jeudi 11 janvier - par Fergus

Quand Romain Gary relativisait l’inceste

Le film « La promesse de l’aube » (sorti le 20 décembre 2017) vient de remettre en lumière le très beau livre éponyme de Romain Gary. Dans cet ouvrage, le double lauréat du prix Goncourt* donne un étonnant point de vue sur l’inceste...

Paru en 1960, La promesse de l’aube est un roman très largement autobiographique dans lequel Romain Gary raconte d’une manière profondément tendre et teintée d’humour les étonnants rapports qui l’ont lié à sa mère Nina. Une sacrée femme, cette Nina Kacew ! Ancienne actrice russe francophile extravertie – pour ne pas dire extravagante –, elle a porté à son fils unique un amour absolu, et développé pour lui une immense ambition au service de la France, à l’égal d’un Victor Hugo dont le portrait était omniprésent dans l’appartement de Wilno**. Un amour auquel a répondu, à sa façon, le jeune Romain, désireux en toutes circonstances, et quel qu’en soit le prix à payer pour sa fierté, de ne jamais décevoir les rêves de grandeur que nourrissait, et que proclamait publiquement, sa mère à son égard.

Romain Gary aborde de lui-même le thème de l’inceste comme si cette question allait de soi dans une histoire d’amour aussi fusionnelle que celle qui a unis cette mère excessive et ce fils sous influence. Mais c’est pour affirmer qu’il n’a jamais eu pour sa mère de « penchant incestueux », uniquement « des sentiments platoniques et affectueux ». Cela dit avant de préciser que malgré des « ancêtres tartares [...] qui n’ont dû trembler, si leur réputation est justifiée, ni devant le viol, ni devant l’inceste, ni devant aucun autre de nos illustres tabous », leur relation est restée exempte de cette dimension charnelle : « S’il est vrai que je ne suis jamais parvenu à désirer physiquement ma mère, ce ne fut pas tellement en raison de ce lien du sang qui nous unissait, mais plutôt parce qu’elle était déjà une femme âgée et que, chez moi, l’acte sexuel a toujours été lié à une certaine condition de jeunesse et de fraîcheur physique. »

L’obstacle aurait donc été l’âge et non le tabou universel qui, selon l’anthropologue Claude Lévi-Strauss, constitue l’un des éléments majeurs de la fondation des sociétés, traduit dans le droit des nations par une prohibition quasiment unanime.

Romain Gary balaie pourtant ce tabou sans la moindre hésitation en ramenant l’inceste à une forme somme toute banale de la sexualité dans sa diversité : « Toutes les frénésies de l’inceste me paraissent infiniment plus acceptables que celles d’Hiroshima, de Buchenwald, des pelotons d’exécution, de la terreur et de la torture policières, mille fois plus aimables que les leucémies et autres belles conséquences génétiques probables des efforts de nos savants. Personne ne me fera jamais voir dans le comportement sexuel des êtres le critère du bien et du mal. La funeste physionomie d’un certain physicien illustre recommandant au monde civilisé de poursuivre les explosions nucléaires m’est incomparablement plus odieuse que l’idée d’un fils couchant avec sa mère. À côté des aberrations intellectuelles, scientifiques, idéologiques de notre siècle, toutes celles de la sexualité éveillent dans mon cœur les plus tendres pardons. »

« Infiniment plus acceptables », « mille fois plus aimables », « les plus tendres pardons » : difficile de faire plus tolérant, même si les faits et les lieux évoqués par Romain Gary en comparaison de ce qu’il nomme « les frénésies de l’inceste » relèvent pour la plupart de l’horreur et de la barbarie. Une tolérance qui ne manque pourtant pas de questionner dans la mesure où le brillant écrivain passe totalement sous silence ce qui se joue lors d’un inceste entre un parent et son enfant : un viol sur mineur par « ascendant légitime », autrement dit un crime dans le droit pénal de la plupart des pays occidentaux. En l’occurrence, Romain Gary « oublie » de quoi l’on parle : d’un (ou d’une) adulte qui, du fait de l’autorité parentale dont il (ou elle) dispose, se trouve en situation d’imposer ses propres pulsions sexuelles à un enfant peu ou pas du tout apte à comprendre la nature des actes qu’il est amené à commettre ou à subir.

Certes, les lois étaient moins répressives en 1960, et le regard porté sur l’inceste sans doute plus distant dans la mesure où l’on affectait en ce temps-là de ne pas savoir ce qui se passait au sein des familles. Cette réserve posée, comment Romain Gary – homme fin, cultivé et avisé des questions touchant la sexualité – a-t-il pu éluder de façon aussi légère le traumatisme majeur et durable qu’induit un inceste sur le psychisme d’un enfant, autrement dit d’une personne en cours de construction, sachant que la sexualité est précisément au cœur de ladite construction ?

N’en déplaise aux mânes de l’écrivain, l’inceste dépasse – et de loin – la cadre de la sexualité débridée et consentie entre adultes. L’inceste pèse en effet gravement sur l’équilibre mental de l’enfant atteint dans son intimité et a fortiori violé par un parent. L’inceste pèse également sur son développement sexuel et affectif, et durablement sur ses rapports aux autres dans une société où de tels actes sont possibles. Romain Gary a-t-il, en écrivant ces lignes, cédé à un désir plus ou moins conscient de provocation sur le sujet ? C’est possible, voire probable dans le contexte de l’époque.

Mais nous ne sommes plus en 1960, et cette pratique criminelle que constitue l’inceste parental ne bénéficie plus, de nos jours, de la même tolérance implicite dans notre société. Et c’est heureux tant le phénomène est présent sur le territoire dans toutes les couches de la population. En 2015, une étude (lien) réalisée par l’institut Harris Interactive pour l’AIVI (Association Internationale des Victimes de l’Inceste) a montré que 4 millions de Françaises et, à un degré moindre, de Français ont subi des agressions sexuelles ou des viols de nature incestueuse. 4 millions de victimes dont la plupart mettront de longues années, et trop souvent des décennies, avant de connaître enfin la résilience. Une réalité insupportable qui touche des personnes que nous côtoyons quotidiennement sans avoir conscience de leurs souffrances et des images qui les hantent.

Pour mémoire, rappelons qu’après avoir été récompensé d’un premier prix Goncourt en 1956 avec son roman « Les racines du ciel », Romain Gary a – fait unique dans l’histoire de l’académie – obtenu un deuxième prix Goncourt en 1975 avec le roman « La vie devant soi », publié (comme trois autres de ses livres) sous le pseudonyme Émile Ajar.

** Nom polonais de la capitale lituanienne Vilnius.



120 réactions


  • bob14 bob14 11 janvier 08:52

    L’inceste est-il un interdit universel ?...La consommation de relations sexuelles entre membres d’une même famille est connue sous le nom d’inceste. Cette pratique est fréquemment évoquée comme exemple d’un acte qui serait prohibé partout et de tout temps. Une telle affirmation mérite pour le moins d’être énoncée avec prudence si l’on se réfère aux classiques des sciences humaines...Bien que le nom de Freud soit souvent associé à l’idée d’interdit de l’inceste, cette notion n’a pas joué un rôle décisif dans la pensée du père de la psychanalyse. ..D’une façon assez inattendue, la notion d’inceste n’apparaît pas dans le Code pénal français, qui ne retient la relation de parenté directe entre l’infracteur et la victime que comme un facteur aggravant dans le cas d’agression sexuelle...Lévi-Strauss 

    tient l’interdit de l’inceste comme l’acte culturel décisif qui fonde la vie sociale, dans la mesure où il témoigne de la règle de l’échange à l’œuvre dans toute société...« L’inceste ne blesse en rien la nature », Denis Diderot..etc

    • Fergus Fergus 11 janvier 09:02

      Bonjour, bob14

      A de rares exceptions près dans l’espace et le temps, l’inceste a bien été et reste un interdit universel. Et, même lorsque le mot inceste ne figure pas noir sur blanc dans un code pénal, il est partout considéré comme le « facteur aggravant » que mentionne Lévi-Strauss.


    • diogène diogène 11 janvier 16:52

      @bob14


      Vous citez Lévy-Strauss,et singulièrement ce passage :
      « Bien que le nom de Freud soit souvent associé à l’idée d’interdit de l’inceste, cette notion n’a pas joué un rôle décisif dans la pensée du père de la psychanalyse. .. »

      La principale découverte de Freud a été le rôle de l’inconscient et sa place dans la structure psychique. Ce n’était pas un ethnologue, mais un psychologue (père de la psychanalyse). Il a pourtant consacré un livre entier à la question de l’inceste, Totem et Tabou et mis au jour à cette occasion un pivot de la construction personnelle : l’Oedipe-complexe.

      Dans cet ouvrage, Freud donne une réponse à la question posée par les anthropologues de son temps concernant la prohibition de l’inceste au sein des groupes sociaux. C’est la raison pour laquelle il s’intéresse à la formation du tabou ainsi qu’au rôle du totem dans les sociétés dites « primitives », notamment par le biais de récits de voyages et de monographies comme les travaux de James Frazer (Totemism and Exogamy, 1910).


    • Antoine 11 janvier 18:50

      @Fergus
      Et, même lorsque le mot inceste ne figure pas noir sur blanc dans un code pénal,

      le mot a été introduit en 2016


    • Fergus Fergus 11 janvier 19:40

      @ Antoine

      En France, oui, mais il semble que ce ne soit pas encore le cas partout dans les pays occidentaux.


    • Antoine 11 janvier 21:39

      @Fergus
      En réalité l’inceste relève du tabou.
      Il n’a pas a être nommé par la loi, puisque ne peut être nommé que ce qui existe.


    • Fergus Fergus 11 janvier 22:47

      @ Antoine

      La loi peut parfaitement nommer l’inceste, non en tant que tabou mais en tant que caractérisation d’une forme particulière d’atteinte sexuelle ou de viol.


  • njama njama 11 janvier 08:53

    Bonjour Fergus

    J’ai vu le film, mais à aucun moment ne transparaissait il me semble l’ombre d’un désir incestueux. Au contraire, on y voit une mère possessive, démesurément aimante c’est vrai (en compensation d’une union qui fut désastreuse (?), d’un mari qui lui manqua de respect dit-elle sans plus de détails), mais terriblement directive, autoritaire, plus père que mère, patriarcale !
    Une mère « asphyxiante » (impression personnelle), mais comme l’enfant n’a qu’une mère, il n’eut d’autre choix que de faire avec. 

    A l’inverse du cas classique de l’inceste viol sur mineur, Romain Gary paraît le concevoir dans le sens du viol sur majeur, une relation œdipienne en quelque sorte ... à laquelle sa mère n’aurait certainement jamais consenti, il devait le savoir, l’âge n’étant qu’un prétexte. Il écrit l’idée d’un fils couchant avec sa mère, et non pas l’idée d’une mère couchant avec son fils, ce qui est révélateur de son fantasme (sexuel ?). L’inceste, c’est dans un sens, pas dans l’autre, avec rapport de domination de l’un majeur sur l’autre mineur, et relation non consentie.


    • Fergus Fergus 11 janvier 09:10

      Bonjour, njama

      Sur la nature platonique des relations entre le jeune Romain et sa mère Nina, le film est fidèle au livre, et l’écrivain se montre claire sur son cas personnel. C’est pourquoi je n’ai pas émis le moindre doute sur cette question.

