Commentaire de Mélusine ou la Robe de Saphir.
sur Le virus de la prise de conscience ?


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Le corps comme miroir du monde de Janine Chasseguet Smirgel : Aussi bien dans ses propos que dans ses écrits, J. Chasseguet-Smirgel avait une façon simple et percutante de nous introduire par des citations à la réalité clinique qu’elle souhaitait théoriser. Ainsi, son dernier écrit, Le corps comme miroir du monde, commence par les extraits de deux textes. Le premier de ces textes est la description du supplice de Damiens trouvée au début de Surveiller et punir de M. Foucault. Le second texte, tiré de Le marin rejeté par la mer de Y. Mishima, dépeint un chat martyrisé. Avec une précision infinie et glaciale est décrit comment les corps sont tenaillés, déchirés, démantelés. L’horreur de ces citations est d’autant plus insoutenable que l’écrit de J. Chasseguet-Smirgel est composé, pendant quelques pages, uniquement de ces citations. La forme de l’écrit apparaît elle-même alors comme un amoncellement de morceaux, de segments de textes.
Les corps démembrés sont, pour J. Chasseguet-Smirgel, le miroir de l’extrême sadisme auquel conduit l’hybris sans limite que l’on retrouve plus encore dans la culture postmoderne en proie à l’absence de symbolisation. Les corps mis en pièces des victimes du 11 Septembre mais aussi ceux des kamikazes en sont la marque sanglante. « L’explosion du corps propre devient le reflet d’un monde dont le démantèlement est ardemment souhaité », écrit-telle. Mais voici un commentaire fait par J. Chasseguet-Smirgel, datant de 1960, sur l’observation d’une patiente que M. Bouvet proposa alors dans son rapport sur la dépersonnalisation : « Le fantasme de la bouteille d’explosif jetée sur la maison pour la pulvériser…


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