lundi 23 janvier - par Jean de la Beauce

Huit enseignants en cinq mois dans une école de Châtillon (92)...

Ce n'est pas un scoop, l'école française est en "crise". Crise du climat scolaire, de la violence, du manque de profs, etc. Depuis quarante ans, on nous rabâche ce discours convenu renforcé par une langue de bois de plus en plus lisse. Souvenez-vous de l'excellent film de Claude Berri avec Coluche, le seul de mon point de vue qui allie humour et réalisme : il résumait début 1980 ce qu'était l'école primaire publique avec l'impertinence qui était encore autorisée à l'époque.

Donc BFM-TV a découvert qu'une classe de la très select ville de Châtillon (92) se retrouve avec une noria d'enseignants depuis la rentrée de septembre. Huit en cinq mois, ce qui est loin d'être un record pourtant. Pour avoir exercé comme titulaire-remplaçant dans les écoles du 93 voisin, je sais de quoi je parle.

Hélas, vous ne trouverez ni explications concrètes, ni solutions dans le reportage de BFM, destiné à faire de l'audience pour vendre des pages de publicités. Il faudra passer par les réseaux sociaux, votre serviteur par exemple, pour décrypter ce qui se passe. Comme toujours, on vous expliquera qu'il manque des postes, que les maîtresses d'école sont toujours en congé maternité, qu'il faut des moyens supplémentaires. Une osmose entre administration féodale (l'inspectice du coin se nomme madame Prince, il fallait oser !), associations subventionnées de parents d'élève et syndicats de mandarins pour ensabler la triste réalité du terrain.

Quand une classe se retrouve sans enseignant et que les remplaçants démissionnent les uns après les autres, c'est qu'elle est ingérable, impraticable. Concentration d'élèves pénibles et mal élevés, de parents sans gêne eux-mêmes mal éduqués dans leur jeunesse avec une direction d'école impuissante ou servile. Il n'y a pas de secret professionnel. Les raisons peuvent aussi venir de la répartition des élèves, d'enseignants des autres classes qui tirent la couverture à eux. La solidarité n'existe pas entre profs, sauf si elle est forcée. 

La nouveauté, c'est que tous les quartiers, toutes les régions sont touchées par le phénomène. Il y a vingt-cinq ans, on ne parlait que de la Seine-St-Denis, de ses ghettos, de ses enfants "en difficulté d'intégration", de ses voyous. On trouvait normal la valse des profs dans les établissements où, il est vrai, enseigner relevait du parcours du combattant. On parlait moins des secteurs plus favorisés où les "gosses de bourges" n'attiraient pas les projecteurs.

A présent, après des années de politiques d'inclusion, de rejets de l'autorité et de la sanction, de rabaissement des profs, on s'étonne de trouver des classes vides. Quel diplômé serait assez inconscient pour préparer un concours destiné à prendre en charge une classe de gamins mal éduqués ou semi-délinquants, pour un salaire médiocre, un système de mutation injuste et rigide, avec en prime la retraite à 65 ans ?

Début 2000, il était encore possible de se loger en région parisienne. Ce n'est plus le cas aujourd'hui ; à Châtillon un loyer pour un F2 c'est 1300 euros : quasiment le salaire d'un prof stagiaire. Les logements de fonction ont été supprimés il y a trente ans, et le parc HLM du 92 est inaccessible aux fonctionnaires. Pour faire simple, le gogo qui prendra en charge la classe de BFM devra supporter des élèves (et des parents) pénibles, avec les injonctions de Mme Prince en cerise sur la gâteau, tout en dormant la nuit dans sa voiture ou à l'hôtel social : les journalistes auraient dû conclure ainsi leur topo.

Avis aux amateurs : il y a des marées de postes non pourvus dans l'enseignement. Mais dans notre belle démocratie, expliquer les véritables raisons du phénomène permettrait d'essayer d'entrevoir des solutions autres que le baratin pédagogiste sur le manque de formation des profs, le recrutement au profil, l'incitation au "management" des inspecteurs et toutes les tartufferies de circonstances.

Source de l'article : https://twitter.com/BFMTV/status/1616694424448139264

PS : le dessin d'illustration est... belge. Je l'ai mis pour montrer deux choses : d'autres pays sont aussi touchés par le problème scolaire, mais ils semblent plus lucides et moins "langue de bois"...



