Commentaire de Joshua
sur Après l'A-Démocratie ? Rassurer Emmanuel Todd


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

Joshua 8 janvier 2009 21:33
C’est vrai qu’il peut sembler paradoxal que tant d’intellectuels paraissent de gauche et laissent aller le système comme il va.
Personnellement j’attribuerai ça à un phénomène d’impuissance militante dû plus ou moins à :
une fascination face au rouleau compresseur néolibréal, dont la puissance affabulatrice, déconstructrice et libératrice de flux et d’énergies est saisissante,
une peur face à un ordre hiérarchique qui tend à s’étirer et à ne plus faire de quartier,
une torpeur suite à des décennies de progrès social,
et enfin un sauve-qui-peut insufflé par les conditions individualistes qui ont été créées.
Car le néolibéralisme nous prend de cours, pourrait-on dire.
On parlait de parfaire ce qu’on appelle l’Etat providence, on s’opposait, on se déchirait, quand tout à coup vient (des USA particulièrement) un raz de marée qui veut faire table rase, remettre tout les systèmes sociaux à plat, mais certainement pas pour laisser se reconstruire une société plus juste.
Cette libération d’énergie n’est que le produit de la décomposition des structures sociales acquises au fil des siècles. Elle est impressionnante, mais nous ne devons pas nous y tromper : elle ne durera que le temps d’une régression que nous allons payer très cher. C’est du pur moyen terme qui va nous laisser sur le pavé d’un nouveau monde féodal.
(Les prédateurs financiers du Venezuela se réjouissent d’avance des profits qu’ils vont pouvoir tirer - dans sa décomposition qu’ils sont sûrs de bientôt obtenir – de cet Etat social bien structuré et riche d’organisations participatives. Ils espèrent le vider bientôt de sa substance et le ramener à des conditions « normales » d’exploitation. C’est comme ça que ça se passe chez Mac Donald.)
Le mépris des haut-diplômés incite les moins diplômés à voter pour un populiste comme Sarko. C’est ce que j’ai cru comprendre chez Todd. Qu’y a-t-il de paradoxal ?

Voir ce commentaire dans son contexte