jeudi 18 avril - par Bernard Dugué

Un surdoué n’est pas forcément un génie ni un visionnaire

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 Dès que l’on évoque les surdoués, l’opinion pense au génie. Or, ces deux caractères de l’esprit humain sont en vérité très différents. Schopenhauer nous aide à y voir plus clair. Il définit l’homme de talent comme celui qui fait quelque chose que les autres ne peuvent pas réaliser ou du moins, avec autant de précision et perfection. En revanche, le génie est celui qui voit quelque chose qui échappe aux autres. Mais quelle est cette vision ? Dans son journal, Mircea Eliade raconte une visite d’un musée avec son compatriote Lupasco qui ne voit pas les mêmes choses en regardant une toile de maître ; il affirme alors que si Lupasco ne voit pas ces choses, ce n’est pas parce qu’elles n’y sont pas mais parce qu’il ne les voit pas. Ce don de vision est étranger à la surdouance, bien que certains surdoués puissent en disposer.

 

 En suivant Schopenhauer, on pourrait dire d’un élève surdoué qu’il est capable de réaliser à dix ans ce qui est en moyenne accessible à un adolescent de 15 ans. Les surdoués sont évalués avec des tests de QI qui ne sont pas très adaptés pour déceler les capacités du visionnaire. Ces tests détectent essentiellement l’aptitude à résoudre des problèmes ou des énigmes. Le test de QI consiste à répondre à des questions. Alors qu’en revanche, le visionnaire est celui qui parvient à poser des questions échappant à la perspicacité ordinaire parce qu’il voit plus loin. Le surdoué voit plus près, il réunit les pièces d’un puzzle et les assemble plus vite que les autres. C’est pour cette raison qu’il est recherché dans des établissements nécessitant une capacité à réfléchir sur des tâches complexes et proposer des solutions, dans la recherche, l’ingéniering, le numérique, le conseil, la publicité. Le surdoué est en règle générale un individu capable de manipuler les objets formels en disposant de surcroît d’aptitudes logiques, analogiques et d’un cerveau capable de résoudre des problèmes dont la solution est modélisable par un calcul.

 

 Les gens talentueux et surdoués sont aussi représentés dans des activités nécessitant l’appui des mécanismes corporels et pas seulement formels. Parmi les musiciens, acteurs, peintres, sportifs de haut niveau, artisans, on trouvera des individus dont le talent est remarquable et remarqué du reste. Les talentueux sont appréciés dans les établissements dès lors qu’ils confèrent un avantage concurrentiel aux yeux de leurs employeurs. L’envers de la médaille, c’est que les surdoués sont parfois enviés et jalousés par leurs pairs moins talentueux, ce qui ne facilite pas leur intégration, surtout à notre époque où l’on a placé les individus en concurrence et dans laquelle règnent le narcissisme et les travers du désir mimétique.

 

 Le type génial ou visionnaire est dans une autre situation. Son esprit agile diverge souvent et finit par se perdre dans les rêveries, la contemplation, ou alors sombre dans une sortie de folie, risquant la psychose si les amortisseurs rationnels ne fonctionnent plus. Les visionnaires mal consolidés ont parfois fini par rejoindre des sectes, les plus habiles en ont fondé quelque unes. La sensibilité visionnaire capte (voire produit) bien plus de choses que la perception ordinaire avec ses nécessités pour avancer dans le monde, gérer le quotidien, exercer une profession. Heureusement, les « visions » sont souvent intermittentes et peuvent être mises de côté pour mener une vie « normale ». Les visionnaires finissent par ouvrir des voies ou comprendre le monde mais peu réussissent à produire des œuvres remarquables et abouties.

 

 La réalisation d’une œuvre est ce qui sépare le visionnaire du génie qui lui, parvient à transcrire en formules, images, récits, discours, ce qu’il a vu. Le génie doit mobiliser des capacités que l’on trouve chez l’homme de talent et le surdoué.

 

 En gravité quantique, la dualité AdS/CFT, ou jauge/gravité, est l’un des résultats les plus fameux obtenus par le surdoué de la physique théorique, Juan Maldacena. Un autre surdoué dans ce domaine, Joseph Polchinski, admet que nous ne savons pas ce que signifie cette dualité : « ce résultat a beaucoup intrigué les physiciens alors que d’autres n’y accordent pas une importance particulière mais pour ceux qui s’y intéressent, l’énigme persiste et comme l’a noté Joseph Polchinski dans une revue, cette dualité laisse supposer que la Nature l’utilise mais sans que l’on sache exactement comment et à quelle réalité physique elle correspond. Pourtant, il suffit de relier… » (B. Dugué, non publié, 2014). Etre visionnaire c’est voir plus loin, comme le fit Einstein qui comprit rapidement comment les formules mathématiques d’espace-temps de Poincaré et Lorentz collaient avec une signification physique : La nature utilise les transformations de Lorentz et Poincaré. Mais ne nous savons pas si la nature utilise la dualité AdS/CFT, enfin, certains ont une idée sur la question…

