Commentaire de lloyd henreid
sur Il était une fois l'oligarchie


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lloyd henreid lloyd henreid 25 août 2013 14:38

Merci et bravo pour cet excellent article qui montre bien les collusions de pouvoirs politiques, économiques et médiatiques, ainsi que leurs stratégies pour asservir les masses. Je pense qu’on peut facilement, mais à juste titre, qualifier ce système de « fasciste » au sens le plus strict du terme : celui d’un « faisceau » ou d’une « union » de forces réunies dans un but commun — voir l’étymologie.

Pour l’instant cela passe par la fabrication d’un consentement mêlé de culpabilité, avec la dette et l’illusion d’une démocratie qui n’en est pas une mais qui, feignant de l’être, donne aux esclaves l’impression d’être libres et de choisir eux-mêmes leur servitude. Si vous avez voté pour, alors c’est votre faute. Et si vous étiez contre : vous avez perdu, inclinez-vous. Dans les deux cas vous n’avez qu’à fermer vos gueules.

De nos jours avec la crise qui s’intensifie, et de plus en plus de gens qui cherchent à comprendre en arpentant le web à la recherche de réponses, redécouvrant au passage l’esprit critique qu’ils n’auraient jamais dû cesser d’exercer étant « responsables », les temps sont durs pour les complotistes, les vrais : ceux qui complotent contre l’intérêt général. Les mensonges tiennent parce qu’ils sont denses mais les ficelles deviennent visibles et c’est un problème.

C’est peut-être l’ouverture qui manque à l’article : quand l’illusion sera dissipée et que les masses s’éveilleront, qu’elles demanderont des comptes, le système devra recourir à d’autres méthodes. L’ultime étape sera la domination par la force et des choses se mettent en place dès maintenant pour des lendemains où le consentement ne fera plus recette. Et rien n’est plus dangereux qu’une « bête » en danger de mort.

Les révélations de Snowden et la manière dont l’administration US y a réagi nous renseignent à la fois sur l’existence de dispositifs tentaculaires de surveillance et de répression, avec aussi le Patriot Act et tout le toutim, et sur ce que la bête peut avoir de teigneux et d’implacable envers ceux qui cessent de jouer le jeu. Le vrai visage se montre et il n’est pas très avenant.

Outre la surveillance et la législation sécuritaire, au pays de la liberté mais pas seulement, la répression semble prête avec notamment les camps de la FEMA, la multiplication des agences de sécurité intérieure, ou encore les provisions massives de munitions (traitées il y a quelques mois de cela par un voxien) pour fournir ces mêmes agences en cas de trouble majeur à l’ordre public.

Parallèlement à ça, il est significatif de constater la soudaine médiatisation, ou plutôt surmédiatisation orientée depuis quelques mois, des cas de tuerie et autres attentats plus « ordinaires » au beau pays de l’oncle Sam. Le phénomène n’est pas nouveau mais jusqu’à présent, nul ne remettait en cause le port d’arme protégé par la Constitution du pays. Mais avec la colère populaire qui gronde, on explique aux gens qu’il serait bon d’y renoncer. Pour leur sécurité et celle de leurs enfants.

Le cas Bradley Manning, ou Chelsea enfin qu’importe, nous montre aussi que la bête n’aime pas se sentir acculée ou démasquée. Trente-cinq ans de prison pour en avoir dénoncé les crimes, et cette double-pensée qui pousse nos dirigeants à répéter sans cesse que les lanceurs d’alerte doivent être protégés. Mais bien sûr, tout dépend de l’alerte et des enjeux : le droit aussi est à géométrie variable. Et c’est la bête aux dents les plus longues qui décide.

Enfin et puisque vous évoquiez le mouvement Occupy, je vous suggère de creuser dans cette direction. Il est emblématique du point de basculement entre le présent et l’avenir, ce curieux moment où le voile se lève et l’illusion se dissipe pour révéler le vrai visage de la bête, la vérité toute nue, la « matrice » si vous êtes d’humeur à préférer. Les gens en France ne le savent pas, mais le FBI a livré sur une requête fin 2012, et en vertu d’une loi pour la liberté d’information, de lourdes confessions sur sa dissolution. On y apprend notamment que le mouvement fut surveillé dès avant ses débuts par les autorités à la fois fédérales et locales en lien avec aussi les autorités portuaires, les recteurs de campus universitaires et... les banques et leurs propres services de surveillance et d’infiltration privés. On y apprend aussi que sur base des informations fournies par ceux-ci, les autorités de lutte anti-terroriste furent mises sur le coup et que tout ce petit monde surveillait de très près ce mouvement de protestation pacifique protégé, tout comme le port d’armes, par la Constitution. Et la cerise : qu’il fut envisagé de procéder à l’assassinat des leaders de ce mouvement "si nécessaire", que le FBI savait, et qu’il n’a rien fait contre ceux qui fomentaient cela. L’affaire est largement documentée dans les colonnes du Guardian ; elle est emblématique de cette collusion public-privé, le premier au service du second, exemple de dérive fasciste à l’état pur — avec à l’horizon l’action violente comme option si l’expression du non-consentement menace les intérêts privés de ceux qui en ont. Les gens en France ne le savent pas parce que strictement AUCUN titre de notre « grande presse » n’a publié le moindre article à ce sujet.

Pardonnez mon égarement au pays de l’oncle Sam, mais il se trouve que la chape de plomb y est moins lourde. On y trouve tout de même un certain nombre d’infos que malheureusement la presse française ne donne pas, et je pense qu’elles sont cruciales pour comprendre les choses. Le système que votre article met en lumière, c’est un fascisme au sens que je donnais plus haut. Un fascisme qui a ceci de particulier : il n’est pas « nationaliste » mais plutôt « corporatiste » avec une dimension « mondialiste ». Un fascisme qui ne dit pas son nom et se cache sous un masque de démocratie qui se fissure, fascisme « soft » en somme, mais derrière le masque on retrouve bien cet usage de la force "si nécessaire" pour protéger ses intérêts. Malheureusement la plupart des gens l’ignorent, ou feignent de l’ignorer, et continueront de la sorte jusqu’à ce que cette violence, tôt ou tard, ne déferle sur leurs illusions. Le système, lui, s’y prépare et garde toujours un coup d’avance.


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