Commentaire de Gill
sur Sarkozy et les identités dangereuses


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Gill (---.---.40.111) 19 mars 2007 13:56

Quelques idées en vrac, à la lecture de cet article :

- l’INTEGRATION fait forcément partie des priorités d’un « ministère de l’immigration » (dans sa partie « immigrants acceptés »).

- La constitution d’un tel MINISTERE (ou même d’un sous-secrétariat d’Etat) serait donc un grand pas en avant puisque le fait d’avoir nié ce problème depuis les années 70 nous a conduit à la situation actuelle (non intégration et rejet par une grande partie de la population française). Les premières vagues de migrants (sud de l’europe puis sud de la méditerranée) étaient mieux gérées (gouvernement de droite), mieux anticipée et mieux maîtrisée, dans une France qui avait besoin de main d’oeuvre.

- le thème d’IDENTITE NATIONALE me semble relever d’une idée plus précise encore que celle d’intégration. Car non seulement il est question là d’« intégration professionnelle et sociale », mais également et peut-être surtout de « NATURALISATION ».

- Dès lors, l’exigence demandée me semble plus importante encore qu’une simple INTEGRATION : on peut être « intégré » tout en restant étranger. Par contre, chercher à être NATURALISE, c’est vouloir devenir Français à part entière. Ce que les enfants d’immigrés voudront faire de toute façon (puisqu’il ne connaissent généralement que le pays où ils sont nés). Autant, donc, leur faciliter la tâche en les assistant, eux et leurs parents.

- L’utilisation du terme IDENTITE NATIONALE sous-tend donc l’intention d’intégrer réellement et totalement les personnes acceptées... ET, se faisant, de refuser une immigration « économique » de personnes ne désirant PAS s’intégrer mais seulement de réunir des fonds pour un retour ultérieur au pays.

- Or, c’est justement ce non-désir d’intégration qui pose les plus grands problèmes. Concernant surtout les enfants : > difficultés scolaires et sociales (culturelles) > violence (pauvreté ET non-intégration) > déchirement entre leur nationalité et le pays dans lequel ils vivent (parents qui repartent... sans eux ! ou pire : avec eux/elles !) > exclusion, clandestinité, vie en dehors des lois, travail au noir, exploitation... C’est aussi un problème économique logique (devises qui quittent le pays en une « aide spéciale aux pays pauvres » informelle)

- Maintenant, il me semble évident que Sarkosy utilise ce thème pour attirer les votes de tous ceux (lepenistes ou pas) qui aimeraient voir le problème pris à bras-le-corps plutôt que villipendé par des théoriciens pleins de tabous qui n’en parlent jamais de manière concrète et circonstanciée (car alors, il faudrait se poser des questions précises).

- Ceci dit, il est tout à fait possible qu’en demandant trop de choses aux immigrés (nationalisation au lieu d’intégration), Sarkosy ne vise en définitive qu’à un arrêt quasi-total de toute immigration, tellement l’enjeu serait inaccessible !

Mais alors la situation se crisperait à nouveau...


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