      Ce qui m’a interpellé dans le livre, ce sont les réflexions incidentes - au delà de la question personnelle de nature œdipienne - que Romain Gary a émises de manière plus générale sur le phénomène de l’inceste en relativisant de facto cette pratique sexuelle dans la société et en passant totalement sous silence les traumatismes qui en résultent pour les enfants. 


    • Fergus Fergus 11 janvier 09:13

      Erratum : ... l’écrivain se montre clair... et non pas « claire » (aucun problème d’identité sexuelle) smiley


    • njama njama 11 janvier 09:33

      @Fergus
      N’ayant pas lu le livre, je suis content d’apprendre que le film lui est fidèle.

      Sur les réflexions incidentes, je trouve surtout que les comparaisons de Romain Gary sont tellement inconvenantes, incongrues, déplacées, ... qu’elles ne permettent même pas de faire un lien intellectuel entre la souffrance d’un inceste forcément tellement relative par rapport à Hiroshima, ou Buchenwald... tant, ce sont des causes et des événements sans commune mesure entre eux.
      La phrase  « Personne ne me fera jamais voir dans le comportement sexuel des êtres le critère du bien et du mal », si toutefois elle reflétait sa pensée, pose davantage questions si les relations ne sont pas mutuellement consenties.


    • Fergus Fergus 11 janvier 11:02

      @ njama

      « je suis content d’apprendre que le film lui est fidèle »

      Dans l’esprit, oui, c’est le cas, et Charlotte Gainsbourg (excellente) rend très bien le caractère parfois étouffant de cette mère atypique.

      Cela dit, il y a quelques différences, entre des personnages et des situations accentué(e)s dans le film relativement au livre, ou transposé(e)s à d’autres moments de la vie de Romain Gary. Qui plus est, le film donne plus d’importance à la 3e partie (la période militaire) que le livre.

      « je trouve surtout que les comparaisons de Romain Gary sont tellement inconvenantes, incongrues, déplacées »

      Vous avez raison, et il est évident que la lecture que l’on peut faire de nos jours de ce roman, dans une société plus sensibilisée aux dégâts de l’inceste, relativement à la lecture que l’on en faisait dans les années 60, est forcément très différente, l’absence totale de référence aux victimes étant de fait choquante. Cela dit sans remettre en cause le talent de Romain Gary, et en sachant que probablement de nombreux intellectuels avaient à cette époque le même type de regard sur l’inceste.

      « pose davantage questions si les relations ne sont pas mutuellement consenties. »

      A de très rares exceptions concernant des grands adolescents, il ne peut y avoir de « consentement » réel entre un adulte et un enfant, ledit consentement étant, lorsqu’il existe, le résultat d’une manipulation plus ou moins consciente de la part de l’abuseur.


    • njama njama 11 janvier 15:49

      @Fergus
      de l’inceste à la pédophilie, la frontière est parfois tenue ...d’autant plus que les deux sujets étaient assez également tabou


    • Fergus Fergus 11 janvier 16:10

      @ njama

      L’inceste reste largement un tabou, la pédophilie nettement moins et c’est heureux.


    • gueule de bois 11 janvier 16:21

      @Fergus
      Charlotte Gainsbourg (excellente)
      Je suis d’accord et c’est une exception. Habituellement elle est nulle, mais on dirait que le rôle est fait pour elle.


    • Fergus Fergus 11 janvier 16:29

      Bonjour, gueule de bois

      Je partage votre avis : Charlotte Gainsbourg est en général aussi médiocre actrice que médiocre chanteuse. Ce rôle est donc une exception qui doit être saluée.


  • zygzornifle zygzornifle 11 janvier 09:37

    il aurait eut un père alcoolique qui lui pétait le cul tout les soirs en le roustan avec ses potes de beuveries je me demande ce qu’il aurait écrit ....


    • Fergus Fergus 11 janvier 11:10

      Bonjour, zygzornifle

      Nul ne le saura jamais.

      Pour mémoire, le père de Romain Gary a quitté sa mère très tôt après sa naissance, et celle-ci ne s’est jamais remariée, toute sa vie étant tournée vers la réussite de ce fils auquel elle prédisait constamment un grand avenir : elle aurait voulu qu’il soit Heifetz, Nijinski, Pouchkine, Hugo, qu’il devienne un héros de l’aviation ou bien ambassadeur. Aiguillonné par cette constante et omniprésente ambition de sa mère, le fils ne l’aurait pas déçu ; hélas pour cette femme, elle est morte trop tôt durant la guerre pour voir qu’elle avait eu raison, malgré les multiples embûches de la vie. A cet égard, la fin du livre est particulièrement émouvante.


    • Paul Leleu 11 janvier 21:58

      @zygzornifle


      bien dit... d’ailleurs, Gary ne s’est pas posé la question à l’envers (si j’ose dire) : c’est peut-être parce-que l’inceste est si répendu (et tu) que des choses comme Buchenwald ou Nagasaki ont eu lieu... 

      peut-être que les acteurs de ces drames gigantesques, ont vu leur flamme de « frénésie » alimentée, justement, par des situations d’inceste (et autres). 

      Peut-être qu’une société plus juste et plus douce entrainterait moins de volontaires pour les punitions d’horreur... 

      en tous cas, je suis pas fan de cet écrivain, fils à sa maman. Un peu gnan-gnan

  • JL JL 11 janvier 09:48

    Bonjour Fergus,
     
    ’’... pour affirmer qu’il n’a jamais eu pour sa mère de « penchant incestueux », uniquement « des sentiments platoniques et affectueux »’’
     
    Je ne me souviens pas avoir éprouvé des sentiments platonique envers ma propre mère ! Les enfants ne font pas dans cette sorte de nuances. Je crois.
     
     « S’il est vrai que je ne suis jamais parvenu à désirer physiquement ma mère, ce ne fut pas tellement en raison de ce lien du sang qui nous unissait, mais plutôt parce qu’elle était déjà une femme âgée et que, chez moi, l’acte sexuel a toujours été lié à une certaine condition de jeunesse et de fraîcheur physique. »
     
    En transposant, on frémit en pensant à ce qu’il pourrait éprouver envers sa fille !


    • Fergus Fergus 11 janvier 11:20

      Bonjour, JL

      Les enfants ne sont effectivement pas à même d’évaluer la nature de l’amour qu’ils portent à leur parent de sexe opposé. Mais eu égard à la forme particulière des rapports entre Romain Gary et sa mère, sans doute a-t-il intellectualisé celle-ci très tôt, au contraire de la plupart des enfants qui ce sujet n’effleure même pas, ce qui a été mon cas.

      « on frémit en pensant à ce qu’il pourrait éprouver envers sa fille » 

      Romain Gary n’a eu qu’un seul enfant, avec Jean Seberg : Alexandre Diego. Pas de fille par conséquent. Mais je ne suis pas persuadé du tout qu’il aurait eu avec une fille un comportement déplacé ; comme je l’ai écrit dans l’article, je suis convaincu qu’il y a eu dans cette partie de ses écrits une part de provocation.


    • JL JL 11 janvier 11:29

      @Fergus
       
       mais je ne suis pas persuadé non plus !
       


  • gruni gruni 11 janvier 10:00

    Bonjour Fergus


    L’inceste, un sujet pour le moins difficile Fergus, les chiffres que tu donnes son évocateurs de l’étendu de ce fléau et peut-être encore en dessous de la réalité. Malheureusement, la société n’en finira jamais avec ça, mais il est nécessaire d’en parler.

    • Fergus Fergus 11 janvier 11:35

      Bonjour, gruni

      Un sujet « difficile » en effet.

      Les chiffres sont-ils « en dessous de la réalité » ? Nul ne peut le dire. Cependant l’enquête réalisée pour le compte de l’AIVI semble très sérieuse, très complète, et sans doute assez fiable.

      « il est nécessaire d’en parler. »

      Je le crois effectivement, et cela depuis que j’ai connu personnellement des enfants abusés* chez ma sœur et mon frère, parents d’accueil de la DDASS puis de l’ASE. A la même époque, j’ai en outre assisté à un procès d’assises concernant précisément des faits d’inceste.

      * Certains de ces enfants étaient suicidaires, et la plupart gravement perturbés.


  • Le Panda Le Panda 11 janvier 11:15

    Bonjour Fergus

    Comme le signale @gruni ce fléau ne date pas d’une époque récente. Les chiffres sont bien plus importants à priori que ceux que tu semble citer.

    Mais nous avons en reculant dans le sens des époques les Borgia et la liste serait trop longue, pour ne pas considérer ces faits comme pire qu’un fléau. Mais les responsables sont les humains.

    Pourtant combien d’ouvrages n’ayant pas eu le Goncourt parle de l’inceste comme un plat de consistance que les générations améliorent et cela est un désastre. Le prochain film qui sort ce mercredi en 8 traite de faits similaires réels en 2010. Donc qu’il faille se tenir informé et préventif c’est indéniable. Des mesures seraient à prendre pour légiférer face à de telles situations. En évitant ce type de film et de propagandes qui ne peuvent que provoquer masse d’interrogations pour certains entre le bien et le mal, C’est à mon sens des réels dangers.

    Cordialement


    • Fergus Fergus 11 janvier 11:41

      Bonjour, Le Panda

      « Les chiffres sont bien plus importants à priori que ceux que tu semble citer. »

      Qui peut l’affirmer ? Ce sont les chiffres de l’AIVI, et ils sont confirmés en termes de grandeur par des universitaires qui les trouvent plausibles.

      Face à ce fléau qui a en effet toujours existé, je crois que les pouvoirs publics ont pris conscience depuis des années de la nécessité d’agir en termes de prévention et de signalement. Mais il est évident que l’arsenal juridique et social n’est pas suffisant. D’où l’importance de tout ce qui peut contribuer à sensibiliser les personnes en capacité de signaler les abus constatés ou soupçonnés de manière tangible.

      Cdlt


    • Le Panda Le Panda 11 janvier 13:42

      @Fergus bonjour

      Mille excuses pour la faute de frappe, erratum : que tu sembles « L’express » va plus loin en se basant comme indiqué dans l’article puisqu’il estime à tort ou raison ce qui suit avec une vidéo dans le Lien

      Six pour cent des Français auraient été victimes d’inceste selon les résultats d’un sondage Harris interactive. 27% des personnes interrogées déclarent connaître au moins une victime dans leur entourage. La vidéo le prouve dans un cas précis ! 

      Quatre millions de Français seraient concernés. Selon les résultats d’un sondage Harris interactive pour l’Association internationale des victimes d’inceste (AIVI) rendu public mercredi, c’est le nombre de personnes qui auraient été victimes d’inceste en France, soit six pour cent de la population. Ce qui à la lecture de l’article donne des frissons dans le dos pour rester correct mais plus de 4 millions affirme t-il ? Mais l’avancée est indéniable dans le cadre du Code Pénal

      Je souhaitais apporter ce complément

      Cdt

       


    • Fergus Fergus 11 janvier 14:22

      @ Le Panda

      C’est précisément à cette étude que je me suis référé dans l’article.


  • Robert Lavigue Robert Lavigue 11 janvier 12:00

    Une fois de plus, un folliculaire mitoyen confusionne gravement !