 

 Newton était un génie. Le XIXe siècle fut traversé par quelques philosophes et savants ayant vu des choses cachées à la conscience ordinaire. Le poète Heine en fut, lui qui avait compris mieux que nos professeurs d’université le fond de la pensée germanique, avec ses hérauts philosophes, Kant, Fichte, Hegel, Schelling. Heine comprit le lien entre l’âme germanique et Luther ; puis le goût pour un occultisme panthéiste dont l’issue funeste en 1930 fut annoncée dès 1850. Génial, il fallait l’être comme Darwin pour concevoir que la diversité des espèces animales s’explique par un lent processus de transformation dépendant des conditions naturelles. Einstein, autre génie bien connu, a su utiliser le principe du champ pour établir la cosmologie relativiste. Heidegger fut visionnaire en reformulant la question de l’être puis en la prolongeant par la philosophie de l’Ereignis (publiée à titre posthume dans les apports à la philosophie, conformément aux souhaits de l’auteur). Ereignis (terme mal traduit en français par avenance) signifie clairvoyance, avènement d’un point de vue inédit qui se découvre (déclosion) ; les « choses » se révèlent. La science contemporaine et la pensée du XXe siècle ont connu d’autres génies, Dirac, Sakharov, Eliade, Scholem, Corbin. On en trouve autant dans les genres littéraires qu’en science, sans oublier quelques artistes, Pink Floyd, Edgard Froese, Robert Fripp. Le visionnaire est souvent un gnostique, il lit dans un texte ce qui échappe au commun, ou alors lit dans l’univers ce qui est indicible et invisible aux regards ordinaires. Il accès à l’essentiel, aux symboles.

 

 A notre époque, les génies ont déserté le monde, ou alors ils se sont cachés. Le visionnaire, souvent solitaire, est suspect à l’ère de la transparence, du collaboratif, du co-construire, du co-working dans les tiers-lieux de la société des start-up. Les visionnaires ont-ils un avenir ? Oui si l’on convient qu’aucune des grandes énigmes n’a été résolue. Depuis la gravité quantique jusqu’à l’explication de la conscience en passant par les origines de la vie, la spéciation, l’apparition de l’homme civilisé, sans oublier les « phénomènes spirituels étranges », guérisons, magnétisme, prémonition, expériences de mort imminentes. Les traités savants édités par des experts pour les spécialistes ou le grand public sont plongés dans ces énigmes, voire ces mystères, mais ils restent englués dans les cadres conventionnels hérités de l’objectivisme moderne, du mécanisme et même d’une pensée complexe et systémique devenue une impasse (ontologique). Les phénomènes échappant à la science sont souvent présentés dans des livres atypiques classés dans le new-age ou l’ésotérisme.

 

 Les génies des siècles passés ont permis l’avènement d’un monde technocosmique dans lequel les gens habiles réussissent et captent les ressources matérielles. Que se passerait-il si les visionnaires prenaient l’ascendant ? La société en tirerait sans doute un bénéfice spirituel, un horizon de vie, mais les actionneurs du système verraient peut-être leurs intérêts menacés. Admettons qu’un génie trouve le moyen de guérir les cancers. Que ferait le corps médical ? Le système de santé repose sur le marché des soins. Si les gens dont guéris, ils n’ont plus besoin de soins et pour le système, finis les soins se traduit par adieu les sous ! Si les gens trouvaient leur bonheur dans la contemplation et la culture du jardin d’Epicure, plus de sous pour les employés et directeurs des parcs de loisir, pour les producteurs de show télévisés et autres séries captant le temps de cerveau. Revenons sur terre, la guérison n’est pas à l’ordre du jour et sans doute impossible, comme le bonheur du reste. Faute de guérison, on se contentera de soins que l’on développera avec soin, faute de bonheur, on plongera dans l’univers des divertissements que l’on appréciera avec plaisir.

 

 Les visionnaires avancent à l’aveugle et c’est ce qui fait leur avantage face aux doués qui œuvrent en étant éclairés par la lumière du lampadaire. Parfois, un phénomène se produit dans la pénombre. Si un surdoué ou un visionnaire est dans le champ de vision, il allume un lampadaire et le phénomène devient clair. Nous appellerons cet événement la sérendipité.

