Commentaire de Surya
sur Le racisme comme outil de contrôle


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Surya Surya 5 décembre 2012 09:32

DanielD2, même si les hommes qui vivaient « à poil dans la jungle, avec un bambou sur la bite sans savoir écrire leur nom » (comme vous le dites avec tant de respect...) n’ont pas dévasté leur forêt pour y construire des stades antiques, et même s’ils n’avaient pas la même organisation politique ni judiciaire que les Romains (qu’en savons nous, d’ailleurs ? Les préjugés n’ont-ils pas, de tout temps, poussé à coller des étiquettes -négatives et définitives- plutôt qu’apprendre à connaître l’autre ?) cela ne signifie pas qu’ils étaient « en retard ». Vos réactions ressemblent plus à l’ignorance et aux préjugés de l’explorateur du 19ème siècle (et encore, je suis sûre qu’ils s’intéressaient plus à l’Afrique que vous) qu’à une réelle connaissance de ces civilisations. Je ne possède pas non plus la connaissance de ce qu’à été l’Afrique Noire antique, ni médiévale, mais contrairement à vous je ne bloque pas du tout sur le fait, par exemple, que ce n’est pas parce qu’un peuple n’utilise pas l’écriture que cela signifie que son cerveau est atrophié et qu’il est arriéré. Ou que sa civilisation est en retard. Selon moi, il n’y a pas de peuples en retard, il y a des modes de vie et de pensée différents, et si nous reprenons le cas de cette personne vivant dans la jungle, je trouve au contraire très avancé de savoir vivre en parfaite harmonie avec son environnement, en le préservant, sans chercher à se l’approprier ni à le détruire, et en prélevant juste selon ses besoins mais pas plus. C’est une notion, celle de la préservation de l’environnement, que nous, dans nos pays au long passé de pays avancé, découvrons à peine. La France était couverte de forêts au Moyen Age, oui, mais vous allez me dire qu’il fallait faire de la place au « progrès »... De nos jours, nous saccageons la forêt amazonienne, mais bien sûr, les sauvages, en retard sur leur temps, sont les « Indiens » d’Amazonie (qui vivent parfois avec un os dans le nez, preuve absolue de leur arriération mentale, bien sûr...) qui cherchent à préserver cette forêt... qui lancent régulièrement des cris d’alarme que nous n’écoutons même pas, avancés que nous sommes... obnubilés par le profit, le pouvoir, et l’envie de détruire pour tout s’approprier... De plus, tandis qu’au Moyen Age l’Europe pratiquait la saignée à tout bout de champs pour soigner tout et n’importe quoi, il me semble que votre « sauvage » qui vivait « à poil dans la jungle, avec un bambou sur la bite » avait une connaissance approfondie des plantes médicinales, et cette connaissance, nous cherchons de nos jours à nous l’approprier...
Autre exemple qui ne vous convaincra pas qu’on peut vivre autrement sans être mentalement en retard sur les autres, mais je le prends tout de même. Avant la colonisation, il n’y avait, à ma connaissance, pas de frontières en Afrique Noire. La colonisation a crée des pays, des frontières, morcelé les terres de peuples qui se sont retrouvés vivant soit dans tel pays, soit dans tel autre, et qui ne pouvaient plus circuler librement. Je ne pense pas que cette notion de frontière, de cloisonnement, soit une avancée, un progrès, et même s’il y avait des guerres aussi sur le continent africain, je trouve très moderne cette idée de vivre sans frontières, de ne pas créer artificiellement ce qui va, en plus, contribuer à cloisonner les esprits.
C’est votre notion de « retard » qui, je pense, est à revoir. Personne n’est « en retard », même si le mode de vie donne le sentiment aux autres qu’on est pas aussi « développé ». Il y a sans nul doute possible mille fois plus à découvrir de l’Afrique Noire ancienne que ce que vous voulez y voir, que ce que vous vous obstinez à vouloir y voir.


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