Commentaire de velosolex
sur Marlène Jobert, la conteuse entourée de ses 80 flammes


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velosolex velosolex 5 novembre 2020 11:59

@nono le simplet
       Normalement, avec les pôtes et la fille que j’avais rencontré, bien qu’étant pas Marlène Jaubert, et qui me faisait rêver, on aurait du manger les sandwich réservé aux figurants ; Mais à cette époque là on croyait encore à la lutte des classes, à l’action révolutionnaire. C’est pour ça qu’on a pris place dans la barnum réservé à l’équipe de tournage. Derrière nous les beaux sommets des alpes nous tournaient la tête. Un peu le shit aussi. 

On a mangé tranquillement l’entrée, une salade niçoise bien fraiche, en attendant la suite. Le temps était encore de notre coté, comme aurait dit Bob Dylan. Mais c’était limite. La bouteille de Saint-Emilion était déjà à moitié vide quand le steak frites est arrivé dans mon assiette. Le steak je l’avais demandé saignant, et non à point, et on peut dire que c’était bien vu. Comme ça, j’ai eu le temps de le déguster tranquillement au lieu de le morfler à toute vitesse comme les trois autres. Voilà ce que ça coute d’être trop exigeant sur le temps de cuisson !

Ils étaient quatre, marchant l’un derrière l’autre, comme sur la pochette du disque « Abbey road » des Beatles. On a reconnu bien sûr Claude Piéplu et Robert Lamoureux dans leur costar de notaire, et puis l’instit au chapeau cloche en rupture de classe.

Ils semblaient chercher leur place.

Un moment, Claude Piéplu est parti en exploration entre les tables, et a effleuré la notre, avant de repartir découragé.

Moi, quand je m’aperçois qu’un restaurant est plein, je vais tenter ma chance ailleurs.

Mais ils revinrent avec un cuisinier, immense, en toque blanche, étonnant de présence dans son déguisement. Pourtant c’était pas un acteur, juste un gars énergique qu’aurait crevé la pellicule sur un plateau de tournage.

Mais qui gâchait son talent, et trahissait la cause du peuple, étouffant la révolution dans l’œuf, un vrai valet du patronnât !

On le vit compter rapidement les places, une louche à la main, sans avoir besoin de s’y reprendre trois fois. Non, il n’y avait pas d’erreur, aucune table ne manquait.

Comment a-t-il fait pour nous repérer tout de suite, nous désignant du doigt, lui qu’était même pas du métier du cinéma et de l’esbroufe.

Bah, c’était pas la peine de discuter ! On a bu un dernier verre, puis on s’est essuyé la bouche avant de décamper, pour montrer qu’on était bon joueur.

C’en était bien fini pour le cinéma.

Les carrières sont parfois bien courtes, dans cette foire aux illusions. Vous connaissez la chanson : Empereur le matin, mendiant le soir…Tout un tas de contes des mille et une nuits finissent comme ça. Bien marris de se retrouver au matin, une poignée de sable filant entre les doigts

On n’avait même par eu le temps de rêver au haut de l’affiche, qu’on était déjà le cul par terre.

Et même pas eu le temps de manger le dessert ! Mais ça fait quand même des beaux souvenirs de tournage, mieux que le dernier tango à paris



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