Commentaire de brunat-celine
sur Venezuela : un pays saboté ?


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brunat-celine 3 mai 18:33

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Il faut bien que la misère des uns profite aux autres. Voilà un dicton tout à fait horrible mais qui correspond tellement au capitalisme. On en voit une fois encore la démonstration au Venezuela, pays en crise politique économique et sociale insoutenable pour la population, où le groupe français Maurel & Prom a concrétisé, fin décembre, l’acquisition des parts de Shell dans la Société Mixte Petro regional del Lago, pour un montant de 70 millions d’euros. L’anglo-néerlandais Shell chercherait à céder ses activités dans le pétrole au Venezuela pour se recentrer sur le gaz. Depuis, Maurel & Prom détient le 40 % de la société mixte, contrôlée par le géant étatique vénézuélien PDVSA et destinée à exploiter le pétrole d’une zone du Lac Maracaibo, riche en gisements d’hydrocarbures.

Petro regional del Lago exploite le champ pétrolier Urdaneta West, situé sur le lac Maracaibo, près de la frontière colombienne. Ce champ pétrolier produisait 33.000 barils par jour en 2016, mais a connu une forte baisse, se situant fin 2018 à une production estimée de 15.500 barils par jour selon les chiffres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) - dont le Venezuela est membre. Maurel &Prom compte exploiter la capacité déjà installée pour accroître la production rapidement et donc se faire de juteux bénéfices.

Le président Nicolás Maduro, en personne, a annoncé que le groupe pétrolier français Maurel &Prom allait y investir 400 millions de dollars.

Dans un cadre de crise économique sans précédent au Venezuela, la production pétrolière a encore baissé à 1,434 million de barils par jour, selon les chiffres de septembre publiés jeudi par l’Opep. En moyenne sur l’année 2018, elle est à son plus bas niveau depuis six décennies. Le groupe Maurel & Prom va pouvoir exploiter une main d’œuvre à bas coût. L’augmentation du salaire minimum de 150% fin novembre, le faisant atteindre environ 50 dollars afin de contrer l’inflation, ne pourra pas compenser l’inflation qui d’après Maduro est « bien en dessous des prévisions du Fonds monétaire international », qui table sur une hyperinflation de 10 000 000 % pour 2019. On peut compter sur Maurel & Prom pour payer le strict minimum salarial, profitant d’une population accablée par l’inflation, pour le plus grand bonheur des actionnaires du groupe qui visent un retour sur investissement plus qu’alléchant pour qui a les dents longues et peu de scrupules.


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