à soustraire encore, entre stups et escrocs. Le calcul de soustraction précédent, laisse donc libres 30 milliards et 135 millions d'euros à l'économie légale, ce qui fait +50% des estimations quant à la fraude fiscale qui en proviennent ! Alors on a :

En matière de financement du terrorisme, les flux utilisent trois types de vecteurs : les réseaux de collecteurs de fonds, l’utilisation du secteur associatif et le recours à des modes de financement innovants (cartes prépayées). [...]

Les menaces les plus élevées [...] concernent :

  • certaines transactions immobilières, principalement celles portant sur des biens de prestige localisés dans le centre de Paris, sur la Côte d’Azur ou en outre-mer ;
  • les activités de gestion de fortune ou de banque privée à destination des clientèles à fort patrimoine, ainsi que l’utilisation des monnaies électroniques ;
  • les activités de crédit à la consommation qui peuvent financer les collecteurs de fonds de réseaux terroristes.

Autant d'éléments, donc, qui touchent essentiellement à du trafic au sein de l'économie légale. La présentation du site Vie-Publique.fr est donc particulièrement diplomatique (euphémisante, atténuante). Le terrorisme se laisse financer par l'économie légale, voilà ce qu'il faut dire, parce que de manière générale c'est l'économie légale, qui permet la fraude fiscale en dehors du terrorisme de toutes façons.

 

2. Le nombre de couples de même sexe après recensement de population

Sur le même site, on découvre récemment qu'en France sont recensés moins d'un pourcent de couples homosensuel(le)s, sans distinction de sexes... oui je dis homosensuel(le), parce qu'il n'y a de sexualité qu'à raison d'une sexuation, c'est-à-dire d'un homme et d'une femme, ou si l'on veut techniquement : d'un inséminateur et d'une incubatrice (c'est ce à quoi se résument les sexes, en dehors de la notion de couple, dans le domaine biotechnologique du clonage, des PMA, voire des GPA, et même qui sait des utérus artificiels). Bref, chaque personne peut vivre sa sensualité avec n'importe quelle personne, pour le meilleur et pour le pire, mais la sexualité ne se partage potentiellement qu'entre sexes, CQFD.

Le nombre de couples homosensuels s'élève à 0,9% des couples selon le recensement, mais le nombre de couples homosensuels vivant sous le même toit est de 0,6%.

Les couples de même sexe sont présents davantage dans les communes de plus de 50 000 habitants. En 2018, à Paris, la part des couples de même sexe atteint 3,7%, 2,4% à Lyon et 1,4% à Marseille.

Deux hypothèses explicatives du phénomène : la concentration de population ouvre plus d'opportunités de rencontres, donc de fidélisations, homosensuelles... mais il faut noter que, selon l'évolutionnisme de la sélection sexuelle, on trouve toujours plus d'homosensualité à mesure que la densité de population et la prégnance hiérarchique sont grandes. Or, inutile de faire un dessin concernant notre monde urbanisé à +75%, qui concentre les décisions en son sein.

Reste que, avec 0,6% de couples homosensuels vivant sous le même toit, il n'y a pas de quoi faire un drame en termes de filiation légale, adoptive comme inséminatrice-incubatrice. Au reste, je renvoie à ma brève Oui à la PMA ...

 

3. Que vos enfants se dépensent hors cadre scolaire !

C'est, en gros, l'idée que l'on peut retirer d'un certain nombre d'objectifs étatiques quant aux effets de l'enseignement sportif (EPS, Education Physique et Sportive) dans notre éduction nationale pourtant entre les murs toujours encore. Cela dit :

Contrairement à une idée répandue, le temps d’instruction obligatoire consacré au sport en France est supérieur à la moyenne européenne. Le budget dédié à l’enseignement de l’éducation physique et sportive (EPS) atteint chaque année 4 milliards d’euros. Il s’agit de la troisième matière en termes de volume d’heures d’enseignement.

Bon, qu'on se rassure, on n'en est pas au système étasunien non plus, où il est possible de réussir dans un diplôme universitaire juste en étant bon à l'american football (vous savez, cette forme de rugby pour rambos, à ne pas confondre avec notre football - sport de gentlemen joué par des voyous, contrairement au rugby sport de voyous joué par des gentlemen, jusqu'à nouvel ordre pro-média-financiarisé ... - puisque les Etasuniens appellent notre football du nom de soccer) ...