    Le tabou de l’inceste et sa prohibition sont des faits sociaux. Selon Levi-Strauss (qui une fois de plus est cité n’importe comment), c’est un phénomène qui fait passer de l’état de nature à celui de culture en assurant une forme positive de l’échange des femmes.
    Chaque société a ses règles. Dans certaines sociétés, le mariage avec les cousins

    Les relations sexuelles avec un (ou une mineur) sont aussi un fait social, mais ça n’a rien à voir avec l’échange des femmes.

    Je renvoie l’auteur vers cet article wikipedia dont il ne se sert pas et c’est bien dommage, parce que cela lui aurait éviter d’appeler Levi-Strauss à la rescousse fort mal à propos !
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Tabou_de_l’inceste

    PS : Je n’ai pas lu le reste de l’article, je vais d’abord consulter les 7 autres liens wikipedia qui enrichissent ce billet !


    • Robert Lavigue Robert Lavigue 11 janvier 12:38

      @Robert Lavigue

      Pour compléter.

      Dans certaines sociétés, le mariage avec des cousins matrilinéaires relève de l’inceste, dans d’autres ce sont des conjoints autorisés... voire imposés ! Tout dépend des structures sociales mises en place pour assurer l’échange des femmes.

      Dans les sociétés christianisées, le mariage avec des membres de la lignée de parrains-marraines relevait de l’inceste, au même titre que ceux de la parenté biologique.
      Au point, que pendant certaines périodes du Moyen Âge, trouver un conjoint autorisé relevait de la gageure quand on appartenait au monde paysan.
      Comme pour tous les faits sociaux, il y avait la norme et la pratique.

      Pour ce qui est des relations sexuelles avec ceux qui sont considérés comme mineurs (que ces relations soient hétéro ou homosexuelles) chaque société a ses propres normes, en fonction de ses pratiques sociales et de sa morale.
      Là encore, il y a la norme et la pratique,

      Mais cela n’autorise pas à tout mélanger en tête de gondole mitoyenne pour le plus grand bonheur du cerveau azimuté de quelques comparses mitoyens...


    • Fergus Fergus 11 janvier 14:20

      Bonjour, Robert Lavigue

      Quel que soit le regard que l’on porte sur les mariages entre cousins, on en peut en aucune manière les comparer avec les rapports sexuels entre un parent et un enfant qui se traduisent dans l’écrasante majorité des cas par des traumatismes durables et dont les effets se font parfois sentir à vie.

      Cela dit, merci pour vos réflexions.


    • Philippe VERGNES 11 janvier 15:00

      @ Bonjour Fergus, bonjour Robert Lavigue,

      Sujet hautement important à l’heure actuelle dans notre société qui encourage une éducation à la sexualité dès le plus jeune âge (c’est-à-dire, dès la naissance selon l’OMS dont les textes jouent sur la confusion entre le développement « psychosexuel » - plutôt devrions-nous dire psycholibidinal - de l’enfant et la séxualité génitale).

      Il n’y a pas d’opposition entre l’approche de l’inceste de Claude-Lévis Strauss et celle que fait ici Fergus, car elles sont totalement complémentaires : l’une est sociologique, l’autre clinique. Le fait est que Claude-Lévis Strauss a démontré que le tabou de l’inceste était un élément important de notre socialisation et du processus culturel auquel nous sommes soumis.

      Pour ce qui est des conséquences cliniques de l’inceste, elles sont pires encore que celles dénoncées ici, car nous sommes loin de comprendre ce que cela implique. Il s’agit ni plus ni moins que d’un meurtre psychique ou « meurtre d’âme ». Aucune statistique n’est en mesure de prendre en compte les relations incestuelles (et non pas incestueuses) au sein des familles et l’inceste n’est que la face émergée de la problématique qui est celle que j’expose dans la plupart de mes articles ayant trait à la perversion narcissique. j’ai été contant de constater que le site Wikipédia a récemment ouvert une page sur le problème de l’incestuel ou de l’incestualité qui correspond à la face cachée du problème de l’inceste. J’ai présenté ce problème dans divers articles ici et , par exemple, mais il est encore trop peu connu pour être pris en considération. Cependant, je constate une évolution des mentalités à ce sujet. C’est une bonne chose, car d’un point de vue psychopathologique, comme le dit Jean-Claude Maes, systémicien, dans son livre Emprise et manipulation : peut-on guérir des sectes ? s’il n’y avait qu’un seul concept à retenir de la psychanalyse, ce serait celui d’incestuel. Cela situe le problème du point de vue des sciences humaines aujourd’hui tournées vers la systémique.



    • Fergus Fergus 11 janvier 15:31

      Bonjour, Philippe VERGNES

      En complément à ce que vous écrivez et à l’un de mes précédents commentaires, je confirme les dégâts psychiques occasionnés sur les jeunes victimes d’inceste placées par l’ASE dans des familles d’accueil.


    • velosolex velosolex 11 janvier 19:11

      @Fergus
      Que vous fassiez un article sur l’inceste est un chose. 

      Par contre tenter d’appâter le chaland par quelques lignes littéraires empruntés à Gary me semble soit maladroit, soit opportuniste. 
      C’est de l’arithmétique à seule fin tenter de compter les étoiles, avec des accents d’indignation surjoué dans une belle chasse aux sorcières. C’est le style du mac carthysme,ou de l’époque actuelle, le nez sur le pare brise, confondant tout, opinion et fiction, voyant des seins nouveaux à cacher, ou nous révélant ceux qu’on n’avait pas vus. 
      Ces lignes ont été écrites il faut le rappeler après la découverte des camps !
       Bagatelle pour un cadavre, pour des millions de cadavres ? Scandale pour deux corps amoureux de même famille ?
      Vous pouvez par contre aboyer derrière les écrits de Celine, qui ne sont pas des métaphores littéraires, mais de vrais pousse au crime. 
      Le genre d’écrits que Gary ne supportaient pas.
      Des valeurs contre lesquels il s’est battu, et pas qu’au premier degré, mais dans La RAF, pas dans les montes au PAF

    • Fergus Fergus 11 janvier 19:54

      @ velosolex

      Je vous ai répondu plus bas sur un autre commentaire de votre part.

      « C’est de l’arithmétique à seule fin tenter de compter les étoiles »

      Accusation totalement indigne ! Je me contrefiche des « étoiles ». Si je voulais cartonner, ce n’est pas ce genre de texte - en rapport avec l’actualité de manière incidente - que j’écrirais, mais un article pour démolir la politique fiscale de Macron ou le pourrissement du sport par le fric ! Notez d’ailleurs que les « étoiles » vous donnent tort : elles ne sont guère au rendez-vous. smiley

      « une belle chasse aux sorcières. »

      Relisez donc à tête reposée l’article et mes commentaires au lieu d’être aussi péremptoire, et vous verrez que l’on est bien loin de ce que vous dénoncez. En réalité l’« indignation surjouée » semble bien être de votre côté pour le coup ! smiley

      Enfin, il se trouve que je suis un admirateur de Romain Gary. Dommage qu’il ait non seulement relativisé l’inceste, mais surtout passé sous silence les traumatismes nés de ces viols intra-familiaux.


    • velosolex velosolex 11 janvier 21:08

      @Fergus
      Comme vous le notez, je me moque des étoiles, très facile à obtenir, pourvu qu’on aboie avec la meute, ici ou ailleurs. Je fais ma délectation des mauvaises, quand je me trouve en mauvaise compagnie ; cela me rassure sur moi même....Par contre, quand vous dites "elles ne sont guère au RDV, cela fait sens de valeur pour vous en un beau lapsus révélateur.....

      Je préfère être dérangé, et être ainsi stimulé, plutôt que de faire des courbettes et des salutations infinies, qu’on me dise dans mon discours ce qui ne plait, ou ne plait pas, ce qui dérange, et qu’on rebondisse dessus, plutôt que ce qui fait chorus aux idées reçues. Ces billets ne sont pas orientés que vers des avatars et quand je dis vous, de toute façon, je parle à tous ceux qui me lisent. 
      Comparons Gary et d’Ormesson au banc d’’essai. . 
      Vous devinerez facilement celui que je préfère, entre celui qui cirait les pompes, n’aurait jamais écrit les lignes incriminées, et l’autre qui prenait et envoyait des coups de pieds au cul, au point d’en voir 36 étoiles.
       Les étoiles en fait n’étaient pas celles que vous imaginiez. 
      On est toujours surpris de ne pas être à ce point compris. Gary en fait n’est pas un moraliste à la petite semaine, mais un romancier, qui romance, avec ses excés, ses provocations. Donc il n’y a pas lieu d’être surpris à ce qu’il se lance pas dans une critique sociologique et historique de l’inceste, du cannibalisme, du judaïsme, ou de je ne sais quoi. 
      Qui lui avait donné mandat pour cela, dites moi, au point de lui demander des comptes comme un procureur ?
      Quand les imbéciles lui pesaient, ou le ciel bas pesant comme un couvercle, il changeait de nom....Cela vaudrait une tentative d’analyse qui ne pèserait pas lourd. Il faut laisser la part au mystère. On ne fait pas de la bonne littérature avec de bons sentiments. 

    • Fergus Fergus 11 janvier 23:01

      @ velosolex

      « elles ne sont guère au RDV, cela fait sens de valeur pour vous en un beau lapsus révélateur »

      N’importe quoi !!! Je rebondissais juste sur votre affirmation erronée, ledit « rendez-vous » étant lié à l’objectif que vous me prêtiez ! 

      Entre Gary et d’Ormesson, nous sommes d’accord : le premier nommé était infiniment plus intéressant, tant comme écrivain que comme homme.

      « au point de lui demander des comptes comme un procureur ? »

      Là encore, c’est vous qui vous érigez en procureur ! A nouveau, je le redis : je ne condamne pas Gary, je m’étonne qu’il ait pu évoquer l’inceste sans le moindre mot pour les victimes dont on sait qu’en termes de traumatisme, elles sont parfois beaucoup plus marquées que les victimes de guerre.

      Désolé, mais votre complaisance sur cette omission en devient suspecte !

      Bonne nuit quand même !


    • kalachnikov kalachnikov 12 janvier 00:24

      @ Fergus

      Il ne s’agit pas d’inceste mais de pédophilie exercée dans le cadre familial, avec circonstance aggravante. En France, la pédophilie est réprimée et l’inceste n’est pas criminalisé. En revanche, la filiation est impossible.


