Commentaire de Voltaire
sur Après 16 ans de mondialisation et 10 ans d'euro : près de la moitié des Français s'estiment pauvres ou redoutent de le devenir !


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Voltaire Voltaire 14 octobre 2010 15:07

Il est assez surprenant, et regrettable, de lire un tel article de la part d’une personnalité qui a théoriquement la formation et l’expérience nécessaire pour évaluer les politiques économiques de façon plus objectives. Preuve sans doute que l’antieuropéanisme ambiant (un bouc-émissaire c’est tellement pratique) alimenté par des années de matraquage systématique (c’est pas ma faute, c’est celle de l’Europe) touche bien tout le monde.

Le plus surprenant est sans doute la liaison directe que fait l’auteur entre globalisation et euro.
Je ne ferai pas l’affront à l’auteur de lui rappeler quelques chiffres sur l’éconoie mondiale depuis une vingtaine d’années, mais il est quand même assez choquant de voir un ancien responsable politique se dédouaner de toute responsabilité et de celle des gouvernements successifs de la France sur des facteurs extérieurs. Il suffit de prendre notre voisin l’Allemagne pour comparaison : malgré le poids de la réunification, malgré le différentiel de parité entre mark, franc et euro lors de la création de l’euro, malgré la crise économique et financière mondiale, nos amis et voisins connaissent une situation économique incomparable. Pourquoi ? Parce que, aussi bien SDP que CDU ont mené au pouvoir des politiques efficaces, réalistes, pendant que la France subissait des années de gestion apocalyptique.

La globalisation a t-elle des effets négatifs ? C’est une évidence. L’euro a t-il provoqué une hausse des prix pour les consommateurs. Nul ne peut le nier. Mais l’Allemagne demeure championne des exportations, l’euro stable a évité une crise financière infiniment plus grave dans la zone euro, et la globalisation a permis le décollage de pays en voie de développement qui peuvent constituer des marchés auparavant inexistants.
Sauf que nos gouvernement successifs ont été lamentables, incapable de mener les réformes économiques et sociales indispensables. Et que faute d’intégration politique en Europe, nous n’avons pas su prendre les mesures de protections pour les consommateurs et les citoyens européens qu’imposait une mondialisation économique.

Il est bien trop facile de rejetter sur des organisation internationale ou sur une monaie unique les fautes qui proviennent en réalité de nos propres carences. Par incurie, par égoïsme, on constate ce fleurissement de discours nationalistes et démagogiques. Quand on a eu vos responsabilités exécutives, cela me semble profondément déplacé.


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