Commentaire de Julien Esquié
sur Liberté pour Ahed !


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Julien Esquié Julien Esquié 5 janvier 2018 11:26

@Christian Labrune

On aimerait penser qu’une visite de M. Ben Salmane provoquerait la même indignation. On en doute un peu. Il est vrai que la situation turque est bien plus dramatique que celle de l’Arabie Saoudite. A Istanbul, on peut tout juste, quand on est une femme, se promener sans voile. A La Mecque, on peut en short et débardeur faire le tour de la Kaba. Il paraît même que les femmes seront bientôt autorisées à conduire !

* * *

Quelques autres traits qui montrent que l’Arabie Saoudite est sur le chemin de la libéralisation, pour ne pas dire de la laïcisation.

2009 : 69 exécutions capitales

2010 : 26 ou 27

2011 : 82

2012 : 76

2013 : 79

2014 : 90

2015 : 153

Pour 2016, la statistique de Wikipedia s’arrête au 27 janvier. On en était à 54 exécutions capitales, dont 47 dans la même journée. On peut compléter son information sur :

https://www.deathpenaltyworldwide.org

2016 : 154 (selon Amnesty Int.)

2017 : au moins 107.

Ben Salmane et son père sont au pouvoir depuis 2015.

En 3 années au pouvoir, ils auront fait exécuter 414 personnes, soit une moyenne de 138 exécutions par an. Sur les 6 années précédentes, la moyenne était de 70. Tel est l’islam des Lumières : la multiplication par deux du nombre d’exécutions capitales.

En Turquie ? 0.

Il convient aussi de noter que « le rapport mondial sur l’inégalité entre les sexes publié par le Forum économique mondial en 2012 place l’Arabie saoudite à la 131e place sur 135 devant la Syrie, le Tchad, le Pakistan et le Yémen. »

Certes, la monarchie et le clergé ont un peu desserré leur emprise sur la société. Mais ils ne l’ont pas fait pour les beaux yeux de M. Trump. Ils l’ont fait : a) parce qu’ils ont eu très peur, au moment des « printemps arabes », b) parce qu’ils ont compris que les Etats-Unis (ceux de B. Obama) n’oublieraient pas ce qui s’est produit en septembre 2001. Ce que l’alliance des pétroliers et des néo-conservateurs ne veut pas comprendre, les uns par intérêt, les autres par bêtise, c’est que la politique d’un Obama vis-à-vis de Téhéran était aussi, et même surtout, un message adressé à la monarchie saoudienne. Etait-ce la bonne méthode ? Sans doute pas. Mais il faudrait cesser de prendre des vessies pour des lanternes, et B. Obama pour un partisan du chiisme.

Sur le plan politique… Aucun parti n’est autorisé en Arabie Saoudite (ce qui n’est pas le cas en Turquie), il n’existe d’ailleurs aucune élection au niveau national. « Selon l’indice de démocratie du journal The Economist, l’Arabie saoudite est le septième régime le plus autoritaire sur les 167 pays évalués. » (Wikipedia)

On notera, dans ce même classement, la place de la Turquie :

http://graphics.eiu.com/PDF/Democracy_Index_2010_web.pdf

Pas terrible, certes. Mais sans comparaison toutefois.

La liberté d’expression en Arabie ? Je n’en parle même pas.

Tout est à l’avenant :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Droits_de_l%27homme_en_Arabie_saoudite

C’est l’évidence même : M. Ben Salmane est un homme des Lumières. L’Arabie saoudite s’est engagée dans un processus de déconfessionnalisation et de démocratisation.

VIVE MOHAMMED BEN SALMANE !

VIVE L’ARABIE DES LUMIERES !

VIVE LE WAHHABISME A LA LUMIERE DE LA RAISON !

* * *

Alternative : que vomissent en chœur ceux que lassent les abjections ordinaires d’un Labrune et de ses petits camarades.

 

 

 

 


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