    • velosolex velosolex 12 janvier 00:32

      @Fergus
       « A nouveau, je le redis : je ne condamne pas Gary, je m’étonne qu’il ait pu évoquer l’inceste sans le moindre mot pour les victimes dont on sait qu’en termes de traumatisme, »

      On remarque la contradiction : L’étonnement fait office évidemment de condamnation.....Vous êtes bien juge de son texte et procureur au delà des années .....Il n’y a plus rien à attendre de Gary sur ce sujet... . Il parle de sa mère, et de la guerre, il n’a pas l’intention de faire une tribune à l’onu sur l’inceste, sujet trop vaste. C’est votre problème de vouloir le mêler à votre débat, de lui tenir rigueur de son récit. Ce type là à mon avis n’aurait pas trop aimé qu’on lui force la main, qu’on le censure, qu’on le travaille à la découpe...Un écrivain n’est pas un notaire. Il perd l’équilibre si on lui dit d’ouvrir un livre de comptes... 
      Tout cela parlant d’une autre époque, ce qui rend bien moins audible votre billet, qui aurait gagné à mon avis, à ne pas tirer des bords vers la littérature, et des déclarations d’un homme adulte envers sa mère idéalisée, dans un livre dont la connaissance est somme toute réjouissante à l’esprit. 
       C’est mon opinion, je la donne, c’est la règle du jeu de l’écrit et de s’exposer. Je donne mon avis sur l’ utilisation d’un texte littéraire dans ce débat, le copié collé que je réprouve, car trop simpliste à mon avis, confondant fiction et réalité, et perdant ainsi en pertinence. « Ma complaisance en deviendrait suspecte » ?....Encore une fois vous vous faites procureur, et pour tout dire assez abject sur ce coup bas, dans ce que cela induit ! Mais que connait on les uns des autres, la réalité derrière l’avatar que certains prennent pour une réalité. Combien de fois ai je entendu que je pédalais à coté du vélo. Est pour cela que Gary changea de nom ?
      Peut être en colère de se faire contester sur un sujet dont je recadre simplement les intentions et les limites. Je connais pour les avoir rencontrés en pedopsychiatrie ou j’ai travaillé, malheureusement trop bien l’effet des rapports incestueux dévastateurs sur un enfant mineur, très graves à tous niveaux, et qui ont des retentissements considérables sur la construction, et l’élan vital, jusqu’à compromette le reste. Pas un jour presque sans penser à l’un d’eux qui s’est suicidé le jour de ses 18 ans. Il rêvait pourtant à de si belles choses, il avait tant de talent. Mais il avait tant de colère en lui et de désordres....C’était ce jour là pour moi et d’autres, comme si le ciel perdait ses racines. 

    • Fergus Fergus 12 janvier 08:49

      Bonjour, velosolex

      OK, vous tenez absolument à avoir raison, vous avez donc raison. Puissent vos certitudes péremptoires vous aider à passer une bonne journée !


    • Fergus Fergus 12 janvier 08:58

      Je précise toutefois que la sortie du film a relancé la lecture des livres de Romain Gary, et notamment celle de « La promesse de l’aube ». Il n’est donc pas inutile d’avoir de ce bouquin une lecture en relation avec l’évolution sociétale qui s’est opérée depuis 1960.

      J’ajoute à cela que ce livre n’est pas un roman comme vous le prétendez, mais un « récit » arrangé par l’écrivain de sa vie à fort contenu autobiographique.

      Enfin, le fait qu’il parle de lui à la première personne amène fort logiquement à penser que les idées qu’il exprime sur la société sont bien les siennes et pas celles qu’il prêterait à un personnage de roman !


    • Philippe VERGNES 12 janvier 09:41

      @ Fergus & velosolex,


      Je ne saurais en aucun cas pouvoir juger des écrits de Romain Gary et mon intervention ici n’avait que pour but de renchérir les propos de Fergus concernant les dégâts de l’inceste ET de l’incestuel sur la construction identitaire des enfants qui subissent de telles situations.

      Fergus : « Je m’étonne qu’il ait pu évoquer l’inceste sans le moindre mot pour les victimes dont on sait qu’en termes de traumatisme, elles sont parfois beaucoup plus marquées que les victimes de guerre. »

      velosolex : « Je connais pour les avoir rencontrés en pédopsychiatrie ou j’ai travaillé, malheureusement trop bien l’effet des rapports incestueux dévastateurs sur un enfant mineur, très graves à tous niveaux, et qui ont des retentissements considérables sur la construction, et l’élan vital, jusqu’à compromette le reste. »

      A vous lire, on peut penser que vous êtes globalement d’accord sur le fond et sur un plan plus comptable est-ce une erreur à ce point contestable d’avoir voulu illustrer cette problématique au travers d’un auteur qui fait polémique entre vous ?

      Personnellement, lorsque je vois les dégâts de l’inceste et de l’incestuel encore méconnus et pour la plupart inconnus des professionnels de la santé mentale et plus encore des populations, je m’interroge : est-ce que la notoriété d’un auteur, aussi génial qu’il fut, compte plus que les millions d’enfants - si l’on en croit le rapport cité - dont l’avenir est à jamais compromis du fait d’avoir vécu ces horreurs à un âge où ils n’étaient pas outillés pour y faire face ?

      Il me semble que, portant plus ou moins le même message, face aux atrocités que vivent les personnes incestées - incestuées devrions-nous dire -, sauf à être totalement dénué d’empathie, il y aurait à mettre de l’eau dans son vin pour mieux dénoncer ce fléau dont on sait aujourd’hui qu’il est une cause majeure de trouble psychique grave qui peuvent perdurer une vie entière. Tous les dictateurs de l’histoire ont vécu des maltraitances graves qui, à défaut de l’inceste, peuvent être liées à l’incestuel. Il serait temps d’y réfléchir un peu et de s’intéresser de plus près à cet important facteur de violence, d’injustice et d’inégalité dans notre société.


    • velosolex velosolex 12 janvier 10:25

      @Fergus
      Je ne prétend pas avoir raison, je donne mon opinion fragile, personnelle, temporelle, sujette à discussion. Surligner certitudes péremptoires n’apporte rien au débat, sinon sous une marque projective. C’est dans le désaccord apparent qu’on trouve des arguments, ou qu’on évolue. Pas dans le garde à vous

      Gary est à mon avis comme Cendrars qui a écrit la poésie du trans sibérien sans y avoir mis les pieds, est un romancier, un séducteur, un menteur génial et un manipulateur, avec parfois le risque que les bombes qu’il manipule lui explose dans les mains, comme cela s’est passé pour lui plusieurs fois. 
      Aussi pour dénoncer cette horreur, la ligne aurait plus claire à mon avis que de prendre d’autres exemples, qui ne soit pas de l’ordre du fantasme, mais de la réalisation, et de la clinique.
       Peut être bien que si je relisais Gary, je retrouverais en les cherchant sans doute chez lui des déclarations très surprenantes qui prisent dépendamment du texte global et de son oeuvre en général, me dresseraient les cheveux sur la tête. On a cherché aussi des crosses à michel Tournier pour son « roi des aulnes », oubliant que cet auteur est un écrivain panthéique parlait de bien autre chose que des faits divers. En ce moment de grande asepsie mentale, il y a le risque de confondre bien des choses, et d’éteindre la lumière de la création. Ainsi on pourra bientôt brûler Shakespeare, et certains, certaines changent la fin de Carmen. 
      Peut être maintenant que je l’écris ma susceptibilité à votre billet vient il de ce dernier exemple qui m’a remonté pas mal dans l’esprit du révisionnisme. 


    • velosolex velosolex 12 janvier 13:19

      @Fergus

       Je m’étonne qu’il ait pu évoquer l’inceste sans le moindre mot pour les victimes dont on sait qu’en termes de traumatisme, elles sont parfois beaucoup plus marquées que les victimes de guerre. »
      Je reviens sur cet belle déclaration d’intention, qui ne passe pas...C’est elle en fait qui m’a irrité.. C’est très manipulateur !.... Sil l’on ne peut qu’être d’accord avec vous, mettre en demeure Gary de faire oeuvre compassionnelle pour les victimes, ou de faire oeuvre critique sur la clinique de l’inceste me semble inepte. C’est tout mélanger. 
      Exigeriez vous des reniements au marquis de Sade, que pour ma part je n’ai jamais trouvé « divin », mais que je ne ferais pas intervenir dans un débat sur le sadisme... Si vous demandez à un écrivain la main sur le cœur de dénoncer la tragédie humaine, et les errements, à chaque fois qu’il lance un personnage trouble, ou en mettant ses fantasmes sur la page, avec un discours compassionnel pour les victimes, disant que vous n’approuvez nullement ce que vous mettez en scène... Vous allez signer la fin de la littérature, et inventer un nouveau somnifère à la sauce Hollande.
      « L’enfer c’est les autres », mais aussi les meilleures intentions du monde. Imaginons toutes ces déclarations d’empathie pour les victimes, l’édition revue des livres devrait au moins doubler ses pages..Même « Peau d’âne », et « Barbe bleue » n’y survivront pas .
      Les psychopathes ne font pas de littérature. Ils n’ont pas d’empathie. Je dirais qu’ils ne risquent pas de lire« les racines du ciel ». Quoiqu’ils détestent qu’on leur donne le mode d’emploi de leur perversion....Faudra t’il faire des alinea au bas des pages, une édition corrigée à l’usage des mal comprenant, comme Gallimard avait prévu de le faire pour le livre « bagatelles pour un massacre », qui heureusement d’ailleurs , pour ce coup là, n’a eu l’obtenu l’aval des autorités.
       Pas de place à l’imaginaire, et par contre toute latitude pour le passage à l’acte. Ceci n’étant plus de l’a littérature mais de la propagande antisémite dans ce qu’il y a de plus torve. !
       La littérature va chercher dans les zones sombres, parfois, et les fantasmes. .......Les passages à l’acte ne sont pas un encouragement à l’imitation, que ce soit dans « crimes à châtiments », ou dans toute l’oeuvre de Shakespeare.
       Le propre de l’art est celui de permettre justement l’expression des refoulement, de l’inconscient, qui refoulés, risquent de favoriser le passage à l’acte. C’est tout le bénéfice qu’on a à écrire, de faire passer par le biais de la création la douleur, et en l’anesthésiant, par le biais de l’imaginaire, où la censure n’ont guère de place, à moins de vouloir faire trébucher l’équilibriste. Un conseil que je donnais aux patients, qui permettait d’amortir la crudité des horreurs passées, et de les rendre non inoffensives, mais de leur faire perdre une part de leur violence. Peut être que Gary s’il n’avait pas fait acte de thérapie en écrivant serait devenu fou, ou suicidaire. Tout est dans la représentation. A force de coller au temps présent, et à ses obligations de prêt à porter mental, on perd toute personnalité, et tout recul salutaire. 

    • Agafia Agafia 13 janvier 09:58

      @velosolex


      (...) Peut être que Gary s’il n’avait pas fait acte de thérapie en écrivant serait devenu fou, ou suicidaire. (...)

      Je crois que R Gary était bel et bien suicidaire... Preuve en est qu’il a fini par se coller une balle dans la tête ^^


    • Fergus Fergus 13 janvier 10:50

      Bonjour, Agafia

      Et qu’il relate dans « La promesse de l’aube » qu’un camarade de l’armée l’aurait déjà empêché de se tirer une balle dans la tête en 1940. Dans un autre écrit, postérieur, il a fait part de sa volonté de ne pas avoir d’enfant précisément pour que celui-ci n’ait pas à souffrir d’un éventuel suicide. Bref, Romain Gary adulte a sans doute toujours été plus ou moins animé de pulsions suicidaires.


    • velosolex velosolex 14 janvier 12:37

      @Fergus et Agafia
      De pulsions suicidaires de pulsions créatives, qui étaient pour lui des soupapes. Thanos et Thanatos Un homme au fort pouvoir d’empathie, d’engagement, qui prenait des risques, jouant sa vie parfois à la roulette russe, mais pas avec un pistolet, dans une vie qui ressemblait elle aussi aux montagnes russes....Décidément, on ne se débarrasse pas de ses racines, du ciel, ou d’ailleurs...