28 réactions


    • Ruut Ruut 24 janvier 16:22

      Après avoir castré les pères et transformés les Hommes en femmes, nos idiots au pouvoir s’étonnent des conséquences de leurs politiques.

      L’autorité affirmée du père dans la famille, tant par les enfants que par son épouse, permettait aux enfants d’êtres respectueux aussi en dehors du cocon familial.

      À avoir exporté le modèle de la mère célibataire comme référents, nous avons des gamins sans repères, incapables d’apprendre quoi que ce soit.
      La majorité du corps enseignant étant féminin, ça aggrave le phénomène. 

      Bienvenu dans une société Matriarcale ou la victimisation et les boucs émissaires sont la seule et unique ligne de conduite.


    • Florence Pisani 26 janvier 16:14

      @Ruut
      Ouh là ... N’y aurait-il pas dans votre commentaire le spectre d’un vécu personnel quelque peu invasif dans l’analyse ?
      Loin de moi l’idée de vouloir atténuer l’importance de la figure masculine dans le développement de l’enfant  Elle est grande en effet  Mais quand même, quelques remarques qui me semblent nécessaires suite à votre publication :

      1. L’autorité n’est pas masculine par essence. Les professeurs féminins en sont tout autant dotées que leurs collègues hommes, et dans les familles, le père permissif et la mère autoritaire sont un cas archi commun !
      2. Les gamins n’ont JAMAIS été une « pâte malléable » : ceci est un mythe ... Driver un troupeau d’ados ou de préados est nécessairement un défi. Vous savez peut-être de quoi il retourne si vous avez des enfants, et avec tous les leviers dont vous disposez à leur égard. Alors imaginez ce que cela donne quand ils sont en nombre et que vous avez des moyens d’action très circonscrits pour en tirer quelque chose :)
      3. Pour un prof, l’effectif à gérer est LE différentiel principal, pour ce que j’en sais (prof pendant 20 ans en collège). Si vous avez 22 zozos en face de vous, tout est jouable. S’ils sont 30, vous êtes foutu. Ca tient bêtement à des capacités d’encadrement et de taille de l’espace géographique classe.
      4. Nos « idiots au pouvoir » savent parfaitement ce qu’ils font : ils ne sont pas idiots mais malfaisants en toute connaissance de cause ..
      Merci à vous-même et à l’auteur pour vos partages : l’Education Nationale fait partie des sujets inépuisables, autant qu’elle est un système épuisant pour ses usagers !

  • tashrin 23 janvier 17:23

    Comment ne pas vous donner raison ?

    Mais bizarrement, quand le gvt annonce qu’on va recruter les enseignants de leurs enfants chez d’anciens coiffeurs ou chauffeurs poids lourds (sans que je n’ai rien contre eux, mais juste c’est pas le meme metier), ca semble pas faire tiquer plus que ca... ;)

    Et si le probleme n’etait que circonscrit aux enseignants... Un salaire de cuisinier, opérateur téléphonique, vendeuse, chauffeur de bus, Conseiller insertion, formateur, infirmier, conseiller bancaire, etc etc... ne permettent pas de vivre dans la ville où ces personnes seraient censées travailler...


  • Decouz 23 janvier 17:50

    Les logements de fonction ? Ils n’ont jamais été destinés aux les professeurs, mais aux personnels d’intendance, d’administration de direction, d’éducation (CPE), aux infirmières en cas d’internat, et ils existent toujours, mais la répartition n’est pas la même partout, parfois il n’y a pas assez de logements par rapport à la taille de l’établissement., parfois aussi les personnels qui y ont droit ne veulent pas y loger, pour différentes raisons, taille insuffisante par rapport à la famille, logement personnel à proximité (le logement de fonction se justifie par l’obligation de pouvoir intervenir rapidement), et aussi par l’environnement, si vous avez un logement au milieu d’une zone, ce n’est pas comme avoir un logement dans un château ou dans le XVIème, différentes situations existent.

    Ce qui existe encore pour certains professeurs qui ont des difficultés, mais en nombre très limité, en fonction des logements non occupés, ce sont des conventions d’occupation précaire, qui ont des loyers modérés, mais ils ne donnent aucun des droits accordés aux locataires dans le parc privé « précaire » comme le nom l’indique ce sont des contrats d’une durée d’un an, renouvelables si la sitiation le permet.


