Commentaire de jack mandon
sur La survie humaine au risque de l'absurde


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jack mandon jack mandon 30 novembre 2013 17:06

Bonsoir Arnaud69,

Avant d’aller où que ce soit il faut comprendre d’où nous venons réellement. Se réapproprier l’histoire vraie dans toutes ses dimensions aussi délirantes puissent-elles nous sembler.

La science et la religion sont probablement aussi dépourvues. Entre la première, en questionnement logique sur la création et la seconde en relation de foi variable avec le créateur ? Deux perspectives d’investigation deux manières d’appréhender l’inconnu.
Dans le premier cas, s’inscrivent au cours du temps en stratifications, des données consignées, retenues, abandonnées à travers les siècles. Dans le second cas en revanche, ce qui est valable pour un croyant en tout temps, disparait avec lui, son expérience d’illumination vaut pour lui seul. La foi, la rencontre avec la divinité intérieure s’opère dans la plus grande subjectivité, c’est un monde clos intransmissible. On peut par affinité psychologique, par effet de modélisation, se sentir proche d’un mystique, religieux, artiste, philosophe, mais une fois de plus, seul l’intuition est en vibration. La poétique peut relayer une espèce de message subliminal, compréhensible ou sibyllin. Le cerveau renferme encore des mystères. 

Après si on se réfère à la religion :

J’ai un gros souci de confiance en des textes issus de tradition orale, écrits en plusieurs fois par plusieurs équipes différentes, à des époques différentes, dans des contextes politiques différents.

Tout à fait, moi aussi je me souviens, ma première année (et seule année) de théologie dans un séminaire protestant, n’a pas été concluante.
L’exégèse à déchiré mes jeunes convictions.

Qui plus est écrits par des scribes issus des tribus d’Israël, sur lesquels d’une page à l’autre on peut lire des versions différentes et incompatibles des mêmes faits. (parfois même sur deux pages côte à côte)

Il m’a fallu près de trente années pour entrer dans les évangiles avec un nouveau regard. En définitive, j’ai redécouvert le message christique à travers la psychanalyse.

Les évangiles sont un fait de civilisation. C’est donc par la psychanalyse de l’évangile que je m’y suis retrouvé. De plus, à mon niveau, j’ai conçu que les textes anciens étaient en phase avec l’inconscient des hommes d’hier et d’aujourd’hui. Ces textes illustrent et éclairent les lois de l’inconscient découvertes au XXe siècle . Je vous l’accorde, cela vaut pour moi, mais pas uniquement. J’ai eu la chance de découvrir les travaux de Françoise Dolto, la pédopsychiatre. Sa vision des évangiles n’est pas toujours en phase avec « les scribes et autres docteurs de la loi » mais elle me parle. En effet, c’est par la jonction du naturel et du culturel que tout me parait plus lumineux. Loin de toute moralisation et autres matérialisation et banalisation de la pensée, l’être humain apparait dans son essence...amorale.

Pour ce qui est de la religion de ma tradition, j’ai un gros souci à prier devant une croix qui était un instrument de torture de l’époque, c’est aussi fou que de prier devant une guillotine ou un nœud coulant.

Ce que vous dites est amusant et traduit bien sur de curieux réflexes humains, je partage, d’autant que cela se passe à l’intérieur de nous, c’est tout à fait introspectif. En revanche, j’ai une image à vous soumettre qui nous vient du Grec ancien et formulée en latin
 « IN HOC SIGNO VINCES » « par ce signe tu vaincras » par delà l’instrument de torture morbide, s’inscrit un profond symbole, qui veut que cette croix qui en fait est un Tau grec, représente le manche d’une épée dont la lame est plantée en terre en signe de paix. Par ce signe de paix tu vaincras. Nous sommes très éloignés de la Rome papale qui lançait sur les chemins des papes en chef de guerre. Le christianisme basculait déjà dans la dérive meurtrière.

Dans tous les cas de figure, nous sommes le créateur et l’acteur de notre destinée, accessoirement, si l’on est hystérique, ce qui n’est pas une maladie mais un trait de caractère, nous sommes aussi notre spectateur, comme dans un rêve.

Bonne soirée


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