Commentaire de eau-du-robinet
sur Mélenchon or not Mélenchon


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eau-du-robinet eau-du-robinet 2 octobre 2016 16:02

Bonjour,
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« Voilà que le PG, famélique pourtant, débarque avec ses propositions qui sont des exigences siné qua non : ...
Nous en sommes là lorsque, en janvier 2016 j’apprends que Mélenchon a décidé de se présenter à la présidentielle de 2017 en indépendant, comme De Gaulle (c’est lui qui le dit), au dessus des partis
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== DÉCRYPTAGE == Avec quelles techniques Mélenchon manipule l’opinion et contourne savamment la question fondamentale de l’Europe dans la perspective de 2017
https://www.upr.fr/actualite/france/decryptage-mots-melenchon-contourne-question-fondamentale-de-leurope-perspective-de-2017
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Rappelons que le Front de gauche en France (dont l’intitulé complet est « Front de gauche pour changer d’Europe ») est une coalition de partis politiques rassemblant le Parti communiste français (PCF), le Parti de gauche (PG) et la Gauche unitaire (GU) lors des élections européennes de 2009. Le front de gauche compte 10 députés à l’Assemblée nationale (soit 1,7 % des 577 sièges), 18 sénateurs au Sénat (soit 5,2 % des 348 sièges) et 4 représentants au parlement européen (soit 5,4 % des 74 représentants français au parlement européen).
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Comment les « progressistes » de Mélenchon pourraient-ils « changer profondément l’organisation de l’Europe » alors que les traités européens ne peuvent être modifiés qu’à l’unanimité des États-membres (article 48 du traité sur l’Union européenne ) et qu’il suffit d’un seul État (le très capitaliste Luxembourg par exemple) pour tout bloquer ?
https://www.youtube.com/watch?v=UPpXKtSJcRI
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On notera aussi que 10 des 14 États qui n’ont aucun représentant dans ce groupe parlementaire européen sont des pays de l’est – ex-communistes. Cela permet d’affirmer que l’élargissement aux pays de l’est européen, survenu en 2005 puis en 2007, a rendu encore plus inconcevable l’unanimité des États-membres pour modifier substantiellement l’orientation de la prétendue « construction européenne ».
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Puis, Mélenchon affirme qu’il « préfèrera la souveraineté de notre peuple et le refus de la destruction de notre industrie et de notre patrie à cette forme de cauchemar qu’est l’Union européenne de Madame Merkel. »
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On confine ici au chef-d’œuvre.
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D’une part, il emploie un verbe vicieusement bien choisi : « nous préfèrerons ». Si l’on y réfléchit une seconde, ce verbe ne veut strictement rien dire en termes politiques. Il ne comporte aucun engagement concret, précis, et daté. C’est un verbe sciemment flou, qui permet aux auditeurs d’y trouver ce qu’ils veulent entendre.
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D’autre part, il a la malignité de prononcer les mots « souveraineté  », « notre peuple » et « notre patrie ». Pourquoi fait-il cela ? Parce que, comme tous les acteurs de la scène politique française, il lit des enquêtes d’opinion qui indiquent que ces mots, ces concepts, ont le vent en poupe ; et il constate avec inquiétude la montée inexorable de l’UPR avec presque 12 200 adhérents (en progression constante)...
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En bon manipulateur d’opinion, il suit donc les conseillers en communication qui lui disent qu’il faut donc « PARLER DE » souveraineté, qu’il faut « PARLER DE » « patrie ».
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Notons bien qu’il ne s’agit que d’en « PARLER ». Il ne s’agit pas – surtout pas ! – de prendre le moindre engagement clair et précis. Le seul objectif poursuivi est de « ratisser large », en tablant sur le fait que les électeurs, hélas trop peu souvent attentifs aux détails, en déduiront à tort que Mélenchon propose de sortir de l’UE.
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Il faut souligner à ce propos que Mélenchon se garde bien de dire ce que signifie la « souveraineté » de « notre peuple ». Il ne fait que prononcer les mots. Il ne dit pas ce que cela signifie concrètement, et en particulier que cela implique obligatoirement de sortir de l’Union européenne et de l’euro.
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Mélenchon manipule l’opinion, exactement comme le fait Marine Le Pen quand elle confirme sur TF1 le 8 février 2016 qu’elle « entrerait en négociations avec l’Union européenne » tout en reconnaissant qu’elle « n’a jamais proposé de sortir de l’euro »
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Mélenchon manipule l’opinion, exactement comme le fait Nicolas Sarkozy qui vient de déclarer sur BFM-TV, le 22 septembre 2016, qu’il « n’exclut pas » d’organiser un référendum sur l’appartenance de la France à l’UE.
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« Préférer la souveraineté », « entrer en négociations avec l’UE », « ne pas exclure d’organiser un référendum sur l’UE », toutes ces formules alambiquées des Mélenchon, Le Pen, Sarkozy et consorts, visent à contourner encore et toujours la question essentielle : celle de la souveraineté nationale ; et elles veillent à ne jamais prendre l’engagement clair et net que seule prend l’UPR (voire le PRCF *) , à savoir la triple sortie de l’UE, de l’euro et de l’Otan.
(*) Le PRCF propose 4 sorties(de l’euro, de l’UE, de l’OTAN et du capitalisme)
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Ce que Mélenchon ne dit pas, c’est que ces réformes draconiennes et anti-sociales du droit de travail en Allemagne « Hartz » sont la mise en application des traités européens. Et notamment des « Grandes orientations de politique économique » (GOPÉ) prévues par l’article 121 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), découlant lui-même du traité de Maastricht pour lequel le même Mélenchon avait appelé à voter en 1992.
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Il faut rappeler que les GOPÉ s’appliquent tout autant à l’Allemagne qu’à la France
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Ce que Mélenchon ne dit pas non plus, c’est que ces réformes « Hartz » ont été décidées et adoptées entre 2003 et 2005, par application des GOPÉ imposées par la Commission européenne, sous le mandat du chancelier Gerhard Schröder (SPD), c’est-à-dire par un gouvernement… de « la gauche allemande ». Une gauche allemande qui est d’ailleurs l’alliée du PS français, dont le candidat à la dernière élection présidentielle de 2012 – François Hollande – a été élu parce que Mélenchon s’est désisté en sa faveur dès les résultats du 1er tour connus.
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Faire porter la responsabilité des réformes Hartz à « la droite allemande » et à « Madame Merkel » – alors que la loi El Khomri du gouvernement Hollande-Valls est d’inspiration identique – est non seulement un mensonge historique mais une duperie politique.
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Âgé de 73 ans, Oskar Lafontaine est un homme politique allemand qui fut membre du Parti social-démocrate allemand (SPD) (et même son président de 1995 à 1999), parti politique qui appela à ratifier le traité de Maastricht, tout comme le PS de Mélenchon…
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