samedi 20 avril - par JPCiron

Le Gavage des oies : n’y a-t-il pas d’autres problèmes bien plus cruels et plus urgents, touchant de bien plus grandes populations animales ?

Sachant comment elles sont gavées, comment peut-on encore déguster ce foie gras au 21 ième siècle ? N'est-il pas vrai que ce sont des êtres sensibles ?

POURQUOI CE CONSTAT A PRIORI SI RAISONNABLE EST-IL SI IRRITANT ?

En fait, d’un côté nous soutenons financièrement (ou nous ne faisons rien contre) tous ceux qui font souffrir inutilement des millions de bêtes dont nous achetons la viande et, de l’autre côté, nous nous donnons le beau rôle moralisateur en dénonçant (chez les autres) telle ou telle pratique a priori choquante, mais bien plus rare et bien moins grave que ce que nous faisons (ou laissons faire) tous les jours à des millions d'animaux.

TOUT ACTE D'ACHAT EST UN ACTE POLITIQUE,

ET AUSSI UN ACTE MORAL.

Pour obtenir, en France, de la viande (bovine, ovine, porcine, de volailles,…) à bas prix, il faut déjà, à la base, nourrir les animaux à bas prix. Avec par exemple du soja importé d’Amérique Latine, ou les cultures sont faites sur des millions d’hectares pris sur la forêt et volés (légalement) à des populations indigènes qui, elles, crèvent de faim car elles n’ont plus de terres et sont repoussées plus loin dans ce qui reste de la forêt, ou bien dans des bidonvilles.

La vie des truies dans nos « usines de production de porcelets »

Rappelons tout d'abord que les porcs font partie des rares espèces chez qui la conscience de soi est clairement avérée…

Dans ces « usines », on rentabilise la production en réduisant les truies à être des outils utérus-mamelles de production de porcelets.

Ces truies vivent confinées dans un espace tellement réduit qu’elles ne peuvent même pas y faire demi-tour. Cela ne nous gène guère ! L'important est le prix au kilo de viande...

La mise à mort des cochons dans nos usines d’abattage.

Les porcs sont aussi des êtres intelligents, qui souvent comprennent ce qui va se passer alors qu’ils sont dans la queue pour l’abattage… leurs cris d’effroi et leurs tentatives pour s’échapper n’y feront rien…

La vie et la mort de nos volailles bon marché.

La promiscuité et les conditions de vie sont épouvantables. Souvent, les volailles n’auront jamais vu la lumière du jour, de toute leur vie !

Quand on achète une volaille plumée (même avec ''labels''), souvent, on voit des taches de sang sous la peau : cela signifie que la blessure a été faite du vivant de l’animal. On s’en moque… et, par habitude, on rachètera les poulets du même producteur !

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Et, tandis que nous militons contre le gavage des oies, que faisons-nous pour que les conditions de vie et de mise à mort de la masse énorme (de dizaines de millions d'animaux chaque année) soient effectuées de manières cohérentes avec les Valeurs auxquelles nous prétendons adhérer ?

La mise à mort des bovins dans nos abattoirs.

Nous le savons, n'est-ce pas, que beaucoup des viandes que nous achetons proviennent d'animaux qui ont été égorgés sans étourdissement préalable, comme l'exige pourtant la Directive Européenne de 1993 : «  l'animal doit être étourdi avant abattage ou mis à mort instantanément. » (Note : en France, on légifère là-dessus depuis 1974... avec quelle réelle volonté d'aboutir ?)

La rentabilité est en effet bien meilleure si l'on fait l'économie de la phase préliminaire de mise hors conscience. Et en outre, cela simplifie le processus en abattoir. On produit donc une viande à coût moindre.

Que je sache, il n'existe aucun texte religieux fondamental qui prescrirait le non-étourdissement préalable à la mise à mort. Exigence qui ne serait normalement d'ailleurs pas recevable en France.

Sans doute y a-t-il de bienveillantes tolérances... Tout cela avec quelle Éthique ? avec quelle transparence ? Avec quelles statistiques ? Quel suivi ? Quelle information du public ?

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Une bonne partie de la viande que nous consommons est donc issue d’une bête qui a été égorgée sans étourdissement préalable. Et ce n'est pas indiqué sur l'emballage ! Mais pourquoi donc ? N'est-ce pourtant pas une pratique immorale ? honteuse ? malhonnête ? criminelle ?

Ne conviendrait-il pas d'éclairer le consommateur par une pastille sur l'emballage qui précise les conditions de vie et de mise à mort de l'animal dont on achète la chair ?

N'est-il pas légitime de pouvoir choisir de ne PAS se nourrir de la chair d'un animal qui a été maltraité ?

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Pour affronter un problème, il convient donc de s’occuper d’abord des choses importantes, avant de s’occuper des choses de moindre importance, qui devront bien sûr être aussi affrontés en leur temps, avec une juste priorité  :

Le foie gras sans gavage, cela existe (en Espagne). Il est excellent me dit-on, bien que cher. Les espagnols l'exportent néanmoins sans difficulté. Il y a sûrement moyen de trouver et d'encourager une voie pour produire du foie gras en évitant le gavage, en traitant humainement les animaux, et en permettant aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail.

Répétons que tout acte d'Achat est un acte Politique et un acte Moral.

En attendant, Bon Appétit !

 

JPCiron

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