 

 En parcourant la littérature scientifique de notre époque, on devrait certainement trouver des écrits visionnaires, en physique, en biologie, en métaphysique. Je ne sais pas si c’est par manque de temps, de curiosité ou par, ignorance, malveillance, des essais présentant des considérations inédites sur le monde n’ont pas de recensions dans les médias pour public instruit, ni un accueil auprès des scientifiques. Si la curiosité vous tente, jetez un œil sur ces deux essais… vous y trouverez peut-être un nouveau regard sur la matière, le cosmos, la nature, la vie, les sociétés.

 

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40 réactions


  • Bachi Bouzouk Chantecler 18 avril 10:12

    « Il en est du génie comme de ces plantes auxquelles diverses conditions de milieu se trouvent nécessaires pour germer et porter du fruit. Les circonstances ne le créent pas, mais elles seules lui permettent de se développer. Voilà pourquoi certaines époques apparaissent si fécondes en beaux esprits, tandis que tant d’autres s’en montrent totalement dépourvues. « 

    Hyacinthe de Charencey

    Les esquisses et sentences (1891)


    • Paul Leleu 20 avril 23:16

      @Chantecler

      tout à fait... notre époque est néfaste pour les génies... l’horizontalisme maniaque et sectaire cultivé par les libertaires et les libéraux détruit la société...

      le génie est vertical et a-démocratique par définition... les médiocres qui gueulent sur tout ne peuvent pas changer cette cinglante réalité...

      dans la négation du génie, libertaires et libéraux communient...


  •  Christian Deschamps Christian 18 avril 11:57

    L auteur

    La tradition conseil de garder ses distances avec les génies tel que vous à priori.

    je me sens naturellement mieux avec les visionnaires mystérieux et spirituel.

    bien a vous


  • Carine Carine 18 avril 12:20

    Bonjour Monsieur Dugué,
    Merci pour cet article éclairant.
    Je souhaiterais formuler une requête en toute humilité et sans aucune obligation de votre part : serait-il possible de remplacer un terme ou deux parmi ceux qui sont souvent interprétés comme purement masculins par un grand nombre de personnes, par des termes plus généraux. Par exemple « celui » -> « celui (ou celle) » après votre référence à Schopenhauer ferait d’emblée comprendre au lecteur qu’il s’agit de l’un ou l’autre sexe, sans alourdir pour autant le texte.
    Je tiens à demander cela car en tant que femme un peu loin des stéréotypes habituels (plus de goût pour les sciences que pour les chiffons...), j’ai constaté encore et encore un aveuglement voire un déni des collègues (hommes ou femmes d’ailleurs) que j’ai pu cotoyer, sans parler des conséquences plus ou moins graves sur mon parcours.
    Or un texte sur les surdoués, les plus talentueux, les génies, fait à mon avis partie des textes qui peuvent renforcer cet aveuglement, ou au contraire ouvrir un peu l’esprit du lecteur à ce sujet, selon la façon dont les choses sont formulées.
    Merci de m’avoir lue et merci au cas où vous prendriez en compte cette demande, ou pour votre réponse.
    C


  • Emohtaryp Emohtaryp 18 avril 14:51

    Marrant, vous êtes venu ici même il y deux ans nous glorifier d’un soit disant « surdoué et génie » .....de l’enfumage, on sait maintenant ce qu’il en est véritablement......

    Votre intuition ne semble pas vraiment être ce que vous prétendez qu’elle soit....pour le « génie visionnaire », vous repasserez ! smiley


  • Albert123 18 avril 15:43

    « Si un surdoué ou un visionnaire est dans le champ de vision, il allume un lampadaire et le phénomène devient clair. Nous appellerons cet événement la sérendipité. »


    non du tout, 


    la sérenpidité est le fait de réaliser une découverte scientifique ou une invention technique de façon inattendue à la suite d’un concours de circonstances fortuites et très souvent dans le cadre d’une recherche concernant un autre sujet.


    c’est certainement en raison d’un travers narcissique que vous accolez cette notion à celle du surdoué et / ou du visionnaire, mais le définition du terme n’implique en rien cette connexion, définition qui, à juste titre, décrit avant tout une action et non que le type de personne qui serait le plus enclin à le réaliser.


    le même travers narcissique qui pousse une commentatrice au dessus à vous faire une demande d’écriture exclusive (et non inclusive comme le prétendent les défenseurs de cette barbarie moderne qui ont tous le même défaut : celui d’inverser les choses pour les rendre sciemment incompréhensibles), ce qui rendrait vos textes somme toute assez agréables à lire en bouillie insupportable hormis pour les plus hystériques des femellistes.


