Commentaire de JPCiron
sur L'ordre du monde de Henry KISSINGER – Fayard 2016
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@L’Astronome
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Bonjour,
Le salut se préoccupe d’abord de soi, tandis que l’humanisme est tourné sur l’extérieur : deux attitudes souvent complémentaires.
Le salut individuel n’exige-t-il pas une grande lucidité sur soi-même ? Pour ce faire, la conscience peut-elle ignorer le monde qui nous entoure ? Je ne le pense pas. Elle doit comprendre quelle est notre place vis-à-vis des autres individus, et vis-à-vis du reste du vivant, sans oublier le monde physique sans lequel toute vie serait impossible.
L’humanisme « généralisé » de Lévi-Strauss réconcilie notre apparente insignifiance avec les grandes lois de fonctionnement du monde, car il met en évidence la nécessaire solidarité que chacun doit montrer avec tout le vivant. C’est une humilité/ modestie apprise qui aide à prendre conscience du mode de fonctionnement réel du monde. Partant, chacun devient un acteur dans une oeuvre globale, une pièce qui intègre l’individu dans un groupe agissant dans un monde qui a un sens cohérent avec les lois naturelles.
Je ne vois donc pas de contradiction entre un humanisme généralisé, par construction solidaire, et le salut individuel qu’il contribue ainsi à faire émerger dans un monde porteur de sens.
