lundi 8 janvier 2007 - par Olivier Bonnet

Cannibale de Rouen : la prison, asile d’aliénés

On pourrait de prime abord qualifier l’affaire de simple fait divers - certes particulièrement abominable : mercredi dernier a été retrouvé dans une cellule de la maison d’arrêt de Rouen le corps d’un homme portant une importante plaie au thorax, dont l’autopsie révèlera qu’en ont été prélevés une partie d’un poumon et deux muscles intercostaux. Son codétenu s’accuse immédiatement du crime et précise avoir mangé le coeur de sa victime. Au-delà de l’horreur des faits, cette histoire du cannibale de Rouen pose la question de la place des malades mentaux dans les prisons. Son avocat, maître Fabien Picchiottino, passe à l’attaque : « Je reproche à la maison d’arrêt de ne l’avoir pas placé en isolement, comme l’avait demandé un juge d’instruction, il y a un mois et demi. Mon client l’avait également demandé. Mais le directeur de la maison d’arrêt a certainement estimé que ce n’était pas nécessaire, donc ne l’a pas fait. Pour qu’un détenu demande un isolement et que ce soit conseillé par un juge, c’est assez exceptionnel ! » L’avocat fait état d’une expertise antérieure ayant diagnostiqué la schizophrénie, relève « des antécédents psychiatriques importants » et mentionne le fait que ses parents adoptifs, au sortir d’une précédente incarcération, avaient écrit à la préfecture « pour le faire interner ». Il en déduit logiquement : « C’est quelqu’un qui aurait dû être en psychiatrie. »

Discernement aboli, ou altéré ?

C’est en effet l’évidence même. Du reste, l’article 122-1 du code pénal énonce : « N’est pas pénalement responsable la personne qui était atteinte, au moment des faits, d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes. » Un homme au profil du cannibale de Rouen n’aurait donc en aucune façon dû être déclaré responsable. Il est pourtant très loin d’être le seul malade mental incarcéré. La dernière étude sur le sujet, menée conjointement par la Direction générale de la santé et l’administration pénitentiaire, date de 2004 et ses conclusions sont effrayantes : un détenu sur quatre (24% exactement) souffre de troubles psychotiques, dont 8% de schizophrénie. Et avant leur entrée en prison, plus du tiers des détenus avaient déjà consulté et 16% avaient déjà été hospitalisés pour raisons psychiatriques. Comment en est-on arrivé à cette épouvantable situation ? « Depuis une vingtaine d’années, les gouvernements successifs ont fermé des dizaines de milliers de lits dans les hôpitaux psychiatriques, au nom - toute honte bue - de la "fin de l’asile", supprimé le diplôme d’infirmier spécialisé, réduit les crédits, sans pour cela créer les structures alternatives à l’hôpital en nombre suffisant, accuse dans Le Monde diplomatique de juillet 2006 Patrick Coupechoux, auteur d’Un monde de fous  : comment notre société maltraite ses malades mentaux. C’est le constat du Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées, dans son neuvième rapport, remis au président de la République en 2003, poursuit-il, citant ledit rapport : « Alors que l’hôpital psychiatrique assurait un hébergement à long terme, y lit-on, il a (...) vu son rôle évoluer vers des séjours dont la durée est limitée à la seule prise en charge de la période de crise aiguë. Or (...) les personnes qui quittent l’hôpital psychiatrique sont toujours des malades, elles nécessitent des soins permanents (...) C’est cette carence qui est à l’origine de la souffrance des familles qui les hébergent, mais aussi de leur forte représentation dans les prisons et parmi les sans-abri. » Coupechoux incrimine ainsi « la politique du tout-sécuritaire » : « les comparutions immédiates envoient en quelques minutes un individu durant plusieurs mois en prison. L’expertise n’étant nullement obligatoire, et pratiquement jamais requise, nombreux sont donc les malades mentaux condamnés, alors que ni le juge ni l’avocat, souvent commis d’office, ne connaissent leur état réel. »

Punir plutôt que soigner

Le docteur Gérard Dubret, psychiatre à la prison d’Osny, accuse lui aussi la procédure d’urgence : « L’immense majorité sont jugés en comparution immédiate et ne voient même pas d’expert. Et pour ceux qui sont examinés, les diagnostics d’irresponsabilité ont été divisés par dix en dix ans », constate-t-il. Pire, la maladie est parfois détectée mais il est estimé qu’elle ne suffit pas à « abolir le discernement », ­ ce qui implique l’irresponsabilité, mais seulement à « l’altérer » : « Eh bien, les peines sont alourdies au lieu d’être allégées », s’indigne-t-il. Dans son rapport Sur le respect effectif des Droits de l’homme en France de 2005, le commissaire aux Droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Alvaro Gil-Robles, écrit : « Au début des années 1980, le taux d’irresponsabilité pénale pour cause de maladie mentale était de 17% ; il est passé à 0,17% en 1997 et n’a connu depuis que peu d’évolution (...) Punir semble primer sur les soins, qui ne suivent pas toujours en prison. Ce constat avait déjà été établi par le rapport du Sénat en 2000, mais n’a eu aucun effet. Aucune conclusion sérieuse ne semble avoir été tirée depuis. Pire, d’après tous mes interlocuteurs, la situation se serait nettement dégradée », conclut-il. Joseph Minervini, psychiatre dans l’unité de consultation et de soins ambulatoires de la maison d’arrêt de Besançon, livre ainsi une anecdote édifiante : « J’ai suivi un jeune schizophrène condamné à quatre ans d’emprisonnement, après comparution immédiate, pour une tentative de braquage avec une arme ridicule. Il sortait d’un hôpital psychiatrique. L’expertise a conclu à sa responsabilité pénale. Nous avons demandé une contre-expertise, qui a donné un résultat contraire. Mais le magistrat s’en est tenu à sa première décision. » Le Comité consultatif national d’éthique, dans son avis sur La santé et la médecine en prison, rendu public mi-décembre, dénonce « l’incarcération de personnes atteintes de maladies mentales graves » : « Cette situation, déjà soulignée précédemment constitue l’un des problèmes éthiques majeurs concernant d’une part la confusion croissante entre les sens respectifs de la peine et du soin, et d’autre part le droit à la protection de la santé et à l’accès aux soins. Ces problèmes éthiques graves d’atteinte au droit à la protection de la santé et à l’accès aux soins impliquent à la fois le droit des malades à la meilleure prise en charge médicale psychiatrique possible de leur souffrance dans des conditions respectueuses de leur dignité, et le droit de leurs codétenus à la protection de leur santé mentale, mise en péril par une confrontation permanente à la "folie" ». La conclusion du Comité est implacable : « Une opinion publique, sensible aux seuls impératifs sécuritaires, finit par méconnaître le fait que la sécurité passe plus par un traitement carcéral digne des personnes que par l’indifférence, le mépris ou la vengeance. » Sur le banc des accusés, donc, le sentiment d’insécurité - et, par là, son amplification par l’exploitation politicienne qu’en font les amis du ministre de l’Intérieur (avec l’extrême droite). Mais n’oublions pas la vraie raison qui pousse à se débarrasser des malades mentaux en les jetant en prison, où la pénurie de moyens pour les traiter est patente. Elle est évidemment économique : une journée en détention coûte 150 euros et en hôpital psychiatrique, 480. Triste société.



