mercredi 16 mai - par tout_permis

Ha ! Elle est belle la justice !

La garde des sceaux ne pouvait pas mieux souligner son engagement pour une justice au service de la protection des mineurs qu'en déjeunant avec Jack Lang, 78 ans, apologiste de criminels pédophiles présumés. Ce déjeuner intervient entre 2 QAG au milieu du débat parlementaire sur les violences sex-uelles-istes mardi 15, précisemement à 13 h. À 17h, elle aura une entrevue avec le chef de l'état.

Samantha Geimer avait 13 quand Roman Polanski l'aurait droguée puis violée à l'issue d'une séance photo. Il faut bien qu'il se soit senti coupable pour fuir la justice américaine et trouver refuge "au pays des droits de l'humanité", et non plus "de l'homme", c'est sexiste (1), grâce à des personnalités qui ne transigent pas sur l'inviolabilité des icônes culturelles, et notamment Jack Lang, lequel a le mérite de la constance en ayant violemment réagi aux récentes accusations du même ordre portées contre Woody Allen.

13 ans : sur l'intervention de Macron, ce ne sera pas le seuil en dessous duquel toute relation sexuelle entre un mineur et un majeur sera considéré comme un viol, mais 15 ans, dans le PJL contre les violences sexuelles et sexistes, qui vient d'entre dans sa phase parlementaire, autrement dit statu quo législatif sur ce point.

Alors que "l'âge de 13 ans semblait susceptible de recueillir un large assentiment", faisait remarquer Gaëlle Dupont pour Le Monde. Un largement assentiment dans bobo-Land ? Impunité des clients de victimes la traite sexuelle d'enfants de l'Est à Paris, constate une étude sociologique ...

La même Gaëlle relève que l'affaire Weinstein et PJL, menée conjointement par Marlène Schiappia et Nicole Belloubet, sont une heureuse coïncidence. La dictature des médias, pas ce gouvernement. Ironie de l'affaire, le procureur de NY à l'origine d'une poursuite contre Weinstein, accessoirement grand pourfendeur de Trump (2), a lui aussi été rattrappé par des faits de harcèlement (allégués). Démission immédiate, cela tranche avec les "il faut respecter la présomption d'innoncence", "pour protéger la démocratie" (dans quel pays, demandais-je dans un récent billet ?), de, entre tant d'autres, Corinne Lepage, pour justifier le maintien au gouv de certaines personnalités (en l'occurence Hulot).

Je n'ai pas la prétention de connaître le fond du sujet autour de cette "grande loi", seulement celle de partager les incohérences qui crèvent les yeux, certaines desquelles je ne connais que trop bien (cf. mes plaintes devant le CSM).

  1. Selon le Conseil d'Etat, trop de loi tue la loi
  2. Selon Yves Charpenel, premier avocat général à la Cour de cassation, seules 200 infractions pénales sont effectivement poursuivies, les 15 milliers restant étant superflu (à la 18è minute)
  3. La magistrature est infiltrée par des réseaux qui détournent l'appareil judiciaire à leur profit. Eric Mongolfier, ¨meurtri" par la compromission de son corps professionnel. Le rapport Lassalle, "Liste désolante de délits d'entraves à la justice font ressembler la RF à une démocratie de façade", cf. notre page justice2vitesses
  4. Corollaire du troisième point : Vincent Le Coq, auteur de plusieurs ouvrages sur le monde judiciaire, "La justice est plus impitoyable avec les gens comme vous et moi, qu’avec les puissants et les multirécidivistes" (tiré d'une ITW de BFMTV qui par ailleurs fait des émissions pour endormir le public sur la corruption judiciaire, à suivre, il ne faut pas chercher de cohérence dans la propagande, c'est même sa marque de fabrique)

