Commentaire de Lord Franz of the F. in S.
sur Le racisme comme outil de contrôle


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

Lord WTF ! Lord Franz of the F. in S. 5 décembre 2012 02:17

Enfin sur le racisme anti-noir : si il avait été plus avantageux d’importer des esclaves Indiens ou Chinois (d’ailleurs lorsque l’esclavage fut aboli ou que le Pacifique devint une zone d’échange Amériques/Asie) dans les Caraïbes ou aux Etats-Unis : très rapidement coolies indiens ou chinois arrivèrent : leur situation ne différait pas tant dans la pratique que la condition d’esclave)  s’il avait été plus facile de prendre des esclaves Maures ou Turcs : la situation aurait abouti à la même chose : à savoir que le temps passant, l’idée que tel groupe qui a été asservi pour telle ou telle raison, en raison de telles ou telles circonstances, etc…  est/était « naturellement » destiné à l’être : le discours raciste arrive(ra) après par la "force des choses et de l’habitude" afin de rationaliser le modèle en place : modèle né de circonstances historiques et géographiques particulières dans ce cas précis : l’Afrique était pour son malheur juste en face des Amériques…

 Bref la »colour line" ne s’est pas imposée uniquement ou directement en fonction de la couleur de la peau ou des « vertus » supposées du Noir que tel ou tel préconçu leur prêtait (ensuite les Noirs en dehors de l’espace ibérique étaient inconnus de la plupart des Européens : le racisme anti-noir ) : il y a eu avant tout un ensemble de raisons pratiques, politiques et religieuses ( croyants vs infidèles/païens)  mais aussi économiques : a) l’existence d’un marché de l’esclavage en Afrique Occidentale (pré-existant à la traite transatlantique : les esclaves noirs étaient connus depuis des siècles dans la péninsule ibérique) : « facile d’accès » et avec une distance Afrique>Amériques plus courte que pour d’autres potentiels marchés de traite (donc pertes amoindries (en temps et esclaves perdus) et bénéfices accrus) et facilité de « remplacement » rapide (taux de mortalité élevé notamment dans le domaine sud-américain et dans les premiers siècles de la traite : après « l’élevage d’esclaves » sur place sera privilégié)  b) peuples ayant développé maitrise et techniques agricoles compatibles avec les cultures dans les colonies, et avec le climat et l’environnement (à nouveau ici meilleure rentabilité économique si les esclaves disposent du B.A.BA en agriculture pas le cas des Amérindiens par exemple) enfin c) les guerres interafricaines (dont la traite fut souvent une cause majeure : courses aux armements européens entre royaumes africains, souvent stimulée par les négriers lorsque le marché semblait se tarir ou que des monarques ou groupes africains montraient quelque velléité de suspendre ce commerce) et donc d) des raisons religieuses qui faisaient que grosso modo tout le monde non-chrétien (dans le cadre de la traite transatlantique, il s’entend) pouvait être asservi.  

 

 

 


Voir ce commentaire dans son contexte