77 réactions


  • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 8 janvier 2007 13:51

    Qui est fou et qui ne l’est pas ?

    Après tous les fous sont-ils dangereux ?

    La société est-elle prête à payer pour l’augmentation du nombre d’asile psychatrique, il ne faut oublier qu’un malade coûte plus cher à « entretenir » qu’un taulard.


    • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 8 janvier 2007 13:54

      C’est bien ce que j’écris dans la dernière phrase du papier : « une journée en détention coûte 150 euros et en hôpital psychiatrique, 480. » Mais la place d’un malade mental est-elle en prison ?


    • Stef (---.---.229.129) 8 janvier 2007 14:31

      Encore un article à la mode, juste pour faire de la pub !!! Arrêter de faire comme tous les médias (voyeurisme, à l’affut de la sordité ambiante, Vous en resortirez grandi !!!


    • x (---.---.118.122) 8 janvier 2007 15:58

      je voudrais vous y voir avec un fou dangeureux dans la meme piece vous changeriez d avis


    • parkway (---.---.18.161) 8 janvier 2007 16:23

      c’est de PASCAL Sevran ?

      il a dit aussi : les bites africaines sont trop productives...


    • Briseur d’idoles (---.---.168.161) 8 janvier 2007 16:31

      Sevran en cellule avec un Africain !

      C’est un cas de figure auquel vous n’avez pas pensé !

      Je pense que l’Africain aurait tout lieu de s’inquiéter !


  • LE CHAT LE CHAT 8 janvier 2007 14:07

    excellent article , olivier . Dans le reportage « prisons, la honte de la république » diffusé sur canal+ , le fait que de nombreuses personnes souffrant d’alénation mentale peuplaient nos prisons était mentionné .Une honte ,vraiment que de mettre despersonnes en préventive (donc présumés innocent) avec des psychopates avérés , tout ça pour gratter quelques euros smiley


    • nathapa (---.---.156.177) 8 janvier 2007 14:32

      tour a fait d accord il faut faire au mieux meme si c est cher


    • Un Ternaute (---.---.249.122) 8 janvier 2007 20:15

      Et avec les nouvelles lois sur la delinquance, votre fils de 13 ans peut etre envoye en preventive s il amene un briquet au collège ou fait un croche-patte à un camarade. On placera votre enfant dans la cellule d’un cannibale qui le mangera ou d’un pedophile qui au contraire le gardera en vie bien longtemps...

      Merci qui ?Merci Nicolas Sarkosy.


  • maxim maxim 8 janvier 2007 14:20

    vous voyez comment le manque de nourriture se fait cruellement sentir dans nos prisons....en etre reduit à bouffer l’autre....

    il aurait fallu que ça tombe un vendredi,on ne risque rien,c’est le jour du poisson....


    • (---.---.229.236) 8 janvier 2007 14:38

      Mais on ne sais rien de la race du présumé coupable..

      Alors, pas de conclusions attives et surtout, pas d’amalgame.


    • jamesdu75 jamesdu75 8 janvier 2007 14:41

      Honnetement c’est bien gore cette histoire. Pire qu’un bon Lovecraft.

      Sinon pour le principe d’avoir un detenu malade mental, y’a souvent des morts dans des prisons. On en parle moins souvent parce que c’est « presque » banal.

      Sinon pour finir comme le dit si bien mon pote JCVD :

      « Selon les statistiques, il y a une personne sur cinq qui est déséquilibrée. S’il y a 4 personnes autour de toi et qu’elles te semblent normales, c’est pas bon. » JC Vandamme

       smiley


    • x (---.---.118.122) 8 janvier 2007 16:00

      c etait une plaisanterie


    • parkway (---.---.18.161) 8 janvier 2007 16:25

      a maxim,

      et si le dévoreur chope le Sida ?

      Qui sera responsable ?


    • (---.---.229.236) 8 janvier 2007 14:54

      N’oublions pas que les voyoux ne sont pas responsables, que c’est la société qui les détermine, qu’ils ne sont donc que des objets sans dicernement, des animaux, et que donc leur chatiment est objectif, puisqu’il faut les éliminer d’une maniére ou d’une autre de la société. Ces gens n’étant pas libre, ca ne change rien pour eux, mais beaucoup pour nous.


  • Guilhem (---.---.91.97) 8 janvier 2007 14:55

    Aujourd’hui la France est connue pour avoir un taux record de surpopulation dans ses prisons en Europe, c’est de notoriété publique.

    La solution est connue mais peu porteuse politiquement, plus de place dans les hôpitaux psy et plus de moyens à la justice pour juger rapidement les prévenus et limiter ainsi les détentions provisoires (un prévenu peut passer plusieurs années en prison avant d’être jugé innocent mais trop tard sa vie est détruite).

    Hors que nous propose notre gouvernement ? Plus de schtroumpfs (alors que nous avons déjà un des taux de policiers par habitant les plus haut d’Europe sans des résultats proportionnels) et plus de prisons (privées faut bien satisfaire ses potes).

    Démago ? smiley


    • (---.---.229.236) 8 janvier 2007 14:59

      Il faut surtout rétablir d’urgence la peine de mort.


    • (---.---.229.236) 8 janvier 2007 15:09

      On peut parfaitement incinérer (d’ailleur c’est la mode, ca coute pas cher et ca fait de l’engrais bio).

      Il y a au moins 22.000 prisoniers multi-récidivistes à éliminer d’urgence.

      Ceux là, on ne va tout de même pas me dire qu’ils sont innocents ! Pas d’erreur possible.


    • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 8 janvier 2007 18:52

      Je suis contre la peine de mort globalement, mais là, on parle en plus de malades mentaux !


  • mcm (---.---.121.69) 8 janvier 2007 14:57

    @Olivier Bonnet,

    « une journée en détention coûte 150 euros et en hôpital psychiatrique, 480. »

    Quelles sont les raisons d’un tarif journalier qui va du quitte au plus du triple ?

    Comment une journée en hôpital psychiatrique peut couter autant qu’un mois de RMI ?


    • jamesdu75 jamesdu75 8 janvier 2007 15:05

      Le prix d’un medecin et des soins peut etre. De plus l’univers psychiatrique est plus complexe.


    • (---.---.229.236) 8 janvier 2007 15:10

      Tu sais combien ca coute une journée d’hopital ?


    • Un Ternaute (---.---.249.122) 8 janvier 2007 20:18

      il faut bien payer le Porshe Cayenne du medecin chef qui fait 6 heures par semaine...