Au lieu de faire de la lutte contre les points 3. et 4. une priorité nationale, la garde des sceaux, qui met en avant sa force de travail et son courage pour être parvenue, dans une monde d'hommes, et donc hostile, à accéder ce cénacle de grands serviteurs de l'état qu'est le conseil constitutionnel (aurait-elle dit "panier de crabes", cf. sang contaminé, affaire Elf, etc., plutôt que faire des généralisations abusives seyantes à la bien-pensance victimisante pour son genre, on lui aurait accordé le crédit dont elle se réclame), occulte les points 3. et 4., comme tous ses prédesseurs (tels que Jacques Toubon qui du temps de Chirac étouffait avec zèle les dossiers compromettants, recasé Défenseur des Droits par la grâce du corporatisme d'énarques, qui peut compter sur une presse amnésique pour le faire passer pour un bienfaiteur de "l'humanité"). La grande nouveauté c'est le numérique parce que "refuser la dématérialisation n'est pas envisageable" . Les justiciables seront bien avancés d'apprendre leur déni-de-justice par voie digitale... (3)

(1) "au pays des droits de l'humanité", et non plus "de l'homme", c'est sexiste (1), depuis ce saut quantique civilisationnel qu'est la Déclaration Universelle du même nom, DDHu, imaginé par François Hollande (c'est lui qui a nommé Toubon DD), et rédigé par Corinne Lepage. Laquelle, par ailleurs, sous les "bien sûr !" et "mais voilà !" aigus de Ruth Elkrief, rassurait les braves auditeurs de BFMTV que, en matière de corruption des élus, "le sentiment d'impunité, c'est fini". La preuve ! Voyez bien la sanction infligée à Cahuzac ! Il vous faut une explication ? C'est simple, il y a un vent purificateur venu des pays du Nord qui souffle sur la France, via l'UE ! Sauf qu'il n'en est rien selon le procureur de 40 ans Eric de Montgolfier. C'est un trompe l'oeil, confirme l'avocat devenu universitaire Vincent Le Coq dont le nom, synonyme de terreur noire pour le Conseil Supérieur du Notariat, un organe créé sous Vichy pour les besoins de "l'aryanisation économique", aurait dû marquer les débats sur la loi Macron, mais il n'a été consulté qu'en secret, et pour ne pas en tenir compte (m'a t-il dit) car, en définitive, l'effet d'annonce passé, celui de "redonner du pouvoir aux Français" en supprimant la rente cette profession, cette loi n'a, comme l'avait prévu Le Coq, que accouché que d'une souris. Quant à "saut quantique", seulement potentiellement parce qu'elle a beau faire le tour des bâtonnier pour des signatures (ici celui de Rennes, où les avocats refusent de prendre mon dossier pénal...), la mayonnaise ne prend pas. Dur dur d'être en avance sur son époque...
(2) Je précise cela pour souligner le caractère trompeur, sinon pervers, de la bien-pensance, le Trump bashing en étant l'expression la plus facile et consensuelle "pour les oreilles françaises" (Picketty), qui "tient" les foules à en juger le miméstisme qu'elle engendre dans les RS, soulignais-je déjà en rapport avec la mouvance "droits de l'humain"de la part d'ONG dont les indignations ont pour curieux dénominateur commun de ne pas toucher aux intérêts de la caste au pouvoir. Atteinte aux droits de l'homme au Tibet oui, en Palestine, dix fois oui, sur le territoire français, non, ou alors seulement envers des populations pour qui la nécessité de trouver à manger ou se loger, comme les migrants, obère toute velleité d'activisme politique. Maître Éolas (+300k abonnés sur Twitter) résume parfaitement cet état d'esprit : Léornard, victime donc "heroïne", obséquiosité de la magistrature envers les puissants, "conspirationnisme".
(3) Pire que ça, la garde des sceaux s'appuie sur un rapport co-rédigé par un homme de main du MEDEF pour justifier d'étendre le recours obligatoire à un avocat en matière civile. Et comme par hasard, pour parer au fait que tout le monde ne peut s'offrir un avocat, l'on propose d'étendre du même coup le recours à un assurance protection juridique. Les compagnies d'assurance se frottent les mains. L'on passe surtout sous silence le fait que la profession d'avocat est congénitalement à genoux devant les puissants, et que cette mesure multipliera les dénis de justice, faute d'avocat disponible (j'en sais quelque chose).


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