Commentaire de Luc-Laurent Salvador
sur La grande illusion du discours maçonnique


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Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 10 mars 2016 06:26

@gaijin
 
« ce que je dit c’est qu’il n’y a pas une ambition centralisée avec un plan précis, une logique, un projet cohérent »
Vous ne pouvez pas prouver l’absence par l’absence de preuve.
La seule chose légitime que vous puissiez dire sous ce rapport, c’est que vous ne voyez pas de nécessité à postuler une telle ambition planétaire parce que la situation actuelle vous paraît expliquable par la seule concurrence de multiples intérêts particuliers.
Votre explication est plus parcimonieuse et semble plus plausible.
Je le reconnais d’autant plus volontiers qu’elle a longtemps été la mienne, du temps où je travaillais sur l’auto-organisation, l’émergence, les systèmes multi-agents etc.
 
Toutefois la plausibilité n’est pas conclusive et ne peut donc fermer la porte à l’hypothèse alternative.
Permettez donc que je la creuse quelque peu :
 
1) les ambitions planétaires ne sont ni insensées, ni rares. La Bible en est porteuse d’une bien connue (le peuple élu avec les autres peuples à son service). Les Evangiles pareillement (toute la Terre évangélisée et croyante dans le Christ). Il me semble que dans l’Histoire, un certain nombre d’hommes ou de nations qui ont acquis un minimum de pouvoir ont caressé l’idée d’atteindre le maximum (Alexandre ? les USA avec leur destinée manifestes ?). Que des sociétés secrètes disposant déjà d’un pouvoir local (les prêtres en Egypte, Venise ?) se donnent un tel objectif de généralisation ne me paraît ni fou, ni improbable. C’est même la loi fondamentale de toute organisation (retour à l’image des cellules cancéreuses qu’on peut toutefois remplacer par l’image d’une radiation adaptative, comme quand les poissons partent à la conquête des terres émergées et viennent à occuper toutes les niches possibles, y compris le ciel).
 
2) Vous parlez d’« ambition centralisée », je trouve ça excellent dans le contexte de la blague de Devos. Comment ne pas penser en effet aux banques centralisées, cad, ce réseau de banques privées qui tient la finance, l’économie et donc les hommes entre ses mains et les fait « courir » pour leurs intérêts. N’y a-t-il pas là un système d’esclavage planétaire ? N’est-il pas formidablement distribué et, en même temps, centralisé ?
 
3) En fait, la concurrence que vous évoquez ne pourrait-elle être celle d’ambitions planétaires concurrentes et, peut-être, pour certaines, concourantes, tellement on peut les imaginer nombreuses ?
 
4) Enfin, qu’est-ce qui empêche d’avoir un maître de cérémonie, quelqu’un qui tire bénéfice de la conflictualité des ambitions humaines parce qu’il gagne des deux côtés et donc à tous les coups ? Les banques font ça très bien je crois. Elles financent les guerres et s’enrichissent monstrueusement à chaque fois. Leur pouvoir n’a cessé de s’accroître et les Etats sont prêts à mettre la corde au cou de leur peuple pour sauver les banques qui font mine de défaillir. Nous sommes sous le joug, nous vivons à genoux et le pire est que nous nous croyons en démocratie !
 
Par ailleurs, je ne savais pas que la pensée asiatique était votre dada. Sachez que c’est aussi le mien, que j’en ai même fait la théorie, sous le rapport de ce que j’appelle le paradigme organisationnel qui s’attache aux invariants, (ce que vous appelez principes) que l’on retrouve dans les différents niveaux d’organisation de l’univers, du physique au politique comme dirait Bagehot.
Vous aurez une petite idée que ce que j’évoque avec mon article intitulé Théorie de la résonance générale - AgoraVox le média citoyen


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