Commentaire de Ivan_III
sur Tensions en Ukraine


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Ivan_III 29 août 2008 00:07

Bonsoir,

Bien entendu, le gouvernement russe pourrait aider la Crimée à devenir indépendante.

Mais la Russie est elle-même une fédération constituée de 21 républiques et 128 nationalités.
Quid du Daguestan, de la Tchétchénie et de l’Ingouchie ? 
Ce que le gouvernement russe reproche à Saakachvili en Ossétie, s’est déjà réellement produit en Tchétchénie, lorsque l’armée d’Eltsine a rasé Grozny en 1994 (un ami de Médecins du Monde était sur place et m’a tout décrit - témoin de première main). Poutine n’a pas non plus été tendre en 2000.
Paradoxalement, en 1994, la ville était peuplée majoritairement de russes, et ils furent les premières victimes de l’armée d’Eltsine (les Tchétchènes vivaient alors plutôt à l’extérieur de Grozny, ainsi qu’à Moscou, où une importante diaspora caucasienne contrôlait de nombreux marchés ("rinok"), d’où le ressentiment anti-caucasien de nombreux russes).

La question posée alors est la suivante :
le gouvernement russe qui veut modifier les frontières de ses voisins, par la force, laissera-t-il à ses propres nationalités le libre choix de quitter la fédération ?

Bien entendu, ici, je parle du gouvernement russe et non du peuple russe. Le peuple russe est un très grand peuple, tandis que le gouvernement russe, contrôlé par le FSB, est le digne héritier du KGB.
Exemple récent : depuis un an, à Moscou, tous les russes qui souhaitent demander un visa pour l’Europe, doivent d’abord présenter leur demande à un organisme centralisateur proche du FSB. Finies les demandes directes de visa au consulat de France à Moscou, par exemple. La dictature revient.

Parallèlement, peut-on laisser impunément Poutine menacer l’Europe d’être bombardée ? "La Pologne s’expose à être frappée" a déclaré le chef adjoint de l’état-major russe Anatoli Nogovitsyne, à la suite de l’accord sur le système anti-missile, le 15 août dernier. Que se passerait-il s’il s’agissait d’un système d’attaque et non pas de défense !

Ce n’est pas la première fois : déjà en 1956, lors de la Crise de Suez, l’URSS avait menacé la France, l’Angleterre et Israël d’une riposte nucléaire.

Venant d’un pays disposant de 11000 ogives nucléaires (hypothèse basse), la menace d’un bombardement n’a pas la même saveur.

Dès lors, face à des menaces de ce type, l’Europe va-t-elle se coucher, comme à Munich ?
Ou bien prendra-t-elle des sanctions contre les dirigeants russes ? : leurs comptes bancaires offshore, leurs villas à 500 millions d’euros sur la Côte d’Azur (exemple récent), leurs participations directes ou indirectes dans des grands groupes occidentaux ?

Je crains, comme d’habitude, que ce soit surtout le peuple russe qui trinque.


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