    • clairette (---.---.34.99) 8 janvier 2007 20:44

      @ Unternaute : vous ne « fréquentez » certainement pas les mêmes établissements psychiatriques que ceux que j’ai été amenée à connaître ! Tant mieux pour vous, j’ai fait un commentaire plus en bas à Jrev pour dire qu’effectivement, dans le privé, en se passant de la sécurité sociale, on peut avoir à ses frais une jolie clinique à 400 euros (tarif de base), 500, 600, etc... et là certainement le médecin chef a une belle voiture ! Je n’ai rien vu de semblable à Sainte-Anne à Paris, ou Paul Guiraut à Villejuif ! mais on n’a sûrement pas les mêmes adresses ! Tant mieux pour vous lorsque vous en aurez besoin !


    • (---.---.61.19) 9 janvier 2007 08:06

      @Un Ternaute

      Pourquoi n’es-tu pas médecin ? Peut-être es-tu trop con pour pouvoir faire des études.


    • Frédéric Mahé Frédéric Mahé 11 janvier 2007 16:16

      Arrêtez, vous ne connaissez pas la situation en H.P. : c’est la cata ! Moins de lits, moins d’infirmiers(ères), moins de psychiâtres, un budget taillé à la serpe pour que l’hôpital « arrête d’être non-rentable », et tout ce genre de conneries. L’an dernier, une infirmière se faisait décapiter à Pau par un ancien détenu... pardon, patient. Pas de sécurité, plus de prise en charge possible au long cours, etc., voilà le résultat.

      L’H.P. est plus cher par ce qu’on n’exploite pas les malades d’une part (alors que dans les prisons, quand on fait travailler les détenus, on les exploite sans vergogne, c’est super pour donner une bonne idée de la réinsertion), et d’autre part, parce qu’il y a des soins, alors qu’en prison, pour avoir un dentiste, ça prend six mois d’attente, et on paiera le dentiste une misère.

      En fait, les prisons et les hôpitaux psychiatriques nous tendent le miroir de notre société. A savoir, si on n’est pas un bon citoyen consommateur et docile, on est carrément exclu du monde des vivants : plus de droit de vote dans le cas des prisonniers, enfermement, plus de réinsertion, plus aucune confiance.

      Sur un autre fil, je lisais une proposition d’un commentateur, qui suggérait de rendre inéligible à vie tout élu pris à commettre un délit. On n’est plus dans une logique de proportion entre la faute et la punition, on est dans le zéro-défaut : un écart et c’est l’exclusion définitive et permanente.

      Je fais également le lien avec les fameux « SDF », dont la faute est de ne pas avoir de domicile fixe (d’ailleurs, « SDF » est une dénomination policière, ce qui n’est pas indifférent) : fatale erreur, ils n’existent plus socialement. La preuve, il faut monter de toute pièces une opération médiatique pour qu’on les voie.

      Notre société resserre chaque jour un peu plus ses limites (ses frontières ?) : les riches repoussent les moins riches, les moyens repoussent les pauvres, les centres-villes repoussent les banlieues, et tout le monde « socialisé » repousse les « socialisés imparfaitement ». Sans pitié ni retour.


  • Frodon Frodon 8 janvier 2007 15:03

    @ mcm.

    Le chiffre est ce qu’il est , mais que ça passe du simple du triple ça ne m’etonne guère.

    Tu paies le psychiatre au même salaire que le gardien de prison ? Les matraques coutent elles plus chères que 25 medicaments à la journée ? Et dernière petite reflection, si l’on met un « cannibal » en hopital psychatrique, on ne le met pas pour qu’il soit au contact d’autres malades, il doit donc avoir une cellule personnelle. Alors si en prison , une cellule va pour 6 personnes, il en faut 6 en hopital psychatrique....6 fois plus de places, donc bien plus cher...


    • ritchie 9 janvier 2007 08:55

      L’assimilation tendancieuse de la matraque à la prison suffit !!! L’article D218 du code de procédure pénale indique : Dans les locaux de la détention,les agents ne sont porteurs d’aucune arme ! Le problème de la « psychiatrisation » des détentions est en revanche bien réel et d’ailleurs, à la fois dénoncé par Mr GIL-ROBLES et par tous les syndicats des personnels pénitentiaires.Le nombre des personnels de toutes origines (surveillants,infirmiers,assistantes sociales, conseiller d’insertion etc )agressés par des détenus « psy » est considérable et ne fait d’ailleurs pas l’objet de publication de statistiques officielles.


  • LE CHAT LE CHAT 8 janvier 2007 15:16

    Il faut interdire les romans de thomas Harris dans les prisons ! smiley


    • Nono (---.---.200.102) 8 janvier 2007 15:33

      Tout à fait d’accord avec vous, Le Chat ! smiley


    • Floruf (---.---.123.101) 8 janvier 2007 15:52

      Je suis aussi d’accord , et avec ça il faudrait aussi rendre obligatoire quelles heures d’anatomie en prison , car le pauvre malheureux avait cru manger le palpitant de l’autre détenu, quelle honte de ne pas savoir faire la différence entre les poumons et le coeur ! Notre système éducatif est vraiment pitoyable !


    • LE CHAT LE CHAT 8 janvier 2007 15:59

      @NONO

      ce crétin n’avait rien compris au bouquin , c’est le solilesse qu’est le moreau le plus savoureux , le bon docteur Lecter n’aurait point suporté un telle faute de goût smiley


    • Nono (---.---.200.102) 8 janvier 2007 16:33

      @ Le Chat,

      Pour sûr !

      Surtout qu’il était raffiné ce cher Doc Hannibal Lecter, cultivé et épicurien jusqu’aux bouts des ongles.

      Que des beaux ustensiles de cuisine de chez Hammacher Shlemmer, Assiettes de Gien, cristal et argenterie française du XIX de chez Christofle...

      Et fin cuisinier... Mmmmm !

       smiley


  • Nono (---.---.200.102) 8 janvier 2007 15:30

    Bonjour Olivier, meilleurs vœux pour 2007.

    Excellent article bien dense et résumant bien le désespoir de tout un système !

    Un journaliste disait que pour se rendre compte de la bonne santé démocratique d’un Etat, il faut visiter, en premier, ses hôpitaux et ses prisons ! Cela se passe de tout commentaire.

    Cepandant, juste un petit constat :

    Le « cannibale », qui a été déjà condamné à 5 ans pour vol avec violence et attend son jugement pour tentative de viol avec arme, a déjà fait deux séjours en hôpital psychiatrique.

    La victime qui vient d’être condamné en même temps que son frère pour « agression sexuelle sur personne vulnérable », illettré, simplet et issu d’un milieu rural déstructuré (Il a un autre frère qui s’est déjà suicidé dans le même établissement pénitentiaire).