    Les autres ayant très bien compris depuis très longtemps qu’en français le féminin est inclus de facto dans le masculin sans que cela soit perçut comme un insoutenable affront.

    un exemple très connu de sérenpidité :


    « Roy Plunkett, jeune chimiste dans les laboratoires de DuPont, cherchait un réfrigérant supérieur au fréon. Il trouve un anti-adhésif


    Le 6 avril 1938, Roy Plunkett (28 ans) vérifie une des bouteilles en acier tenues dans la glace contenant, congelé et comprimé, 45 kg de tétrafluoroéthylène (TFE), un gaz utilisé dans la production de liquides réfrigérants comme le Freon. 
    En ouvrant la bouteille dans le but d’en prélever une partie pour une chlorination, Plunkett s’aperçut que rien n’en sortait. En vérifiant la cause de cela, il s’aperçut qu’une poudre blanchatre s’était formée, et que celle-ci n’adhérait pas au récipient.
    Le tétrafluoroéthylène du récipient — catalysé par l’acier de la bouteille — s’était polymérisé en poly-tétrafluoroéthylène (PTFE) (qui sera baptisé plus tard « Teflon »), un solide cireux aux propriétés étonnantes telles la résistance à la corrosion, une très, très faible friction de surface et une grande résistance à la chaleur »


    Notez que Plunkett n’est pas décrit comme étant un génie, un surdoué ou un visionnaire mais très humblement et comme il se doit en tant qu’ingénieur chimiste, ni plus ni moins.


    on est bien loin du nombrilisme maladif, de la pathologie narcissique et de la crise identitaire qui façonnent la psyché de nos contemporains


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 19 avril 09:52

      @Albert123
      Vous avez tronqué le texte pour le plier à votre critique. Ma définition de la sérendipité est exacte, elle associe un phénomène inattendu et son interprétation, ce qui suppose un don pour voir et lui donner une explication ou formuler une hypothèse, par exemple Flemming et la pénicilline. La plupart des laborantins auraient jeté la boite de Pétri à la poubelle. 


    • Albert123 19 avril 16:28

      @Bernard Dugué

      alors ne tronquons pas votre prose, cela n’y change rien

      « Les visionnaires avancent à l’aveugle et c’est ce qui fait leur avantage face aux doués qui œuvrent en étant éclairés par la lumière du lampadaire. Parfois, un phénomène se produit dans la pénombre. Si un surdoué ou un visionnaire est dans le champ de vision, il allume un lampadaire et le phénomène devient clair. Nous appellerons cet événement la sérendipité ».

      la définition de la sérendipité ne stipule en rien la nature de l’individu qui en tire parti, ne vous en déplaise.

      la sérenpidité est avant tout le fruit d’un hasard lié à un travail acharné et non celui d’une catégorie d’individu prédestinés à en recevoir les bénéfices comme vous l’exprimez.

      il manque ici l’humilité qui distingue les grands des misérables, misérables qui ne sont pas capables de produire autre chose que des concepts aussi fumeux que celui du peuple élu ou de la race aryenne.

      c’est quand on commence à se croire supérieur aux autres qu’il faut envisager une bonne douche froide.


  • Taverne Taverne 18 avril 16:45

    Il n’existe pas encore de géninomètre. Et, pour en créer un, il faudrait un génie.


  • ppazer ppazer 18 avril 17:02

    « surdoué », je ne sais pas trop ce que ça veut dire. En fait, un peu tout et n’importe quoi.

    En revanche, être ce que l’on appelle « Haut Potentiel » (HP), c’est bien avoir un potentiel, et non une capacité.

    Soyons clairs, avant d’être une chose que Monsieur « tout le monde » va comprendre comme étant formidable, c’est à prendre comme un handicap.

    Chez ces personnes la façon de penser, souvent dite « arborescente », n’est pas commune, elle dénote et peut faire peur. Les apprentissages, rapides et parfois désordonnés en apparence, sont en décallage avec la maturité. En somme, on n’est pas dans le cadre du reste de la société, et les structures sociales (je pense en particulier à l’éducation nationale), qui sont conçues pour s’occuper industriellement de la masse, se révèlent particulièrement inadaptées. Un HP qui n’est pas pris en charge comme il se doit ne verra donc pas son potentiel s’exprimer, au contraire cela le pénalise : il a tous les risques de mal tourner.

    Une prise en charge de ces profils, c’est comme prendre en charge un handicap : cela nécessite le recours à des dispositifs adaptés (par exemple une école Montessori), et ça coûte très cher. Or tout le monde soit n’en est pas conscient, soit n’a pas les capacités d’assumer cela. Raison pour laquelle bon nombre de HP sont des êtres en souffrance, et ne deviennent ni génie ni visionnaire.