      .Je ne pense pas que le mot « bref » convienne pour commenter la vie de cet homme qui en eut plusieurs....
      L’homme sans doute était usé par ses excés par ses savantes tentatives pour se maintenir à flot, qui lui sont revenus sur la fin en boomerang, et aussi par la mot de Jean Seeberg, et de quelques amis chers. Son ticket de train n’était plus valable. Il nous avait prévenu. Cela me fait penser à ces lignes de Vialatte qu’on trouve dans le train du soir....« Vingt fois j’ai voulu dire adieu à ma jeunesse. Vingt fois j’ai craint de me montrer ridicule. C’était trop tôt. La fois suivante, elle était partie. On ne saurait dire adieu trop vite à sa jeunesse. Elle s’en va sur la pointe des pieds.

      L’homme entre dans le soir de sa vie comme dans un pays étranger. Les gares sont plus petites et plus rares. Les voyageurs deviennent moins nombreux. Ils ont changé de costume. On ne voit plus de bérets basques. Les quais sont de plus en plus déserts. Les affiches, dans les salles d‘attente, ne parlent plus des mêmes montagnes. Et sou­dain, au bout d’un tunnel, l’horizon lui-même a changé. Quels sont ces longs pays bleuâtres ? Des plaines s’éten­dent, qu‘on n‘avait jamais vues ; transfigurées par on ne sait quel reflet. Plus loin, au loin (mais à quelle distance exactement ? les distances trompent), plus loin, c‘est la terre de la mort.

      Si l’on descend dans quelque ville, elle est paisible, provinciale, et pour ainsi dire tourangelle. On en aime la lenteur et la sérénité, le ciel vert (je ne sais comment dire), les parterres du jardin public. On ne savait pas qu‘on n’aimait plus que les fleurs.

      La nuit tombe et, sur les étoiles, on voit se détacher un bicorne. Il coiffe quelque amiral de marbre ou quelque académicien de bronze. On cherche le nom : c’est le petit D., qui ne savait pas la géographie, ou le petit L…, qu‘on battait en grammaire. L‘amiral avait peur de l’eau, l’académicien solennel était sergent au 3° zoua­ves. Le premier de la classe est devenu comptable, le timide fut martyr dans l’Oubangui, le dernier a son por­trait dans tous les magazines : on cite ses traits, on admire ses pièces. Le sportif s’est fait pharmacien, l’Au­vergnat dirige trois brasseries. Les autres sont morts. Une large rue mal éclairée, où l’on distingue dans une vitrine des hommes blafards habillés en chasseurs, porte le nom d’un grand graveur dont on fréquentait la maison ; on garde encore dans un tiroir sa pipe, sa rosette, son monocle. On se rappelle des fêtes sur la Marne, des charmilles, des drapeaux, des barques, des enfants. C’est à pleurer. Plus loin, une inscription gravée rappelle le nom d’un écolier qui se fit tuer dans la Résistance. On le revoit, à l’étude du soir, par une fenêtre du collège, devant un gros dictionnaire latin.

      D’où sortent toutes ces choses ? D’un film ? De la mémoire ? On erre dans son présent comme dans un vieux musée. On s‘égare. Sur une petite place où clignote la lumière d’un restaurant jaunâtre, une statue (encore !) s’élève sous les tilleuls, qu’on discerne mal dans cette ombre. On l’éclaire avec une lampe torche. On retrouve le visage de son meilleur ami. Déjà…

      Ils sont tous descendus pendant que le train était en marche. D’autres peuplent de longs cimetières. Un chat y passe, dans une allée, l‘après-midi.

      Il faut reprendre le train du soir. Le pays est de plus en plus désert, les gares de plus en plus distantes. Et, un matin, les rails ayant changé de versant, on revoit, mais de si haut et de si loin, un bref instant, le pays de la vie, comme autrefois. »

  • simplesanstete 11 janvier 17:42

    Romain Kacew, le boucher en yiddish...rideau.


    La communauté qui relativise la dénomination du viol en..... circoncision , tout est lié où aliéné.

    • Fergus Fergus 11 janvier 19:10

      @ simplesanstete

      Désolé, ma réponse figure un peu plus bas par suite d’une fausse manip.


  • velosolex velosolex 11 janvier 18:49
    En termes d’horreurs programmés, Gary sait de quoi il parle. Il a été au premier rang, dans le nez des Lancaster qui ont bombardé l’Allemagne. Il a ramené l’avion en guidant par la parole l’’aviateur blessé aux yeux, rendu aveugle, dans un avion en lambeaux....
     A t’il eu des rapports homosexuels avec un des membres de l’équipage ?....Je m’en fous. Je remarque qu’il y a une génération encore on l’aurait aussi brûlé pour ça....J’ai une certaine empathie pour ce type qui a eu le courage de rejoindre les forces de la France libre, qui a accroché sa peau au porte manteau d’une autre façon que Celine !
    Je ne crois pas qu’il fasse faire oeuvre d’inquisiteur pour tenter de retenir le lecteur par la manche pour ces lignes.. Parler de son oeuvre flamboyante aurait été plus intéressant. Quand on la lu on relativise les propos se cet affabulateur, joueur, séducteur, grand amoureux de la vie.....Gary nous parle de l’horreur absolue, technocratique, miliaire, celle qui raye dans l’horreur nucléaire des centaines de milliers de gens, de couples, et leurs étreintes, légitimes ou non....Le crime est avant tout la violence et la mort programmée, voilà ce qu’il dit. 
    Des rapports consensuels, consentis entre deux individus, cela le laisse froid, qu’ils soient cousins, frères et sœurs, ou mère et enfant, à coté de cette apocalypse. Il en rit ; Il sait d’où il vient....
    Certains inquisiteurs se sont ils amusés à voir si les cadavres coulés dans la lave de Pompei, étaient bien de familles étrangères ?.... 
    Je dirais que ces lignes malgré leur apparence parlent même d’autre chose que de la sexualité, mais d’une même conscience, d’une union totale entre deux êtres, et qu’il a choisi la force brute du sexe pour en parler., se moquant du comment il sera jugé par certains comme de son premier pays. traversé...On sait qu’il existe une résurgence de la sexualité devant la mort..... 
    D ’autre part je le répète ce type qui a toute sa vie était un grand joueur, faussaire, écrivain génial, polyglotte, brûlant ses vaisseaux, n’aime qu’une chose : Provoquer, chercher les limites, faire scandale, se déguiser, et faire un bras d’honneur. Mais avec de la classe, du risque, et de la générosité. 
    A la fin il devint peut être amer, surtout après la mort de Jean Seeberg, sa muse adorée. Il nous avait prévenu. A partir d’un certain moment notre ticket de train n’est plus valable. 

     


    • Fergus Fergus 11 janvier 19:22

      Bonsoir, velosolex

      Je suis globalement d’accord avec vous, et mon propos n’est en aucun cas de faire un procès à Romain Gary, un homme et un auteur pour lequel j’ai beaucoup de respect, et qui était effectivement un provocateur comme l’a montré l’affaire de son « double je » Emile Ajar.

      Il se trouve simplement que « La promesse de l’aube » est dans l’actualité et que l’inceste est un sujet qui me préoccupe du fait des dégâts qu’il occasionne sur les enfants qui en sont victimes. Or, l’inceste et abordé d’une manière à tout le moins surprenante dans ce livre dans la mesure où il est non seulement « relativisé », mais ses victimes totalement absentes des lignes que l’écrivain y a consacré. Le contexte des années 60 y est évidemment pour beaucoup, et tout en zoomant sur l’inceste, c’est ce que j’ai voulu montrer en ouvrant la porte à un débat...


    • velosolex velosolex 11 janvier 19:26

      @Fergus
      Je vous suis mieux ainsi, mais vous auriez du préciser dans votre texte ce propos. Ce qui m’a mis quelque peu en colère, car j’adore cet auteur dont fiction, fantasmes et vies parallèles se confondent en de multiples chausses trappes


    • chantecler chantecler 12 janvier 09:24

      @Fergus
      J’ai lu il y a peu son roman : « la promesse de l’aube ».
      C’est effectivement une oeuvre d’écrivain ,
      où il s’expose , je dirais une catharsis de son existence de l’enfance ,de l’ adolescence , de jeune adulte où tout est tracé , imposé par sa mère .. .
      Sauf qu’il semble être dans un déni complet .
      Il ne remet jamais en cause sa relation à sa mère que je qualifie de totale oedipienne , mais il me semble que cette dernière est un personnage limite , car effectivement si l’on peut parler de fantasmes incestueux , ils se retrouvent partagés entre les deux personnages , en miroir .
      Dans son roman effectivement il n’y a pas de passage à l’acte , heureusement .
      La trame de ce livre étant axée sur cette relation absolue , pathologique à mon avis , m’a laissé outre un grand malaise , un doute sur ce qu’il rapporte en périphérie .
      Sur la crédibilité de ce qu’il nous conte .
      D’ailleurs il disait lui même être ostracisé dans son entourage ,défiant .
      Certes il a combattu , mais il fait étalage de ses victoires , médailles , comme preuve de sa bravoure .Et sa chance inouïe de se tirer indemne de toutes ses missions .
      Peut être avait il effectivement la « baraka ».
      Sa rencontre avec Charles De Gaulle a été aussi déterminante : il s’est soumis , donné à ce personnage , en qui il a vu bien évidemment un père spirituel .
      R. Gary est un grand séducteur : sa culture ,ses conversations , ses paradoxes , son humour exquis , sa « grande beauté »- ses yeux bleus magnifiques , ses mimiques pour se montre sous son « meilleur profil » qu’il souligne souvent , qui le rendait un « tombeur » .(sa mère veillait tout de même , par se interventions , à ce que ses aventures féminines ne soient pas très sérieuses car une seule femme devait compter : elle )..
      Il établit en outre un réquisitoire contre la psychanalyse qu’il rejette totalement.
      Ce qui l’amène à faire passer pour absolument « normale » cette relation extrême , fusionnelle avec sa mère .
      Du moins jusqu’à son décès, ce qui ne le libère pas pour autant .
      Gary est un mystère .
      Il l’a toujours été .
      Il a écrit effectivement d’autres romans , marquants, comme « éducation européenne ».
      La lecture de ce livre m’a laissé mal à l’aise .
      Heureusement certaines anecdotes rapportées , son humour terrible , permettent d’en avancer la lecture .
      Séducteur ....


    • Fergus Fergus 12 janvier 11:03

      Bonjour, chantecler

      Merci pour ce commentaire qui complète mon propos en allant encore plus loin dans l’expression du ressenti à la lecture de « La promesse de l’aube ».

      « Il établit en outre un réquisitoire contre la psychanalyse qu’il rejette totalement »

      C’est parfaitement exact, et le moins que l’on puisse dire est qu’il n’est effectivement pas dans la nuance en termes de rejet, y compris en usant d’arguments spécieux Par exemple lorsqu’il prête aux psychanalystes l’interprétation consistant à dire qu’un coureur de jupons est en réalité un homme qui fuit une tendance homosexuelle ! Un rejet de la psychanalyse qui lui donne toute licence pour justifier ensuite la pratique de l’inceste comme n’étant qu’une variation humaine de l’amour physique parmi d’autres.

      Je comprends donc votre gêne qui va au-delà de mon étonnement.