    Le comble c’est que ce « cannibale », après avoir noué connaissance avec les deux frères, a demandé « une cohabitation » pour les rejoindre dans leur cellule. Laquelle « cohabitation » a été acceptée par l’administration pénitentiaire qui ne voit pas d’un mauvais oeil le rassemblement des délinquants sexuels pour les protéger... ! Et dont le directeur, Yves Bidet, précise : « Nous ne refusons ces rapprochements qu’en cas de contre-indication judiciaire ou psychiatrique ou s’il y a contrainte et ce n’était pas le cas. »... !

    700 détenus, 400 cellules et 62 matons par service... « Ce qui ne permet aucune surveillance personnalisée de ces prisonniers qui sont justement là parce qu’ils sont violents » précise encore le même directeur..."Alors l’administration essaie de répartir les détenus en fonction de leur profil, pour limiter les risques, mais on peut se tromper » dixit... !

    Et là, il s’est foutu carrément le doigt dans l’œil en offrant 250 gr de barbaque fraîche à un forcené !

    Je me demande qui est vraiment coupable ?

    Ces « détraqués mentaux » qui atterrissent là par souci d’économie, comme vous le décrivez si bien ou nos z’« héros politicards » qui nous bourrent la tête avec moult programmes pour « Un avenir meilleur » ?

    Cordialement

    Nono


    • (---.---.229.236) 8 janvier 2007 15:36

      Ah bon, ils se sont entretué entre eux !

      Aucune importance alors. Une petite sodomie et a table !


    • parkway (---.---.18.161) 8 janvier 2007 16:34

      puisqu’on parle de détraqués mentaux, il faudrait peut-être alors parler de nos chers politiques qui sont concernés...


  • Joë (---.---.56.88) 8 janvier 2007 16:27

    « NUL DE NOUS n’est sûr d’échapper à la prison. Aujourd’hui moins que jamais. Sur notre vie de tous les jours le quadrillage policier se resserre : dans la rue et sur les routes ; autour des étrangers et des jeunes ; le délit d’opinion est réapparu ; les mesures antidrogue multiplient l’arbitraire. Nous sommes sous le signe de la garde à vue. On nous dit que la justice est débordée. Nous le voyons bien. Mais si c’était la police qui l’avait débordée ? On nous dit que les prisons sont surpeuplées. Mais si c’était la population qui était suremprisonnée ? Peu d’informations se publient sur les prisons : c’est une des régions cachées de notre système social, une des cases noires de notre vie. Nous avons le droit de savoir, nous voulons savoir... »

    À la lecture de ces lignes, publiées par Michel Foucault quelques mois après Mai 68, on pourrait les croire écrites la semaine passée.


    • (---.---.229.236) 8 janvier 2007 16:33

      Il n’y a pas assez de répresison dans ce pays, voila vérité. Et d’ailleur, s’imagine t on que Bové et ses complices prendrait le risque de détruire le bien d’autruit s’ils ignoraient combien il risque peu ? Il savent bien que la répression est une plaisanterie en france. Le juge s’occupe de la personnalité du délinquant, ce qui n’a aucun interet, au lieu de le suprimer.

      Il nous faut des peines plus dures, comme la réouverture des travaux forcé et du bagne. On devrait aussi facilité les suicides dans les prisons pour les volontaires.


    • intermittent (---.---.216.181) 8 janvier 2007 17:28

      Le jour ou vous passerez des paroles aux actes (IP:xxx.x33.229.236) j’espère que votre camarade de cellule aura l’estomac solide pour digérer un tas de viande si avariée. :-P


    • Gilles Louïse Gilles Louïse 8 janvier 2007 18:58

      On peut tout à fait écrire en italiques ici, il faut mettre des parenthèses ouvrantes et fermantes. Sur les petits secrets de présentation, cliquez publier un article puis le point d’interrogation à droite au-dessus de la partie texte.


    • Frédéric Mahé Frédéric Mahé 11 janvier 2007 16:31

      Tout à fait d’accord avec vous Joe, et ça s’aggrave tous les jours ! A relire d’urgence, Surveiller et Punir, de Foucault.


  • Jean (---.---.99.74) 8 janvier 2007 17:13

    On peut lire aussi, dans un article paru ce matin à 8hH56 sur le blog de De ço qui calt ? :

    Campagne présidentielle, élites mal-aimées et chanson de la balance

    Après les voeux du Nouvel An de Jacques Chirac, les spéculations sur son éventuelle candidature aux présidentielles de 2007 interfèrent avec la candidature de Nicolas Sarkozy, réputée majoritaire au sein de l’UMP, pendant que Ségolène Royal promet un référendum institutionnel et Francois Bayrou réclame à nouveau un changement de Constitution. Mais les citoyens sont-ils vraiment intéressés par ce débat ? Malgré le forcing médiatique des derniers mois, ce n’est pas sûr que la popularité des principaux candidats soit très grande. Les Français ont voté contre le Traité Constitutionnel Européen, qui était soutenu par une large majorité du monde politique. Et quelle est la valeur réelle de l’être humain dans la société que ce même monde politique a façonnée ? Lorsque, au début du XXI siècle, le droit au logement n’est pas garanti et des SDF meurent de froid, on peut se demander si nous sommes mieux prisés que des marchandises que l’on vend au poids.

    (..)

    Et la manière dont politiques, décideurs et gestionnaires traitent les Français s’est-elle améliorée ces derniers temps ? En rapport avec le fiasco des projets de réforme de la Justice après Outreau, ont peut relever cette phrase de Pascal Clément lors du débat parlementaire du 19 décembre : « En 2005, sur plus de 30 000 informations ouvertes à l’instruction, presque 10 000 faisaient suite à une plainte avec constitution de partie civile, dont plus de 9 000 se sont terminées par un non-lieu, une irrecevabilité ou un refus d’informer ! Des non-lieux terminent, même si l’on ne dispose pas de pourcentages précis, l’écrasante majorité des plaintes avec constitution de partie civile - sans doute 80 % en 2004 à Paris, en matière économique et financière ! On voit bien les abus qui ont cours. » Pascal Clément prend pour base de son intervention, destinée à justifier de nouvelles limitations des possibilités de plainte avec constitution de partie civile, des données émanant de la magistrature et qui reflètent le fonctionnement actuel d’une justice qu’il s’agissait précisément de réformer. La véritable raison invoquée pour ces nouvelles dispositions étant « l’encombrement des cabinets d’instruction ». A aucun moment l’avis des citoyens n’a été demandé, alors que leurs actions en justice sont d’émblée déclarées abusives dans un débat sur des propositions introduites avec très peu de publicité et adoptées sans aucune voix contre.

    Quant aux prisons, la situation a-t-elle vraiment évolué après le rapport très critique du Commissaire européen Alvaro Gil-Robles ? D’après le Nouvel Observateur, l’avocat du détenu qui revendique un acte de cannibalisme présumé commis le 3 janvier à la prison de Rouen a mis en cause l’administration pénitentiaire, reprochant à la maison d’arrêt d’avoir refusé le placement en isolement de son client qui purgeait une peine de cinq ans pour viol avec violence, souffrait de « schizophrénie » et était « potentiellement dangereux ».

