Commentaire de Vivre est un village
sur Le virus de la prise de conscience ?


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

Vivre est un village Vivre est un village 14 mars 09:45

@Vivre est un village

- Qu’est-ce que la dissociété ?

[...]Proposition 1. L’idéologie et les politiques néolibérales tendent à dissocier les deux aspirations ontogénétiques et à enfler à ce point la première (être soi et pour soi) qu’elle étouffe la seconde (être avec et pour les autres). Nous nommons ce processus « dissociation personnelle ».

Proposition 2. À la fois cause et conséquence, instrument et finalité de la dissociation personnelle, la « dissociété » est le processus d’organisation de l’espace, des institutions et des relations qui décompose une société humaine, d’une part, en déliant, isolant et opposant des communautés ou catégories sociales relativement homogènes et, d’autre part, en installant et exacerbant la rivalité entre les individus composant ces communautés ou catégories sociales.[...](p182)

- Le socialisme méthodologique

[...]1°) le socialisme méthodologique ne remet pas en question l’existence de personnes singulières distinctes de la société et aspirant à l’autonomie par rapport à celle-ci.[...](p187)

[...]2°) Le socialisme méthodologique n’est pas un « individualisme social ».[...](p188)

[...]3°) Le socialisme méthodologique est bien une méthode d’analyse et non une éthique.[...](p189)

[...] si l’éthique a de toute évidence besoin d’un principe premier unique pour trancher tout conflit de valeurs, une science de l‘humain n’a pas nécessairement besoin d’un principe premier et unique d’explication de tous les comportements. C’est pourtant la démarche adoptée par la théorie psychologique dominante, qui postule le plus souvent que la quête égoïste du bien propre est à l’origine de tous nos actes.[...] Au lieu de rechercher une cause première et unique à nos actes, le socialisme méthodologique pose au contraire qu’il n’y n a pas, parce que le mode de constitution de notre être implique que tout acte manifeste une interaction complexe de causes, et une interaction complexe avec les autres : il n’explique pas le comportement par une cause mais par un processus dynamique.[...](p192)

[...]Je serais donc tenté de conclure que : 1) l’égoïsme véritable (comme recherche de son propre bien) et l’altruisme véritable (comme quête du bien d’autrui) ne sont vraiment possibles que dans une société de progrès humain qui tend à préserver et soutenir la compatibilité entre nos deux aspirations ontogénétiques ; 2) la coexistence pacifique de comportements égoïstes et altruistes est l’une des manifestations de la société de progrès humain ; 3) toute théorie moniste de l’égoïsme ou de l’altruisme (fondée sur l’existence ou la promotion exclusive d’une seule de ces dispositions) est incompatible avec notre conception de la vie humaine, et participe d’un processus de dissociation de l’être.[...](p193)

- La spirale vertueuse ou vicieuse des interactions sociales

[...]Ainsi, la dissociété, tout comme la société de progrès humain, n’est pas un état figé du monde, mais un processus dynamique ; c’est une synergie perverse entre les acteurs individuels et le système social.[...](p194)

[...]Les individus changent la société autant qu’elle les change, et réciproquement. Non seulement les deux agissent l’un sur l’autre en même temps, mais en outre les deux sont indissociables.[...](p197)

[...]Définition 6. Ce que nous dénommons « société » est donc le processus vivant d’interaction entre les individus et le système qu’ils constituent tous ensemble.[...](p197)


Voir ce commentaire dans son contexte