Commentaire de Christian Labrune
sur UBU Roi : fin de la commission d'enquête parlementaire


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Christian Labrune Christian Labrune 27 juillet 2018 09:40
A l’auteur,

Je suis un peu tenté, à lire le début de votre article, de trouver que vous exagérez quand vous parlez de « fascisme », et que vous dramatisez à plaisir en écrivant : « Nous allons le payer sans doute très cher, car le pouvoir montre désormais au grand jour son vrai visage. »

J’ai passé presque deux jours à regarder les auditions à l’Assemblée. Ce qui saute aux yeux, c’est la naïveté profonde de beaucoup de députés, et l’imbécillité très particulière de ceux qui composent cette majorité de godillots. L’opposition s’en tire mieux pour cette fois parce qu’elle met en lumière des faits parfaitement avérés et que ceux qu’elle écoute se prennent régulièrement les pieds dans le tapis, mais on ne peut pas non plus se faire trop d’illusions là-dessus : l’extrême gauche/droite, en France s’est toujours montrée fascisante de la manière la plus explicite, ce qui fait que beaucoup de gens, dont mézigue, la mort dans l’âme, avaient voté pour Macron afin de différer autant que possible un danger qui paraissait imminent et qui persiste : ce n’est certainement pas ce qui se passe en ce moment qui permettra aux partis de Le Pen, de Mélenchon, ou même aux derniers survivants du PS de se refaire une virginité.

Le « vrai visage » de cette majorité au pouvoir, ce n’est pas le fascisme, c’est la connerie. Une connerie gigantesque, proche de l’obscénité, et qui donne la nausée. La question est de savoir si le pays pourra jamais se ressaisir. Or, Macron vient après un certain nombre d’autres présidents particulièrement calamiteux qui ont succédé aux années sombres du mitterrandisme et n’ont jamais su redresser la barre. Il apparaît désormais que le macronisme n’est qu’une resucée du mitterrandisme et de ses méthodes, et que la France n’en a toujours pas fini avec les lâchetés et les compromissions qui furent celles de la collaboration dans les années 40.

L’imbécillité de la politique intérieure saute aux yeux : ce n’est pas en appliquant servilement les méthodes ultra-libérales qui avaient paru réussir en Allemagne dans les premiers temps du règne de Merkel qu’on parviendra à redresser l’économie : après l’explosion de l’IA dès 2012, le monde n’est plus du tout ce qu’il était au début de ce siècle. Sur ce plan-là, on va droit dans le mur, et le chômage, qui sera bientôt la condition normale du plus grand nombre, ne risque évidemment pas de régresser.

Le plus grave, c’est la politique extérieure misérable d’un pays qui piétine désormais les valeurs qui ont fait sa grandeur durant des siècles, et la collaboration empressée avec les régimes les plus pourris de la planète. Qui aurait pu croire que la France pourtant victime du terrorisme islamiste pourrait un jour soutenir le régime moribond des mollahs iraniens qui tyrannise sa population depuis quarante ans, est en train de mettre à feu et à sang tout le Moyen-Orient, et dont l’objectif déclaré est la destruction d’Israël et l’institution d’un califat mondial qui balaierait la civilisation occidentale ? Les Frères musulmans en France ont pignon sur rue, les salafistes continuent librement à prêcher la haine, comme cet imam de Toulouse qui récitait le hadith, à la fin du 7e article de l’ancienne charte du Hamas, appelant à l’extermination des Juifs. Il est toujours en liberté. Macron devait se prononcer sur la question de la laïcité. La trouille l’aura empêché de le faire.

Comment un Président de la République Française, après avoir insulté le général de Villiers qui attirait l’attention sur la faiblesse de notre système de défense a-t-il pu faire dérouler le tapis rouge pour recevoir à l’Elysée un général Aoun, Pétain du Liban à la botte des terroristes du Hezbollah, et recevoir ensuite, dans le même palais, national le Mussolini des Turcs qui y insultera des journalistes français et s’y prétendra son « ami » ?

J’entendais un journaliste, ces derniers jours, dire que l’affaire Benalla était la première du quinquennat. Ce n’était assurément pas la première, et en tout cas c’est bien la moindre et la plus inessentielle. Il est possible qu’elle permette à une opinion endormie, à une AFP à la botte et à des media voués à la désinformation, d’ouvrir enfin les yeux, mais ce n’est même pas du tout certain. La bêtise en France est désormais toute puissante. La bêtise n’est certes pas le fascisme, mais elle lui aplanit très bien le chemin.

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