    • chantecler chantecler 24 janvier 09:22

      @Decouz
      Les logements de fonction pour les instituteurs ont été retirés quand on a créé les IUFM et que les instits ont été remplacés par des postes de professeurs des écoles , mieux rémunérés .
      La curée ,c’est à dire la récupération de ces logements de fonction par les municipalités , a commencé avant même que tous les postes d’instits aient disparu .
      Idem pour les indemnités de logements qui n’ont jamais permis de se loger au tarif officiel du marché locatif.


    • Decouz 24 janvier 10:15

      @chantecler
      ok j’avais pas vu qu’il s’agissait d’une école primaire. Je suis au courant pour le changement de statut.


    • Decouz 24 janvier 10:24

      @Decouz
      Ils ont donc la même grille indiciaire que les profs du secondaire, et dans des situations identiques pour le logement, les transports etc Je ne crois pas que les indemnités diverses fassent une grosse différence.


  • Decouz 23 janvier 17:54

    Plus les logements pour certains personnels, gardien, cuisinier ou ouvrier d’entretien.


  • lecoindubonsens lecoindubonsens 24 janvier 08:16

    Et que penser du recrutement !

    Des instits (pardon des professeurs des écoles) pris au concours avec une moyenne de 4/20.

    Des parents qui reçoivent des courriers de prof des écoles avec plus de fautes d’orthographe que si c’était écrit par leurs enfants : comment un prof peut-il enseigner ce qu’il ignore ?

    Effectivement, il faut payer plus pour attirer des profils plus compétents ... et aussi éviter la démission des quelques compétents encore en fonction.
    Ne pas penser qu’il suffit de mieux payer les nouveaux.


    • Jean de la Beauce Jean de la Beauce 24 janvier 09:48

      @lecoindubonsens
      Correction : pris au concours avec 5/20, en-dessous c’est éliminatoire. Autrement vous avez raison sur tout le reste. 


  • Buzzcocks 24 janvier 10:42

    Je passais devant une école primaire de Levallois, avec son panneau d’affichage destiné à communiquer avec les parents. Et donc je lisais que mardi, la classe de Christelle allait au musée.

    Je n’aime pas le « c’était mieux avant », mais de mon temps, je n’ai jamais connu le prénom de mes instits alors que ma mère était, elle même, instit et proche d’eux

    Bref, un instit, ce n’était pas ton pote que tu tutoies et que tu appelles Christelle.

    Donc déjà, si on veut restaurer un peu d’autorité, il faut que les profs/instits eux mêmes arrêtent de vouloir passer pour les copains. Et donc on va au Musée avec madame Trucmuche, pas avec Christelle. On vouvoie les profs etc...


    • Jean de la Beauce Jean de la Beauce 24 janvier 13:07

      @Buzzcocks
      Là nous sommes d’accord. A l’entrée en 6ème il arrive même que des élèves cherchent à nous tutoyer, il faut les remettre à leur place.


  • zygzornifle zygzornifle 24 janvier 13:34

    Les profs sont mal payés mais ils ont plein de vacances et en cas de maladie leurs jours de carences sont payées ainsi que les demi journées en plus de la sécu, personne ne plaint les employés des hypers qui eux sont vraiment très mal payés et ignorés par les syndicats qui ne les défendent même pas, allez voir les salaires chez Darty, a la Fnac , a carrouf, a auchan a casto, a leroy merlin et dans tous les autres magasins spécialisés, ils gagnent en moyenne 1000€ de moins que les profs et ne sont pas protégés et en plus il n’ont pas de ministre .....  


    • Brunehaut 24 janvier 15:34

      @zygzornifle
      Les jours de carence en cas de maladie ne sont pas payés ! Le 1er jour de maladie ( jour de carence ) est déduit du salaire ( 1/30e du brut ). 
      Et puis, on avancerait sur les profs si on cessait de les comparer aux caissières, aux maçons, etc. Bizarrement, on ne compare pas aux éboueurs les médecins dont les revenus sont autrement confortables et qui, pour beaucoup aujourd’hui, prennent pas mal de vacances. Pourquoi ? Visiblement, vous avez vos « privilégiés » préférés...


    • zygzornifle zygzornifle 25 janvier 08:48

      @Brunehaut
       
      On peut aussi ajouter les députés les sénateurs qui gagnent un « pognon de dingue » hors bakchichs et dont les journées d’absentéismes sont payées et dont l’utilité n’a jamais été prouvée .... 


