Commentaire de esperantulo
sur Les Français sont nuls en langues ?


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Hermes esperantulo 6 février 2008 21:36

vla un vieux commentaire provenant d’un des articles de kroko

 

"Article interressant, l’explication de la différence entre B1 et B2 est laborieuse, mais c’est normal car elle est très difficile a appréhender, si l’on n’a pas eu l’occasion de pratiquer au moins une langue étrangère en immersion totale. (par exemple aller faire ses courses seul au Sainsbury du coin en Grande-Bretagne est un bon test pour l’Anglais).

L’article montre très bien qu’il est illusoire d’espérer du système scolaire qu’il forme les gens au delà du niveau B1.

Le niveau B1 est à mon avis le maximum que l’on peut atteindre sans immersion. Et encore, c’est pas sur, il faut commencer suffisemment tôt. Plus on est jeune, plus c’est facile d’apprendre une langue, l’age idéal pour apprendre une langue c’est entre 3 et 7 ans parait-il.

Je peux aussi témoigner de mon expérience personnelle dans plusieurs langues pour illustrer les différents niveaux du CECRL. Je connais ce CECRL depuis 3 ans, nous l’utilisons dans une association où je prends des cours du soir pour évaluer notre niveau.

J’ai eu la chance de commencer l’Anglais en école primaire, et grace à cette avance, j’ai toujours été dans les premiers de la classe en Anglais. J’ai passé avec succès le Bac en Anglais sans révision (j’ai fait l’impasse) et sans jamais avoir eu besoin de réellement travailler. Je croyais avoir un très bon niveau, mais en réalité j’étais au niveau B1.

Par la suite, après plusieurs mois en Angleterre, et puis une année scolaire au Pays de Galles, j’ai enfin atteint un niveau plus correct, qui correspond à B2 dans le CECRL.

Même en immersion il faut plusieurs mois et du travail pour passer de B1 à B2. Pourtant au niveau B2 on ne maitrise pas parfaitement la langue, ça permet de vivre la vie de tout les jour, mais c’est impossible de se faire passer pour un local, en moins d’une minute on est repéré en raison d’un accent prononcé.

Pour avoir beaucoup lu (De "Bilbo the Hobbit" à de la documentation technique, en passant par les règles de D&D en VO), je pense que je peux prétendre au niveau C1 à l’écrit en Anglais, mais je sais que je n’arriverais pas à atteindre le niveau C1 à l’oral, si je ne retourne pas vivre longtemps dans un pays Anglophone. Même en lisant facilement la majorité des textes en Anglais, je sais que je suis très loin du niveau C2 à l’écrit, car je n’ai jamais réussi à lire en entier "The Silmarion" de JRR Tolien.

En LV2 j’ai appris l’Allemand. En 1996, dernière année où j’ai appris l’Allemand, j’avais atteint un bon niveau A2, voir presque B1 à l’oral... Disons que j’ai réussi à me débrouiller comme touriste dans Berlin, même à retouver mon camping en demandant mon chemin après m’être perdu.

Mais depuis 10 ans, je n’ai plus du tout pratiqué l’Allemand, et actuellement je suis retombé au niveau A1. L’absence de toute pratique, ainsi que l’apprentissage d’une 4ème langue on pratiquement écrasé de ma mémoire tout ce que je savais dans cette langue.

Car depuis 2001, de retour au bercail, j’ai commencé à apprendre le Breton en cours du soir. Le début de l’apprentissage d’une langue est facile, et très rapidement on peut atteindre le stade A2 (au bout de 2 ans a seulement 1h30 par semaine). J’étais à ce stade en Breton quand on m’a proposé la première fois le test d’autoévaluation basé sur le CECRL. Les 2 années suivantes j’ai pu apprécier ma progression en refaisant périodiquement le test, pour atteindre le niveau B1 dans tout les domaines. Et depuis 2 ans je stagne au niveau B1. Le passage de B1 à B2 est vraiment très difficile, malgré tout mes efforts, je sais que j’en suis encore très loin.

Là c’est presque impossible de s’immerger pendant au moins un mois. Tout les Brittophones que je connais sont aussi Francophones, et donc dés que la conversation se complique un peu, on commence a utiliser du vocabulaire Français, voir on passe carrément au Français.

J’espère que ces exemple auront fait prendre conscience aux lecteurs la difficulté de l’apprentissage des langues, et l’échelle du CECRL. "

 


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