Commentaire de Taverne
sur L'outil du cogito et ses limites


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

Taverne Taverne 5 avril 2019 11:05

@Étirév

Bonjour,

Sur votre premier point (le lien entre la langue parlée et la mère)

Nul n’ignore l’expression « langue maternelle » employée pour désigner le premier langage acquis par l’enfant. On ne dit pas, en France du moins, « langue paternelle ».

Pour le reste, même s’il existe une lien entre la langue et le sacré. Le fait même que la langue soit attaché à l’idée de mère (y compris de mère patrie), avec toutes les images inconscientes auxquelles cela renvoie, confirme ce lien sacré. Mais je n’irai pas au-delà en y voyant la main de Dieu.

Sur votre second point (La langue est intimement liée à la pensée)

Descartes avait parfaitement conscience des limites du langage mais il prend la langue pour ce qu’elle est : un outil comme un autre pour avancer en démonstration.

Sa défiance est telle qu’après avoir énoncé « je pense donc je suis », il reformule notamment sous la forme « je pense, je suis ». Il refuse de s’enfermer dans une formule unique car les mots sont une prison. Par exemple la premier énoncé introduit une fonction logique voire de causalité dans l’esprit du lecteur. Il corrige donc l’énoncé ou plutôt apporte une formule alternative donnant un sens plus large et permettant de sortir de ce piège du langage.

Sur le troisième point : la pensée comme discours réflexif

« Platon a dit que la pensée est le discours que l’esprit se tient à lui-même ». Il n’existait pas de miroir chez les gens à l’époque. Pour se réfléchir il existait fort heureusement le langage. Je ne suis pas loin de penser même que les personnes se parlaient à haute voix même dans leur solitude. Faute de grives, on mange des merles, faute de miroir on se réfléchit dans la parole.


Voir ce commentaire dans son contexte