Commentaire de Vivre est un village
sur Le virus de la prise de conscience ?


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Vivre est un village Vivre est un village 14 mars 09:41

@Vivre est un village

[...]Ce culte forcé de l’excellence a un coût humain terrifiant. Le travailleur est mis sous pression, coincé entre des objectifs toujours plus difficiles à atteindre et des moyens constants ou réduits, sans autre récompense immédiate que garder son emploi et sans la moindre assurance de le garder encore car, à la guerre économique comme à la guerre tout court, aucun mérite personnel ne vous évite d’être abattu. La pression de l’urgence, la fatigue, le climat de compétition permanente, la peur d’être mis sur la touche et la frustration de reconnaissance associés à cette révolution du management engendrent l’explosion des « sociopathologies » physiques et psychiques (stress, dépressions, suicides). Et, tout comme dans une vraie guerre, l’impératif de survie et de victoire face à l’ennemi efface le sens moral des uns et favorise le cynisme exploiteur des autres, tant et si bien que l’entreprise peut devenir un lieu de torture sans que cela choque outre mesure tous ceux qui n’en sont pas victimes.[...](p92)

[...]Phénomènes par nature dissimulés et maquillés, le harcèlement moral et le harcèlement sexuel ont été tardivement reconnus pour ce qu’ils sont devenus : non plus seulement la monstruosité de quelques pervers, mais aussi l’effet systémique d’un environnement guerrier qui fabrique des victimes et des bourreaux, qui banalise les atteintes à la dignité humaine.[...](p92)

[...]La participation contrainte des managers et des entrepreneurs au nouveau capitalisme patrimonial impose aussi une régression majeure à tous ceux qui ont la passion d’un métier. À l’âge du capitalisme managérial, le profit était un instrument que les dirigeants pouvaient mettre au service de leurs objectifs personnels (croissance de l’entreprise, réussite industrielle, innovation, reconnaissance, prestige, paix sociale, etc.). Désormais, le profit devient une fin en soi, supérieure à toute autre, une exigence instantanée, oppressante et souvent contradictoire avec une stratégie à long terme.[...](p93)

[...]La généralisation de la technique des stock-options, destinée à rendre la rémunération des managers dépendante du cours boursier de leur entreprise, n’a fait que renforcer la perversité du système.[...](p95)

- Une folie collective ?

[...]Nous ne retenons ici qu’un résultat : il est désormais établi que le coût économique direct imputable à un stress professionnel excessif se situe dans une fourchette de 2,5 à 3,5 points de PIB.[...](p97)

[...]Catastrophes écologiques, enfin. Et là, on se rend compte à quel point on aurait tort de croire que, malgré tout, la guerre économique fera moins de victimes que la guerre tout court. En effet, poussée à son terme et sans limite, la libre compétition pour le profit maximal constitue pour l’humanité une menace plus redoutable que toutes les armes de destruction massive. Elle suscite l’extension mondiale de modes de production et de consommation qui sont physiquement insoutenables pour notre planète. Tout le monde connaît désormais la liste des fléaux en cours ou à venir qui sont la conséquence directe de la course mondiale à la production et à la consommation : déforestation, épuisement des nappes phréatiques, érosion accélérée des sols, recul de la biodiversité, trous dans la couche d’ozone, effet de serre et dérèglement du climat, etc.[...](p99)


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