    • Rincevent Rincevent 25 janvier 13:58

      @zygzornifle

      Si ce métier est aussi privilégié que vous le dites, les candidats devraient affluer en masse, non ? Or c’est l’inverse, il y a une grosse crise du recrutement. Mais je ne doute pas que vous avez une réponse à ce paradoxe…


  • Armelle Armelle 24 janvier 14:59

    Et bien quand VOUS (mais peut être êtes vous une exception) et vos collègues, enseignants actuels ou passés, convergerez vers des propositions communes et nous montrerez votre volonté de faire « mieux », comme celle de supprimer ce truc infâme et insupportable qu’est celle des points acquis faisant qu’un vieux briscard pourra choisir son lieu d’affectation, (de préférence les endroits calmes, bah voyons !!! la paresse n’a point de limite) et faisant que les tous jeunes arrivés se retrouvent dans les classes difficiles, ou autre exemple, que quand vous aurez l’honnêteté intellectuelle de rajouter une dizaine de journées de cours dans l’année, correspondant aux jours fériés religieux, dans votre désir inconditionnel de laïcité absolue revendiqué en permanence...

    ...Et bien nous commenceront peut être à entendre vos logorrhées d’éternels et soi disant laissés pour compte !!!

    Et vous ne pourrez me taxer d’ignorante sur le sujet, ayant été enseignantes pdt 2 années dans une autre vie, et que j’ai avec grand bonheur très vite quitté tant le degré de jmenfoutisme est éloquant et la réussite de l’étudiant passant bien après le bien être de ces messieurs dames du haut de leur tour d’ivoire !!!

    Pour l’heure, face à autant de malhonnêteté intellectuelle, et de manque délibéré de volonté, j’ai bien peur que ne soyez contraints de vivre cette ambiance délétère à jamais mon pauvre monsieur, et ce malgré les augmentations successives et substantielles dont vous avez pu profiter ces dernières années et encore il y a peu de temps !!!

    Que de tenter nous faire croire que l’extravagante déconfiture de l’enseignement en France ne serait QUE le fruit des âneries(certes) de nos ministres successifs est ma foi assez amusant !!! Heureusement, le ridicule ne tue pas...

    Quant à la désinvolture et l’impertinence de certains élèves en classe, je vous dirai que vous l’avez bien cherché, car la médiocrité de l’enseignement ne date pas d’hier, vous avez perdu votre aura auprès des parents (ce qui était inévitable) et du coup, les échanges familiaux étant, votre sérieux d’intervenants par la même occasion pour les élèves, donc ne vous étonnez point que des élèves vous prennent pour des billes, car c’est finalement peut être le cas !!!


    • pipiou2 24 janvier 16:37

      @Armelle
      Effectivement vous êtes un peu ignorante parce que la plupart des jours fériés tombent sur les vacances sont pendant les vacances scolaires.

      Bon mais à soutenir ainsi les enfants impertinents on suppose que vous faites partie de ces parents dont les enfants sont des gros pénibles qui ne savent pas se tenir soi-disant par la faute des enseignants.


    • Armelle Armelle 25 janvier 12:06

      @pipiou2
      « Effectivement vous êtes un peu ignorante parce que la plupart des jours fériés tombent sur les vacances sont pendant les vacances scolaires »

      Encore un qui, face au manque d’argument, se focalise sur la forme et laisse le fond en marge !!! Et ça change quoi au principe qu’il y en ait 5 ou 10 ou 12 banane ???

      Quant à mes enfants ils n’ont eu besoin de l’enseignement de l’E.N pour réussir leur vie !!! 

      Alors pour vous, si nous sommes bon derniers de l’OCDE, c’est la faute des élèves et des politiques !?!? Vous en sentiriez-vous visé par mes propos ? Jamais la compétence des « profs » n’est remise en cause !!!
      Et bien continuez cher Monsieur, continuer à soutenir la médiocrité...Et la bêtise, laquelle ne semble pas vous avoir épargné !!!


    • Armelle Armelle 25 janvier 12:19

      @pipiou2
      Voyez-vous cher Mossieur ! Je suis tjrs en contact avec des enseignants de l’époque, des vrais, des gens responsables et soucieux du parcours de leurs élèves, ces gens ont su adapter, outre les soi disantes obligations du rectorat, une pédagogie qui INTERESSE et STIMULE leurs élèves et obtiennent de très bons résultats, alors dites moi pourquoi les autres n’en seraient pas capables, si ce n’est l’explication d’une incompétence ou d’un jmenfoutisme crasses !!!
      Mais vous pouvez bien penser ce qu’il vous plaira, la plupart des parents ont maintenant bien compris... Et ma foi, on ne pourra, VOUS ne pourrez pas dire que les performances de l’EN ne sont pasd’une médiocrité abyssale, les résultats sont là.