    L’éducation nationale a cet avantage de permettre à tous l’accès à l’enseignement (même si il y a beaucoup de choses à critiquer quant aux programmes et aux pédagogies mises en oeuvre). La contrepartie, c’est qu’elle s’adresse à 90% de la population, et laisse 10% sur le côté, surtout en ces temps de réduction de la dépense publique, ce qui empêche le développement d’approches plus spécialisées.

    Le HP ne nait pas génie ou visionnaire, il le devient (éventuellement) si il est confronté à un environnement qui le lui permet.


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 19 avril 09:54

      @ppazer
      En effet, être HPI est plutôt un handicap. On ne se sent pas à sa place dans une routine. Il faut se mettre en chemin et devenir génie, comme aurait dit Nietzsche. De chameau, devenir lion puis jeune professeur, en compagnie du serpent et de l’aigle. 


    • Mordicul 20 avril 11:36

      @ppazer

      Le HP ne nait pas génie ou visionnaire, il le devient (éventuellement) si il est confronté à un environnement qui le lui permet.

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      Oui....éventuellement ! Notre société perçois très mal les hauts potentiels qui de surcroit ont souvent et selon leurs personnalités, un mode de fonctionnement qui dérange et qui est mal compris. Alors ils se fabriquent un faux moi pour éviter les problèmes relationnels avec les autres. Ils se cachent pour répondre à l’adage « pour vivre heureux etc ».
      Beaucoup n’ont pas de grand diplômes et n’accèdent pas aux hautes fonctions. La primauté dans notre société est donné aux diplômés même si en grande partie certains n’ont aucun talent si ce n’est de recracher les diverses formules apprises sur les bancs du conditionne.... oups.. ! de l’éducation nationale.

      Un potentiel reste un potentiel, c’est à dire rien tant qu’on n’en fait rien. Et dans un contexte de concurrences effrénées ou chacun à été formé pour surpasser l’autre coute que coute et avec toutes les armes d’une société belliqueuse dans ce domaine, le HP ira se faire voir ailleurs, au calme parce qu’il se refusera aux bassesses demandées dans le milieu du travail parce que le prix à payer n’en vaut pas la chandelle. Surtout qu’être HP s’accompagne de sensibilités qui sont autant un cadeau qu’un vrai fardeau dans le monde des winners aux dents longues qui ne reculeront devant rien jusqu’à se perdre tellement leur vision est courte.

      Dans ce contexte ou le HP est presque traité comme anormaux souffrant d’une pathologie encombrante même par des professionnels de la psychologie, on est en droit de se demander s’il y a des gens compétents dans la salle.

      Groupement Associatif Pour les Personnes Encombrées de Sur-efficience Mentale.

      Personnellement , je crois que c’est toutes notre conception sur l’intelligence et les moyens de l’identifié qui est à revoir. Et même si cela était fait, je ne crois pas que les gens sont prêt à changer de paradigme pour l’instant. Cela fait déjà plus d’un siècle que le test de QI bénéficie d’une notoriété usurpé pour dé-nominé les capacités intellectuels des humains alors qu’un grand nombre de spécialistes dénoncent ses failles depuis les découvertes sur l’intelligence faites au cour du vingtième siècle. Notamment les travaux sur une période de 30 années de David Goleman sur l’intelligence émotionnel mesuré par des test de QE (quotient émotionnel).

      Le HP s’épanouit très peu ou pas longtemps dans le monde du travail ou crocodiles, sangsues, parasites, jaloux, envieux etc. s’évertuent à gravir la montagne de cadavres des gens qu’ils tuent (virtuellement et parfois sans doute physiquement) pour se faire une place au sommet de ce château de cartes d’une pseudo réussite comme aiment à le dire ceux qui croient à cette chimère.
      C’est pourquoi beaucoup de HP sont en souffrance et se réfugient dans la solitude qu’ils affectionnent particulièrement. Ils choisiront pour certain d’autres voix comme l’art, la musique, le bricolage pro etc., du moment ou ils peuvent s’épanouir dans la paix et la quiétude dont il ont besoin. D’autres fuiront par le suicide malheureusement, ne trouvant aucune place dans un monde ou ils ne se reconnaissent pas.