    • velosolex velosolex 12 janvier 15:37

      @chantecler


      Récit, roman ? On n’a bien du mal à faire entrer une prestidigitateur dans une armoire doublé d’un joueur de poker, sans qu’il disparaisse, ou ne réapparaisse sous un autre nom, dans un endroit qu’on ne soupçonnait pas. Il ne s’agit pas de s’avoir si ses romans racontent la vérité, mais sa vérité, et surtout si ses mensonges nous concernent. Fergus a choisi là à mon avis un bien mauvais exemple à épingler, car ce type à l’art du subterfuge, et de la provocation. C’est bien difficile avec l’art de faire oeuvre de juge, et de géomètre, en demandant à un clown de mettre de la mesure dans ses paroles. Plus d’un si est brûlé les ailes. Lui même à force de provocation et de farce se rendra compte qu’il a été trop loin dans cet histoire de Goncourt « revisited ». Son neveu, Paul Pavlovicht, si ma mémoire est bonne, ayant été invité en urgence à se saisir de son double Ajar.
      Paul Pavlowitch, 58 ans, a personnifié Emile Ajar, Goncourt 1980 et ...
       Les chroniqueurs et même la directrice du monde, si je me souviens se sont rendus au Danemark pour rencontrer Paul, absolument pas préparé, et qui bredouillait quelques phrases, qui ont alors curieusement augmenté son aura, et l’image « d’ours » qu’on prête aux grands romanciers. Chose intéressante tant ce qu’on projette sur notre interlocuteur est parfois bien plus important que ce qu’il dit. ...J’ai lu dernièrement un roman superbe, et ironique, sur la création, la mythomanie, le respect des admirateurs devant leur modèle...Cela s’appelle « l’ours est un écrivain comme les autres »...C’est une farce, où la raison et les juges sont invités, mais où le rire est vainqueur. 
      « L’ours est un écrivain comme les autres » de William Kotzwinkle par la ...


  • Fergus Fergus 11 janvier 19:09

    Bonjour, simplesanstete

    Désolé, je ne vois pas le rapport entre le viol et la circoncision. En bref, je n’ai jamais cru à la théorie fumeuse de Dommergue.

    En bref : Si les Juifs sont ce qu’ils sont sur la planète, ils le doivent principalement aux évènements qui ont accompagné la chute du Temple en l’an 70 : sur un modèle imposé par les Pharisiens, les Juifs, très majoritairement agriculteurs, ont été contraints d’éduquer leurs garçons dans d’exigeantes écoles rabbiniques. C’est ainsi que les Juifs, devenus savants, se sont détournés des métiers de la terre pour s’installer dans les villes d’occident en prenant le pas dans la plupart des domaines sur leurs contemporains des autres religions. C’est la jalousie née de cette prédominance intellectuelle qui a conduit les chrétiens, en s’appuyant sur l’alibi de la mise à mort du Christ, à ostraciser et à spolier les Juifs dès le haut Moyen Âge. Les pogroms ont suivi et insécurisé les Juifs partout en Europe occidentale et dans l’Empire russe. C’est de cette histoire que sont issus les Juifs tels que nous les connaissons aujourd’hui.

    A toutes fins utiles : Les Juifs, grands absents de l’agriculture (avril 2016).


    • velosolex velosolex 11 janvier 19:23

      @Fergus

      Je ne sais pas si en tenant deux poèles à la main on peut faire de la bonne cuisine kascher. 

      Juste pour dire tout de même que le grand exode du pays par les romains est un mythe aussi entretenu et usé que celui de la traversée de la mer rouge, et que c’"est avant tout le grand prosélytisme qui a développé la religion hébraïque, en partant des foyers de l’est de l’europe.

    • simplesanstete 11 janvier 20:45

      @Fergus
      Et bien saperlipopette, si vous ne le voyez pas, le rapport c’est que vous relativisez comme l’autre...franchement vous êtes IMMONDE, diabolique et négationniste, un coupeur de cheveux en quatre voir +, arraché avec les dents à l’ancienne , la 1ere pipe rabbinique à 8 JOURS. Dommergue n’est pas une théorie , des faits avec effet, c’est ce qui se passe, réalise devant nos propres yeux,une Haine Kolossale paradoxale sauveur / destructeur, révolution, c’est d’ailleurs la même position merdeuse de Soral, de Ploncard d’Assac et de Ryssen qui ne le mentionne même pas pas dans sa psycasjuive.

      ILS NE SAVENT PAS CE QU’ILS FONT, non de dieu, vous êtes bouché.....doux jésus inc, des ventriloques spéculateurs, l’imagination au pouvoir, des androgynes, MERDE alors, de jésus à marx aux chiottes de l’histoire et des raconteurs d’histoires maintenant avec le cinéma et l’insu portable.

    • simplesanstete 11 janvier 20:45

      @Fergus
      Et bien saperlipopette, si vous ne le voyez pas, le rapport c’est que vous relativisez comme l’autre...franchement vous êtes IMMONDE, diabolique et négationniste, un coupeur de cheveux en quatre voir +, arraché avec les dents à l’ancienne , la 1ere pipe rabbinique à 8 JOURS. Dommergue n’est pas une théorie , des faits avec effet, c’est ce qui se passe, réalise devant nos propres yeux,une Haine Kolossale paradoxale sauveur / destructeur, révolution, c’est d’ailleurs la même position merdeuse de Soral, de Ploncard d’Assac et de Ryssen qui ne le mentionne même pas pas dans sa psycasjuive.

      ILS NE SAVENT PAS CE QU’ILS FONT, non de dieu, vous êtes bouché.....doux jésus inc, des ventriloques spéculateurs, l’imagination au pouvoir, des androgynes, MERDE alors, de jésus à marx aux chiottes de l’histoire et des raconteurs d’histoires maintenant avec le cinéma et l’insu portable.

    • Fergus Fergus 11 janvier 20:55

      @ simplesanstete

      Ne vous méprenez pas, je considère la circoncision comme une pratique barbare qui devrait être éradiquée. Mais si elle douloureuse pour le bébé - malgré une sensation heureusement limitée à cet âge -, elle n’occasionne pas de traumatisme psychologique et ne remet pas en cause l’équilibre psychique de l’enfant contrairement au viol incestueux.


    • simplesanstete 11 janvier 23:13

      @Fergus
      Le Dr Gautier que cite Dommergue montre bien que le système endocrinien est le siège des émotions, l’instrument de l’âme. Aucune argumentation sur ce qu’est le ’génie’ juif, ce complexe du sauveur, non monsieur votre réponse est de l’humaniste de l’inconsistance ambiante sans logique des faits les plus basiques. Le cinéma est ce qui plait le plus au coma des mortel sans destin, le fumeux prolétariat, ce qui se reproduit ! cette race est habitée par sa bite et la séduction vous ne l’avez pas remarqué, relié, compris non + . Quelle mollesse d’âme vous incarnez !.



    • Self con troll Self con troll 11 janvier 23:39

      @simplesanstete
      Soyez compréhensif, vous qui n’avez pas de tête. Celle de Fergus est dans le sable.


    • chantecler chantecler 12 janvier 09:29

      @Fergus
      Sur ce point je conteste .
      Comment pouvez vous affirmer que la circoncision ne laisse pas de traumatisme ?
      Il me semble d’autre part que cette pratique est extrêmement intrusive symboliquement .


    • Self con troll Self con troll 12 janvier 10:22

      @chantecler
      Fergus sait tout. N’est-ce pas la caractéristique du Sage ?

      Qu’y-a-t-il de moins racialiste que le discours de Dommergue, qui pointe une pratique dans la culture juive qui développerait (au conditionnel, je ne suis pas endocrinologue) un certain fonctionnement mental chez le mâle de la communauté ?

      Ce fonctionnement qui empêche Attali de nous voir sous un autre angle que celui d’agent économique.

      Qui sait si cette pratique ancestrale, au but initialement hygiénique à mon avis, n’a pas dérivé en volonté d’agir sur le gène (alors inconnu) pour se libérer des contraintes naturelles (ce que fait un esprit purement spéculatif) ?


    • JC_Lavau JC_Lavau 12 janvier 10:51

      @Fergus. A se demander s’il a eu des enfants : « malgré une sensation heureusement limitée à cet âge ».
      Et c’est ça qui donne des leçons de morale...


    • Fergus Fergus 12 janvier 11:07

      @ JC_Lavau

      Je ne fais que rapporter un fait avéré : à quelques jours d’existence, tous les médecins et les chercheurs sont d’accord pour dire que les terminaisons nerveuses du bébé sont très incomplètes et la sensation de douleur par conséquent très atténuée. C’est d’ailleurs pour cela que l’on peut voir des bébés ne pas réagir du tout à des piqûres d’insecte.


    • Fergus Fergus 12 janvier 11:11

      @ chantecler

      « Comment pouvez vous affirmer que la circoncision ne laisse pas de traumatisme ? »

      Ce n’est pas moi qui le dis, mais les médecins. S’il y a douleur - même atténuée (voir commentaire ci-dessous), on ne voit pas en revanche comment un bébé pourrait avoir une conscience psychologique de la nature de l’opération subie.


    • kalachnikov kalachnikov 13 janvier 00:14

      Bien sûr.

      ’Commençons par quelques exemples remarquables sur les effets de
      la mémoire de la
      douleur chez l’enfant.
      Anna Taddio et ses collègues (Taddio, Katz, Ilersich & Koren, 1
      997) ont étudié les
      conséquences de la circoncision chez les nouveaux-nés avec ou s
      ans anesthésie, sur leurs
      réactions lors des vaccinations faites entre 4 et 6 mois. Elle
      a, par ailleurs, inclus un groupe
      contrôle d’enfants non circoncis. Les résultats sont les suivan
      ts : les garçons qui ont été
      circoncis sans anesthésie locale ont pleuré plus, ont montré de
      s modifications
      comportementales plus importantes, des perturbations physiologi
      ques plus grandes lors de
      la piqûre, par rapport aux enfants circoncis avec une anesthési
      e ou ceux qui n’avaient pas


    • Fergus Fergus 13 janvier 09:07

      Bonjour, kalachnikov

      Merci pour ces liens.


  • arthes arthes 11 janvier 19:12

    Et le viol conjugal ?

    Si on va par la (je m’adresse à Fergus) ne peut on le classer dans l’ignominie ?
    Parce que cela existe, parce que il est une norme que le sexe de l’homme soit un attribut qui doive perforer pour des raisons d’hygiè
    ne et la morale trouve cela très bien, juste parce que cela ne se passe pas entre une ascendant et un descendant ?

    Mais de quel droit peut on juger le rapport fusionnel entre une mère et son fils et ainsi le juger lui, qui n’a pas fait le mal et qui osait dire les chose, qui osait être sincère et ne pas trahir ce qu’il a été pour complaire à des moralisateurs à l’esprit étriqué et donneurs de leçon ?

    • Fergus Fergus 11 janvier 19:35

      Bonsoir, arthes

      Le viol conjugal est sans rapport avec l’inceste : il entre dans le cadre des viols commis par un adulte sur un autre adulte, même s’il est commis dans les conditions particulières d’un couple de conjoints ou de concubins. Il s’agit là évidemment d’un comportement inadmissible qui doit être poursuivi et sévèrement réprimé dès lors qu’il donne lieu à plainte, ce qui est malheureusement trop peu souvent le cas. Cela dit sans compter les difficultés liées à la démonstration de la réalité du viol dans ce cadre précis.

      Personne ne juge Romain Gary, et certainement pas moi qui me contente de m’étonner du regard somme toute indulgent que porte l’écrivain sur l’inceste, et de l’absence de toute mention des victimes. La faute sans doute à l’époque (le début des années 60) et au manque de conscience collectif des terribles dégâts psychiques occasionnés sur les enfants ayant eu à subir des atteintes sexuelles et des viols incestueux.

