Commentaire de Ethers
sur Crise de l'euro : la marche à la dislocation de la zone euro


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Ethers 8 juin 2010 14:44

Une petite pique sans méchanceté pour commencer : à utiliser autant de fois le mot inéluctable on croirait lire Alain Minc, Nicolas Baverez ou Jacques Attali smiley

La fin de l’euro inéluctable ? C’est très loin d’être si certain, ne serait-ce que parce que personne n’y a réellement intérêt, même pas l’Allemagne pourtant seul grand pays Européen dont les fondements de l’économie sont à peu près sains ! Les pays dont la dette publique est forte, comme la France, l’Espagne, le Portugal, l’Italie, etc., n’y ont pas intérêt du tout, sous peine de voir leur dette « appréciée » de X% (X étant probablement un nombre à deux chiffres...).
On pourrait aussi considérer qu’il est « inéluctable » de voir apparaître un contre poids politique à la BCE... Ceci est également très loin d’être certain...
D’ailleurs, si la crise mondiale que vous décelez prend toute la mesure que vous lui annoncez en creux, la zone euro reprendra du poil de la bête, par un nivellement par le bas (ie. la puissance économique des US ou de la Chine baissera, entraînant une baisse de la force de leur monnaie, et donc une remontée de celle de l’euro...)

Le point le plus convaincant à mes yeux de tout votre article est celui, pas très développé, des tensions politiques entre Etats européens ! Ceci aurait pu pousser l’Allemagne à quitter l’euro, mais je n’y crois pas tellement : comme mentionné précédemment, l’économie allemande est à peu près saine, les relations sociales assez apaisées, leurs finances publiques sont dans le même état que celles de la France, pas brillant, mais avec une volonté politique forte de l’améliorer, tout en étant soutenue par l’opinion. Il y a donc fort à parier que là où les autres pays européens en revenant à leurs monnaies nationales enregistreraient des dévaluations, l’Allemagne verrait un renchérissement du mark. Sachant que l’Allemagne tire sa croissance de ses exportations, principalement en Europe, un retour aux monnaies nationales ne lui profiterait pas du tout.
En ce qui concerne la France ça ne serait surement pas avantageux non plus : avant l’adoption de l’euro, le Franc était très souvent attaqué et dévalué, et Beregovoy avait multiplié les efforts afin de parvenir à coupler le Franc et le Deutsche Mark, sans pour autant aller jusqu’au bout de cette logique qui aurait voulu que des mesures fortes soient prises pour améliorer l’état des finances publiques. Le retour au Franc entraînerait un retour à cette époque et une dévaluation importante, qui réduirait certes notre dette à court-terme, mais détériorerait nos positions financières, et par là même détériorerait notre dette à long terme ! 
On pourrait se dire qu’une dévaluation dans le cadre de l’abandon de l’euro bénéficierait à notre balance commerciale : ça n’est même pas certain ! En effet, 65% de nos exportations sont vers les pays de l’UE, dont 13% vers l’Allemagne (« seulement ») : on exporte donc vers des pays qui en sortant de l’euro subiraient également une dévaluation pour un résultat final nul (ou à peu près). 

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