Commentaire de Jean-Marc B
sur Sur le terrain de vrais changements dans l'éducation


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Jean-Marc B 16 janvier 2015 18:13

Bonjour Roland Gérard.
Vous êtes encore dans l’enthousiasme de cogitations entre éducateurs accompagnateurs qui s’apprécient. Je connais bien au moins un des mouvements qui était à vos côtés. L’OCCE ,j’en ai fait partie et je suis heureux d’avoir pu envisager l’enseignement au travers de valeurs telles que la coopération.
Voyez les réactions ci-dessus. Elles sont à coups de haches. Mais tenez en compte.
Je suis à présent à la retraite. Vous parlez de bonheur à l’école. Je peux vous dire que ce que je retiens de mon expérience c’est aussi cette souffrance des élèves qui avaient mal au ventre en venant à l’école. (Les instits et moi sentions aussi la même chose) Bizarre, hein ? Pourquoi ?
La pression de la réussite à tout prix, des épreuves, de la sélection . On n’a pas le droit semble-t-il à l’erreur.... Le monde semble fait à l’école pour ceux qui gagnent et écrasent les autres. Comme c’est le cas en dehors de l’école. Je me demande comment font pour tenir sans sombrer définitivement dans la dépression tous ces élèves qui sont en échec des années durant...
Il y a beaucoup d’élèves qui vivent dans des familles où le bonheur n’est pas quotidien. Chômage, violences conjugales , violences à l’égard des enfants. Divorces, décès de l’un ou l’autre des parents, décès du frère ou de la soeur ....C’est le lot de plusieurs de vos élèves.

Voilà. Je viens de décrire le tableau noir de la réalité du monde. Du monde qui est aussi celui de l’école. 
Ceux qui ne le regardent pas en face m’inquiètent beaucoup. Vous m’inquiétez. Vous voulez croire en un monde de « bisounours » entre les murs de l’école. Il est vrai qu’il n’y a plus de tableau noir à l’école. Les tableaux reflètent la virtualité des leçons préparées sur ordinateurs. La virtualité c’est bien beau , c’est le monde des possibles, mais ce n’est pas la réalité.

Tout semble se passer à l’école comme si nous n’étions pas d’abord très très très fragiles les uns et les autres. Tout se passe comme si la condition humaine ne devait pas être prise en compte.
Exemple : la frise historique développée et accrochée au mur semble infinie. ...

Ne devrions-nous pas apprendre aux élèves à être solidaires et .... courageux ?
Pour être solidaires il faut être en mesure d’apporter aussi aux autres de l’amitié, du réconfort mais pas seulement cela. Il faut aussi apporter un peu de pain, un peu d’eau ..... quelques bien matériels. Pour être utile, il faut apprendre et savoir faire quelque chose de sa tête et de ses 10 doigts. 
Pour être courageux, il faut savoir encaisser les coups du sort, essayer de protéger les autres et admettre qu’un jour on perd . Ca s’appelle le destin. Il faut savoir faire face à cette réalité avec dignité ... et le plus possible avec le rire et la poésie à fleur de peau.
Et tout cela s’appelle l’éducation. Cela peut se lire entre les lignes des instructions officielles.
C’est l’affaire des parents, celle des enseignants, celle des médias, celle de tous les adultes que côtoient les jeunes.

Alors évidemment après avoir dit cela on peut espérer faire évoluer cet être, l’homme, qui est sujet à changer au fil des siècles .... On peut l’espérer voir respecter tout son environnement.....
Mais de grâce pensez à l’ici et maintenant plus que vous ne le faîtes.
L’école et les instituteurs n’ont pas encore réussi à instituer pleinement la démocratie, la liberté, l’égalité, la fraternité et la laïcité .
Continuez aussi en toute modestie l’oeuvre immense entreprise par vos aînés .

Pourquoi la laïcité n’est-elle pas requise en Alsace et en Moselle ? Pourquoi l’école n’est-elle plus gratuite quand on fait payer parfois les activités qui viennent d’être proposées par le nouveau gouvernement  ? Est-ce l’égalité ?
Que viennent faire à l’école ces activités de centres aérés sur le temps scolaire ? Pourquoi les enseignants ne les ont-ils pas gérées ?

Bon courage Monsieur Roland Gérard.
PS . Reprenez quelques cours d’orthographe, on vous comprendra mieux.


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