  • Paul Leleu 18 avril 18:16

    « A notre époque, les génies ont déserté le monde, ou alors ils se sont cachés. Le visionnaire, souvent solitaire, est suspect à l’ère de la transparence, du collaboratif, du co-construire, du co-working dans les tiers-lieux de la société des start-up. Les visionnaires ont-ils un avenir ? Oui si l’on convient qu’aucune des grandes énigmes n’a été résolue. »

    tout à fait... mais il existe des visionnaires d’un nouveau type comme Macron, Zuckerberg, Xi, Hanouna, ou Trump... ils ont compris que les êtres humains ne désirent pas être libres, et que celui qui leur propose une prison politiquement correcte, sera adulté par les masses.

    L’art par exemple est haï par les gilets-jaunes, les bobos et les anarchistes. L’art est fondamentalement anti-démocratique. Il est artistrocratique par essence, puisque c’est bien la quête du meilleur qui est sa base. On a essayé d’inventer un art « moderne » ou encore « populaire », en accord avec les lubies démocratiques, et ça a donné ce qu’on connait.


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 19 avril 09:56

      @Paul Leleu
      Tout à fait, d’ailleurs les génies savent se reconnaître entre eux. N’est-ce pas le génie de la longévité Michel Drucker qui a dit de Hanouna qu’il est un génie de la télévision


    • JL JL 19 avril 10:16

      @Bernard Dugué
       
      « Le propre du génie est de fournir des idées aux crétins une vingtaine d’années plus tard »
       
       Si Louis Aragon à dit vrai, alors il y a tout lieu de craindre que Michel Drucker ait fait une prédiction apocalyptique en voyant dans Hanouna un génie de la télévision !


    • Taverne Taverne 19 avril 11:08

      @JL

      Aragon ? De quelles idées s’agit-il ? Celles dont se faisait le chantre avec les chefs du parti communiste français et dont toute déviation était motif de censure et d’exclusion ? Alors, ces idées-là effectivement qui niaient les crimes staliniens même devant les faits ! auraient pu produire des générations de crétins. Fort heureusement, sa prédiction ne s’est pas réalisée comme il l’espérait.


    • JL JL 19 avril 11:41

      @Taverne
       
       Aragon, auteur de ma citation ci-dessus : « Le propre du génie est de fournir des idées aux crétins une vingtaine d’années plus tard »

       
      Désolé que cette maladresse vous ait entrainé à écrire ici des choses malvenues et hors sujet.


    • Florian Mazé Florian Mazé 21 avril 13:37

      @Paul Leleu D’accord avec vous sur ce point : le vrai art est aristocratique, et par définition. D’une manière générale, le vrai art, c’est-à-dire le vrai Beau est aristocratique, comme le vrai Bien et le vrai Vrai.


    • Kostic 16 mai 17:24

      @Paul Leleu Considérations inquiétantes. Point.


    • Kostic 16 mai 17:26

      @Florian Mazé Crise d’égotisme. Point.


  • L'enfoiré L’enfoiré 18 avril 18:50

    Bonjour Bernard et les commentateurs,

     Tout ce que j’ai lu dans cet article, est tout à fait vrai.

     Le génie, c’est celui qui devant un problème apparemment insoluble trouve la solution la plus simpliste, la plus rentable. L’œuf de Colomb, par exemple.

     Pas question d’avoir des compétences, des diplômes en série pour cela.

     S’il faut compter sur cela, l’homme est toujours perdant par rapport aux machines.

     L’intelligence du génie, c’est celui qui extrapole l’instruction qu’il a reçu.

     Samedi dernier, après sa lecture, j’ai résumé le livre du Dr Alexandre dans deux articles, « La guerre des intelligences ».

     Il a été averti, mais je n’ai pas encore reçu un retour de sapart sur l’investissement.

     


  • JL JL 18 avril 18:55

    Il y génie et génie :

     

    « Le génie du capitalisme consiste justement dans son manque de moralité. Par définition, le capitaliste ne peut pas se permettre de se fier à autre chose qu’aux résultats financiers ». Lewis H. Lapham - Rédacteur en chef de Harpers, New York

     

     « Le génie ne supporte rien plus impatiemment que la médiocrité » (Stefan Zweig, « Fouché »)


  • Larry Bird Larry Bird 18 avril 19:23

    « Personne ne dispose des outils philosophiques complets pour expliquer le phénomène Macron. La plupart s’expriment en affichant des préjugés, des fantasmes, des obsessions, des jugements partisans, bref, tout ce qui éloigne de la clarté en obscurcissant l’intelligence des choses. Que d’idioties lues sur les réseaux sociaux et les médias citoyens. L’ignorant de l’ère numérique transposé au début du 19ème siècle [...] Les ignorants ont vu chez Macron le candidat des banques, du système, ou alors une marionnette fabriquée par les médias au service du néo-libéralisme. C’est la marque du populisme qui refuse d’entrer dans la complexité des choses et se repaît de jugements simplistes. » Bernard Dugué, mai 2017.

