Commentaire de Indépendance des Chercheurs
sur Vers une autre Europe ?


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Indépendance des Chercheurs Indépendance des Chercheurs 21 mai 2010 14:54

Les « élites occidentales » se trouvent en pleine fuite en avant sans aucune réelle perspective.

Dans le cas de l’Europe, ça tourne au grotesque : c’est un ensemble de cercles restreints qui ont été à l’origine de la débâcle actuelle par la politique qu’ils ont imposée depuis les années 1980, mais qui passent leur temps à se congratuler mutuellement et à se donner collectivement raison à eux-mêmes.

Voir, par exemple, nos trois derniers articles :

M. Monti, président européen de la Trilatérale

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2010/05/19/m-monti-president-europeen-de-la-commission-trilaterale.html

Le 19 mai, un article du Figaro intitulé « Universités : Valérie Pécresse s’inspire du modèle allemand » peut laisser le lecteur perplexe par ses raccourcis. On y lit notamment que, « grâce au projet d’excellence de l’enseignement supérieur allemand », la Technische Universität München aurait « réussi à faire revenir une dizaine de ses professeurs partis à l’étranger ». C’est oublier quelque peu rapidement la gravité de la crise économique dans un certain nombre de pays, et qui aux Etats-Unis comme au Royaume-Uni atteint très profondément le tissu universitaire. Au même moment, un président d’université privée est devenu président européen de la Commission Trilatérale. Ils s’agit de l’ancien commissaire européen Mario Monti, actuellement président de l’Università Commerciale Luigi Bocconi de Milan et président honoraire du think tank Bruegel dont il fut l’un des fondateurs. L’avenir de la recherche française et européenne sera-t-il décidé par des professeurs d’Economie d’universités privées et des membres de think tanks ? On pouvait déjà le craindre à l’examen, entre autres, du « rapport Aghion » qui ne mentionne même pas l’existence Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et des autres organismes publics de recherche français, et de la composition de la commission qui a élaboré ce rapport. Le 19 mai également, le communiqué du Conseil des Ministres fait état d’un projet de loi de finances rectificative pour 2010, avec « pour objet de permettre à la France d’apporter sa contribution aux mécanismes européen et international garantissant la stabilité financière de la zone euro ». L’adoption des accords européens en la matière il a une dizaine de jours a coïncidé avec la clôture de la réunion plenière de la Commission Trilatérale à Dublin du 7 au 9 mai. Le lendemain de cette réunion, Mario Monti s’exprimait dans Le Monde en tant que rapporteur auprès de la Commission Européenne devant remettre le même jour à José Manuel Barroso un rapport sur « Une nouvelle stratégie pour le marché unique au service de l’économie et de la société européenne  ». Tout un programme. Quels services publics seront les premiers à en faire les frais ?

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http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2010/05/20/monti-grece-refractaires-nationalistes.html

Monti, Grèce, Barroso, « réfractaires », « nationalistes »... (I)

Le 20 mai, une nouvelle grève générale a lieu en Grèce, pays qualifié par Mario Monti de « réfractaire au marché unique et à la concurrence ». Au même moment, d’après une note d’European Voice intitulée « Monti must try harder », le président de la Commission Européenne José Manuel Barroso s’apprêterait à durcir encore les recommandations formulées dans le rapport du nouveau président européen de la Commission Trilatérale. Pourtant, la panoplie brandie par Mario Monti paraît déjà « suffisamment » inquiétante. La réalité est qu’à des possibles différences de tactique près, Monti et Barroso préconisent conjointement une stratégie de démolition accélérée des Etats souverains et de casse sociale à grande échelle en vue d’un « marché unique européen ». Opération qui ne sera en réalité qu’un ingrédient de la stratégie permanente de « marché unique » mondial avec nivellement par le bas des droits des citoyens et des acquis sociaux. Barroso chercherait-il à mettre au point un nouveau plan avant la conférence de Bilderberg qui doit se réunir à Sitges (Catalogne) dans deux semaines ? Force est de constater qu’à l’Union Européenne comme ailleurs, et quelles que soient les instances, ces débats sont menés très loin des citoyens, voire même des parlements nationaux réduits de fait à un rôle provincial. Peut-on décemment qualifier de « réfractaires », ou encore de « nationalistes », « souverainistes »... ceux qui s’opposent à de telles pratiques ? C’est un fait évident, que les actuels Etats souverains sont à ce jour les seuls garants des droits des citoyens et des acquis sociaux. Le 20 mai également, Le Point intitule « LUTTE CONTRE LES DÉFICITS - La cure amaigrissante de Nicolas Sarkozy » un article consacré à la « deuxième conférence nationale sur les déficits, réunie autour de Nicolas Sarkozy » organisée et présidée ce jour par le Président de la République. Curieuse pratique, consistant à faire payer les prétendus « déficits » par les travailleurs et les citoyens qui les subissent, et pas par les grands financiers et industriels qui en sont à l’origine et dont les Etats renflouent les caisses aux frais de la grande majorité de la population.

