Commentaire de Christian Labrune
sur La théorie du complot des fake-news


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Christian Labrune Christian Labrune 11 février 2018 14:58

@kelenborn

Je suis hélas, comme le disait plus haut l’auteur de l’article, « un dictateur dans l’âme ». Je suis aussi, comme le remarque très bien Nicole Cheverney, un sale colonialiste, ennemi juré des peuples qui luttent pour leur libération, comme la Corée du Nord ou l’Iran. C’est que je n’accepte pas de voir la réalité en face, et je dois bien reconnaître qu’ils ont raison : il y a bien quelques petits problèmes dans ces pays-là, mais ce n’est rien à côté des nôtres où l’auteur, après l’article qu’il vient de publier, risque gros et met peut-être même sa vie en danger. J’en dirai autant de beaucoup d’intervenants qui, prenant son parti, seront considérés, par la police politique, comme des complices.

 Pour bien moins que ça, vous en connaissez comme moi un certain nombre chez qui on est venu frapper sur les quatre heures du matin pour les arrêter. Ils passent quelques heures abominables à une adresse que je préfère ne pas préciser avant de se trouver condamnés sans jugement à travailler comme des bêtes dans les camps destinés aux dissidents, et cela jusqu’à l’épuisement, dans une des régions les plus froides et inhospitalières de notre sinistre pays. C’est atroce. Tout le monde le sait très bien, mais personne ne veut le reconnaître et moi-même, voyez-vous, je préfère, par peur des conséquences, ne pas nommer ces endroits.

Il y a peut-être un mois, en allant acheter mes cigares du côté du Colonel Fabien, javais remarqué un peu d’animation plus bas, vers le canal, et j’étais allé voir. Dans le petit jardin de Montfaucon, il y avait un attroupement autour d’une grue de chantier qu’on avait dressée là. C’était pour pendre une gamine de quatorze ou quinze ans. J’ai demandé à des badauds le pourquoi de cette exécution. Eh bien, vous ne me croirez peut-être pas, mais elle avait eu une altercation devant le curé de la paroisse à l’entrée de l’église, juste avant la messe. Elle refusait d’entrer. « Votre Dieu, qu’il aille se faire foutre ! », avait-elle dit. Il y avait eu d’autres témoins que le curé et la famille ; on l’avait donc condamnée à mort pour « blapsphème et insulte à la religion ». On dira ce qu’on voudra, mais ce n’est certainement pas dans un pays hautement civilisé comme l’Iran qu’on verrait des spectacles aussi barbares. J’ai préféré ne pas attendre la fin du spectacle ; j’ai allumé un cigare et je me suis éloigné, un peu morose.

Je sais que je prends aussi des risques en racontant cela, bien que je ne fasse que rapporter des faits aisément vérifiables - même si la presse mainstream ne s’en fait jamais l’écho ! Je finirai peut-être moi aussi par prendre mon courage à deux mains et dénoncer ce qui se passe dans les pays occidentaux. L’exemple de nations authentiquement démocratiques telles que l’iran et la Turquie, tout comme le Venezuela de Maduro, devraient nous inspirer. On y viendra nécessairement, mais quand ?

Quelques liens vers des articles qui font bien voir ce que peut être cette douceur de vivre en Iran dont les beaux sourires de Hassan Rohani et de Javad Zarif sont déjà l’une des plus ravissantes images propitiatoires.

https://www.amnistiepdm.org/en-iran.html
http://www.iranmanif.org/index.php/manifestation/en-iran/5484-les-pendaisons-de-2017-en-iran


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