Commentaire de eau-pression
sur Arts de la Kehre, Brigitte Macron mieux que Bernard Arnault ou Estée


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eau-pression eau-pression 15 janvier 2020 13:45

@Montagnais

Nous voici en l’an 2020 de l’ère chrétienne. Avez-vous remarqué que, traduit en note scolaire (20/20) ce nombre est le dernier de l’échelle ? Restent peut-être quelques décimales à gratter. Et puis la conjecture de Valéry écrite au fronton du Trocadéro se révèlera encore vraie.

Mais qu’est qui me prend ? La solastalgie serait-elle contagieuse ? Le désir d’entretenir les seules visiteuse de mon 66 serait-il éteint ? Non, c’est si simple, souvenez-vous : je vous dois, prétention latine, la démonstration de l’impossibilité de la vie éternelle chez les robots. Un lemme anti-IA pour alimenter votre faim de dérision, croqueuses !

Une fois les voeux expédiés, la tradition nous demande de dévoiler nos résolutions. Voici les miennes : m’atteler à démythifier l’algorithmique, et d’ici là me taire sur cette agora, où vos accointances méfistofutiles vous interdisent de me donner le moindre espoir de franche collusion. Allez, ces furtives bactéries ont leur rôle absurdo-réducteur à y jouer, n’y mêlons pas nos effusions.

Au rythme slave de vos productions, un jour prophètes du virtuel réalisable, un autre Cassandres du collapsus, il manque une excursion en mathématiques, chez Knuth. L’autre Donald, le bon ! Même notre arriviste Villani reconnaît son prestige. Il vient de fêter son 82ième anniversaire. Par pitié, tressez-lui les lauriers qu’il mérite de son vivant !

Pour moi, la France est morte il y aura(it) 30 ans en 2022, quand un normalien supérieur m’a déclaré : « je ne vais quand même pas passer ma vie à coder des algorithmes ». A cette époque où Lyons avilissait ses capacités créatrices à mettre au point le fast trading, notre pays ne proposait à nos maxi-QIs aucun défi à la hauteur de leurs capacités. En informatique, le rouleau compresseur de la médiocratie n’allait même pas admettre qu’un borgne se glisse parmi les aveugles ivres d’objets. L’hormone de la domination, si prompte à prendre les habits de l’Esprit, ne le supportait pas !
Un peu plus tard, un inspecteur de mathématiques chercha doctement à me convaincre des vertus de l’éditeur d’équations de Word. Oui, moi le cador de la programmation à trois bandes (j’étais jeune), l’étudiant en langage TeX, tout ce qui me restait pour élever ma famille aurait été de vendre du Microsoft. Bien avant Manu, les nervis de 68 entérinaient sans honte la ruine de l’Ecole.

M’accorderez-vous un jour de visiter le village de votre enfance ? N’écoutez pas Barbara qui le déconseille : pourquoi notre enfance serait-elle morte ? Emmenez-moi, en virtuel s’il le faut, au temps où la prégnance du passé était spontanée. Nous n’aurons pas la nostalgie de l’avenir radieux que moque Zinoviev, nos épaules ne ploieront pas sous les responsabilités mal assumées par nos ancêtres. Peut-être me prendrez-vous le bras comme une liane envrille sa voisine dans sa course vers le ciel. Vous pourrez me confier les frustrations que les maîtres d’école, semblables aux paysans qui taillent la vigne, vous ont infligées. Et alors, levant les yeux vers le logement désaffecté de l’instituteur, au dessus de la ligne de démarcation filles-garçons, nous pourrons rêver d’ensauvagement. Chut, le rêve monte des racines, ils pourraient nous glyphoser. Alors, redevenus les pousses d’une plante mère, vous ne direz plus que vous me connaissez. Vous rangerez le sécateur dont vous menacez mon égo. Mais revenons à l’enquête dont je vous crois capable.

Ulm n’a pas défendu la France. Pourquoi nos savants entraveraient-ils la marche vers une société de la connaissance ? En cherchant bien, vous trouverez, dans les locaux français du temple des mathématiques, la trace de jeunes industrieux qui affichaient « avons-nous fait de si longues études pour finir pas câbler un microprocesseur » ? Les maîtres des lieux n’ont pas dû apprécier cet humour, ou ce sont les hiérarques de l’EN ; en tous cas, on ne voit guère le bénéfice de leur travail dans notre société locale.

Knuth lui, avec la puissance de bouledogue qui se lit sur son visage, a décidé qu’il confierait à la machine la mise en forme de ses réflexions. Demandez prudemment aux cadors de chez Cantor si ce ne fut pas l’avènement définitif du constructivisme en mathématiques. La fin de la récrée pour les explorateurs des jungles compactes, pour ceux qui ondulent entre modules par la méthode du serpent, la fin de l’angoisse existentielle pour ceux qui s’éloignent de Cauchy et son point fixe ? Allez-y en douceur. Ils conspirent depuis longtemps pour absorber la physique ; avec eux nous avons une chance d’être libérés de Lavau et consorts. Monza est l’incubateur de nos autoroutes. La Vie est en état de sidération devant les conséquences du pouvoir de représentation qu’elle nous a donnés. Du moins elle a quitté ceux qui ne la voient pas s’agiter dans le cristal.

TeX contient les germes du navigateur. Sur ses vieux jours, Donald nous le prouverait facilement. Il suffirait de le nommer président du W3C pour que nos ordinateurs deviennent étanches aux chevaux de Troie. Le voulons-nous ? Voudrez-vous, juste pour moi, vérifier qu’il maintiendra javascript ? Le prototype est à l’objet ce que la graine sauvage est à la plante en pot.

Venu des USA, l’avènement du fake mondialise l’incertitude sur les intentions de nos voisins. Seul les trolls, adeptes du « pourquoi pas ? » y sont à l’aise. Seule une panne internet durable pourrait les éradiquer comme l’hiver tue la vermine.

Chez nous, un pouvoir rabougri s’acharne à planquer ses données, quand c’eut été croire à la Fraternité que de les rendre publiques. Mais les services, on ne se les rend plus qu’entre frères. Le lierre matérialiste à pris le dessus sur l’arbre de la spiritualité. On demande à l’IGN de définir son modèle économique ...

Pour votre moral, il serait peut-être bon de renouveler le pied de nez de 2012 aux numérologues Mayas. Ce n’est ni trop tard ni trop Cathare pour une escapade entre Rennes et Bugarach. Histoire d’oublier vos sleepings, madones. Si ça vous tente, j’en suis.

Bien bonnes résolutions, ami(es)


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