Commentaire de ploutopia
sur Retraites : lettre aux apôtres de la capitalisation


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ploutopia ploutopia 31 mai 2010 12:41

Vous devriez lire le document de Bernard FRIOT : http://www.carre-rouge.org/IMG/doc/Friot_pour_CR43_def-_.doc

La qualification (et donc le salaire qui va avec) est un attribut de la personne, elle ne peut pas lui être retirée et elle ne peut que progresser au cours de la vie. La qualification personnelle est le contraire de la sécurisation des parcours professionnels, qui laisse la portion congrue aux droits transférés de l’emploi vers la personne puisqu’il ne s’agit que des droits liés à une certaine sécurisation de la mobilité de travailleurs devant en permanence prouver leur « employabilité » (les comptes épargne en matière de formation, de pensions, de couverture santé, le droit au reclassement). Elle est également le contraire du revenu universel. Le revenu universel (au sens de distribution universelle d’un forfait de plus ou moins haut niveau selon les projets, disons entre le RMI et le SMIC) pose les personnes comme porteuses de besoins qui pourraient être, pour un premier étage, financés par le revenu d’un patrimoine collectif dont l’Etat est le gardien et sur lequel chacun a un droit de tirage. A cet aval donné à une institution du capital aussi fondamentale que la propriété lucrative, le revenu universel ajoute le fait que, « premier chèque », forfaitaire, constitutif des ressources individuelles, il appelle un « second chèque », fonction de la contribution de l’individu à la production et donc confortera le marché du travail et la valeur travail. Le revenu universel est ainsi l’antagoniste du salaire universel, qui lui nous délivre du marché du travail, de la disqualification des producteurs posés comme êtres de besoins, de la fiction du revenu, de la valeur travail et de la propriété lucrative.

Lire aussi : http://www.ecotheurgie.com/article-petits-trucs-pour-argumenter-contre-l-economie-37609654.html

Dans d’autres systèmes économiques, il peut exister des instances formelles qui fixent les prix. C’est le cas dans le distributisme.
Le distributisme prétend souvent qu’il propose un système AMA, où on commence par la distribution de monnaie (A comme argent). Cette monnaie sert à acheter des marchandises (M), et ces marchandises sont vendues contre de l’argent (A). L’enchaînement que Marx identifie dans le capitalisme est MAM.
Cette présentation MAM est biaisée, car elle suggère que la première marchandise produit de l’argent (respectant le principe de la valeur travail), alors que la suivante doit être achetée par de l’argent préexistant. Le AMA est tout aussi biaisé, puisque les distributistes suggèrent que le premier argent est donné, tandis que le second est issu de la vente de biens. Le mérite au travail ne détermine plus le droit à consommer d’un individu en première instance, mais il est réintroduit en second lieu.
En réalité, l’enchaînement réel est de type ...AMAMAMAMAMAMAMA... et n’a ni début ni fin. Le distributisme ne peut se présenter comme AMA que dans la mesure où il remet régulièrement les compteurs à zéro avec sa monnaie à durée de validité limitée.
C’est donc une commission qui fixe les prix dans le distributisme. Ces prix sont déterminés selon des critères informels d’utilité sociale, c’est-à-dire de mérite du producteur. Les défenseurs de l’instance marché ne prétendent pas autre chose. Quel argument les distributistes peuvent-ils donc avancer pour prétendre être plus équitables que le marché. Un seul : "Le marché est méchant, nous sommes gentils. Le marché est injuste. Nous serons justes." Libre à nous de les croire.

Ceci dit, dans le corps économique, il me semble important que ce soit la tête (politique) qui décide et non un de ces organes (marché).

 


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