Commentaire de philouie
sur La survie humaine au risque de l'absurde


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philouie 10 décembre 2013 21:10

Bonsoir,

Je voulais revenir sur Hallaj.

La condamnation d’Hallaj est un peu le centre de notre débat.
L’oposition exotérique, ésotérisme, lois vs liberté, dogme vs la foi. etc...
Evidement, habituellement, je justifie sa condamnation.

Donc je voulais venir la-dessus.

Et par hasard, je tombe sur l’émir Abd el-Kader qui en parle.

Abd el-Kader est un saint soufi qui fut d’abord chef militaire en combat contre la France.
Disciple d’Ibn Arabi. Il est enterré à Damas à coté du Maître.

16 La vérité qui doit être celée.

« Quiconque d’entre eux dit : »Je suis un dieu en dehors de Lui« , nous lui donnerons l’enfer pour récompense. (Cor 21:39)

Le châtiment dans la vie future est réservé par Dieu dans ce verset à celui qui dit : »Je suis un Dieu en dehors de Lui« (min dûnihi) et, pour qu’il s’applique, il faut que cette stipulation ai été ajoutée. la créature qui se borne à dire »je suis Dieu« n’est pas menacée d’un châtiment dans la vie future dès lors que DIeu lui a fait contempler la fonction divine (ulühiyya) se répandant dans l’univers comme s’y répand l’Etre véritable (al-wujûd al-haqq). Il s’agit là toute fois d’une vérité qui doit être celée : car toute vérité n’est pas bonne à dire : il n’est pas louable en toute criconstance de dire le vrai, ni blâmable en toute circonstance de dire le faut.

Celui qui, en ce monde, déclare qu’il est Allah est donc blâmé. Bien que cela soit vrai, il n’en est effectivement ainsi que dans la vie future, lorsque le serviteur devient lui-même créateur et que s’il dit à une chose soit, elle est.
Mais en cette vie, les conditions limitatives propres à ce bas monde réfites son affirmation qu’il est Allah : car il a faim et soif, il est soumis au sommeil et doit se rendre aux latrines.

C’est pourquoi celui qui dit cela en pleine possession de sa raison, les glaives de l’exotérisme et de l’ésotérisme s’abattent sur lui et versent son sang, ainsi qu’il advint à Husayn b. mansûr al-Hallâj - qu’Allâh soit satisfait de lui ! - car il avait dit ce qu’il avait dit alors que semble-t-il, il avait toute sa raison. Il fut donc mis à mort en vertu d’une décision juridique (fatwa) commune des docteurs de la loi et des maîtres spirituels, parmi lesquels ses propres maîtres, qui savaient pourtant que ses mots étaient ésotériquement valide.

Celui qui, au contraire, dit : Je suis Allah » sous l’emprise d’une ivresse mystique et d’un état spirituel est légalement irresponsable puisque la possession de la raison est la condition de toute responsabilité légale, et qu’il ne la possède plus. ...

Abd el-Kader


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