      Et puis en terme d’ignorance, j’ai bien que vous ne soyez concerné par cette tare car si vous lisiez les rapports de PISA, vous sauriez que les directives politiques et les « impertinents » ne sont pas les seuls responsables. Les résultats étant aussi catastrophiques dans les zones « protégées », là où évoluent de élèves bien élevés et studieux !!!

      Bon en deux mots, vous racontez n’importe quoi à ce que je vois, pas grave vous reviendrez en cession prochaine, peut être ferez-vous mieux !!!


    • Brunehaut 25 janvier 14:06

      @Armelle
      Vous dites qu’il existe un facteur prof ... D’accord avec vous. Qu’il y a un problème de système éducatif... D’accord aussi. Mais vous ne tenez pour rien la société dans ce désastre ? Elle est bien présente à l’école ( parents d’élèves, fédérations de parents, élus aux conseils d’administration ) sans compter l’éducation donnée aux jeunes : faites un sondage à la sortie des collèges pour savoir combien de moins de 13 ans sont déjà sur les réseaux sociaux... La responsabilité est collective. Il faut un changement de culture.


    • Armelle Armelle 26 janvier 09:26

      @Brunehaut
      C’est le chien qui se mord la queue !!!

      Pourquoi croyez-vous que la société puisse avoir une responsabilité dans ce marasme, si ce n’est justement le fait que « l’abandon » des intervenants au fil des ans a fait que ces institutions sont mal considérées et sont prises pour des cirques de foire tout juste bonnes pour des studieux aux ordres et moulés à la perfection...
      Faudrait peut être penser à ne pas inverser les choses !!!

      -Pourquoi à votre avis, les écoles alternatives, avec des gens volontaires, responsables et soucieux du « mieux savoir », du « mieux raisonner » et du « mieux être avec les autres », fleurissent aujourd’hui un peu partout, et avec des succès francs !!!

      -Pourquoi à votre avis, et je sais de quoi je parle, les écoles privées, ont de bien meilleurs résultats que le public ?

      -Pourquoi à votre avis les profs Français sont les moins bien payés de l’OCDE ?
      Seriez-vous par hasard, prêt à me dire que des augmentations de salaire des profs augmente la qualité de l’enseignement. Et même si c’était le cas, cela voudrait insinuer que ces gens ne font aujourd’hui que le minimum syndical correspondant à leur salaire ? Nous ne serions alors plus dans l’objectif de réussite des élèves mais juste dans la politisation de l’enseignement !!! 

      Alors certes la société a un impact indiscutable sur le désastre éducatif chez nous, mais posez-vous encore une fois la question du regard que peuvent avoir les gens sur l’enseignement, les profs et leurs résultats, car c’est bien ce regard qui a fait que la société ne porte plus aucune crédibilité à cette institution (et pour cause), et qui fait que les élèves en récoltent les mêmes pensées et prennent les profs pour des clowns, surtout quand on constate que de façon massive, et pour ceux qui marchent bien, la case suivante c’est Pôle Emploi, et non pas parce qu’il n’y aurait pas de boulot mais bien parce qu’en sortie de cursus, les élèves sont des ignares et l’entreprise dans l’obligation de faire le boulot, raison pour laquelle, la plupart de ceux qui optent pour ’alternance, sont embauchés !!!
      L’enseignement au 21ème siècle est tout juste bon pour fabriquer des fonctionnaires, remarquez, là pour ça, elle est largement compétente !!!


    • Brunehaut 26 janvier 10:46

      @Armelle
      Tout ce que je peux vous dire, c’est que, dans l’E ; N ;, l’enseignant exigeant vis-à-vis de lui-même et des élèves, soucieux de transmettre des savoirs, est bien souvent harcelé par les parents d’élèves et par l’administration (et mal vu de ses collègues, sans parler de sa carrière personnelle ralentie par les inspecteurs ).
      Beaucoup d’enseignants s’efforcent encore de faire travailler les élèves. Vraiment. Or, la plupart de nos jeunes ne fiche rien à l’école. Et ils ont raison si l’on peut dire : ils sont quand même surnotés et diplômés. Encore une fois, le prof lucide et consciencieux se retrouve isolé, en butte au terrorisme des parents qui ne considèrent que la note et non les acquis, et aux pressions de l’administration qui soutient les clients. 
      Ne croyez pas que tous les enseignants se moquent de l’avenir des élèves dans la vraie vie et de l’intérêt du pays. S’ils vont mal, ce n’est pas sans raison.