    Et les délocalisations, la prolétarisation de la grande majorité de la population, la misère croissante, la situation des SDF... Que penser d’un projet de loi qui, juste avant les présidentielles, instituerait un « droit au logement opposable » mais qui suscite déjà le scepticisme ? Et pourquoi y a-t-il des SDF dans la France de 2007 ? Sans doute, les Français reprochent aux « élites » une réelle perte d’importance de l’être humain au cours des deux dernières décennies.

    On trouve sur la Toile une chanson catalane des années 1960, la Cançó de les Balances (Chanson de la Balance), composée par Josep-Maria Carandell et chantée par Ovidi Montllor. Elle raconte l’histoire d’un royaume de jadis où :

    Doncs era un rei que tenia

    el castell a la muntanya,

    tot el que es veia era seu :

    Terres, pous, arbres i cases,

    i al matí des de la torre

    cada dia els comptava.

    La gent no estimava el rei,

    i ell tampoc no els estimava,

    perquè de comptar en sabia,

    però amor, no li’n quedava,

    cada cosa tenia un preu,

    la terra, els homes, les cases.

    Un dia un noi del seu regne

    vora el castell va posar-se.

    I va dir aquesta cançó

    amb veu trista però clara :

    " Quan vindrà el dia que l’home

    valgui més que pous i cases,

    més que les terres més bones,

    més que les plantes i els arbres ?

    Quan vindrà el dia que l’home

    no se’l pese amb les balances ? "

    (...)

    (Il était un roi dont le château se trouvait sur une montagne. Tout ce qu’on voyait du château lui appartenait : terres, puits, arbres et maisons, et tous les matins il les comptait du haut de la tour. Les gens n’aimaient pas le roi. Lui, non plus, il ne les aimait pas. Car il savait bien compter, mais il ne lui restait plus d’amour. Tout avait un prix : la terre, les hommes, les maisons. Un jour, un jeune du royaume s’approcha du château et entonna le chanson qui suit avec voix triste, mais claire : « Quand viendra le jour où l’homme vaudra plus que puits et maisons, plus que les meilleures terres, plus que les plantes et les arbres ? Quand viendra le jour où l’homme ne sera pas pesé avec une balance ? » )

    Une chanson dont des enseignants ont fait un conte pour enfants.


    • Raymond (---.---.153.115) 8 janvier 2007 22:34

      « Quand viendra le jour où l’homme ne sera pas pesé avec une balance ? »

      C’est sans doute le vrai problème, le salaire minimum dans de nombreux pays étant dix fois plus bas que celui de la France, voire beaucoup pire.

      Les super-riches prèfèrent délocaliser et laisser en France les gens sans emploi et sans ressources. Alors, la santé, les soins, le logement, les prestations de l’Etat... Et c’est vrai aussi pour les prisons, pourquoi serait-ce différent ?


    • (---.---.8.197) 10 janvier 2007 10:28

      Il y a un autre article sur le blog de De ço qui calt ? :

      http://blog.360.yahoo.com/quicalt

      Chirac, Sarkozy, Royal, Buffet et l’évolution implacable de la réalité française

      (...)

      Qui pouvait penser, dans la France des années 1970, qu’en 2007 la « gauche de la gauche » proposerait d’éradiquer le chômage, de relever en urgence les salaires et les minima sociaux, de garantir un toit pour tous, d’assurer le droit à la santé pour tous... ? Pour la grande majorité des Français de l’époque, le pays était censé avoir dépassé ces problématiques bien avant la fin du XX siècle. Si on leur avait expliqué ce qu’allait être en 2007 le programme du Parti Communiste, ils auraient sans doute demandé quelle catastrophe naturelle allait s’abattre sur le pays pour en arriver à une telle situation.

      Pourtant, aucun grand ouragan, aucun tremblement de terre sans précédent, aucune épidémie mortifère... n’a ravagé la France.

      Et si on avait parlé du Contrat Nouvelles Embauches, de la précarité généralisée... aux salariés français d’il y a trente ans, ils auraient peut-être pensé à un coup d’état militaire. Mais ils auraient sans doute écarté cette hypothèse, car la dernière période de la dictature franquiste n’avait pas connu une telle situation sociale. Pour en arriver à l’état de la France actuelle, il faut que quelque chose de bien pire se soit produit.

      Que s’est il donc passé en trente ans ? Il y a eu, entre autres, la mondialisation, l’ouverture des frontières au « commerce mondial » et au dumping social, la mise en place d’un véritable marché mondial de la main d’oeuvre... Que valent les droits formels des citoyens dans un pays où le SMIC est de 1200 ou 1300 euros, si les patrons et financiers peuvent délocaliser leurs capitaux vers des pays où le salaire minimum est inférieur à 100 euros ? Si on peut importer sans entrave les produits fabriqués dans des conditions sociales très inférieures à celles régissant dans le pays importateur... Il paraît évident que, dans un tel système, financiers et employeurs chercheront par tous les moyens à récupérer l’énorme magot que représentent la masse salariale et le budget des prestations sociales du pays « riche ». Comment pourrait-il en être autrement ?

      Aussi, lorsque Ségolène Royal dit évoquer les droits de l’homme en Chine, comme Jacques Chirac en octobre dernier, on peut se poser quelques questions. Par exemple, peut-on valablement considérer qu’un pays comme la France, où des êtres humains meurent de froid, est un pays où sont respectés les Droits de l’Homme ? L’article 25 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme dit notamment :

      « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté. »

      (...)


  • noface (---.---.100.43) 8 janvier 2007 17:57

    Bonjour, N’y a t-il pas la un problème avec le rôle de l’expert et de sa crédibilité ? Outreau l’a montré il me semble..(sans rentré dans les détails). Peut-être que les procédures qui servent à prendre en compte l’avis des experts n’est pas/plus adapter. (Dsl pour mon vocabulaire,) A++


    • (---.---.229.236) 8 janvier 2007 18:00

      « Bonjour, N’y a t-il pas la un problème avec le rôle de l’expert et de sa crédibilité ? »

      La crédibilité est le probléme de celui qui croit (ou pas), pas de l’expert.


  • Tawny Tawny 8 janvier 2007 18:11

    Très bon article que vous nous avez écrit là Mr Bonnet ! La presse a beaucoup parlé de cette histoire depuis vendredi dernier. Internet, radio, télévision, presse écrite ... il est bien connu que rendre un évènement tel que celui là crée de suite une certaine polémique !

    Je fus choqué personnellement d’entendre qu’en connaissant les problèmes mentaux de cette personne, ils (les autorités) avaient quand même décidé de le laisser dans la meme cellule que d’autre personne !!! Mais comment est ce possible de faire une telle chose ?!? Oui, les centres pour personnes ayant des problèmes mentaux coutent extrêmement cher, mais à combien devons nous estimer le prix d’une vie ? Le résultat est malheureusement là, nous réagissons toujours lorsqu’il est trop tard smiley

    Quand devrons nous comprendre nos erreurs pour ne plus les commettre à nouveau ???


