Commentaire de Courouve
sur Ni Big Brother, ni Gayssot attitude, mais Voltaire


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Senatus populusque (Courouve) Courouve 15 avril 2009 09:54

Après la parution du livre de Roger Garaudy « Les Mythes fondateurs de l’Etat d’Israël », Marc Sautet, initiateur des cafés-philo, a fait l’expérience de cette criminalisation ; il poursuivit par courrier une discussion commençée à Montpellier : « Je ne crois pas avoir « repris à mon compte » ma thèse selon laquelle « il n’existe aucune preuve de la réalité des chambres à gaz ». […] J’ai longtemps admis sans discussion la réalité des chambres à gaz. Et j’ai longtemps cru que le génocide avait été programmé par le mouvement nazi. Mais depuis longtemps aussi, je suis gêné par la tendance de ceux qui déplorent le génocide à oublier la destruction du mouvement ouvrier qui le précède. […] L’ennemi principal de Hitler, l’adversaire à abattre en priorité selon lui en 1924, c’est le bolchevisme. Il s’en prend aussi au « Capital international », parasite de la nation allemande. Et comme on trouve beaucoup de Juifs dans les rangs bolcheviks, ainsi que dans la finance, il s’ensuit que l’élimination des Juifs serait une bonne chose … Mais quelle « élimination » ? Hitler veut interdire aux Juifs l’accès aux postes de pouvoir, et les expulser d’Allemagne, pas les exterminer. Cette « découverte », que j’ai faite pour mon propre compte, à une époque où je me trouvais en Allemagne [de l’Est], m’a rendu extrêmement prudent sur « le génocide » et « la solution finale ». Le peu que j’ai pu comprendre depuis, c’est que, même une fois au pouvoir, en [19]33, Hitler songeait à débarrasser le sol allemand des Juifs, et non à les détruire dans des usines ad hoc. Si tel est bien le cas, ce qu’il faut expliquer ce n’est pas pourquoi il voulait détruire le peuple juif, mais pourquoi il a « fini » par tenter de le faire.

Du coup, les chambres à gaz prennent – ne fût-ce que provisoirement – un point d’interrogation. Nul besoin de Faurisson et consorts pour cela. S’interroger n’est pas nier. C’est douter. Douter en son for intérieur, se demander, méditer, et chercher par quelle voie sortir de l’incertitude.

Or, le terrain est miné. Tout doute sur ce sujet passe pour de l’antisémitisme. Du moins dans l’opinion publique. En êtes-vous ? Moi je refuse de me laisser abuser, par qui que ce soit. C’est peut-être pour cela que je me sens philosophe. » Marc Sautet, « Lettre au collectif des invités du 1er février », 13 mars 1996 ; copie (deux feuillets) distribuée par M.S. au café du Luxembourg le lundi 17 juin 1996.

Cette lettre fut envoyée par un « vigilant » à la presse ... L’article de Nicolas Weill dans le quotidien Le Monde : « Le promoteur des « cafés de philosophie » tient des propos ambigus sur le génocide juif » (14 juin 1996, p. 30), commençait par cette phrase : « LE NÉGATIONNISME aujourd’hui éclot dans des lieux où on ne l’attendait décidément pas. »


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