    « Heureusement, les « visions » sont souvent intermittentes et peuvent être mises de côté pour mener une vie « normale ». »

    Lol.


  • Taverne Taverne 19 avril 10:14

    J’en connais un, moi, un génie. Il décide de tout tout seul tant il est génial :

    Tiens ! Je vais supprimer l’ENA ! Signé. Promulgué. Hop !

    Heu...Tiens ! Je vais exiger la reconstruction de Notre-Dame en cinq ans, ce qui forcera à la rebâtir selon mes goûts. Signé. Promulgué. Hop !

    Et puis encore, voyons... Tiens ! J’allonge la durée de travail des Français. Certes les caisse de retraite débordent, certes les séniors sont presque tous au chômage mais un vrai génie sait passer outre de si plates considérations : Signé. Promulgué. Hop !

    Tiens ! Et si je virais un ou deux préfets, un chef d’armée !

    On n’arrête pas un génie.


    • JL JL 19 avril 10:19

      @Taverne
       
       la politique c’est le royaume des génies ratés, puisque qu’en la matière une absurdité n’est pas on obstacle.


    • Taverne Taverne 19 avril 10:58

      @JL

      Non seulement l’absurdité dans ce monde-là n’est pas un obstacle mais c’est même un marche-pied ! Elle est un socle de certitude qui rend plus ferme le pas du génie, lequel peut clamer alors « je n’en dévierai pas », « je ne changerai pas de cap ! »


    • L'enfoiré L’enfoiré 21 avril 18:08

      @Taverne
      Le génie plane, c’est un drone qui ne comprend pas les problèmes sur le plancher des vaches et des vachers.
      Quelques fois, on parle d’autisme asperger.
      Einstein devait l’être mais cet état n’était pas encore connu à son époque.


  • velosolex velosolex 19 avril 10:18

    Le génie est évident, sidérant. Il échappe au sens commun, et à la compréhension des maitres, dont il lamine le travail théorique, pour trouver de suite une voix nouvelle, comme un alpiniste ailé trouve d’instinct les prises que les autres trouvaient impossibles. Il est si lumineux que son image n’a guère évolué depuis des siècles. Sa rareté en fait une icône, qui touche au météore, et au guitar héros. Car le cuistre souvent a des malices, des pieds de nez, et a le culot d’êre aussi à l’aise dans des disciplines très différentes. Je pense à Pascal, et à Wingenstein, inventant des concepts en maths en philosophie en musique. Wingenstein qui disait que l’impossibilité de trouver une solution devait amener à envisager le problème d’une autre façon. D’un certain coté les génies n’ont jamais renoncé à l’enfance, car tout enfant est génial en essence, à cette soif de découverte et de questionnements. Comme Hawkins leur lumière intérieure est si grande qu’ils transcendent la gravitation des corps. 

    Les surdoués me semblent à coté des intriguant, des besogneux, des fruits de l’époque, avides de titres, de distinction et de diplôme, jaloux d’une particule qui les séparera du vulgaire. Cette qualité de surdoué vient comme pour les camembert d’un concours d’agriculture discutable, pour lesquels ils se sont souvent préparés, ainsi que leurs parents. Car l’ombre parentale est omniprésente dans l’émergence du surdoué, divinisé par la rencontre du révélateur qu’il faut simplement trouver, ou de l’exercice qu’il lui faut faire répéter pour en faire une bête de cirque.


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 19 avril 10:35

      @velosolex L’image de l’alpiniste convient parfaitement. Le génie gravit la montagne parce qu’il voit les sommets à travers les brumes, alors que les doués restent dans la vallée éclairée et prospère en verdure. Dans la montagne l’oxygène se fait rare. Newton était physicien, mathématicien, inventant le calcul différentiel en même temps qu’un autre génie, Leibniz. Il était alchimiste mais aussi théologien et accessoirement politicien


    • velosolex velosolex 19 avril 16:00

      @Bernard Dugué
      Il y a sans doute un domaine inaccessible à l’entêtement du commun, c’est celui de l’escalier invisible, au delà des sommets, que seuls quelques élus distinguent, ou du moins en ont l’intuition, à un certain moment.
      L’oxygène y est rare, comme vous dites. C’est le domaine de l’esprit pur. Et ces génies ne plantent pas de drapeau. Souvent ils restent modestes, conscients de n’avoir franchi qu’une porte. 
      Einstein disait qu’il était sûr de l’infini de deux choses : Celui de l’infini, et l’autre, de la connerie humaine. Mais pour l’infini, il n’en était pas tout à fait sûr.