  • mcm (---.---.121.69) 8 janvier 2007 18:39

    Un prisonnier en bouffe un autre.

    Le darwinisme social du microcosme carcéral :

    Mangé ou être mangé là est toute la question !

    Les grands de ce monde le font librement.

    Manger galament avec des couverts d’argent !

    Manger à mort avec des couverts d’or !


  • ZeusIrae (---.---.209.130) 8 janvier 2007 18:47

    L’histoire devient sublime quand on sait que la prison en question s’appelle ’bonne nouvelle’.


  • minijack minijack 8 janvier 2007 19:01

    Ouais bon, un cas de cannibalisme par décennie, ce n’est pas vraiment exceptionnel. C’est juste spectaculaire et médiatique.

    On ne peut pas approuver le directeur de la prison évidemment, mais il y a des fous bien plus dangereux encore pour la société qu’un cinglé antropophage par ci par là, ce sont les mythomanes. Et ça, il y en a pas un cas de temps en temps, mais plein les prisons. Et là où un antropophage agresse une victime, le mythomane manipule des familles entières et les conduits parfois à la ruine ou à la mort. On l’a vu avec les tueries du Temple Solaire.

    La mythomanie, généralement accompagnée de schyzophrénie et de paranoïa, relève aussi de la psychiâtrie. Souvent supérieurement intelligents, et ils passent très facilement les tests les plus pointus. La difficulté avec ces gens là est de discerner le vrai du faux, ce qui conduit à des escroqueries phénoménales tant financières que mentales.

    J’ai connu un tel cinglé qui parlait une langue très structurée et tout à fait plausible bien que complètement inventée. Il se croyait sincèrement un « wéa » (genre de seigneur dieu africain) et a fait plonger pour des millions de FF des dizaines de victimes dans ses escroqueries, toujours basées sur des histoires parfaitement vraisemblables. Il a passé de nombreuses périodes en prison mais ça ne l’empêchait pas de recommencer. En réalité ce n’était pas un escroc classique puisqu’il ne faisait jamais les choses pour lui-même mais pour une soi-disante organisation secrète dont il se disait grand-maître.

    Le pire étant que de véritables organisations secrètes de toutes sortes existent vraiment dans nos sociétés, la plupart de ses victimes étaient de fait consentantes, flattées de faire partie d’une élite...

    En fait beaucoup de gens sont plus ou moins fous mais cette folie n’apparaît qu’avec l’excès.


  • jrev jrev 8 janvier 2007 19:03

    Bonjour à tous, Avez-vous déjà visité un hôpital psychiatrique ? On y entre par hasard (voir le livre de Pascal Colombani : les asiles de la honte) et on va y être exécuté lentement, au jour le jour, pour peu que personne ne vienne vous chercher, sans aucune condamnation bien sûr. Seuls les malades dangereux peuvent être libérés pour faire peur et justifier par leur récidive le bien fondé de l’hôpital. Tout les médecins savent qu’au bout de quelques années de séjour, l’inactivité et la prise obligatoire de médicaments transforment le « malade » en zombie, et qu’il n’est plus possible de savoir si le « malade » était entré bien portant ou non. Le « fou » est en général une victime de sa famille ou de son entourage. Il serait préférable d’enfermer ceux qui sont à l’origine de la psychogénèse et rendent ces victimes folles, mais c’est souvent demander d’enfermer les plus forts, ceux qui ont le pouvoir, plutôt que les faibles qui offrent moins de résistance et plus de rentabilité pour le système. En effet les fous dans 98 % des cas ne sont pas dangereux. Comment pouvez-vous plaisanter sur une institution qui nous coûte si cher et dont le fonctionnemnt secret (médical) et les résultats sont si négatifs ? Quoique vous en pensiez, vous n’êtes peut-être pas à l’abri d’une mauvaise rencontre...


    • clairette (---.---.136.230) 8 janvier 2007 19:52

      @ Jrev : J’ai découvert les hôpitaux psychiatriques (l’un très connu à Paris et l’autre aussi très « connu » à Villejuif : Vous vous trompez en pensant qu’il n’y a que des schizophrènes dans ces hôpitaux : ma fille a dû y être transportée d’urgence en pleine dépression nerveuse (on dit « péter les plombs »)... et j’ai pu découvrir que toutes les pathologies étaient traitées dans la promiscuité totale : une personne dépressive partageant les mêmes locaux (réfectoire, salle de télé...)que des maniaco-dépressifs, des autistes ou des « fous dangereux » comme vous dites. Ma fille a même été agressée et giflée par une malade mentale qui venait de sortir de prison et qui était là, mélangée aux autres... en attendant de revoir son statut ?

      Il a fallu faire des tas de démarches pour faire sortir ma fille de ces hôpitaux (manque de places dans des cliniques plus correctes)... Dans le privé, on nous proposait tout de suite un lit...pour 400 euros par jour, sans prise en charge sécurité sociale bien sûr, donc pour les gens riches, pas de problèmes...

      Et que dire du délabrement des chambres, des salles de douches et autres locaux, qui dépassent l’imagination... Par contre, que de dévouement de la part du personnel infirmier, des psy et des aides-soignants !

      J’avais lu beaucoup de récits sur l’état des hôpitaux psychiatriques, mais quand on y va tous les jours voir un être cher, on a le temps d’en voir le dénuement et les souffrances générées ! J’ai vu arriver une jeune fille de 18 ans après une tentative de suicide, et c’est ma fille et moi qui l’avons aidée à surmonter son désespoir quand elle a vu où elle était rendue !

      A mon avis, personne ne peut dire que ce genre d’expérience ne lui arrivera jamais ! Alors que l’on peut peut-être éviter d’aller en prison...


    • domi (---.---.236.48) 9 mars 2007 18:51

      Je confirme ... C’est une honte. Et comment se défendre ? Il n’existe aucun contre-pouvoir réel.


  • benalgue (---.---.139.175) 8 janvier 2007 20:37

    bonne année à tous

    il y a plus de mal fait au nom de la justice que de bien...(bouddha disait déjà cela il il a 2500 ans)


  • ZEN zen 8 janvier 2007 21:16

    Excellent article, Olivier.

    J’allais passer outre au vu du titre en maugréant :« Avox serait-il devenu »Détective«  ?Du morbide en pâture.. ? » Eh bien ,non, d’un fait divers, tu amènes une analyse qui va loin et qui fait mal.Qui dira l’état d’abandon où se trouve la psychiâtrie en France ?...


    • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 9 janvier 2007 12:43

      @ Zen (et tous ceux qui me complimentent pour cet article) : c’est gentil, mais je ne fais qu’informer en citant ceux qui en savent beaucoup plus que moi sur le sujet.


