Commentaire de Christian Labrune
sur Jean-Paul II : La Splendeur de la vérité


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Christian Labrune Christian Labrune 2 janvier 22:06

c’est aussi ce qu’admet Descartes même avec le doute cartésien.

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@osiris

Le dieu de Descartes n’est évidemment pas celui de Jean-Paul II, et c’est se moquer du monde que de s’appuyer sur la « religion » de Descartes pour essayer de réconcilier les vérités de la théologie chrétienne avec le rationalisme philosophique.
Descartes, élève des jésuites, disait qu’il était un bon chrétien. Etant donné ce qui venait d’arriver à Galilée, et moins de quarante ans après le bûcher de Giordano Bruno, ça valait mieux pour lui et on ne saurait lui reprocher de ne s’être jamais prononcé sur la révélation chrétienne.
Il reste qu’il n’est pas nécessaire d’être bien malin pour comprendre que le plan des Méditations est calqué, très ironiquement, sur la structure du récit de la Génèse. Il y a six méditations, et il insiste lourdement : il ne faut pas en lire plus d’une par jour. Il ne dit pas que le septième jour, comme Dieu, on pourra se reposer, mais on le comprend tout de suite.
Dès les premières lignes de la Génèse, il y a Dieu et il n’y a rien d’autre au-dessus des eaux.
Dès le doute hyperbolique de la première méditation, il n’y a rien du tout ; peut-être bien que rien n’existe.
Le premier existant, bizarrement, ce n’est pas Dieu, c’est moi, Descartes : « Je suis, j’existe, cela est indubitable ».
Dieu apparaît bien, mais seulement plus tard, et seulement parce que j’imagine un être parfait et que je souffre de mon imperfection.
Il va sans dire que le Dieu de Descartes n’est évidemment pas celui qui a engrossé, sans même lui demander son consentement (viol ?) la femme du pauvre charpentier Joseph !
Plus tard, Spinoza, pareillement, démontrera more geometrico, et en trois coups de cuillère à pot (moins de trois pages !) l’existence de Dieu. Mais l’existence de ce dieu-là, il faut bien le dire, n’empêchera pas plus de dormir celui qui n’est pas mathématicien, que la question de savoir s’il existe un ordre repérable dans la succession des nombre premiers.


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