  • Raymond75 19 avril 10:41

    Les surdoués comme moi sont toujours incompris des masses ignorantes et jalouses ... Voyez vous, c’est notre destin, mais nous l’acceptons.


  • Taverne Taverne 19 avril 11:12

    Le génie, c’est surfait.

    Le génie n’est rien qu’une étincelle. Chez certains, comme Hugo, Mozart ou Shakespeare, cette étincelle durait ou pouvait rejaillir plusieurs fois, voilà tout.


    • JL JL 19 avril 11:43

      @Taverne
       
       « Sans technique un don n’est rien qu’une sale manie » Brassens
       
       Le génie, une étincelle ? Au moins, on ne pas peut reprocher à Hugo, Mozart, Shakespeare d’avoir eu un poil dans la main !
       
       


    • velosolex velosolex 19 avril 16:26

      @Taverne
      L’étincelle ? Certains beaux briquets n’arrivent pas en produire une susceptible d’allumer un feu. C’est pas très mécanique cette histoire. Et heureusement ! 
      On élève pas les génies, , comme on le fait pour les tomates. Quoique Mozart et Beethoven avaient le bon pedigree, fils de maîtres de musique.
      En essence, on peut supposer que les graines de génies sont nombreuses, mais que l’expérience ne permet qu’à quelques uns de s’épanouir.
      N’oublions donc pas l’importance du climat, mais aussi du jardinier. Certains pédagogues ont la main verte, d’autres la main noire : Ils ont le pouvoir d’orienter en passion ou en dégout n’importe quelle matière.
      Qu’un élève rencontre la bonne personne peut changer la marche de l’humanité. Mais la logique des causes unique a ses limites ; Le génie peut se développer de l’accident de parcours, d’une greffe sauvage, comme chez Darwin.
      Il y a grand besoin des gens venant d’ailleurs, pour posséder ce regard nouveau, inconnu des académies. Comme dans la nature, il faut faire l’éloge de la diversité, des mélanges, et des émulations. 


    • JL JL 20 avril 08:47

      @Taverne,
       
      L’étincelle ce n’est rien quand il n’y a pas de poudre. Le génie c’est pas grand chose, le travail c’est tout.


    • L'enfoiré L’enfoiré 21 avril 18:10

      @JL
      Et avant le travail, la réflexion pour trouver le moyen de faire le moins possible de travail dans le sens originel du mot


  • Julot_Fr 19 avril 13:12

    Tout cela s’explique avec Myer Briggs (Jung) theorie stipulant 4 parametres pour definir une personnalite :

    .Intre/Extraverti

    . aquisition info : iNtuitif / utilisation de Sens

    . decision : Feeling / Thinking

    . organisation : P (desordonne) / J (ordonne)

    Les N iNtuitif seront les soit disant genie, les S (Sensing) seront les soit disant surdoues.

    Je sais pour etre xNTx que nous somme discrimines dans le monde du travail, l’accent etant mis sur « l’esprit d’equipe »... ceci etant biensur afin d’eviter aux personne capable de denoncer la pouriture du systeme d’arriver aux echelons decisionnaires... le cout a payer etant la mediocrite de l’occident : vous avez qu’a voir les echecs des dernier developpement militaire US.. et celui du dernier Boeing..


  • Norbert 21 avril 10:20

    Bon, vous n’êtes pas visionnaire d’accord, mais avez-vous envisagé la possibilité que vous n’êtes pas non plus surdoué ?


  • Florian Mazé Florian Mazé 21 avril 13:28

    Très bon article, mais je résumerais volontiers les choses de manière plus simple. Je crois qu’il existe deux types d’hommes : le clairvoyant et l’aveugle. Certains clairvoyants sont surdoués, talentueux, géniaux, mais ils peuvent être également complètement illettrés. Du côté des aveugles, c’est la même chose : il y a des aveugles de haut niveau et des aveugles de bas niveau. En définitive, c’est Platon qui avait raison. Il y a ceux qui sortent de la caverne, quels que soient leurs défauts, et ceux qui s’y enferment, quelles que soient leurs qualités. L’aveugle, pour le philosophe espagnol Ortega y Gasset, c’est à peu près la même chose que l’homme-masse. Et Ortega avait bien précisé que l’homme-masse peut être un lettré ou un scientifique aussi bien qu’un analphabète. Il n’y a pas de règle en la matière. Du reste, l’Évangile dit aussi : la vérité vous rendra libre. Il s’agit bien de la vérité, et non d’un niveau d’instruction qui, même élevé, est compatible avec la bêtise et l’aveuglement.


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