    • Frédéric Mahé Frédéric Mahé 11 janvier 2007 16:34

      A Zen :

      « Qui dira l’état d’abandon où se trouve la psychiâtrie en France ?... »... Ben j’ai déjà commencé un peu (ci-dessus). Mais il faudrait un dossier complet, vu l’étendue des dégâts.


  • chantecler (---.---.4.42) 8 janvier 2007 22:58

    @ Clairette:je te remercie pour ton témoignage et tes commentaires fort justes.J’ai travaillé en hopital psychiatrique.J’ai vu fondre les moyens en personnel, alors que notre société accélérait son délabrement...J’étais soignant dans des services où toutes les pathologies étaient mélangées:des « démences » (Alzheimer,ou traumatiques), des schizophrénies, des psychoses aigues et chroniques, des pathologies éthyliques,toxicomaniaques,des dépressions banales,maniaco-dépressives etc. C’était de la psychiatrie publique,donc avec éventuellement des mesures d’internement, sur les concepts de « danger pour eux-mêmes et pour autrui » (suicides). J’ai vu compresser le personnel soignant de base : 2 infirmiers,un ASH,et un interne de garde pour plus de 50 patients,l’aprés midi. En permanence le personnel masculin minoritaire, était sollicité pour neutraliser les crises de violence de malades costauds et hallucinés (dans mon service et dans les autres,en renfort). J’avais des collègues féminines trés dévouées,qui faisaient un travail magnifique et parfois se retrouvaient avec le nez cassé ,en de telles circonstances...Nous avions une responsabilité énorme car le service étant « ouvert »,les risques d’évasion étaient majeurs...Et naturellement gravissimes...Il y avait alors pléthore de « surveillants »,peu présents, assurant leurs gardes à « domicile ». Il y avait un surnombre de personnel administratif. Et pour répondre à l’interrogation d’un commentateur, nous savions que ce service psychiatrique était la « vache à lait » de l’hopital général dont il dépendait. Les psychotropes représentaient pratiquement les seuls soins promulgués : forcément, il fallait « gérer ce chaos », au détriment de la santé de tous les acteurs.Je passais avec mes collègues mon temps à cavaler:les levers,les lits,les toilettes avec du matériel inapproprié,les analyses sanguines,les médicaments,les perfs,les repas,les entretiens,etc... C’était il y a plus de 18 ans. Je ne suis pas certain que les choses se soient améliorées.J’y ai rencontré tout de même quelques médecins psy formidables, dévoués,aux capacités immenses,et des collègues infirmiers et ASH tout autant...Nous faisions le maximum, avec les moyens attribués. Je garde en mémoire tout de même un immense gachis,beaucoup de souffrances des deux cotés : soignés et soignants. Un univers Kafkaïen honteux,avec des immondices dans les couloirs,beaucoup de dévouement,de frustration et parfois de sadisme. Mais qui se soucie des malades mentaux, ( et des pauvres ) ?. Qu’ils disparaissent de la vue des « normaux », je pense en définitive, que c’était la finalité ! Les théories américaines, les DSM, ont achevé le saccage : c’était la main-mise des labos sur la psychiatrie, au détriment des avancées considérables de la psychopathologie des années 60 à 70...La camisole chimique et parfois les electrochocs, ont redéboulonné tout le travail des intervenants issus de la période 1945 à 70 (psychothérapie institutionnelle, « antipsychiatrie », etc), c’est à dire la prise en charge humanisée des « malades » envisagée aprés les horreurs de la guerre (combien de malades mentaux morts de faim entre 1940 et 1945 ?). Voilà,les libéraux,vous pouvez vous gargariser....Aucune structure privée ne se substituera pour prendre en charge tout cette misère humaine : pas rentable. Maintenant,effectivement,la pédopsychiatrie se décharge sur les écoles,et la psychiatrie adulte dans les prisons ou dans la rue,sans soins.Economies,économies...Les gens réagissent effectivement quand dans leur famille ils sont confrontés au problème ou quand ils ont affaire occasionnellement à des délirants, pas soignés:soit parce que ces malades ne sont pas conscients de leurs troubles,soit parce qu’ils arrivent à les compenser en projetant leur souffrance sur les autres qui à leur tour dégustent...Nous ne sommes pas au bout !.... smiley


    • ZEN zen 8 janvier 2007 23:05

      Merci, Chanteclerc, pour ce terrible témoignage.


    • numero13ma (---.---.28.152) 9 janvier 2007 09:58

      super commentaire qui montre l’exactitude et la réalité du probléme des malades psychiatriques merci


    • LE CHAT LE CHAT 9 janvier 2007 10:16

      merci chanteclerc , pour ce témoignage qui montre que comme dans les prisons , les conditions dans les hopitaux psychiatriques sont au niveau du vol au dessus d’un nid de coucous , et tout ça aussi pour gratter du fic !

      ps : si tu le vois , transmets le bonjour à mon cousin Tybert smiley


    • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 9 janvier 2007 12:50

      Je joins ma voix à celles de ceux qui remercient Chanteclerc pour son témoignage.


    • clairette (---.---.111.79) 9 janvier 2007 21:22

      oui@ Chanteclerc, vous dites mieux que moi, vu de l’intérieur et avec votre grande expérience, ce que j’ai pu ressentir seulement pendant quelques semaines, et je vous suis reconnaissante de l’avoir si bien exprimé, si longuement, que les lecteurs aient ainsi pu comprendre la douleur des deux côtés : les malades avec leur famille, et en plus le tourment et la révolte des médecins, des psy, des infirmiers, des aides-soignants, qui se battent au quotidien ! au quotidien !

      Voilà des gens auxquels on peut rendre un hommage ! voilà qui est fait une fois de plus de ma part.


  • MaXIMUS (---.---.142.212) 9 janvier 2007 03:17

    Bonjour,

    IL y a un problème entre les « *droits commnuns » , les attaques brutes (aggressions,viol,etc ...). Et les cas de personnses derangés(psychopathes,schizo,etc ù...) Ces deux partie ne reagisse pas de la meme facon. c pour cela que les treitement et les cenctres doivent etre ddissocies poiu le bien de to Une personne scizo est potientionellement plus dangereuse car imprevisible. il faut donc compartimenter les personnes foncftion de le "potentitalite de nuire a EUX et aus AUTRES. c’esr un cas a part Ce ne snont oa des mafiaux mais des gesn dengereus potentielement. LE but esr de le sauve a court ou moyen terme.

    UN type comme cela en prison c le CARNAGR pour lui ET pour les autres Séparons les peins , les raison ; les profils psychologighe

    NE METTONS PAS LES MEMES GENS ENSEMBLE !!!!!!!!!!!!


