Commentaire de Philippe Vassé
sur Musée des Religions du Monde ou les bienfaits de la laïcité à Taïwan


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Philippe Vassé Philippe Vassé 9 octobre 2010 20:28

Cher Foufouille,

Votre intérêt pour le satanisme est une chose respectable en soi et votre droit, mais comprendre une explication donnée peut aussi être utile.

Que vous connaissiez un livre (que vous ne citez pas) sur le satanisme est une chose (il en existe des dizaines dans le monde sur ce sujet), auquel cas vous comprendrez, sans être mouton, que cela ne représente pas en soi une croyance par ailleurs aussi diversement comprise qu’il peut y avoir de supposés adeptes.

Même pour la sociologie en Europe, on évoque des « courants satanistes », pas une croyance structurée unique

« Le »satanisme n’existe pas comme tel, c’est une série de courants variés, exclusivement européens, originaires des dogmes chrétiens créés par l’Eglise catholique au haut Moyen-Age et qui ont voulu croire dans ce qui était présenté comme le « mauvais côté » du christianisme. Pour conclure sur ce sujet, il reste à dire que ces courants ont aussi évolué dans l’espace et le temps, mais qu’ils ne sont jamais parvenus à créer un « corpus » unique international.

Dont acte.

Sur le chamanisme, il s’agit d’une forme de croyance qui a été répandue dans le monde durant plusieurs milliers d’années et qui a encore cours ici ou là. Ceci a déjà été dit.

Comme vous l’avez compris, ce que vous appelez « sorcellerie », concept strictement européen, ne correspond pas non plus à une croyance structurée, donc apte à être étudiée comme une croyance. Ce qui est nommé « sorcellerie » relève d’un mélange de mythes païens et chrétiens, le tout lié à des légendes et pratiques ésotériques ? Là aussi, aucun « corpus » de croyances qui puisse témoigner d’une unité compréhensible par un large public.

Quant à votre dernière remarque sur les « croyants-moutons », contrairement à vous, je me refuse à être juge des autres et/ou de leurs croyances, pas plus que policier des pensées, et encore moins référence morale supérieure ayant le droit de définir ce qui est « moutonnier » ou non.

Le culte de la supériorité d’une pensée (ou d’une race, ou d’une religion) m’est étranger. Chacun a le droit de penser et croire ce qu’il veut en toute liberté tant qu’il respecte aussi autrui . C’est la base de la société laïque.

Cela devrait être la position de tout citoyen attaché aux libertés collectives et individuelles.

C’est donc la mienne, il conviendrait que ce soit aussi votre point de vue libre, sans marque de condescendance ou de mépris envers ceux qui ne pensent pas comme vous (et comme moi).

Bien cordialement,


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