Commentaire de Yann Esteveny
sur Le meurtre de l'âme ou meurtre psychique et la perversion narcissique


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Yann Esteveny 14 mars 2018 23:39

Message à Mr Philippe VERGNES,

Je vous félicite pour vos écrits que vous rendez disponible sur le Web. Vous nous présentez les courants antagonistes en psychanalyse et les thèmes sous-jacents. Vous avez votre style d’écriture universitaire coutumier du milieu « psy ». Je me permets de vous répondre sur ce texte pour vos écrits avec ma simple et naïve expérience humaine.

Les hommes viennent de la même argile mais ils ne sont pas bâtis du même bois. Nous ne croyons pas tous la même chose. Il y a ceux dont la foi est menée par l’esprit de vérité. Il y a ceux dont la foi est menée par la volonté de leur ego conduite par ses intérêts. Les premiers respectent le réel. Les seconds supplantent le réel à leur personne. Enfin un troisième groupe n’entend rien à tout cela et n’est pas mû par une foi. C’est dans ce dernier groupe que se trouve le gros des victimes des pervers narcissiques. Mais pour autant victimes, elles partagent le même déni de la réalité que leur agresseur.

Comment reconnaître ces personnes facilement victimes des pervers narcissiques ? Ces personnes emploient dans la vie de tous les jours des locutions révélatrices : « Ne me dis pas que ... » ; « Je refuse de croire ... » ; « Il est impossible que ... » avec toutes les nuances possibles. Le profil type est une personne avec une confiance mal consolidée, maîtrisant mal ses croyances et qui parfois n’accepte pas le simple fait de croire. Pour parvenir à une certaine confiance et à quelques connaissances, il faut savoir faire la part entre sa foi et sa raison. Dans les quelques cas de personnes victimes de pervers narcissique que j’ai croisé, je n’ai vu que des personnes qui ne croyait pas au Mal et ne savaient même pas qu’elles avaient une foi.

Aborder le Mal n’est pas propre à un domaine particulier. Néanmoins, un psychologue, un ponérologue, un théologien ou un exorciste ne sont pas à égalité. Le premier est le plus démuni et le dernier le mieux prémuni mais le plus exposé car le plus impliqué. Il est néanmoins le devoir de tous de s’atteler sérieusement à cette question du Mal. Ce n’est pas l’érudition qui nous apprendra le Mal. Il faut vivre tout simplement. Cela implique un engagement suffisant dans la vie avec un contact franc avec le réel. Un contact franc avec la réalité exige de prendre soin à la fois du moindre de ses actes et de ses semblables. Une approche holistique est indispensable mais elle n’inclut pas une connaissance pointue de tous les domaines. En effet, nous ne pouvons tout connaître car nous ponctuons notre vie par une mort terrestre certaine. Pour pallier en partie notre finitude durant notre existence, nous faisons nécessairement confiance aux autres pour partager le savoir.

Avoir confiance nous expose. Nous ne pouvons être trahi que par nos proches en qui nous avons confiance. Vous soulignez dans votre texte le risque familial mais la famille est le premier garant historique de l’enfant. Cette protection naturelle de l’enfant est en train d’être forcé par les politiques en cours. La religion chrétienne subit le même sort que la famille. Toutes les deux sont sciemment perverties par les politiques en cours.

Comment sortir de son état de victime d’un pervers narcissique ?

La solution de secours est de s’isoler intérieurement et extérieurement. C’est une solution d’urgence en dernière limite. Cette solution désensibilise et affaiblit le contact au réel. La difficulté pour reprendre contact risque d’être d’autant plus grande. Le film « Nos meilleurs années » (La meglio gioventù) de Marco Tullio Giordana évoque le courant anti-psychiatrique de Franco Basaglia, et il présente une scène où l’aliénée (je vous laisse me corriger sur ce terme) n’arrive pas à avoir suffisamment de confiance, de courage et d’empathie pour toucher l’autre par compassion tout en se guérissant de son isolement. L’empathie n’est pas une déclaration mais un savoir être. Il y a une maturité émotionnelle indispensable pour être empathique. Sinon vous êtes dans les bons sentiments d’intentionnalité. Les victimes de pervers narcissiques ont le sentiment d’être bon parce que sensible. Mais c’est un orgueil qui sert le Mal dont elles sont ensuite victimes. L’exemple type en France de ces individus sont les autoproclamés « Charlie ».

La solution de fond est d’une immense difficulté tout en étant simple. « Lorsque vous avez éliminé l’impossible, ce qui reste, si improbable soit-il, est nécessairement la vérité » disait Conan Doyle. Elle est d’accepter ou du moins rendre possible son acceptation d’une réalité globale différente. Le remède commence simplement par une goutte de Foi. Le sujet du partage de la foi est largement évoqué dans les Evangiles. Un miracle même ne suffit pas pour transmettre la foi, ce qui explique toute notre difficulté à aider les victimes de pervers narcissiques. Soren Kierkeggard disait « La foi a trouvé en l’absence de certitude un excellent pédagogue. »

Mr Vignes, vous communiquez par vos écrits des choses importantes et profondes par un exercice ardu de vulgarisation. Mais la recherche universitaire comme médicale est clairement sous influence. Le milieu « psy » déshumanise et sa technicité rend obscur des réalités simples. La psychanalyse a été initié par un pervers de culture sabato-frankiste. Nos sociétés occidentales ont embrayées sur ce pervertissement des enfants par des politiques qui prétextent l’éducation à la sexualité. Dans votre texte, vous parlez à fort juste titre du meurtre de l’âme ou du meurtre psychique. Si nous présentions aujourd’hui ce que signifie concrètement vendre son âme au Diable, je crois que nous serions plus rapide. Mais qui veut l’entendre ? Pourtant à travers les âges, ces choses ont été bien comprises par des populations moins cultivées mais moins orgueilleuses.
 
Veuillez bien n’y voir aucun reproche mais avant tout, le premier grand malheur de notre monde occidental est d’être devenu objectif face au Bien et au Mal. Le second malheur est la suite logique : l’effacement de l’Amour par la sexualité pervertie.
La question de la foi est fondamentale et je l’ai évoqué sans le définir. J’avais proposé un texte sur Agoravox intitulé « Défaut et méconnaissance de la foi ».

Respectueusement


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