      Pour ce qui est des rapports de Romain Gary et de sa mère, je trouve cette histoire très belle et très touchante !


    • simplesanstete 11 janvier 23:17

      @arthes
      Fergus est un jambon qui ne veut rien savoir des charcutiers malgré eux, les tyrans du milieu / victimes


    • arthes arthes 11 janvier 23:49

      @Fergus
      Je parle de normes, des normes de notre temps ou, comme vous le dites il est complique de demontrer la realite d un viol conjugal , parce que tout simplement le devoir conjugal s inscrit dans la norme de ce que vous appelez la conscience collective, et c est terrible et meme monstrueux et plus encore !!!

      Et c est toujours a partir de cette meme conscience colle ctive que vous accusez Gary de legerete sur le regard qu il porte a ce que vous qualifiez d inceste par rapport a des faits intimes de sa vie avec sa mere qu il livre sans artifice avec sincerite !
      Mais comme j aimerais que tous soient capables d autant de ca ndide clarte sans se cacher deriere des peurs d etre juges au lieu de se mentir a eux meme et aux autres a l abris de la conscience collective, cette invention hypocrite et aveugle qui alliene et juge et condamne tous ceux qui veulent lever la tete hors du gloaque de la normalite !


    • Fergus Fergus 12 janvier 09:04

      Bonjour, arthes

      Vous n’avez pas lu le livre, ni même mon article, ou alors de manière superficielle.

      Je n’accuse Romain Gary de rien, je m’étonne simplement - je le redis pour la énième fois - qu’il n’ait pas un mot pour les victimes.

      Quant à sa relation avec sa mère, qu’il déconnecte de toute tentation incestueuse, elle n’a rien à voir avec les considérations générales qu’il porte sur l’inceste.


    • JC_Lavau JC_Lavau 12 janvier 11:28

      @arthes. Si monsieur baise, madame le fera facilement condamner au pénal.

      Si monsieur ne baise pas, madame le fera aisément condamner au civil.
      Dans tous les cas, madame est une victime et saura empocher un bon paquet de pognon.

      Despotisme, vénalité, ruse et fraude, ces si fortes valeurs féministes !

  • Antoine 11 janvier 19:34

    La vie sexuelle des trois patriarches Abraham, Isaac et Jacob tourne autour de la question de l’inceste, en vrac :
    - Abraham est marié à sa demi-sœur Saraï.
    - il lui demande de se présenter comme sa sœur auprès de Pharaon.
    - l’histoire se répète avec Isaac qui raconte à Abimelek que Rebecca est sa sœur. l’histoire manque de mal tourner. « J’ai parlé ainsi, de peur de mourir à cause d’elle. »se justifiera Isaac.
    - Isaac épouse Rebecca, sa cousine et sœur de Laban.
    - Rebecca est accompagnée de sa nourrice, c’est à dire l’image de la mère, Isaac honorera son épouse, il va dans la tente de Sarah, sa mère.
    -Jacob épouse Léa et Rachel, deux sœurs, ses cousines, filles de Laban, nièces de Rebecca sa mère. Elles viennent avec des servantes.
    - Ruben, le fils ainé de Jacob, couche avec Bilha. Bilha est la servante de Léa, mais Jacob lui a fait deux enfants, qui sont donc deux frères de Ruben. En clair Ruben couche avec la femme de son père et la mère de ses frères.
    Il y a, à bien lire, un mouvement qui va de l’endogamie vers l’exogamie.
    Isaac est marié par son père, qui va lui chercher une fille chez Laban.
    Jacob se marie lui-même bien qu’il épouse aussi une fille de Laban.
    Chaque fois il y a un long voyage pour aller chercher la femme sur la terre d’origine et surtout ne pas se marier avec une femelle du coin.
    Le premier qui rompra la lignée familiale, c’est Joseph, en épousant la fille de Pharaon.
    Autant dire que ça commençait mal.


  • Robert Lavigue Robert Lavigue 11 janvier 21:28

    Je ne vois pas pourquoi j’insiste puisque vous persistez à ne considérer l’inceste que sous l’angle très particulier de la pédophilie.
    RIEN dans le texte de Romain Gary ne vous autorise à faire cet amalgame citoyen !

    Pour en revenir au sujet, un petit texte médiéval sur l’inceste entre une marraine et son filleul (assimilés à une mère et son fils dans la religion chrétienne).
    Il ne s’agit pas d’une production théologique, mais de l’Évangile des Quenouilles, une compilation de traditions populaires parue vers 1480 (texte que vous connaissez très certainement aussi bien que votre comparse le Melon de la Loire)

    LXX. Qui connait charnellement sa commère (=marraine) à sa prière (= à sa demande), jamais ne peut en paradis entrer, si le filleul son enfant ne fait de son gré penance (=pénitence) de ce péché, premier pour sa marraine (assimilée à la mère), et après pour son père.

    LXXI. Qui charnellement connait sa commère (=marraine) (...), jamais tel péché ne leur est pardonné, si le fils de la femme (=le filleul) volontairement ne fait pénitence de ce péché, et premièrement pour son parrain (assimilé au père), et après pour sa propre mère.

    Vous avez bien entendu noté les couples marraine-père et parrain-mère qui mélangent la parenté biologique et la parenté spirituelle. Et la dureté des peines encourues !


    • Fergus Fergus 11 janvier 23:13

      @ Robert Lavigue

      Je n’avais jamais entendu parler de « L’évangile des quenouilles ».

      Dans les pages en question de son livre, c’est Romain Gary qui passe de considérations sur la nature des rapports platoniques avec sa mère à la question de l’inceste, et donc à la relation charnelle entre un parent et son enfant. Peut importe que celle-ci soit liée à une nature pédophilique ou à une déviance de l’amour porté à son fils ou sa fille non reproductible avec d’autres enfants.

      Bonne nuit. à vous


  • kalachnikov kalachnikov 12 janvier 00:11

    N’importe quoi de a à z.

    "En France, l’inceste, c’est-à-dire le rapport sexuel entre deux personnes qui sont parents à un degré où le mariage est interdit, ne constitue pas une infraction spécifique. Si la relation est librement consentie et concerne deux personnes qui ont dépassé l’âge de la majorité sexuelle, fixé à quinze ans dans notre pays, elle ne tombe pas sous le coup du code pénal."

    https://www.senat.fr/lc/lc102/lc1020.html



    • Fergus Fergus 12 janvier 09:12

      Bonjour, kalachnikov

      Ce qui provoque d’énormes dégâts psychiques dans l’inceste, ce sont les relations sexuelles imposées par un parent à l’un de ses enfants durant la petite enfance ou la préadolescence.

      Vous semblez balayer cela d’un revers de main alors que ce sont des gamins de ces âges-là - n’ayant donc pas atteint la majorité sexuelle, et loin s’en faut le plus souvent - qui constituent les gros bataillons des traumatisés de l’inceste dont la vie est durablement affectée par de graves perturbations de différentes natures.


    • kalachnikov kalachnikov 12 janvier 23:46

      @ Fergus

      Les séquelles sont chez toutes les victimes de pédophilie, que celle-ci s’exerce dans le cadre familial ou non.


    • Fergus Fergus 13 janvier 09:16

      @ kalachnikov

      Bien évidemment, les séquelles sont présentes chez tous les enfants victimes de viols, qu’ils aient ou non été commis dans le cadre de leur famille.

      Il y a toutefois une dimension aggravante dans les cas d’inceste : les victimes sont confrontées quotidiennement à ceux (ou celles) qui les ont violées !

      A cet égard, concernant les affaires de viol, et notamment de nature pédophile, la Justice condamne quasiment toujours les violeurs à une interdiction de séjour dans le département de leur victime à l’issue de la peine pour ne pas raviver les souffrances. Rien de tel pour les malheureux enfants qui côtoient chaque jour celui ou celle qui leur fait endurer de terribles tourments !


  • Garibaldi2 12 janvier 04:39

    @ l’auteur

    ’’Le film « La promesse de l’aube » (sorti le 20 décembre 2017) vient de remettre en lumière le très beau livre éponyme de Romain Gary.’’

    Extrait de Wikipedia :

    Le terme éponyme s’emploie surtout en littérature, histoire, archéologie, cinéma, musique, économie, biologie :

    • pour une personne donnant son nom à une œuvre ;
    • pour un personnage (dieu, héros, saint) ayant donné son nom à un lieu ou à un peuple ;
    • pour le créateur d’une entreprise qui la baptise de son nom (Citroën, Peugeot, Renault...) ;
    • pour une personne dont le nom a servi à nommer une espèce, soit qu’elle l’ait découverte, soit qu’il s’agisse d’un hommage ;

    et d’une manière fautive :

    • pour un ouvrage donnant son nom à un film qui s’en inspire  ;
    • pour un site donnant son nom à une culture, une civilisation, une époque archéologique ou historique ;
    • quand il s’agit d’homonymie ou de polysémie ;
    • et bien sûr quand il s’agit du contraire de l’éponymie : appeler éponyme celui/celle/ce qui reçoit un nom, et non pas qui donne son nom. Cette dérive est contraire à la logique, donc à proscrire : le Littré, dictionnaire éponyme d’Émile Littré ; Croc-Blanc, roman éponyme du chien-loup imaginé par Jack London, logiquement, on doit évidemment dire le contraire car ce sont bien Émile Littré ou le chien-loup qui sont éponymes. Ou alors on tombe dans la confusion des sens, dans l’énantiosémie.


    • Fergus Fergus 12 janvier 09:20

      Bonjour, Garibaldi2

      Vous réagissez en puriste, et vous avez raison : telles sont en effet les origines du mot et les acceptions qu’on lui donnait naguère.

      Mais cela fait au moins 20 ans que ce mot est utilisé dans le sens suivant : qui donne son nom à... A tel point que certains dictionnaires ont déjà intégré ce sens étendu, et que les autres ne vont pas manquer de le faire rapidement pour se conformer à l’usage.

      Un usage qui fait loi en matière de langue, ne l’oublions pas !


  • JC_Lavau JC_Lavau 12 janvier 09:31
    J’ignorais que Fergus eût tant fait d’études en psychopathologie.
    A vrai dire, je continue de l’ignorer.

    Quand on suicide son enfant avant dix-huit ans, est-ce qu’il est consentant ?
    Ou quand on défenestre l’enfant d’un premier lit du mari.
    Quand on livre son enfant pieds et poings liés aux persécuteurs, est-ce qu’il est consentant ?
    Quand on se sert de sa bru pour zigouiller son fils, ou de son gendre pour abattre sa fille, est-ce que le sacrifice humain est consentant ?
    Quand dès l’âge de treize ans, un(e) enfant reçoit l’assignation à une mission parricide, est-ce innocent pour la santé mentale de l’adolescent(e) ? Du reste celle-ci déclencha un asthme à l’âge de quinze ans, âge peu banal pour devenir asthmatique.

    Certes, certes, certes...
    Mais aucune des cas réels que j’ai cités ne peut facilement être exploité pour la guerre sexiste...
    Il faut savoir ce qu’on veut dans la vie, établir ses priorités !
    Commençons par écarter tous les faits, car ils ne se rapportent point à la question.

    Sinon on courrait le risque de se mettre hors de mode, voyons ! 