  • yoda (---.---.63.52) 9 janvier 2007 04:10

    La société (donc nous ?) est totalement démissionaire, elle est responsable (de maniere indirecte le plus souvent a travers la reproduction d’environnements pathogenes -famille, culture ou autres-) de la majorité des désordres psychiatriques et sociaux ; Et elle se défausse, se contente de laisser pourrir ce type de population, les SDF, les malades mentaux, les végétatifs, les handicapés des guerres, de tchernobyl, parce que soi-disant trop couteuses, mais qui ont payé tres cher la folie du monde, une folie erigée en modele de société smiley


    • ignace (---.---.17.187) 9 janvier 2007 04:30

      Que peut on encore faire a cette epoque, segoneliser ?


    • yoda (---.---.63.52) 9 janvier 2007 05:58

      Ce que l’on peut faire ? Pour commencer, arreter de penser que chacun est coupable de ce qui lui arrive, que tout ce qui lui arrive il l’a bien « mérité » ; Cette personne n’est juste pas née ou ne s’est pas trouvé au bon endroit, au bon moment, et ca aurait pu etre soi. Lancer une bouée aux personnes qui souffrent plutot que de les culpabiliser et de leur enfoncer la tete sous l’eau, serait un bon début...


    • (---.---.17.187) 9 janvier 2007 07:56

      cerveau(x) superssollcicité(s), éloignement, habitudes ancestrales tout cela contribue à des crises de schizophrenie imprevisibles et qui peuvent se reproduire a tout moment.


  • numero13ma (---.---.28.152) 9 janvier 2007 09:48

    C’est complétement fou de dire que les prisonniers n’ont pas à manger !! Ils en ont bien plus qu’une personne au revenu modeste !! Et des croissants le dimanche svp !!!


  • Nono (---.---.200.102) 9 janvier 2007 09:50

    @ chantecler (IP:xxx.x00.4.42) le 8 janvier 2007 à 22H58,

    Bravo pout ton édifiant commentaire.


  • Jean Christophe Bataille Jean Christophe Bataille 9 janvier 2007 10:07

    J’ai écrit un billet satirique sur les prisons. La taule vue par un gardien :

    http://jean.christophe-bataille.over-blog.com/article-3905331.html


  • maxim maxim 9 janvier 2007 10:57

    hier,j’ai fait une plaisanterie de mauvais gout,j’ai éte penalisé,c’est la règle du jeu...

    j’ai voulu par l’ironie mettre l’accent,sur l’absurdité de notre sociéte,où l’on repare n’importe comment,au lieu de combattre la cause de cette plaie actuelle,le nombre de plus en plus croissant de prisonniers....

    prisonniers, que l’on fourre en cellule prévues pour 2 personnes, jusqu’à 4,en melangeant tous les genres,les cas benins (le voleur de mobylettes)avec le violeur en serie ou le psychopathe notoire.....

    ça dure depuis des années ,c’est un pourrissoir garanti,il faut qu’il y ait un drame de la sorte pour réveiller les consciences...et nous rappeler que ceux qui sont derriere les barreaux,quelque soit la faute commise, ne voient leur vie menaçée parce que l’on ne tient pas compte de l’état de dangerosité des pensionnaires forçés de cohabiter.....

    que l’on arrete de se proclamer champions des droits de l’homme aux quatre vents,ça va faire sourire ceux qui ne les respectent pas......


  • Zepekegno (---.---.209.164) 9 janvier 2007 13:47

    Et que ceux qui confondent la vie dans les cellules avec celle d’un rentier révisent leur jugement : pour avoir constaté sur place, on est loin de la chambre d’hôtel trois étoiles... Le budget de l’administration pénitentiaire est, comme celui des établissement psychiatriques d’ailleurs, en constante régression. Mais tant qu’on garde ces gueux hors de notre chaste vue, tout va bien... Et puis vous pensez, ma bonne dame, il faut quand même pas qu’il s’y plaisent en taule, ils sont là pour en baver, c’est pas comme si c’était des êtres humains. Quoique si vous estimez que les prisonniers sont si bien traités, rien ne vous empêche d’en devenir un... Ca peut arriver plus vite qu’on ne le pense, en ces temps de criminalisation massive du citoyen lambda.


  • smallfinger (---.---.51.6) 9 janvier 2007 18:34

    bonjour et merci de votre excellent article ; infimier psy depuis maintenant pres de 30 ans , je suis toujours efffaré et ne comprends pas cet immobilisme de nos pouvoirs politiques ;je pense qu’il faut surtout donner les moyens aux prisons et à leur systeme de soins des moyens supplementaires afin de soigner au mieux le detenu en souffrance psychique ;combien d’infirmiers pour combien de detenus ?? quelle est leur marge de manoeuvre pour soulager , soigner , ou detecter les maladies mentales ?? ça met mal à l’aise de savoir que nous avons un systeme de sante parmi les meilleurs au monde et d’apprendre par voie de presse que certains ne peuvent en beneficier ...

    Lucien Bonnafé ( l’un des principaux acteurs de l’évolution de la psychiatrie du 20 éme siècle. )disait « « On juge le niveau de civilisation d’une société à la façon dont elle traite ses marges, ses fous, ses déviants. » »


  • jrev jrev 11 janvier 2007 07:49

    « ça met mal à l’aise de savoir que nous avons un systeme de sante parmi les meilleurs au monde et d’apprendre par voie de presse que certains ne peuvent en beneficier ... » à Smallfinger : Bonjour Smallfinger, Ma soeur Solange en a bénéficié 34 ans, du système de santé psychiatrique : entrée avant l’âge de 20 ans par la connivence entre une mère surprotectrice et un professeur émérite, promoteur de la psychiatrie infantile en France, le Dr. Georges Heuyer (voir petit Larousse illustré).

    Je vous invite à lui demander son avis...

    Je ne pense pas que l’enfermement prolongé, l’oisiveté forcée et la prise obligatoire et régulière de médicaments puissent être qualifié de soins.

    Appelons les choses par leur nom : il s’agit de maltraitance, et après l’aventure de Camille Claudel, il serait temps d’ouvrir les yeux sur la réalité de ce qui se passe dans les zones secrètes du non-droit. Je cherche d’ailleurs et depuis longtemps une personne (journaliste-citoyen ?) pour m’aider à mettre en forme mon témoignage sur le sujet. Tout cela afin de rendre cette histoire à ceux qui l’ont réalisé dans l’ignorance et l’irresponsabilité. Merci de votre attention.


  • matt (---.---.16.29) 15 janvier 2007 12:16

    Je ne trouve pas l’article trés bon au niveau journalistique, car pourquoi tout ce pavé si ce n’est pour donner la vraie réponse qu’à la fin , et seulement sur 2 lignes : « le cout »...C’est là dessus dans ce cas qu’il faut écire l’article ! blablateu de journaliste va !


  • matt (---.---.16.29) 15 janvier 2007 12:18

    Je ne trouve pas l’article trés bon au niveau journalistique, car pourquoi tout ce pavé si ce n’est pour donner la vraie réponse qu’à la fin , et seulement sur 2 lignes : « le cout »...C’est là dessus dans ce cas qu’il faut écrire l’article ! blablateu de journaliste va !


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