Mais la vocation de l’EPS d’inciter aux pratiques sportives ne remplit pas pleinement son rôle. Le rapport souligne l’absence de stratégie globale du système éducatif concernant la pratique du sport.

Traduction : on se dédouane si vos enfants deviennent trop gros et trop gras parce que vous les laissez bouffer tous les jours au fast-food à côté du lycée. Cela dit, c'est aussi ça, la liberté ! Liberté d'abandonner ses gosses à la mal-bouffe, liberté de ne pas avoir à faire obligatoirement de sport. Après tout, balader son chien suffisamment longtemps, c'est tout aussi bien, je témoigne.

Cette lacune [entre guillemets] repose notamment sur :

  • l’absence d’objectifs communs entre les ministères de l’éducation et des sports, ainsi que sur le manque de coordination entre l’éducation nationale et les collectivités territoriales ;

Il faut dire que, le jour où les Français sortiront de l'étatisme - ses dépendances et ses bureaux, - donc a fortiori derrière l'Etat les fonctionnaires de "notre" éducation nationale ... le jour où les Français sortiront de l'étatisme, on pourrait penser que les poules auront des dents. Laissons leur le bénéfice du doute. En attendant, ce petit monde de l'éducation nationale reste un petit monde effarouché par tout ce qui n'est pas lui, d'une part ; mais, d'autre part, il en va de même des relations interministérielles. Allez donner l'exemple !

Les Français ont du mal à se supporter, parce qu'ils sentent bien que d'aucuns abusent fortement en hauts lieux tendanciellement privés - quand ça devrait rester public. Monsieur le président actuel n'est pas le premier à représenter ce milieu : il est seulement le premier à l'assumer flex. C'est que ces milieux ne se sentent pas, et que de même qu'il y a du populisme, il y a du pédantisme.

  • l’absence d’évaluation de la maîtrise des compétences sportives au cours de la scolarité, à l’exception de l’objectif national de “savoir nager” qui vise à s’assurer que tous les élèves de sixième maîtrisent cette compétence ;

Sidérant : une matière coûtant cher et mobilisant fortement, est sous-évaluée. Non mais arrêtez-là tout de suite, à ce compte.

  • la faiblesse des apprentissages dans le premier degré. Le rapport souligne que : “de façon générale, les trois heures prévues au programme ne sont ni effectuées totalement, ni contrôlées et la formation des professeurs des écoles est moins centrée sur la pratique sportive que sur la connaissance didactique” ;

Avec une féminisation à +70% en face des publics, il ne faut pas s'étonner de l'absence de dynamisme côté sportif. Même si je suis de tout coeur avec les féministes pour que la femme soit aussi sportive que l'homme.

  • le nombre insuffisant d’élèves inscrits dans les enseignements facultatifs, qui attirent 2 millions de jeunes, soit à peine plus de 15% des élèves.

Comme si les élèves - et leurs parents - n'avaient que ça à faire : s'inscrire dans des enseignements facultatifs. A moins que ?

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5 réactions


  • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 29 septembre 09:15

    Je n’ai pas compris le lien qu’il y a entre les trois sujets présentés.

    Pas d’introduction, ni de conclusion.

    L’auteur a-t-il eu de mauvais enseignants de français tout au long de sa scolarité ?


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 29 septembre 11:23

      @Fifi Brind_acier

      c’est dans le titre, c’est l’adjectif « légal ».


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 29 septembre 11:26

      @Fifi Brind_acier

      c’est le style IKEA des articles en kit : vous avez les pièces à monter dans le caton du texte, la colle et la clé 6 pans dans le titre et c’est à vous d’assembler
      par contre c’est sûr, y a pas de plan !
      faut pas pas trop en demander non plus pour ce prix-là !


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 29 septembre 13:47

      @Séraphin Lampion
      Merci pour votre humour ! Avec l’exemple d’ Ikea, j’ai compris, il faut faire le boulot soi même !


    • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 29 septembre 22:27

      Je vais vous faire honneur : je vais partir du principe que vous faîtes semblant de ne pas comprendre que ce sont trois brèves, donc trois informations différentes, pour vous dire que c’est vilain, de faire croire qu’il y a des liens à faire entre elles. Et je ne vous expliquerai donc pas, pour la même raison, que le lien niveau légal est surtout esthétique, en fil rouge, sans plus.


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