Commentaire de Joseph
sur Etre patron ? Des CPE en permanence... une mentalité pas vraiment française...


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Joseph (---.---.91.240) 1er avril 2006 01:10

Ce sont les entreprises qui sont en CNE en réalité. Pourquoi ? Parce que c’est le marché qui dicte sa loi. Lorsque l’on a une offre qui n’intéresse personne (de mauvaise qualité, mal ciblée, trop chère...) et bien l’entreprise n’a pas de travail. Rien n’oblige les clients à acheter. Ils sont libres et si ca ne leur plait pas ils vont voir ailleurs parfois sans aucun préavis (selon les contrats). C’est terrible la précarité des entreprises.

Alors bien sûr ils y a des « ultras libéraux » qui disent que c’est très bien parce qu’au moins ils peuvent acheter les meilleurs services au meilleur prix quand ils en ont besoin et que cela profite à tout le monde. Mais la liberté est quelque chose de terrible, de terrifiants pour certains qui pensent que l’individu ne peut se penser au singulier et les droits de l’homme sont les droits au collectif et non pas à l’individuel.

Comment faut il faire pour réduire cette précarité ?

- >On peut fixer les prix. On dit que le prix du produit A est 100 pour le plan quinquennal qui vient. Ce n’est pas très efficace pour des produits complexes ou soumis à des rapides variations d’offre et de demande. Il y aura des pénuries et des surplus, bien sûr, mais organiser la pénurie peut être le rôle de l’état.
- >On peut obliger les clients à acheter, par la force, la menace physique ou bien par l’appat du gain et la corruption. Ce n’est pas très bon non plus pour la société et l’indice de développement humain.
- > On peut se mettre d’accord avec les concurrents pour ne pas qu’il y ait de pouvoir du coté des clients ou des consommateurs. C’est le Cartel. Ceux qui refusent le cartel ou qui font double jeu son éliminés par la force.
- > On peut faire un monopole qui oblige les clients à passer par notre société. Et les taxer un maximum.
- > On peut prendre controle par la force de la société cliente et s’assurer ainsi de la pérénité de sa fidélité.
- > On peut faire appel à un hypnotiseur (ou un marabou ou un commercial) pour manipuler le client.
- > On peut bloquer les routes pour empêcher les clients d’aller voir ailleurs.
- > On peut dire que les concurrents sont diaboliques et que les clients iront en enfer s’ils leur parlent.
- > On peut dire que les concurrents ne sont pas des hommes mais des sous hommes et qu’il ne faut pas faire affaire avec eux parce que c’est dégradant et impur. Cela ne marche que si les clients sont dans le même système de croyances bien sûr.
- > On peut faire croire aux clients que la concurrence n’existe pas. Que les autres sont juste des escrocs et qu’ils ne peuvent pas se passer de nos services

- > On peut faire mieux que les concurrents en connaissant mieux ses clients et étant plus malin, plus adroit, plus tenace, plus agréable, plus travailleur, plus appliqué, plus rapide, plus à l’écoute, plus humain, plus compréhensif... En ayant des initiatives qui devancent les demandes exprimées des clients ou les actions de la concurrence.

Alors bien sûr tout le monde est précaire. La sécurité et le confort (psychologique et matériel), c’est tuer l’initiative, c’est tuer la liberté. Liberté ou sécurité ?

Quand on prévoit un régime de fonctionnaire pour un entrepreneur il y a peu de chance pour qu’il fasse beaucoup de croissance et qu’il crée beaucoup d’emplois. Et s’il le fait il y a de quoi s’inquiéter que l’entrepreneur ne partage pas le risque de son entreprise alors que le sort des salariés en dépend.

On ne peut pas dire que l’entrepreneur soit précaire. Il prend des risques, qu’il juge et gère. La précarité c’est quand il n’y a pas de vision d’avenir, seulement un angoisse, une peur sans objet précis. Le risque c’est au contraire une vision d’avenir, une action dans un but déterminé, une volonté dans un but précis. Dire que être patron c’est des CPE en permanence... c’est de la provoc’ parce que les termes sont mal choisis. L’entreprise est précaire, la société est précaire, c’est pour cela qu’il faudrait une société non pas qui offre moins de libertés (de statuts, de corruptions, de discriminations...) mais au contraire qui permette plus de passion, plus d’initiatives, plus de richesses, mais qui lutte en même temps contre la pollution, les discriminations et les exclusions pour que chacun ait sa place et sa liberté.


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