Commentaire de Dr Faustroll
sur Le quatrième pouvoir


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Arthur S Dr Faustroll 11 août 2018 08:27
Dans La fabrique du consentement, Noam Chomsky et Edward Herman montrent comment, à travers cinq filtres, le conditionnement opère sans que le sujet ait conscience de s’inoculer lui-même le traitement via les médias qui diffusent avant tout une propagande au bénéfice d’un groupe de dominants. Loin de constituer un « quatrième pouvoir » en démocratie, la principale fonction des médias est de traiter et de manipuler l’information afin de servir les intérêts des élites politiques et économiques qui les élites possèdent et les contrôlent, soit directement à travers les financements (capital et subventions d’Etat), soit indirectement à travers les sources d’information labellisées, les autres diffuant des « fake news ». 
Les outils sont :
- L’effet de masse : la taille d’un média résulte de sa capacité à attirer des investissements, et détermine en retour sa capacité à se doter des technologies nécessaires à l’obtention d’une audience effectivement massive. Sont pénalisés les médias dont les lignes éditoriales ne coïncident pas avec l’idéologie dominante parmi les potentiels actionnaires.
- Le poids de la publicité : la majeure partie des ressources des médias provient de la publicité et non des ventes ou subventions. Ils ne sont pas économiquement viables sans le soutien des annonceurs, et les annonceurs agissent comme une autorité de régulation permettant à tel ou tel média d’opérer ou non. Donc, les médias doivent tenir compte des convictions économiques et politiques des annonceurs qui les financent. Sont pénalisés les médias dont les audiences ne sont pas rentables du point de vue des annonceurs.
- Les sources d’information, les « think tanks » : les grandes entreprises et agences gouvernementales qui subventionnent les principaux médias réduisent pour eux le coût d’accès à l’information en produisant eux-mêmes et de manière routinière de l’information, au travers de déclarations, dépêches, et conférences de presse. Sont pénalisées les sources d’information qui ne sont pas intégrées dans ce circuit fermé.
- L’arsenal juridique : la perspective de provoquer un « contre-feux » dévastateur de la part de personnes ou institutions puissantes suffit à engendrer un phénomène d’auto-censure parmi les médias. Sont pénalisées les opinions qui seraient de nature à mettre en difficulté les intérêts de ces personnes ou institutions.
- La guerre contre le terrorisme : toute opinion considérée dangereuse sera taxée de « complotiste » et combattue sous la bannière de la guerre contre le terrorisme, terme fourre-tout qui inclut tout ce qui entrave l’avancée du rouleau compresseur des groupes transnationaux et a fini par remplacer l’épouvantail du communisme de la période de la guerre froide. 


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