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http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2010/05/20/monti-grece-barroso-refractaires-nationalistes-ii.html

Monti, Grèce, Barroso, « réfractaires », « nationalistes »... (II)

Le 20 mai, la quatrième grève générale grecque contre la prétendue «  austérité » a témoigné clairement d’un état de mobilisation permanent de la part de la population, pendant que Capital diffuse une note intitulée : « Le CAC 40 lâche plus de 3%, Wall Street en forte baisse ». Mais les « investisseurs » ne font pas tourner la production. Sans eux, sans les lobbies financiers et sans les « élites » porteuses de la «  politique unique », la débâcle économique des Etats-Unis et des pays de l’Union Européenne ne se serait jamais produite. C’est sans doute dans cette coupure de plus en plus profonde entre la finance, la «  gouvernance » et la « gestion » d’une part, et le travail réel de l’autre, que réside la cause profonde de la crise actuelle. Une dizaine de jours avant le cinquième anniversaire du référendum français sur le projet de Traité Constitutionnel Européen (TCE), le constat est particulièrement accablant. Et les attaques récentes de Mario Monti contre le fonctionnement (relations de travail, acquis sociaux, domaine public...) de la Grèce visaient-elles uniquement ce pays ? Le 20 mai également, à l’occasion de la Journée Maritime Européenne, le site de la Commission Européenne attribue à son président José Manuel Barroso une déclaration estimant que la Politique Maritime Intégrée constitue « an important example of joint up policy making for sustainable and inclusive growth in the context of our Europe 2020 strategy ». De son côté, le Fond Monétaire international (FMI) exige notamment de la Grèce «  une répartition équitable de la charge de l’ajustement entre toutes les couches de la société en épargnant les groupes les plus vulnérables et en alourdissant la fiscalité pour les groupes relativement plus aisés  », ainsi que « des mesures pour rationaliser le secteur public ». Quelles mesures, et que signifie l’expression « rationaliser » ? A ce sujet, une dépêche AFP rédigée à Washington et rediffusée par des médias suisses souligne que l’aide du FMI à la Grèce a été accordée « en échange de mesures d’austérité drastiques, touchant entre autres les rémunérations dans la fonction publique ». La souveraineté des Etats et leurs infrastructures et services publics sont la cible directe de l’actuelle offensive d’instrumentalisation de la crise économique. Mais est-ce autre chose que la fuite en avant d’un milieu fermé, responsable de la destruction des économies occidentales et qui cherche par tous les moyens à se donner raison a posteriori ?

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et juste avant :

CNRS et piège européen (I)

Bilderberg, la Trilatérale... et le monde (I)

Bilderberg, la Trilatérale... et le monde (II)

Bilderberg, la Trilatérale... et le monde (III)

Bilderberg, la Trilatérale... et le monde (IV)

Bilderberg, la Trilatérale... et le monde (V)

Bilderberg, la Trilatérale... et le monde (VI)

Grèce : la faillite planifiée des Etats souverains

Trilatérale 2010, à Dublin début mai

Bilderberg 2010, en Catalogne début juin

Cordialement

Le Collectif Indépendance des Chercheurs
http://science21.blogs.courrierinternational.com/


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