    • Armelle Armelle 26 janvier 11:52

      @Brunehaut
      Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit !!!
      J’évoque en l’occurrence le cas de certains de mes anciens collègues qui eux ont trouvé le moyen, les supports, pour intéresser les élèves !!!
      Je dis juste que les questions évoquées autour du problème de l’instruction en France ne remet JAMAIS, JAMAIS, en question l’efficience des intervenants, c’est tout ce que je dis.
      Quant à l’argument que j’évoque plus haut au sujet de la non volonté du corps enseignant à supprimer cet histoire de points permettant au plus « blindés » d’éviter les zones difficiles et du coup laisser les jeunes bleus aux impertinences des plus durs, c’est marrant mais personne ne dit mot !!! Amusant non ?
      Et si justement, comme vous l’insinuez, l’ensemble des profs avait vraiment ce souci de réussite pour leur élèves, ne croyez-vous pas qu’ils feraient, collégialement, ce qu’il faut pour y remédier ? NON, OUI ???
      Ha bah nan alors !!! « Moi je choisi, j’y ai droit »
      Pfff...


    • Brunehaut 26 janvier 12:27

      @Armelle
      Ce n’est pas seulement la question d’être blindé ou pas. Qu’est-ce qu’une zone difficile ? Bien des milieux ruraux constituent de véritables défis pédagogiques ( niveau des élèves, mentalités, enclavement, faibles revenus ). Tout autre chose cependant que d’enseigner à une majorité d’élèves issus de l’immigration dans une banlieue de métropole. La vérité, c’est que nous ne faisons pas du tout le même métier selon le lieu d’exercice. Parce qu’enseigner, c’est être confronté à la réalité d’une société diverse et qui va mal globalement. Pour faire réussir les élèves, il faut rétablir l’autorité du maître à l’école ( exit les parents qui, eux, feraient bien d’éduquer à la maison ) et donner aux établissements une large autonomie pédagogique ( car la Corrèze, ce n’est pas Vaulx-en-Velin, même si enseigner n’est facile nulle part ). Et faire passer l’exigence de la transmission des savoirs avant la bienveillance psycho-socio-médico-pédagogique car les profs d’aujourd’hui ont été largement transformés en travailleurs sociaux.
      Pour le système des points, bien sûr qu’on doit le revoir. Comme beaucoup d’archaïsmes.


    • Armelle Armelle 26 janvier 12:43

      @Brunehaut
      « Pour le système des points, bien sûr qu’on doit le revoir. Comme beaucoup d’archaïsmes »
      Et bien voilà, c’est tout !!! (et c’est seulement un exemple) mais c’est comme tout, quand l’archaïsme offre qqes avantages, pas question d’y toucher !!!
      Sinon euh, vous n’allez quand même pas affirmer qu’un prof de 30 ans d’exercice n’aurait pas plus d’autorité d’une jeune femme dans ses premières années ? Quand même !!!
      Sinon oui je suis d’accord, l’éducation , c’est la maison et l’instruction , c’est à l’école. Point à la ligne.
      Maintenant à ce sujet j’ai bien peur que le problème soit de longue date, et j’ai bien envie d’évoquer cette saloperie de 68, là où sont nés simultanément la libération de la femme, son désir « légitime » d’indépendance à travers l’emploi à l’extérieur, donc là où a commencé une « soi disant » éducation de l’enfant par un tiers (qui n’en rien à cirer puisque c’est un boulot alimentaire) et en plus cette idiotie de l’élitisme pour tous à tout prix faisant que des élèves qui n’en ont pas les aptitudes viennent perturber les classes et s’y embêtent royalement, alors qu’on aurait peut être pu sauver nos industries à travers un positionnement logique en apprentissage en entreprise !!! ...Trop tard, le mal est fait...


  • vercingetorix 25 janvier 08:15

    J’aurai aimé un peu de compassion pour les 8 enseignants partis peut être en dépression, on n’abandonne pas son poste sans dégâts. Merci pour l’article quand même.


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