Commentaire de Jean Dugenêt
sur Pour un gouvernement des travailleurs


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Jean Dugenêt Jean Dugenêt 8 septembre 2018 21:04

@cettegrenouilleci

Je vous remercie de votre participation. Ma proposition pour Facebook n’était qu’une suggestion. D’accord pour toute autre possibilité de discuter. Il me convient d’ailleurs très bien de discuter sur AgoraVox. Cela donne en plus une leçon à ces militants d’autres organisations qui dépeignent l’UPR comme une organisation monolithique de militants qui suivent aveuglément un « gourou ».

Je vous envoie ci-dessous un petit texte que je me suis amusé à l’instant à faire. Je reprends en l’adaptant à la situation actuelle l’essentiel de ce que dit Trotsky dans le chapitre sur le « gouvernement ouvrier et paysan » du « programme de transition » (disponible sur le web). Mon texte n’est souvent qu’une reprise littérale de ce qu’a écrit Trotsky. Cela a au moins l’avantage d’illustrer d’où viennent mes sources d’inspiration.
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La formule de « gouvernement des travailleurs » est souvent dénaturée par les directions des organisations traditionnelles qui veulent en fait mettre en place des gouvernements de « Fronts populaires » c’est-à-dire des gouvernements de collaboration de classe avec, le plus souvent, en leur sein des partis liés au capitalistes comme les radicaux de gauche avec Mitterrand ou les républicains auxquels Jean-Luc Mélenchon semble bien « faire du pied » aujourd’hui.
Des alliances ce cette nature aboutissent simplement à soutenir le capitalisme et elles apparaissent le plus souvent dans des périodes où il se trouve menacé par une forte mobilisation populaire.

L’expérience montre que, même dans des conditions très favorables, les partis traditionnels comme le PCF, le PS ou la FI sont incapables de créer un gouvernement des travailleurs, c’est-à-dire un gouvernement indépendant des capitalistes. Ils veulent le plus souvent être liés organiquement à eux en s’associant un jour avec les radicaux de gauche, un autre jour avec des républicains…

Néanmoins, la revendication « Rompez avec les capitalistes prenez dans vos mains le pouvoir ! » a pour les masses une énorme valeur éducative. Le refus obstiné de prendre réellement le pouvoir a pour effet de déconsidérer ces partis dans l’esprit du peuple et prépare ainsi la victoire de l’avant-garde, de l’UPR.

La tache centrale de l’avant-garde consiste à affranchir les travailleurs de leur vieille direction traditionnelle, dont le conservatisme se trouve en contradiction complète avec la situation catastrophique du capitalisme à son déclin et constitue le principal obstacle au progrès historique. L’accusation capitale que l’avant-garde lance contre les organisations traditionnelles des travailleurs, c’est qu’elles ne veulent pas se séparer du demi-cadavre politique du capitalisme.
Dans ces conditions, La revendication adressée systématiquement à la vieille direction : « Rompez avec le capitalisme, prenez le pouvoir ! », est un instrument extrêmement important pour dévoiler le caractère traître des partis traditionnels du mouvement ouvrier : PCF, PS et FI.

De tous les partis et organisations qui s’appuient sur les travailleurs et parlent en leur nom, nous exigeons qu’ils rompent politiquement avec le capitalisme et entrent dans la voie de la lutte pour le gouvernement des travailleurs. Dans cette voie, nous leur promettons un soutien complet contre l’oligarchie euro-atlantiste, contre la réaction capitaliste. En même temps, nous déployons une agitation inlassable autour des revendications transitoires qui devraient, à notre avis, constituer le programme du « gouvernement des travailleurs ». (Une seule école : l’école publique… )

La création d’un tel gouvernement par les organisations ouvrières traditionnelles est-elle possible ? L’expérience antérieure nous montre, comme nous l’avons déjà dit, que c’est pour le moins peu vraisemblable. Il est, cependant, impossible de nier catégoriquement par avance la possibilité théorique de ce que, sous l’influence d’une combinaison tout à fait exceptionnelle de circonstances (guerre, défaite, krach financier, offensive révolutionnaire des masses, etc.), des partis réformistes ou staliniens comme le PCF, le PS ou la FI qui est issue à la fois du PS et du PCF puissent aller plus loin qu’ils ne le veulent eux-mêmes dans la voie de la rupture avec le pouvoir de l’oligarchie euro-atlantiste. En tout cas, une chose est hors de doute : si même cette variante, peu vraisemblable, se réalisait un jour quelque part, et qu’un « gouvernement des travailleurs », dans le sens indiqué plus haut, s’établissait en fait, il ne représenterait qu’un court épisode dans la voie d’une véritable prise du pouvoir par les travailleurs.

Il est cependant inutile de se perdre en conjectures. L’agitation, sous le mot d’ordre du « gouvernement des travailleurs », garde dans toutes les conditions une énorme valeur éducative. Et ce n’est pas par hasard : ce mot d’ordre généralisateur suit tout à fait la ligne du développement politique de notre époque (Crise monétaire et désagrégation des vieux partis capitalistes, faillite de la démocratie, montée de l’extrême-droite voire même du fascisme, aspiration croissante des travailleurs à une politique plus active et plus offensive). C’est pourquoi chacune de nos revendications transitoires doit conduire à une seule et même conclusion politique : les travailleurs doivent rompre avec tous les partis traditionnels du capitalisme pour établir leur propre pouvoir.

Il est impossible de prévoir quelles seront les étapes concrètes de la mobilisation des masses. L’avant garde doit s’orienter de façon critique à chaque nouvelle étape et lancer les mots d’ordre qui appuient la tendance des travailleurs à une politique indépendante, détruisent les illusions réformistes, renforcent la liaison de l’avant-garde avec les masses et préparent la prise du pouvoir des travailleurs.


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