    • Fergus Fergus 12 janvier 10:48

      Bonjour, JC_Lavau

      Où avez-vous vu que je porte un regard clinique sur la question de l’inceste ? Je n’exprime qu’un point de vue qui peut être facilement partagé par tous sur les dégâts que l’inceste provoque sur le psychisme des enfants victimes comme j’ai pu le constater personnellement chez des gamins de la DDASS suicidaires ou à forts problèmes retirés de leurs foyers pour être placés en famille d’accueil chez ma sœur et mon beau-frère.

      Pour le reste, je ne comprend pas le sens de votre commentaire !


    • JC_Lavau JC_Lavau 12 janvier 10:53

      @Fergus. Je n’en suis pas surpris : ta comprenette est entièrement sous télécommande, via la mode.


  • alinea alinea 12 janvier 22:11

    J’arrive tard sur cet article qui m’avait échappé ! et je n’en ai pas lu les commentaires, mais il me semble que tu fais une confusion : l’inceste ne désigne pas un abus sur mineur de la part d’un de ses parents, mais des relations sexuelles entre parents, quel que soit le degré de parenté. Rapport sexuel consenti même si ce consentement n’exclut pas un rapport de pouvoir comme souvent dans les relations sexuelles.
    Je pense à Anaïs Nin, ou à Barbara, par exemple où certes, ce lien « souillé » comme le dit la religion, n’est pas exempt de questions voire de troubles ! cependant rien à voir avec un viol d’adulte sur un enfant ; je suppose que Gary pense à cela quand il dit qu’il est plus choqué par l’holocauste ou autre horreur proférée sur l’humanité que par l’inceste !


    • Fergus Fergus 13 janvier 09:40

      Bonjour, alinea

      Je ne fais aucune confusion. L’inceste ne concerne évidemment pas que les relations sexuelles entre un parent et un enfant, l’histoire fourmillant notamment de cas de relations frère-sœur par exemple.

      En l’occurrence, je réagissais aux écrits de Romain Gary qui n’a évoqué l’inceste que dans le prolongement de son affirmation du caractère platonique de sa relation avec sa mère. On est donc bien là sur le couple parent-enfant.

      "rien à voir avec un viol d’adulte sur un enfant"

      Je ne connais pas les cas d’Anaïs Nin ou de Barbara, ou si peu. Je connais en revanche, et j’y ai fait allusion dans des commentaires que, semble-t-il, tu n’a pas lus, la réalité des familles d’accueil de l’ASE (ex-DDASS). Une réalité dont j’ai eu connaissance par l’intermédiaire de l’une de mes sœurs et de son mari, assistants familiaux durant une vingtaine d’années. Dans un article de 2011 intitulé Familles d’accueil : la démagogie de Christophe Hondelatte, j’ai notamment écrit ceci :

      « la plupart des enfants placés par l’ASE en famille d’accueil sont le plus souvent meurtris par la disparition brutale de leurs parents biologiques, par un climat familial violent ou alcoolique, par le délaissement et la privation de soins, par les coups répétés, et trop souvent par les agressions sexuelles incestueuses, jusque sur des garçons et filles en bas-âge. Des enfants parfois mutiques, stressés ou apeurés, quelquefois caractériels, voire suicidaires, telle cette adolescente qui ne supportait pas le rejet affectif dont elle faisait l’objet de la part de sa mère biologique depuis la dénonciation du père violeur. Et que dire de cet autre gamin qui, malgré les précautions, est un jour revenu d’une visite chez son père incestueux avec du sang dans le slip ? »

      Ces gamins, je les ai connus personnellement. Et c’est pour avoir constaté les dégâts psychiques – parfois destructeurs – que j’ai beaucoup de mal avec les personnes comme Romain Gary qui refusent d’affronter  les conséquences de ces actes intra-familiaux, même si dans le cas de l’auteur, il convient de rapporter son propos aux consciences de son temps. 



    • Sparker Sparker 14 janvier 15:35

      @alinea

      Ben disons qu’il faudrait dire , « pédophilie incestueuse » ça serait plus précis, moins confusionnant...


  • abelard 13 janvier 12:38

    Cher Monsieur Fergus,
    Je conçois que les castors dont vous faites partie soient en ce moment très remontés, empressés de tenter de dissimuler les enjeux politiques actuels sous une épaisse couche de culpabilisation des hommes (tous violeurs) et de victimisation des femmes et des petits nenfants (tous traumatisés à vie).
    Bien...
    Mais que vous tentiez de démolir un des plus grands écrivains du XXeme siècle en faisant un spectaculaire contresens m’agace terriblement. Gary parle de son désir (absent) pour sa mère, pas l’inverse. Il refuse de condamner les relations sexuelles et d’en faire l’étalon du bien et du mal comme toutes les religions du monde. Il me semble que c’est très clair. Un écrivain va piocher dans son intimité profonde pour parler au nom de l’humanité. Ça s’appelle la sincérité.

    Bien évidemment, pour récolter des réactions, il vaut mieux s’attaquer à Gary qu’à Marc Levy... Seriez vous atteint d’une sorte de complexe d’Erostrate ? Cet infâme imbécile qui a mis le feu au temple d’Ephèse afin que son nom devienne célèbre ?
    La « promesse de l’aube » est le roman d’un amour fou, total, absolu d’une mère pour son fils... Sans AUCUNE marque d’inceste.

    Voudriez vous bien, je vous en conjure, cesser vos malheureuses tentatives de dénigrement ?
    Attaquez vous donc aux livres que vous comprenez, du style Alexandre Jardin, et foutez la paix aux artistes.


    • Fergus Fergus 13 janvier 13:57

      Bonjour, abelard

      Je vous invite à lire les commentaires que j’ai adressés à vélosolex. Vous y verrez que je n’ai cherché ni à « dénigrer » ni évidemment à « démolir » Romain Gary, auteur pour lequel j’ai un grand respect. Mais l’admiration ne dispense pas du sens critique !

      « Il refuse de condamner les relations sexuelles et d’en faire l’étalon du bien et du mal comme toutes les religions du monde »

      Libre à lui ! Libre au lecteur que j’ai été - et qu’il m’arrive d’être encore - de m’étonner de l’absence totale du moindre mot sur les jeunes victimes des incestes entre parent et enfant, même si à l’époque (1960), il s’agissait là d’un sujet que l’on éludait un peu trop facilement.

      Mais surtout l’on ne peut en aucune manière mentionner les relations sexuelles entre un parent et un enfant comme s’il s’agissait d’une pratique banale. Désolé, je ne peux vous suivre sur ce plan-là.

      Notez au sujet de cet article qu’il a été salué ce matin par deux tweets de l’AIVI, association qui œuvre pour dénoncer les actes incestueux et soutenir celles et ceux qui en sont victimes. Ces personnes-là savent de quoi l’on parle, et de quels traumatismes les relations incestueuses imposées à des enfants sont durablement porteuses. 

      J’ajoute à cela que je trouve votre premier paragraphe déplacé tant il est péremptoire et caricatural !


    • abelard 14 janvier 11:19

      @Fergus
      Prochain article de Monsieur Fergus :
      « Verlaine fait l’éloge de la masturbation féminine et de la zoophilie »
      Il recevra en soutien à sa bêtise deux tweets de la SPA...

      « Elle jouait avec sa chatte,
      Et c’était merveille de voir
      La main blanche et la blanche patte
      S’ébattre dans l’ombre du soir.

      Elle cachait - la scélérate ! -
      Sous ces mitaines de fil noir
      Ses meurtriers ongles d’agate,
      Coupants et clairs comme un rasoir... »


  • JC_Lavau JC_Lavau 14 janvier 00:03

    De nos jours, les incestués maternels ferment leur gueule. Il est interdit de dire le moindre mot du matriarcat triomphant.
    Début années septante, ils l’ouvraient, et la revue érotique de l’époque leur a ouvert plusieurs témoignages.
    Certes, ils étaient devenus des dragueurs efficaces, mais souvent aussi des maris mufles et négligents, inconscients de la réalité de leur conjointe. Ils se reconnaissaient facilement entre eux, dès le lycée.

    En soutenant oralement un mémoire de maîtrise, j’ai provoqué un scandale chez ces dames, la prof inclusivement, en n’ayant eu aucune difficulté à reconnaître la désinvolture envahissante et perverse d’un incestué maternel, chez un prédateur du Net. Il avait failli réussir à faire se défenestrer la naïve Aurore.
    http://jacques.lavau.deonto-ethique.eu/oh_loup_oiseau.pdf pages 10 et 11.
    Claudine Vacheret était furieuse que je dise candidement que le diagnostic qu’elle prétendait impossible, était facile. Et surtout, je me révélais un témoin gênant dans la stratégie de guerre sexiste de ces dames. Rendez vous compte ! Un homme qui sait que les incestes maternels existent ! Un homme qui ne partage pas leur guerre contre les boucs émissaires !


    • Philippe VERGNES 14 janvier 15:44

      @ Bonjour JC_Lavau,


      J’ai un peu de mal à vous suivre dans vos analyses sur le sujet. A vrai dire, lorsque je dis un peu de mal, c’est simplement pour marquer mon désaccord, car pour avoir lu, il y a bien longtemps, la quasi-totalité de vos textes sur le sujet - je dois donc être à ce titre celui qui vous connait le mieux sur ce site -, vos positions, tout aussi extrémistes que celles que vous combattez, éludent par un évitement d’école la répression sociales que subissent les femmes dans la plupart de nos sociétés, y compris même la nôtre. Que ne voyez-vous que justement, cet inceste maternel que vous dénoncez à juste raison, est la réponse individuelle de celles qui sont ou ont été socialement réprimées ?

      L’inceste maternel est ce que Racamier a désigné sous le néologisme d’incestuel que j’ai déjà évoqué dans ce fil de discussion. La misogynie y puise bien souvent sa source, bien que, vous concernant, ce serait plutôt le traumatisme subit qui serait facteur de votre « rancune » envers les femmes. Comme une amie l’a écrit dans un ouvrage de synthèse fort pertinent : « Lorsque le drame déjà advenu ne parvient pas au rand de souvenir, l’angoisse qu’il draine dans son sillage prolifère, le système défensif s’embrase et le sujet se recroqueville dans un narcissisme morbide et triomphant. »

      C’est ainsi que plus souvent qu’il n’y paraît, les victimes de perverses narcissiques (ou paranoïaques) ayant été « incestuées » se laissent elles-mêmes peu à peu gagner par la rancune et le mépris. Ce qui leur fera adopter les mêmes procédés pervers que ceux de leur agresseur. C’est un processus finalement plus courant qu’on ne le croit, mais vous concernant, il ne serait peut-être pas encore trop tard pour en prendre conscience. Cette guerre contre les féminazis ne rime à rien, cette perversité-là n’a pas de sexe. Il serait temps de cesser de relever le niveau en ne nourrissant plus cette immonde guerre des sexes, car elle fait les choux gras de ceux que vous dénoncez (Soros, Rothschild, Rockfeller et consorts). En agissant comme vous le faites, vous jouez leur jeu.

    • JC_Lavau JC_Lavau 14 janvier 16:30

      @Philippe VERGNES. Tu ferais un bon freudien, toi !

      Chaque fois qu’un témoignage précis et documenté dénonce l’un des crimes qui sont au pouvoir, tu te précipites à disqualifier le témoin gênant : « Oh ! Mais c’est votre inconscient ! Et je connais votre inconscient bien mieux que vous-même ! Puisque moi j’ai le jargon de la secte... ».


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