Commentaire de Philippe VERGNES
sur La théorie du complot des fake-news


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Philippe VERGNES 9 février 2018 14:07

@ Luc-Laurent Salvador,


Précision importante s’il en est. Dans le cas inaugural qui a fondé les études de Freud sur la paranoïa, le véritable paranoïaque n’était pas Daniel-Paul Schreber (le « président »), mais son père, Moritz. C’est une histoire à connaître, car elle n’est pas étrangère à la montée du fascisme de l’Allemagne nazi. Je traiterais de ce sujet dans un prochain article.

Ainsi, si le cas « paranoïde » rentre bien dans la pathologie, c’est plus discutable du point de vue de la paranoïa (celle que l’on appelle « paranoïa de caractère » ou « perversion paranoïaque »). Lorsque l’on parle de « psychose paranoïaque », c’est en faisant référence à la « schizophrénie paranoïde ». Dès lors, un amalgame et une grande confusion sont entretenus entre ces différents états du moi (moi souffrant dans la schizophrénie paranoïde et souffrance expulsée chez autrui dans la paranoïa que l’on dit de caractère, d’où sa perversité).

Il ne faut pas oublier que le véritable paranoïaque est atteint de ce que Sérieux et Capgras ont appelé « Folie raisonnante » qui se reconnait essentiellement à ses délires d’interprétation (cf. leur ouvrage « Folie raisonnante et délire d’interprétation »). C’est-à-dire que le paranoïaque ne souffre pas d’hallucinations délirantes comme le paranoïde. Le concept de folie raisonnante découle d’une autre dénomination plus ancienne de « folie lucide ». Il y aurait beaucoup à corriger dans nos représentations de ces différentes notions, car tout a été fait pour « effacé » ce savoir dans nos enseignements actuels. Normal... les fous lucides sont au pouvoir et tirent les ficelles. Pas si folle que ça la guêpe : elle ne va pas vous donner les outils qui pourraient vous permettent de l’identifier : la novlangue, c’est maintenant et depuis bien avant 1984. Sauf que nous n’en prenons conscience qu’aujourd’hui. Lorsque l’on cherche bien l’origine de tout ça, nous avons des millénaires de retard (cf. la civilisation sumérienne), mais au niveau de la manipulation des masses, c’est un siècle de retard que nous avons (cf. Aldous Huxley déjà cité dans un commentaire sous votre précédent article).

La « norme » serait dans ce cas là à déterminer RIGOUREUSEMENT et pour cela, les seuls auteurs qui ont entrepris cette tâche ont soit été harcelés, diffamés, calomniés, méprisés, etc., soit tout simplement ignorés.

Si l’on développait jusqu’au bout l’analyse des paranoïas, on s’apercevrait que cette « pathologie » (qui devient bien une « norme » sous l’influence de divers facteurs) n’est que l’aboutissement extrême d’une société matérialiste dont les fondements sont une science sans conscience née en même temps que la révolution industrielle. Il n’y a pas de hasard en ce bas monde : « Le mental intuitif est un don sacré, le mental rationnel un serviteur fidèle. Nous avons créé une société qui honore le serviteur et a oublié le don. » (Albert Einstein)

Aujourd’hui, le serviteur fidèle à tellement pris le « melon », qu’il se prend pour seul maître à bord. On est alors dans la paranoïa (de caractère et pour faire court). smiley

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